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EAN : 9782742751341
450 pages
Actes Sud (15/08/2004)
3.7/5   48 notes
Résumé :
Ce puissant roman aux accents d'épopée emporte Pierre, le père du narrateur, dans le tumulte de la guerre de Sécession, théâtre d'une libération historique et métaphorique.
Révolté par l'opposition de ses parents à sa vocation d'officier, Pierre s'embarque pour l'Amérique et s'engage dans l'armée nordiste au début de la guerre de Sécession. Durant la première bataille contre Stonewall Jackson - un des grands généraux du Sud -, il se lie avec Johnson, jeune e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Nous sommes le 21 septembre 2012. Je viens d'apprendre le décès de Henry Bauchau et... j'ai versé des larmes.
L'écrivain le plus lumineux que je connaisse, qui m'a offert un immense émerveillement comme au temps de mon adolescence. Je viens donc naturellement sur Babelio jeter quelques lignes en hommage au vieil enfant rieur de 99 ans.

Ce Régiment Noir est un immense livre. On peut oublier la guerre de Sécession. Là n'est pas le coeur du roman. Là n'était pas le coeur de Bauchau.
Le coeur du roman palpite dans la trajectoire de vie de deux hommes que le même combat avait rapproché. L'un apprend à se défaire de la guerre. L'homme noir saura construire, bâtir, aimer, vivre. Refuser de se complaire dans la haine et donner.
L'homme blanc qui avait embrassé le combat de l'homme noir ne saura se délier de la violence de ses émotions.
Chaque homme forge sa destinée. En cela, il est libre.
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Henri Bauchau n'est pas un écrivain facile. Je me souviens d'avoir sué sur Oedipe sur la route. Mon bagage hellénico-philosophique trop mince m'avait conduit à une longue et lente lecture. Mais tellement nourrissante.

Avec le régiment noir, Bauchau s'attache à un moment de l'Histoire. En fait, plus d'une centaine de régiments noirs furent créés pendant la guerre de Sécession, soit 186 000 soldats noirs enrôlés et dont 33 000 moururent. La punition des Etats confédérés était sévère: « Tout nègre capturé en uniforme fédéral sera sommairement passé par les armes ». Quelques régiments vont s'illustrer, comme par exemple le 54è d'Infanterie qui donnera naissance aux Buffalo Soldiers (chantés par Bob Marley). Bauchau va en suivre un, dans ses diverses manoeuvres et péripéties.

S la langue est belle, très belle, fine, stylée, travaillée, le fond est moins convaincant à mon avis. Ce n'est que mon avis. J'ai peu accroché à l'épopée, aux relations humaines (pourtant un point fort de l'auteur). Cette amitié entre un blanc et un noir, chose qui est sans doute arrivée ne m'a pas réellement convaincu. On se perd un peu dans les habituels méandres de l'esprit humain, sujet cher à l'auteur. Et là, je suis resté assez spectateur et non pas acteur du récit, ce qui me semble ennuyeux pour une fresque historique dépeignant des luttes fratricides. J'ai attendu, en fait, avec impatience les paragraphes d'action qui arrivaient bien trop rarement à mon goût pour m'aider à supporter les longs passages quasiment introspectifs.
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Une oeuvre magnifique d'un écrivain que j'admire tant pour la qualité de son style que pour la grande variété des sujets qu'il a abordés ainsi que sa poésie.
Ce livre nous conduits aux États-Unis pendant la guerre de Sécession.
Pierre, un enfant mal aimé par ses parents veut effectuer une carrière militaire similaire à celle de son grand-pere qu'il adorait et cela en dépit de leur avis.
Ainsi, le narrateur va nous permettre de partager la vie de Pierre qui combat avec les Nordistes contre l'abolition de l'esclavage tout en admirant Stonewell Jackson, un des grands officiers du sud qu'il tuera d'une manière proche d'un assassinat en ne respectant pas les règles de la guerre.
Pierre sera à l'origine de la formation d'un régiment composé uniquement de Noirs, esclaves en fuite, anciens esclaves. Seuls, trois blancs qui vont leur apprendre le métier des armes, partageant tout avec eux, vivent en compagnie de ces noirs qu'ils considèrent comme leurs égaux.
Bien que ce livre traite essentiellement de guerre, la poésie n'est pas absente du récit surtout dans la partie du livre lorsqu Pierre s'alllie avec les Indiens.
Certes, la densité du récit, du style et des idées ralentit la lecture mais j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à le découvrir.
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Ce roman se trouvait dans ma biblio depuis 2015 et là, il était plus que temps que je le découvre enfin, surtout que les critiques sur Babelio étaient élogieuses.

Le récit commence avec notre personnage principal, Pierre, qui nous parle de son enfance auprès de son grand-père, ancien officier de l'Empire et possédant une forge.

Déjà, j'ai eu quelques soucis avec la plume de l'auteur, composée de phrases courtes et qui me donnait l'impression de partir dans tous les sens.

Pierre grandit et part aux États-Unis pour s'engager dans la guerre de Sécession, chez les Nordistes.

De mon côté, je me demandais pourquoi certains auteurs décidaient de balancer leurs dialogues en paquet, sans faire un « à la ligne ». Pour économiser quelques pages en bout de roman ? En tout cas, ça ne favorise pas la lisibilité, même en ajoutant les tirets cadratins.

Le récit aurait été plus addictif à lire si l'auteur avait fait des phrases un peu plus longues, sans se disperser un peu partout et sans incorporer des dialogues au milieu du texte…

Ce qui aurait dû être une super lecture s'est révélée être un calvaire et j'ai usé de mon droit de sauter des pages, ne lisant que les paragraphes les plus intéressants et les moins chargés (les plus lisibles, donc).

Dommage pour moi, j'attendais beaucoup de cette lecture mais les seules émotions ressenties furent de la frustration.

Nous n'étions pas fait pour cette rencontre, il va retourner sagement dans la biblio et moi je vais aller voir ailleurs.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Une belle et surprenante découverte pour moi que ce Régiment Noir d'Henry Bauchau. Après quelques pages plus surprenantes que prenantes, le roman - que je ne pensais qu'historique, au départ - prend son envol pour se transformer en fresque qui mêle de façon harmonieuse une critique assez incisive de la société américaine pendant la guerre de Sécession, des description de batailles et de tactiques militaires, mais aussi et de façon moins attendue des passages sur la relation du héros en particulier et des Hommes en général à la nature, à la terre, aux peuples natifs, aux esclaves, à leurs vie, à leurs morts, à leurs passé et à leurs traditions. Des relations qui étaient sources d'incompréhensions et de conflits à l'époque, et qui indéniablement le restent encore aujourd'hui, outre-Atlantique et ailleurs.

Le fil rouge de toutes ces considérations presque philosophiques c'est la vie de Pierre, immigré français et petit-fils d'officier de l'Empire, qui entreprend un voyage – physique mais aussi intérieur – vers l'Amérique, puis à la tête d'un régiment noir de l'armée fédérale. Il n'arrivera pas à accomplir la totalité de son oeuvre mais il parviendra, en fin de compte et comme tous ceux qui ont eu la chance d'y séjourner à, malgré tout, aimer le Sud.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Moi qui ne savais pas danser, mon corps obéit aux rythmes et aux puissances de l'Afrique. Mon corps invente des mouvements plus simples, ceux des branches, ceux de l'herbe et d'autres plus ardents qui ont des griffes, des dents et des narines ouvertes. Johnson se laisse tomber à la renverse sur le sol. Sa voix me soutient encore un instant et je danse sur le fil, à la limite de mes forces, avant de me laisser tomber à côté de lui sur cette terre du Sud que Stonewall Jackson ne défendra plus.
(p146)
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"Johnson, est-ce que tu aimes encore le Sud ? - Oui, je l'aime. - Est-ce que tu crois que Stonewall l'aime comme toi ? - Oui, je crois. - Mais Jackson est notre ennemi, c'est un puritain qui défend des esclavagistes. - Ça n'empêche pas d'aimer. - Johnson, je ne comprends pas. - On ne peut pas comprendre le Sud. On le respire..."
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Il y a, au cours du sommeil, une mélancolie fine, perçante, inatteignable. Il y a que les nuits deviennent claires, toujours plus claires et qu'elles ne sont plus le lieu du repos mais celui de la mémoire, avec son fil d'or, son fil de Parque que la guerre avait coupé et qui mystérieusement se renoue.
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Là où vivait le peuple bison, il n'y aura plus que les barbelés du Blanc, ses champs et ses usines. Le grand massacre a commencé, la nouvelle Amérique tue son père, lui coupe la langue et la dévore par millions. Par cette action elle tue aussi l'homme rouge car, dit la voix du général blanc, le seul bon Indien, c'est l'Indien mort.
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L'enfant a la forge dans le sang, c'est dans le corps ces choses-là. Au bout du compte, ce n'est pas nous qui choisissons le métier, c'est lui qui nous prend.
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