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EAN : 9782070134779
286 pages
Éditeur : Verticales (01/08/2011)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Elsa Colignon, une étudiante lyonnaise de 19 ans, est retrouvée morte dans sa baignoire. Alexandre Petit, ancien collègue de la défunte, et dernier à l’avoir vue vivante, est le premier témoin mais aussi le principal suspect. Il s’enfuit pour se réfugier dans un hôtel et mener sa propre enquête.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Melisende
  01 septembre 2011
Lorsque j'ai reçu Un Ange noir de François Beaune grâce à Libfly, afin de le lire et le chroniquer pour la rentrée littéraire, je me demandais vraiment sur quoi j'allais tomber. J'ai fait des recherches sur l'auteur - que je ne connaissais pas - et j'ai découvert qu'il était originaire d'Auvergne mais vivait à Lyon, comme moi ! Je ne sais pas comment s'est faite la distribution des livres, mais si c'est le hasard, il est quand même bien fait ! Sans aucune idée de l'histoire, avec le titre et ces informations biographiques comme seules connaissances, je me suis lancée dans ce premier titre reçu, curieuse et confiante.
Avec du recul, je n'arrive toujours pas à dire si j'ai aimé ou non cette lecture, mais elle restera marquante, notamment grâce (à cause ?) de la proximité qui s'est installée entre Un Ange noir et moi, à la découverte des lieux dans lesquels cette histoire prend place…
L'ouvrage s'ouvre sur un fait divers du Progrès, daté du 13 juin 2007, qui annonce qu'une jeune femme a été retrouvée morte dans sa baignoire dans le 6ème arrondissement de Lyon. La victime s'appelait Elsa - 19 ans -, était étudiante en psychologie et travaillait comme enquêtrice dans un institut de sondages de la ville. le soir de sa mort (accidentelle ?), elle était sortie dîner avec ses collègues de travail pour fêter l'anniversaire de son chef d'équipe. Sans histoire, elle semblait assez proche d'un de ses collègues, Alexandre, 37 ans, en compagnie duquel elle avait quitté le groupe…
Le fameux Alexandre est le narrateur principal du texte ; Un Ange noir est en fait son « témoignage », le journal des évènements vu à travers ses yeux. Au fil des pages et des lettres et coupures de journaux qui s'intercalent avec ce qu'il a à dire, Alexandre revient petit à petit sur la soirée en question, sur la relation qu'il entretenait avec Elsa, sur son passé, ses sentiments… le lecteur découvre alors les pensées d'un homme « malade » qui semble de plus en plus confus au fil des jours, ne prenant pas son traitement.
Sous ses airs de presque quarantenaire timide et bien élevé, bénévole aux Restos du coeur, on comprend vite qu'il y a une certaine folie qui se cache… Et par maints côtés, Alexandre Petit m'a fait penser à Norman Bates, héros de Psychose (notamment dans l'adaptation d'Hitchcock)… un psychopathe, serial killer auquel on donnerait le bon dieu sans confession !
Si suivre ses pensées et ses actes plus ou moins délirants (par exemple se déguiser en « punk » pour approcher les membres de cette communauté et arrêter celui d'entre eux qu'il croit être l'assassin de son amie Elsa) est une expérience de lecture assez surprenant et marquante, c'est surtout le fait que toute cette histoire se déroule à Lyon, dans la ville dans laquelle je vis, qui m'a « fait de l'effet »… Je ne regarderai plus jamais les « punks à chiens », les clochards ou les « Manouches » de la même façon ; et autant dire que dorénavant, lorsque je traverserai la place des Terreaux ou tout autre lieu foulé par Alexandre Petit, je repenserai à cette histoire ! Peut-être que j'ai plusieurs fois croisé un Alexandre en puissance, sans le savoir…
Je pense que c'est cette proximité géographique avec mon quotidien qui a rendu cette lecture si spéciale et marquante pour moi, car elle rend ce fait divers et ce personnage beaucoup plus « réels », plus « palpables ». Je ne sais pas si un lecteur parisien, breton, marseillais ou que sais-je encore, sera aussi troublé par le témoignage d'Alexandre, mais même s'il ne connait pas les lieux, il pourra tout de même suivre le cheminement de pensées de ce héros inquiétant et malade… hors du commun !
A mon goût, la force d'Un Ange noir, outre son « contexte », c'est le choix fait par François Beaune d'utiliser la première personne du singulier et de donner la parole à Alexandre, tout en rappelant les faits objectivement en intercalant des écrits extérieurs (coupures de presse, lettre de la mère du narrateur,…). le lecteur constate ainsi l'ampleur de la « psychose » du narrateur, mais doute quand même un certain temps… Est-ce vraiment lui le coupable ?
C'est un traitement original (du moins dans mon expérience de lectrice) qui peut entraîner une lecture assez « dérangeante ». Si j'ai aimé me retrouver dans le tête d'un homme aussi inquiétant qu'Alexandre, j'ai tout de même été la plupart du temps très mal à l'aise, un peu lassée par moments et n'ai pas toujours accroché à ses différents voyages et découvertes…
Le bilan est donc mitigé mais tend tout de même vers le positif. Je retiens le malaise (pas forcément un point entièrement négatif) éprouvé à la lecture de ces pensées, l'originalité du point de vue et le côté très marquant du contexte lyonnais.
François Beaune est un nom que je garde en tête et je serais curieuse de découvrir ses futures publications ! Merci donc à Libfly, au Furet du Nord et à Gallimard pour cet envoi !
Lien : http://bazar-de-la-litteratu..
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Tmor
  26 décembre 2019
Polar bizarre. Roman d'introspection post-houellebecquien. Métamorphose d'un illuminé catho-justicier ? La trame est simple. Une jeune femme est morte. La dernière personne à l'avoir vue est le narrateur qui nous livre son journal. Entre deux articles de presse ou courriers de sa mère, il fait le récit de sa fuite même si au bout d'un moment il n'est plus recherché. Tout est bizarre, tarabiscoté, un peu psychotique et délirant. Il se sait innocent et c'est qui est le coupable : Franck, un punk à chien. Il va le retrouver et lui faire payer à la fin, puis réintégrer sa vraie vie. Mais si les punks à chien étaient tous des Franck dans son esprit malade. Et sa mère qui le soutien que fera-t-elle lorsqu'elle découvrira son petit manège. On peut être bénévole aux restos du coeur, aller à la messe et... Je ne dis pas tout. L'écriture est joyeusement expérimentale sans être indigeste. le ton est très second degré décomplexé. Parfois cela flirte avec des propos complètement limite (même souvent) lorsqu'il parle des jeunes à casquette et des punks à chien, mais c'est le personnage qui parle (pas d'amalgame) et surtout il sait rentrer dans la contradiction quand le personnage devient lui-même un punk à chien pour mieux retrouver Franck. C'est très bien mené. On se laisse mener en bateau dans cette chronique de la folie ordinaire qui devient extra au fur et à mesure de la lecture. Un auteur à suivre mais bon faut garder la tête froide. N'est-ce pas, Frank ?
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Ness
  22 février 2012
François Beaune n'est pas un auteur comme les autres. Ces romans ont tous un petit quelque chose de dérangeant, de glauque. Un ange noir ne fait pas exception bien sûr et tant mieux même.
Alexandre Petit, le genre tout ce qui a de plus banal, prend du jour au lendemain la fuite. Il est le dernier à avoir vu une de ses collègues de boulot vivante. Hors la jeune fille vient d'être trouvée sans vie dans sa baignoire entourée de canard en plastique. Ce qui passe dans un premier temps pour une mort naturelle, devient rapidement un crime.
Un crime dont va tenter de se disculper Alexandre, allant même jusqu'à tenter de trouver un autre coupable à sa place.
Le roman est remarquablement bien construit. On ne sait jamais qui a pu réellement commettre un tel crime. La fin est d'ailleurs un vrai petit régal. Il est tout de même dommage de n'avoir que la version d'Alexandre, en effet, on ne sait jamais ce que pense de lui les personnes qui le rencontre ce qui aurait pu être intéressant pour ce former une image plus cohérente de cet homme « louche ».
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leprixvirilo
  19 octobre 2011
Ô toi, lecteur au moral de carton sapé par le spleen automnal, engourdi par les premières engelures, et brillamment achevé par les pessimistes prédictions économiques, viens donc enfoncer le clou en te frottant au nouveau roman de François Beaune. Quitte à déprimer, déprimons complètement.
En veux-tu en voilà d'un contenu qui dessert son contenant, ou comment réussir à pondre en 277 pages l'histoire sordide d'un héros insupportable, rédigée d'une plume prometteuse à coups d'observations judicieuses. François Beaune est fort, très fort. Il dépeint avec précision et finesse le portrait de cet homme en cavale, emporté dans des récits de plus en plus torturés. Au début, on l'aime, ce Petit, puis on doute, puis on ne doute plus : c'est un monstre. François Beaune arrive à endormir notre méfiance, nous endort pour mieux nous tromper, mais finalement réalise un coup de poker légèrement suicidaire : son héros est tellement odieux qu'il en assassine son propre livre.
Lien : http://prixvirilo.com/2011/1..
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kikibaba
  22 novembre 2014
Un homme solitaire vit avec sa mère. Après être sorti avec une collègue qui a été étranglée, il s'enfuit. Il ne se souvient pas de ce qu'il a fait lors de cette soirée. Il mène son enquête, notamment auprès d'un jeune SDF que sa collègue connaissait. Il essaie de s'intégrer au groupe et rencontre l'une des jeunes femmes dont il se rapproche. Il tient son journal dans lequel on le sent perdre pied. Sans travail, sans attache, il est de plus en plus perdu. Jusqu'à la fin tragique. Un roman dont on sent venir la fin sans grande surprise.
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critiques presse (1)
Lexpress   24 août 2011
François Beaune dresse le portrait subtil d'un homme étranger à lui-même. Un opus très réussi.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   24 mai 2013
L’attente-angoisse est le fil d’Ariane de nos existences. La tique vit des années à attendre, immobile, qu’un mammifère passe. Un jour elle reconnaît l’odeur, ses pattes se détendent, elle s’envole, elle s’accroche au pelage du mammifère. Elle se colle à lui, boit son sang, puis une fois pleine se relâche et tombe à terre. Le dernier effort consiste à pondre ses œufs. Ensuite elle meurt.
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rkhettaouirkhettaoui   27 mai 2013
Le crime est un mot clef qui sauve, que l’on prononce pour se placer hors des lois de la terre. Le crime est l’impuissance fragile et vaine que l’homme agite comme il agite ses drapeaux ou ses clefs de voiture. Sébastien est un leurre, comme Frank est un leurre. On ne change ni hier ni demain. En faisant disparaître certains éléments perturbateurs, on aménage, on travaille le présent.

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rkhettaouirkhettaoui   27 mai 2013
Le laid est l’intuition du pauvre. Pas qu’il soit pauvre d’ailleurs, un riche peut avoir cette intuition, comme j’ai cette intuition sans n’avoir jamais manqué de rien. Je veux dire que la part pauvre de chacun de nous a l’intuition que le laid est bon marché. Le laid est l’oasis au milieu d’un désert de produits inabordables. Le laid est l’ami du livret A. Le laid est même une forme d’épargne : je suis laid, j’aime le laid parce que je vois dans le long terme, parce que je capitalise à mon niveau de pauvre, parce que sait-on jamais peut-être qu’un jour j’aurai les moyens d’être beau, mais pour l’instant l’essentiel est de survivre, rester dans la bonne case, éviter les Monoprix, ne pas me mettre à risque.
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rkhettaouirkhettaoui   27 mai 2013
J’ai appris à considérer le beau comme un danger. Quand j’aperçois un produit laid, comme les yaourts 1er prix, je suis instinctivement attiré, je les mets dans mon panier avec plaisir, avec l’impression d’être à ma place. Car la laideur justifie le prix. Je passe un contrat logique avec le produit : puisqu’il est laid, je peux comprendre qu’il ne soit pas cher et reste bon. Sa laideur explique qu’il ne soit vendable au même prix que les autres yaourts. Le produit se déguise en laid, mais au fond il est l’égal des autres, voire meilleur.
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rkhettaouirkhettaoui   24 mai 2013
Je me regarde dans le miroir de cette salle de bains d’hôtel et je scrute ces traits de vieux que j’ai toujours eus. La lumière jaune fait ressortir la lâcheté de ce visage détestable. Quel est le nom du chirurgien obstétricien de la reine d’Angleterre ? Nous avons eu le même, cela semble certain. Ce visage atrophié, rafistolé au scalpel puis trempé dans le formol pour imiter l’éternité de notre espèce morte. Un visage qui ne s’use, ne se consomme, extérieur à toute expression.
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Videos de François Beaune (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Beaune
A l'occasion des "Correspondances de Manosque" François Beaune vous présente son ouvrage "Calamity Gwenn" aux éditions Albin Michel.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2442084/francois-beaune-calamity-gwenn
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