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EAN : 9782207114452
304 pages
Éditeur : Denoël (10/10/2013)
3.23/5   82 notes
Résumé :
Avec "Fun Home", élu Meilleur Livre de l'Année par Time Magazine en 2006, Alison Bechdel a pris le monde par surprise. Ce récit graphique d'une fille découvrant son homosexualité à travers celle, soigneusement cachée, de son père, a franchi les frontières des communautés gay et lesbienne pour atteindre le grand public. Aujourd'hui, Alison renoue avec la verve comique et poignante de ce premier succès pour compléter son diptyque familial.
C'est au personnage ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Myriam3
  16 juin 2019
Quelques années auparavant, Alison Bechdel avait éprouvé le besoin d'écrire sur son père, homosexuel refoulé décédé prématurément après avoir été emporté par un camion, devant chez lui. Ce roman graphique lui avait offert les portes de la notoriété et permis de vivre de son art, il s'appelle Fun Home.
Dans C'est toi ma Maman? Alison Bechdel veut maintenant écrire sur sa mère, mais la tâche s'avère plus compliquée. Suivie depuis des années par analystes et psychanalystes, Alison a bien conscience que toutes ses difficultés émotionnelles viennent de cette relation distante et conflictuelle qu'elle a avec sa mère depuis son enfance. Celle-ci a toujours montré plus d'affection envers ses deux petits frères et a arrêté de l'embrasser, ou tout simplement de la toucher quand Alson avait sept ans, la considérant trop grande pour les câlins.
Dans cette tentative de biographie, Alison abolit le temps et passe sans cesse d'un passé à l'autre par effet de réminiscence, associant par un travail de mémoire des événements qui n'ont à priori pas de lien, ce qui donne une lecture plus complexe, sur plusieurs niveaux, où se mêle les propos de ses différentes analystes et de ses nombreuses lectures (notamment Winnnicott et Virginia Woolf, omniprésents ici).
Elle revient en particulier sur les quatre années d'écriture de Fun Home où elle échange avec sa mère sur ce récit dont sa mère accepte la publication avec, on s'en doute, beaucoup d'appréhension. Toutes les deux partagent des valeurs culturelles et artistiques qui leur permet, visiblement, de garder une relation proche que l'amour simplement ne peut pas: on ne parle pas de ses sentiments.
Ce roman graphique dense est moins, finalement, une biographie que la genèse de cette tentative et du travail qu'Alison fait sur elle-même pour trouver son vrai-self. Un vrai travail d'introspection et d'auto-analyse, même si on adhère ou pas à toutes ces réflexions psychanalytiques qui ponctuent le roman. Les graphismes sont toujours aussi clairs et subtils, et la construction du roman très élaborée.
P.S: Alison est à l'origine de la Règle de Bechdel qui permet d'identifier facilement les films sexistes. Je partage la règle avec vous:
- Il doit y avoir au moins deux femmes nommées (nom/prénom) dans l'oeuvre,
-qui parlent ensemble,
- et qui parlent de quelque chose qui est sans rapport avec un homme.
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colimasson
  13 avril 2015
Après être revenue sur le cas de son père dans Fun Home, Alison Bechdel s'est lancée le défi d'élucider la nature de ses rapports avec sa mère. Elle franchit une nouvelle étape dans l'introspection familiale puisque, si son père était déjà mort au moment de la production de Fun Home, sa mère est encore vivante lors de l'écriture du livre qui lui sera consacré et la rédaction se fait à l'aventure. le point de départ de l'introspection s'ancre dans ce moment qui recueille l'avis de la mère concernant ce projet de biographie familiale et l'écriture se poursuit au fil des coups de téléphone échangés entre la mère et la fille, mais aussi au fil des aventures amoureuse, professionnelle et psychanalytique d'Alison Bechdel. Cette trame quotidienne de premier plan permet d'explorer les strates de la mémoire et de faire surgir des niveaux de signification plus complexes. On ne s'étonnera donc pas de voir souvent apparaître Virginia Woolf dont la technique du flux de conscience à l'oeuvre dans ses romans, ainsi que l'oeuvre vaste de ses journaux intimes, semblent avoir formé la démarche introspective d'Alison Bechdel.

Sur le mode du paradoxe, on découvre avec un peu de surprise qu'Alison Bechdel suit une thérapie psychanalytique pour élucider les raisons qui l'empêchent d'écrire facilement son livre –ce livre qu'on tient entre les mains et qui semble si fluide et passionnant. Mais on remarquera un peu plus tard qu'Alison Bechdel a moins écrit sur sa mère que sur l'impossibilité d'écrire à son propos. Quelques livres marquants surgissent au même moment pour soutenir la réflexion, débloquant au passage quelques sas insalubres pour les rendre mieux praticables. Alice Miller et Donald Winnicott entre autres lui fourniront les concepts qui lui manquaient pour appréhender sa relation avec sa mère sous un autre angle et, mieux encore, ils agissent comme réfracteurs de passé. Puisqu'Alison Bechdel n'arrive pas à regarder directement ses souvenirs pour expliquer l'état présent de ses relations, elle devra se servir d'un intermédiaire qui témoignera de son passé par ses actes présents. Ainsi, l'hyper-intellectualisation dont Alison Bechdel fait preuve dans son analyse témoigne en tant que vestige d'un mode de fonctionnement utilisé au cours de son développement précoce. Elle s'aide ici de Donald Winnicott pour résumer :

« La mère « suffisamment bonne » minimise les conséquences de la faim, du mouillé et du froid. Mais elle n'est pas obligée de s'adapter parfaitement aux besoins du bébé. Ainsi, un bébé qui a faim peut-il se consoler momentanément en se rappelant ou en imaginant son expérience d'avoir été nourri. Mais si pour une raison ou une autre, la mère est préoccupée, le bébé risque de devoir trop compter sur sa propre aptitude à comprendre. »

Elle le cite : « Plus couramment aux stades très précoces lorsque cette caractéristique des soins infantiles reste très marquée, nous observons que le fonctionnement mental devient une chose en soi, qui remplace pratiquement la mère et la rend superflue » avant de transposer de manière impersonnelle cette réflexion à son propre cas : « Au lieu de dépendre de la mère, le bébé apprend à dépendre de son propre esprit. C'est un déni de la dépendance, un fantasme d'autosuffisance ».

Alison Bechdel progresse par énigmes. Elle décortique son âme comme un palimpseste, renvoyant chaque épaisseur au passé dans ses relations avec sa mère. Rien n'est laissé au hasard dans cette étude riche et passionnante dans laquelle Alison Bechdel se présente adorable à son insu, exprimant sans le vouloir ce qu'il y avait peut-être de plus important à dire sur l'influence formatrice de sa mère, et témoignant de la grande faculté que celle-ci lui aura permis de développer dans l'exercice de son esprit critique sur sa propre histoire.
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Emilie6344a18
  16 octobre 2018

Les relations maternelles, sujet de prédilection, conscient ou inconscient, de bien des auteurs, est le coeur de cet ouvrage qui s'est avéré beaucoup plus complexe que je ne l'aurais cru, largement entrecoupé d'extraits de Virginia Wolfe et de textes psychanalytiques du Britannique Winnicott. En écrivant ce livre, Bechdel confirme la coupure et la résilience que des années, voire des décennies, de thérapie lui ont finalement permis d'obtenir.
L'attrait des autobiographies sous forme de roman graphique vient pour moi de cette double opportunité de pouvoir choquer, ou d'exprimer avec candeur, autant avec les mots qu'avec les images. Ainsi, l'effet d'un texte de plaisir peut se voir décupler pendant un instant éphémère, souvent à la toute première lecture, puisqu'accompagné par la surprise des oeuvres (planches ou cases dans ce cas-ci) illustrant le propos, ou n'en tenant pas compte. Néanmoins, lorsque l'étonnement des images s'estompe, les mots restent pour ancrer notre réaction initiale, un peu comme le décrit Barthes.
…ces productions de l'art contemporain, qui épuisent leur nécessité aussitôt qu'on les a vues (car les voir, c'est immédiatement comprendre à quelle fin destructive elles sont exposées : il n'y a plus en elles aucune durée contemplative ou délectative), une telle introduction ne pourrait que se répéter sans jamais rien introduire. (Barthes, 1978,p. 32)
Paradoxalement, à travers le texte et les images d'une de ces planches en particulier, une scène anodine familiale ( p.169), Bechdel a su saisir un je-ne-sais-quoi, un souvenir de ma propre enfance que je ne saurais décrire, autant par la parole que par impressions mémorielles. Lire le texte séparément, sans y juxtaposer les cases, n'aurait pas déclenché une émotion qu'on pourrait qualifier de quasi destructive. Les images, malgré qu'elles soient indissociables du propos dans ce cas-ci, dépassent la force du contenu littéraire. L'atteinte du « Cela » n'aurait pu être possible pour moi, et ce, de façon répétée, si le texte n'avait pas été supporter des dessins.
Ainsi, à elle seule, cette planche eut sur moi le même effet d'un texte jouissif,'' à la façon d'un scandale'' (Barthes, 1978, p. 35), indescriptible et troublante, et est devenu ce qu'on qualifie de case mémorable, décrite en ces termes par Peeters; ‘'…la dimension picturale domine la fonction narrative au point de la supplanter totalement'' ( Peeters, 1998, p.18)
Cette symbiose indescriptible de la plume lyrique de Bechdel se retrouve à travers le roman graphique Are you my mother ? , lui conférant une unicité touchante, malgré la certaine lourdeur des propos, qui a l'avantage de garder le lecteur actif tout au long de sa lecture, ce qui est aussi « Cela » pour moi.
Références :
• Peeters, B. (1998). Lire la bande dessinée (2e éd.) France : Flammarion.
• Barthes, R. (1973). le plaisir du texte (p. 23–36). Paris: Éditions du seuil.
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pilyen
  17 janvier 2014
Alison, l'auteure, est en train d'écrire un roman graphique sur son père homosexuel non avoué et qu'elle pense mort par suicide ( voir "Fun home" son précédent album). Elle a constamment besoin de l'avis de sa mère, femme un peu rude d'aspect et portée sur la vie culturelle. de ces incessants dialogues avec celle qui refusa de l'embrasser à partir de ses sept ans, l'auteur en vient à se poser un nombre incalculable de questions sur les effets de cette relation ambigüe sur sa vie, son mal être (elle est sérieusement déprimée), son homosexualité (elle est lesbienne), sur sa vie amoureuse (assez cahotique). Aidée par deux analystes, elle va se remémorer des détails remontant à l'enfance, tout en les confrontant avec ses lectures de Donald Winnicot (pédiatre anglais mort en 1972), de Virginia Woolf, de Freud et même de Lacan. Résolument féministe, traitant de l'éducation des filles par les mères, de la misogynie ambiante, le roman avance en sept chapitres débutant par un rêve de l'auteur, servant, bien sûr, de point de départ pour des interprétations psychanalytiques.
Tous les thèmes abordés par ce roman étaient pour moi alléchants. C'est avec envie que je me suis plongé dans "C'est toi maman", surtout que le dessin aux lignes claires et aux cadrages très inspirés, est un régal pour l'oeil. Mais, bon sang, qu'est-ce que c'est rasoir ! C'est sous-titré "Un drame comique".... Honnêtement je n'ai pas souri une seule fois,... mais peut être que le comique vient de la mise en avant de cette névrosée pédante... J'avoue que cela m'a échappé car c'est surtout très très intello. L'héroïne ( l'auteure donc) est le genre de fille ultra compliquée, qui cherche du poil aux oeufs. Gavée de psychanalyse, de lectures ultra sérieuses mais toujours en référence à sa vie, elle décortique le moindre fait de façon symbolique, cherchant du signifiant, du non-dit, dans le moindre geste, la moindre parole anodine. Névrosée, constipée (heu, versée dans la rétention anale, pardon), victime de TOC, allergique sûrement, complexée voire jalouse, amoureuse de sa psy, elle ponctue son récit de citations de Winnicot, de Young et est évidemment très inspirée par Virginia Woolf, comparant ses névroses aux siennes. Ca alourdit énormément la narration, rendant, qui plus est, Alison assez antipathique. On a envie de la secouer et de lui dire de couper les ponts avec sa mère, elle ne s'en portera que mieux. Mais vu que pour elle, entrer en psychanalyse est comme entrer en religion, il est évident que la vie simple ce n'est pas pour demain, ni pour jamais sans doute. Attention, je n'ai rien contre la psychanalyse, qui aide beaucoup de monde, mais ici, Alison Bechdel ratiocine tellement que j'ai très vite fait un rejet.
Je sais que l'auteure a droit à tous les honneurs dans la presse, qu'elle est une figure essentielle de la bande dessinée d'aujourd'hui puisque ces deux romans graphiques figurent dans les listes des meilleurs ouvrages de ce début de siècle aux Etats-Unis, je reste cependant un peu interrogatif quant à sa portée. Si ces romans, grâce aux nombreuses citations littéraires, psychanalytiques, ont l'allure de l'introspection haut de gamme, ils restent plus proches du pensum égocentrique que de l'envie de vulgariser. C'est pour cela que le succès critique est là. Pas sûr que ce soit grand public...
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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outofzebra
  04 décembre 2013
« C'est toi ma maman ? » est à déconseiller aux lecteurs qui exècrent la psychanalyse ou qui trouvent facilement les auteurs nombrilistes » : ainsi Tasha met-elle franchement en garde d'emblée sur son blog les lecteurs éventuels du roman graphique d'Alison Bechdel, traduit de l'américain par «Denoël graphic». Cette critique n'a pas tort de mentionner, en outre, le goût prononcé des Américains pour la psychanalyse. Dès les débuts du cinéma parlant, ils en ont fait la matière de certains films à prétention intellectuelle plutôt rébarbatifs.
On l'oublie parfois, mais la culture américaine est d'abord et surtout germanique, et les sciences sociales issues de la «Mitteleuropa» sont tenues en plus haute estime aux Etats-Unis qu'en France. Malgré les efforts des institutions éducatives et sanitaires dans ce sens, le scepticisme persiste dans les milieux populaires vis-à-vis de la psychanalyse. Il y a quelques années, le porte-parole d'un parti ouvrier, sommé au cours d'une interview à la télé de donner son avis sur ce qu'il pensait de cette pratique, s'était contenté de hausser les épaules et de lever les yeux au ciel pour toute réponse. le narcissisme/bovarysme continue d'être perçu comme une tournure d'esprit typique des milieux bourgeois.
Néanmoins, sur un plan ethnologique plus général, on peut trouver la lecture du cas clinique en bande-dessinée d'Alison Bechdel instructive. La psychanalyse s'impose en effet aujourd'hui comme la pratique religieuse ou le moyen d'accomplissement de soi le plus répandu dans les pays occidentaux développés.
La mère de l'auteur est d'ailleurs elle-même circonspecte à l'égard de l'homosexualité de sa fille, et plus encore vis-à-vis d'une pratique artistique mêlant introspection et dévoilement du schéma familial intime. Elle exprime en effet des doutes sur la valeur d'une telle littérature de genre, ultra-spécifique.
Féminisme et homosexualité se recoupent implicitement dans le discours d'Alison B., étayé par les études de psy. de la jeune femme, qui complètent une très longue analyse ; or celle-ci relève que les lesbiennes, l'icône féministe Virginia Woolf, par exemple, ont souvent eu des mères assez réacs, attachées à des moeurs traditionnelles.
Le lien ambivalent mais très étroit qui unit Alison B. à sa mère est donc central dans ce long déballage de linge sale (295 p.). Comment «tuer la mère», alors qu'Alison B. n'a pas de grief sérieux vis-à-vis d'elle ? «C'est toi ma maman ?» est en effet largement un matricide virtuel, ainsi que les deux femmes finissent par reconnaître. Dans un précédent tome, bien accueilli par la critique aux Etats-Unis, Alison B. avait déjà «réglé son compte» à son père.
On peut regretter la traduction du «mother» du titre original en un «maman» un peu niais, car il y a dans ce lien identitaire entre Alison et sa mère une dimension dramatique, due à l'effort pénible pour naître une deuxième fois, bien que l'on soit loin de la noirceur des drames familiaux de François Mauriac. L'auteur de «Mon Ami Dahmer », témoignage sur un tueur en série, évoquait lui aussi l'état dépressif courant des jeunes mères au foyer américaines.
L'homosexualité d'Alison B., dans la mesure où elle implique un désintérêt pour la procréation, ne fait que stimuler son envie d'indépendance et de création artistique. (...)

Lien : http://fanzine.hautetfort.co..
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critiques presse (4)
NonFiction   29 janvier 2014
Avec C’est toi ma maman ? son deuxième roman graphique, Alison Bechdel revient sur la genèse de Fun Home , son premier opus, en questionnant à nouveau relation familiale et orientation sexuelle.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Telerama   29 janvier 2014
Alison Bechdel confirme avec éclat que plus la vérité se dérobe, plus le jeu de piste en vaut la chandelle. L'effet persistant qu'elle en tire est assez vertigineux.
Lire la critique sur le site : Telerama
BoDoi   10 décembre 2013
Comment parler de sa relation avec sa mère sans tomber dans le cliché ou dans le pathos ? Les réponses sont dans C’est toi ma maman ?, un roman graphique complexe qui ne cède jamais à la facilité.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Liberation   25 novembre 2013
Ce livre est encore plus maîtrisé que le précédent, dans l’écriture, le dessin, et le rapport entre les deux. On est épaté par la manière dont Bechdel réussit à tenir et à croiser les différents fils de son histoire, épaté aussi par la créativité et l’inventivité visuelles.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   26 décembre 2015
La mère « suffisamment bonne » minimise les conséquences de la faim, du mouillé et du froid. Mais elle n’est pas obligée de s’adapter parfaitement aux besoins du bébé. Ainsi, un bébé qui a faim peut-il se consoler momentanément en se rappelant ou en imaginant son expérience d’avoir été nourri.
Mais si pour une raison ou une autre, la mère est préoccupée, le bébé risque de devoir trop compter sur sa propre aptitude à comprendre. […]
« Plus couramment aux stades très précoces lorsque cette caractéristique des soins infantiles reste très marquée, nous observons que le fonctionnement mental devient une chose en soi, qui remplace pratiquement la mère et la rend superflue ». […]
Au lieu de dépendre de la mère, le bébé apprend à dépendre de son propre esprit. C’est un déni de la dépendance, un fantasme d’autosuffisance.
+ Lire la suite
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colimassoncolimasson   28 décembre 2015
« Absolument tous » les étudiants en psychanalyse qu’[Alice Miller] a supervisés ont la même histoire : un parent souffrant d’insécurité émotionnelle et qui n’en a pas l’air, mais qui dépend d’un comportement spécifique de l’enfant. Et une « étonnante aptitude » de l’enfant à sentir cela et à jouer le rôle assigné. « Ce rôle procurait ainsi de l’ « amour » à l’enfant –c’est-à-dire l’investissement narcissique de ses parents. Il sentait qu’on avait besoin de lui et sa vie se trouvait ainsi légitimée ».
Ce sont les gens qui, en grandissant, auront tendance à analyser les autres.
La perception psychanalytique, semble suggérer Miller, est en soi un symptôme pathologique.
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colimassoncolimasson   23 avril 2015
« Le faux self a pour but principal la quête des conditions qui donneront au vrai self la possibilité de recouvrer son bien ». Mais si ces conditions ne peuvent être trouvées, « le résultat clinique est le suicide. Lorsque le suicide est la seule défense qui subsiste contre la trahison du vrai self, le rôle imparti au faux self est alors d’organiser le suicide ». Winnicott
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colimassoncolimasson   29 avril 2015
Alice Miller écrit que l’enfant qui supprime ses propres sentiments afin de satisfaire un parent a, en quelque sorte, été abandonné. […] Elle dit aussi que la mère qui réclame cette satisfaction de son enfant essaie seulement d’obtenir ce que sa propre mère lui a refusé.
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colimassoncolimasson   07 janvier 2016
Voici le cœur vital de la théorie de Winnicott : le sujet doit détruire l’objet. Et l’objet doit survivre à cette destruction.
Si l’objet ne survit pas, il restera intériorisé, une projection du moi du sujet. Si l’objet survit, le sujet pourra alors l’envisager comme une entité séparée.
Pour Freud, l’agressivité humaine est une réaction à la réalité, une frustration devant l’échec du monde extérieur à pourvoir instantanément à nos besoins. Mais pour Winnicott, c’est l’inverse. La réalité ne nous pousse pas à l’agressivité. L’agressivité nous fait sentir réels.
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Videos de Alison Bechdel (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alison Bechdel
Alison Bechdel's graphic novel turned Broadway Tony Award winning musical FUN HOME is coming to Rochester November 14-19. For more info, visit rbtl.org.
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