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ISBN : 270731952X
Éditeur : Editions de Minuit (02/03/2006)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Mercier et Camier nous invitent au voyage.
La contrée qu'ils vont parcourir, une île jamais nommée, est parfaitement reconnaissable. C'est l'Irlande, merveilleusement décrite ici, avec ses landes de bruyères, les jetées de ses ports lancées vers le large pour enlacer la mer, ses sentiers parmi les tourbières, les écluses du canal de Dublin, tout un paysage si cher à Samuel Beckett et si souvent présent en filigrane dans toute son oeuvre. Le but du voyage de M... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Tandarica
  10 juillet 2015
Fait notable, ce texte de 1970 a été entièrement composé par Beckett en français. Absurde et dérisoire, il est nécessairement vrai. Dès les premières lignes, un rapport tout particulier est créé entre le narrateur (omniscient ?) et le lecteur. Serait-ce de la connivence, de la dépendance ? En tout cas, le narrateur impose son autorité : les faits relatés, il prétend les connaître. Un peu comme dans les contes populaires roumains "car si n'étais point ne conterais" (și dacă n-ar fi fost nu s-ar mai povesti), il est interdit aux lecteurs de douter de la véracité du récit : "Le voyage de Mercier et Camier, je peux le raconter si je veux, car j'étais avec eux tout le temps". D'ailleurs, Mercier a la sensation qu'ils sont accompagnés, puisqu'il sent "comme la présence d'un tiers"… "Elle nous enveloppe. Je l'ai senti depuis le premier jour. Je suis pourtant rien moins que spirite". Qui est-ce donc : le narrateur omniscient, omniprésent, ou bien Dieu ? Les deux voyageurs n'ont qu'une seule certitude lorsqu'ils commencent à entreprendre ce périple : "celle de ne pas se lancer à la légère dans l'aventure" Et combien de temps ? "ce n'est pas tous les jours qu'il est donné de couper en quatre un cheveu de cette qualité. Car du moment que l'on vit, bernique." Je relève ici que ce symbole de déception n'est qu'une patelle, un mollusque gastéropode. Si l'on considère que le voyage est la métaphore de la tragédie de la naissance, un rapprochement avec "Fin de partie" devient possible. le protagoniste de la pièce de théâtre, Hamm, affirme : "Vous êtes sur terre, c'est sans remède !" Cette vie doit être vécue, c'est tout. Il faut faire le voyage et avancer, même au rythme d'un mollusque. Il revient donc au narrateur investi de sa prérogative de créateur et artiste de reconstituer la nature. le dernier rapprochement que je vous propose c'est avec Marguerite Yourcenar qui, dans "Nouvelles orientales", raconte l'histoire cruelle d'un peintre condamné à mort qui s'échappe en se glissant dans un tableau représentant la mer : "Comment Wang-Fô fut sauvé" : Wang-Fô et son disciple "disparurent à jamais sur cette mer de jade bleu que le peintre venait d'inventer". Si le cadre du roman de Beckett ne connaît pas les mers et les frontières, il ressemble plutôt à la campagne irlandaise où la mer n'est finalement jamais trop loin. La pluie pourrait d'ailleurs être un autre symbole de la dissolution, disparition imminente : "c'est tordant mais on n'arrive pas à se tordre, à se dissoudre dans le sourire mille fois souri." C'est dans un bar qu'à la fin du roman les deux personnages tenteront, en citadins invétérés, de se noyer. Les derniers mots du roman sont : [le bruit de] la pluie sur l'eau.
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Jacotte_Fenwick
  23 mars 2014
Deux hommes veulent partir. Ils mettent deux heures à se trouver au même moment au même endroit, cassent leur parapluie, oublient leur sac, perdent leur vélo, retournent chez une copine qui répare les parapluies et commentent abondamment toutes ces péripéties.
Quand ils parviennent à partir, c'est pour un sinistre voyage. Métaphore de notre triste condition, de nos vaines gesticulations, de la convergence de tous nos efforts vers l'épuisement et le néant.
Et puis soudain, au détour d'une page, cette phrase : « Ce qui donne, don précieux entre tous, de la vraisemblance à cette façon de voir, c'est qu'à peu de temps de là ... »
Qui d'entre vous avait remarqué la présence du verbe donner dans cette expression tristement mathématique ?
Heureusement, le vieux Beckett veille…
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hove
  17 août 2011
Les pérégrinations de ces deux personnages, attachants, souvent en désaccord mais toujours unis dans la difficulté m'ont laissé dubitatif. Je n'ai malheureusement réussi à m'imprégner de leur univers, de leur philosophie, de leur motivations...mais n'est ce pas exactement vers cette incompréhension que veut nous mener l'auteur? Je ne pense pouvoir me forger un réel avis pour l'instant.
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brigetoun
  10 novembre 2010
le premier roman de Beckett que j'ai lu, il y a des années, nombreuses, de cela. Celui qui est sans doute le plus facile d'accès, surtout quand on vient de son théâtre. Celui qui est peut-être le moins cruel, où l'humour est le plus direct.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   10 novembre 2010
L'instant que Mercier hésite, avant de rendre ce salut, inattendu pour en dire le moins, Camier en profite pour reprendre son chemin. On ne s'en sort plus de ce présent. Mais même les morts on peut bien les saluer, rien ne s'y oppose, c'est même bien vu, ils n'en profitent pas mais cela fait plaisir aux croque-morts, cela les aide à croquer, et aux amis et aux parents, et aux chevaux, cela les aide à se croire en survie, à celui qui salue cela fait du bien aussi, c'est vivifiant. Mercier ne se laisse pas démonter, que non, il lève la main à son tour, la bonne, l'hétérologue, dans ce geste large et complaisamment désintéressé qu'ont les prélats., dédiant à Dieu des portions de matière favorisées. Que je suis bon, dit Mercier, meilleur que s'il me voyait. Mais pour en finir avec ces délires, arrivé à la première fourche (finie la lande !) Camier s'arrêta (enfin un petit passé) et son coeur battait (encore un) plus fort à la pensée de ce qu'il allait mettre dans ce suprême salut gravide à en péter de délicatesse sans précédent.
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blanchenoirblanchenoir   31 juillet 2017
Bientôt, ils n'avancèrent plus qu'en titubant. On avance très bien en titubant, moins bien évidemment qu'en ne titubant pas, moins vite surtout, mais on avance.
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brigetounbrigetoun   10 novembre 2010
Le champ s'étendait devant eux. Rien n'y poussait, rien d'utile aux hommes c'est-à-dire. On ne voyait pas très bien non plus en quoi ce champ pouvait intéresser les animaux. Les oiseaux devaient y trouver des lombrics. Il était de forme fort irrégulière et entourée de haies malingres, composées de vieilles souches d'arbres et de fourrés de ronces. Il y avait peut-être quelques mûres sauvages en automne. Une herbe bleue et aigre disputait le sol aux chardons et aux orties. Ces dernières auraient pu servir de fourrage, à la rigueur.
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blanchenoirblanchenoir   24 juillet 2017
Nous ne voyageons pas pour le plaisir de voyager, que je sache, dit Camier. Nous sommes cons mais pas à ce point.
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brigetounbrigetoun   10 novembre 2010
Il arrivait alors, tantôt à Mercier, tantôt à Camier, de s'abîmer si avant dans ses pensées que la voix de l'autre, reprenant son argumentation, était impuissante à l'en tirer, ou ne se faisait pas entendre. Ou, arrivés simultanément à des conclusions souvent contraires, ils se mettaient simultanément à les exprimer. Il n'était pas rare non plus que l'un tombât en syncope avant que l'autre eut achevé son exposé. Et de temps en temps ils se regardaient, incapables de prononcer un mot, et l'esprit vide. C'est à l'issu de l'une de ces torpeurs qu'ils renoncèrent à pousser leur enquête plus loin, pour l'instant.
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Videos de Samuel Beckett (117) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Samuel Beckett
En 2005 a paru Dictionnaire égoïste de la littérature française , immense succès immédiat critique et public. Chroniqué par tous les médias en France et beaucoup même à l'étranger, ce livre qui n?avait pas d?équivalent a reçu cinq prix littéraires. Il est aujourd?hui devenu un classique.  Le Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale est consacré aux littératures des autres pays du monde. Et non pas « étrangers ». Un article l?explique, l?auteur ne croit pas à la notion d?étranger, surtout en matière de littérature. Nous ne sommes pas seuls au monde, et aucun lecteur français n?a été constitué par l?unique lecture de livres français. de même, aucun lecteur n?est constitué par l?unique lecture des livres de son temps. Un lecteur est de tous les temps et de tous les pays. Et c?est ainsi que ce livre comprend aussi bien Eschyle (le plus ancien) que Gabriel García Márquez (le plus récent). Pour « égoïste », cela signifie que l?auteur ne parle que de choses qui, en bien ou en mal, l?intéressent, le passionnent, l?éveillent, et non à partir d?on ne sait quels canons de la littérature.  Le « DELM » comprend, comme son frère aîné, quatre types d?articles : sur des auteurs (Karen Blixen, Jorge Luis Borges, F.S. Fitzgerald, Yukio Mishima, Elsa Morante, Platon, Gertrude Stein?), des ?uvres ( Amant de Lady Chatterley (L?) , Guépard (Le) , Petit Livre rouge (Le)? ), des personnages (Ali-Baba, Lady Bracknell, Mademoiselle Else, le prince André, Arturo Ui?), des notions (« Bonheur », « Enterrements d?écrivains célèbres », « Imagination », « Verbes réfléchis »?). Il a, en plus, des « express » (« Esthétique Express », « Machiavel Express »?). On y retrouvera tous les grands noms célèbres, et on y découvrira des méconnus délicieux. On y trouvera un esthétique, et des anecdotes qui sont peut-être un peu plus que des anecdotes, comme Joyce en train de dicter Finnegans Wake à Beckett qui répond « entrez » à un visiteur, Beckett écrivant le mot par mégarde et Joyce lui disant : « Laissez. » Allègre, partial, drôle, sérieux, brillant, inattendu. Un livre qui donne envie d?en parler avec l?auteur. Venez converser avec Charles Dantzig...
En savoir plus sur le "Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale" : https://www.hachette.fr/livre/dictionnaire-egoiste-de-la-litterature-mondiale-9782246820741
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