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Georges Lemoine (Illustrateur)
EAN : 9782070538874
39 pages
Éditeur : Gallimard Jeunesse (18/04/2002)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 137 notes)
Résumé :
Voici l'histoire de Wang-Fô, le fameux peintre chinois. Il parcourait le royaume des Han en compagnie de Ling, son fidèle disciple, à la recherche de nouveaux paysages. Ses tableaux étaient si beaux qu'on les disait magiques. Mais un jour, l'empereur convoqua le vieux maître pour le menacer d'un terrible châtiment...
Un conte merveilleux qui allie la poésie de Marguerite Yourcenar à l'art de Georges Lemoine.

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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Fabinou7
  07 juillet 2018
« Wang-Fô aimait l'image des choses, mais non les choses elles-mêmes »

N'est-ce pas le paradoxe de l'artiste ? Il est celui dans la cité qui, grâce à sa sensibilité, traduit le mieux nos affects et en même temps, celui qui manque le plus cruellement d'empathie pour le réel.

Yourcenar illustre bien ce personnage (Wang-Fô) fasciné par les gens non pas comme des fins mais en tant que moyens au service de son art, les poussant jusqu'au sacrifice ultime sans en ressentir autre chose qu'une forme d'inspiration artistique ou du moins, s'il en est affecté, cette affliction est immédiatement récupérée.

L'artiste est-il égocentrique et d'un ingénu narcissisme par nature ou bien, pour le lucre de l'art, doit-il s'interdire d'éprouver de l'empathie (car cette dernière conduirait inévitablement Wang-Fô à renoncer à certaines de ses peintures, notamment celles de l'épouse de Ling) ?

Et l'art… Se doit-il de dire la vérité ? Peut-on le condamner sous prétexte qu'à nos yeux il dépeint le réel de façon si illusoire qu'il le rend écoeurant ? Finalement, l'art serait-il l'ennemi du réel en ce sens qu'une trop fastidieuse exposition aux oeuvres d'art rend (même un Empereur) inapte à la vie ?

Toujours est-il que l'art affecte intimement les personnages de cette nouvelle orientale. Face à la tiédeur de la vie, l'art pousse un homme à qui rien ne manquait à tout sacrifier dans une relation de maître à disciple endogène au continent asiatique.

Cruel est l'art, en témoigne la beauté sémantique émanant d'une scène d'exécution fugace. Et comme si la réalité eut été trop odieuse pour l'auteure elle-même, la seule issue de ce conte fut la fuite chimérique.

Cette nouvelle légendaire - nous sommes proche du récit mythologique - de Marguerite Yourcenar ne souffre aucune surabondance. Les couleurs s'entremêlent à l'image du réel et du fantastique et la brièveté du texte y côtoie l'épaisseur du récit.

Finalement au sortir de ce conte, le lecteur face au texte est pareil à l'artiste face au réel, reconnaissant la beauté de l'oeuvre et le génie de l'artiste sans pour autant ressentir d'empathie.

Qu'en pensez-vous ?
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Commenter  J’apprécie          355
Jumax
  30 mars 2013
L'histoire de Wang-Fô illustre bien que l'art est un miroir trompeur de la réalité. Un conte oriental cruel et poétique.
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Cer45Rt
  22 août 2019
Première nouvelle du recueil des "Nouvelles orientales", "Comment Wang-Fô fut sauvé" est une réflexion sur l'art. La réflexion est très intéressante, avec énormément de symboles, mais la nouvelle ne m'a pas plu.
Mon plus grand problème, c'est le style. C'est un style extrêmement simple, dépouillé, qui aurait pu être d'une grande beauté, s'il y avait eu, un vrai travail de style, ce qui, à mon avis, du moins, n'a pas été fait. Il aurait pu être dépouillé et poétique, il n'est que simple, c'est tout.
La poésie, que j'espérais trouver en lisant ce texte, s'est révélé absente dudit texte. Il y eut pu avoir certaines idées qui aurait pu être traiter de manière poétique, mais je n'ai pas eu le sentiment qu'elles le furent.
C'est vraiment dommage car il y a de bonnes idées, une intrigue qui pourrait très bien fonctionner, une vraie réflexion, mais il n'empêche : je n'ai pas aimé. Ce sont des choses qui arrivent…
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VanessaV
  11 juillet 2010
Ce petit conte de Marguerite YOURCENAR « Comment Wang-Fô fut sauvé » est une belle entrée dans les traditions de la Chine.
Wang-Fô est un vieux peintre nomade, peignant de part son pays, ne faisant que peu de cas de l'argent. Il lui arrive d'échanger ses oeuvres avec ceux qui les apprécient contre un bol de riz. Ling, son jeune serviteur, se complait à lui tenir compagnie, à voler si nécessaire pour que le peintre soit constamment libre de ne penser qu'à son art. Mais voilà que l'Empereur des Han (Grande Chine) vient les arrêter pour une raison étrange. le destin semble très peu propice à Ling et son maître. Et toute la question comment Wang-Fô devient naturelle.
Ce tout petit conte me comble bien-sûr par sa fin. J'aurais pourtant aimé être embarquée plus longtemps dans ce mode de vie nomade, miséreux et également sage. J'aurais aussi apprécié encore plus de détails de ce palais impérial, de cette autorité suprême, de cette liberté de mouvement du peintre contre cet isolement de l'empereur.
Le plaisir de lecture fut dans les détails colorés, les regards d'artiste de ce vieux peintre. Tout est prétexte à admiration : paysage, ombre sur un mur, broderie des soldats l'embarquant etc.
(...) Georges LEMOINE propose des illustrations vraiment douces, comme faites de sables mais je n'ai pas vraiment eu l'impression d'être en Chine. J'imagine que les enfants suivent ainsi l'histoire avec des repères plus « occidentaux ». (...)
l'avis complet là
Lien : http://1pageluechaquesoir.bl..
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TiaRosam
  22 avril 2016
Voici un petit conte philosophique particulièrement poétique à écouter. Plein d'images à mettre dans les yeux des enfants, et plein de sens pour le coeur des adultes.
C'est une nouvelle du recueil de Marguerite Yourcenar "Les nouvelles orientales" (1936).
Wang Fô, toujours accompagné de son apprenti Ling, est un artiste peintre. On raconte que ses tableaux sont plus vrais que nature. Un jour cependant, il se fait arrêter par l'armée impériale : l'empereur qui durant son enfance n'a connu le monde qu'à travers les tableaux de l'artiste s'est trouvé bien déçu quand il n'a trouvé dans la réalité rien de ce qui lui plaisait des tableaux. Il est bien décidé à le punir pour cette trahison, ce mensonge terrible...
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
DonaSwannDonaSwann   02 avril 2016

Tu m'as fait croire que la mer ressemblait à la vaste nappe d'eau étalée sur tes toiles, si bleue qu'une pierre en y tombant ne peut que se changer en saphir, que les femmes s'ouvraient et se refermaient comme des fleurs, pareilles aux créatures qui s'avancent, poussées par le vent, dans les allées de tes jardins, et que les jeunes guerriers à la taille mince qui veillent dans les forteresses des frontières étaient eux-mêmes des flèches qui pouvaient vous transpercer le cœur.
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JumaxJumax   28 mars 2013
"Ling désespéré regarder son maître en souriant, ce qui était pour lui une façon plus tendre de pleurer."
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Lucile-Lucile-   15 février 2014
Tu m'as menti, Wang-Fô, vieil imposteur : le monde n'est qu'un amas de taches confuses, jetées dans le vide par un peintre insensé, sans cesse effacées par nos larmes.
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vllcvllc   14 avril 2011
Le sillage s'effaça de la surface déserte, et le peintre et son disciple disparurent à jamais sur cette mer de jade bleu que Wang-Fô venait d'inventer.
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JumaxJumax   28 mars 2013
"Wang-Fô aime l'image des choses et non les choses elles-mêmes."
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Videos de Marguerite Yourcenar (89) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marguerite Yourcenar
Présentation du livre le GLouton, le gourmand et le gastronome. Les plaisirs de la table De Balzac à Yourcenar.
« le mot seul gastronomie fait dresser toutes les oreilles ; le sujet est à la mode » écrivait Brillat-Savarin en 1826. C'est au XIXe siècle, en effet, que l'on voit se codifier un ensemble d'usages spécifiquement français, organisés autour des arts et des plaisirs de la table. Inévitablement, et savoureusement, la littérature s'en fait le reflet, des dîners mondains du comte de Monte Cristo au surréaliste repas de cheveux de Pieyre de Mandiargues, en passant par tous ceux que Balzac, Zola, Colette ou Duras décrivent avec verve. Et à travers le repas, c'est toute la société que les écrivains interrogent. Pourquoi des règles de bienséance, et qui peut dire ce qui est « convenable » ? Les femmes doivent-elles montrer de l'appétit, peuvent-elles seulement boire ? Faut-il se réjouir de bien manger quand d'autres meurent de faim ? le repas gastronomique est-il réservé à une élite fortunée ou s'offre-t-il à la portée de tous ? Yves Gagneux éclaire ce subtil équilibre entre hédonisme, ritualisation et savoir-faire, qui forme la Bible des gourmets. La sensualité et la convivialité qui s'y expriment ont produit des pages inoubliables, qui subliment à leur tour l'idée même de gastronomie. Parcours d'un moment de civilisation, reconnu par l'Unesco, depuis dix ans, comme patrimoine immatériel de l'humanité.
https://www.editions-vendemiaire.com/catalogue/a-paraitre/le-glouton-le-gourmand-et-le-gatronome-yves-gagneux/
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