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ISBN : 2070355284
Éditeur : Gallimard (02/05/2008)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 102 notes)
Résumé :
Elle aurait voulu être une bête, au moins ça aurait été clair. Elle est juste professeur de la vie et de la terre, mais il n'y a plus de vie il n'y a plus de terre sous ses pieds quand son amant part. Alors au collège, elle n'y va pas. Qu'est-ce qu'elle enseignerait, hein ? Son corps enseignant, il est ici. Son intelligence, sa patience, son savoir, tout pourrit sans caresse. Elle se racornit comme les feuilles de certaines plantes quand elles manquent d'eau. Elle p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
  28 mars 2016
Je me sens évidemment très concernée par le thème de ce livre et il ne pouvait être écrit que par une enseignante, quelqu'un ayant vécu les faits de l'intérieur et qui les restitue avec une émotion tendue et vibrante et beaucoup de sincérité.Beaucoup de pertinence aussi.
C'est un huis-clos: un collège dit" difficile" ( qu'a connu l'auteur) mais les questions, les réflexions que soulève ce roman touchent n'importe quel établissement scolaire.Ecrit en 2006, il présente des problèmes toujours non résolus, dix ans après.
J'ai apprécié la construction du livre: les différents acteurs de cette communauté expriment tour à tour leurs ressentis, leurs angoisses, leurs colères.Chacun montre ses failles, son impuissance aussi, bien souvent , à changer les choses.Certaines remarques me semblent vraiment proches de ce que je ressens moi-même: "Quand va-t-on prendre le temps de réfléchir vraiment à ce qu'est l'école aujourd'hui ? Quand va-t-on cesser de balancer réforme sur réforme, à court terme et vive les élections ?"s'indigne Laurence Pascalet, la professeur-documentaliste, un de mes personnages préférés car elle résiste et a une humanité lumineuse.Ce qu'en dit l'auteur est magnifique: " Créer une zone protégée au milieu du collège, c'est une gageure.La documentaliste a choisi de porter ce défi haut et loin.Elle lutte.C'est difficile de faire reconnaître cet espace, le sien.(...) Elle résiste.Elle est sur son île.Elle accueille les naufragés."
Les acteurs, ce ne sont pas que les professeurs, ce qui donnerait au livre un aspect réducteur.Ce sont aussi les élèves, un factotum, la principale du collège, un délégué parent.La richesse et la profondeur de cette histoire-témoignage tient justement à cette diversité des points de vue.Un constat unanime, en tout cas: " Il faut inventer une autre façon de mettre les élèves au travail.In-ven-ter.Un mot qui fait peur."
Certains personnages m'ont particulièrement touchée: Madison, l'élève perdue, absente au monde, qui ne trouve à s'exprimer que par le dessin.On a connu de ces élèves , mal orientés,qui ne peuvent mettre en avant leur don.J'ai aimé également le " redoutable D.", qui traduit par la violence ses difficultés face à la langue française.Et quel beau moment,pour le professeur de français épuisé et désabusé, que cette lecture d'un texte de Kafka, face à une classe subjuguée !
La fin, révolte et feu , était prévisible: " Comment rester des heures et des heures,assis, sans rien comprendre de ce qui se dit, quand on a quinze ans? Comment ne pas éclater quand on sait qu'on n'y arrive pas ?"
Le roman semble se terminer négativement mais en fait, il n'en est rien.Car des prises de conscience se sont effectuées, des comportements se sont transformées.Arrêtons de gémir et essayons de construire une école du désir et de la réussite de chacun, à son rythme .
Que "la liberté de désirer entre dans les poitrines. Les rêves respirent large."
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Nadael
  07 décembre 2011
Alors que l'ultime conseil de classe de l'année se profile, entraînant avec lui son lot d'angoisse, d'interrogations et d'incertitude, l'auteure passe en revue les différents protagonistes qui font vivre un collège ; de l'élève au professeur, de la documentaliste à la femme de ménage, du parent d'élève à la principale...
Pas à pas, le lecteur s'introduit dans l'établissement. Il scrute chaque recoin, des classes à la salle des profs, de la cour au CDI, du réfectoire à la pièce réservée au personnel de service... mais il s'immisce surtout à l'intérieur de ces êtres qui travaillent dans ce lieu, partage leurs réflexions, leurs craintes, leur impuissance, leurs espérances aussi.
Il fait la connaissance d'une principale pleine de bonnes intentions mais complètement vidée par les nombreux problèmes à régler, d'une élève qui dessine merveilleusement bien mais on ne bâtit pas un avenir sur quelques crayonnés surtout lorsqu'on est en échec dans toutes les matières dixit certains professeurs, d'une jeune prof en dépression qui se rend compte que ce métier n'est pas fait pour elle, d'une documentaliste qui se bat au quotidien pour partager avec les élèves sa passion pour les mots et pour la lecture, du factotum qui ne compte plus les années passées dans ce collège à voir défiler des jeunes gens si différents et pourtant si semblables, d'une femme de ménage qui s'isole dès qu'elle le peut pour lire, d'une professeure à ornières qui reste sur ses positions coûte que coûte...
de nombreux sujets sensibles y sont abordés : la transmission du savoir, l'évaluation, la langue, la lecture, l'écriture, susciter le goût et l'envie d'apprendre, donner du temps aux élèves et aux apprentissages, la violence, la famille, les budgets trops serrés pour envisager des sorties culturelles,
l'avenir des élèves qui passe par l'orientation...
Jeanne Benameur a écrit là un roman riche en enseignement sur le microcosme d'un collège au quotidien, la réalité n'y est pas voilée, elle nous montre les échecs mais aussi les initiatives que certains osent prendre. Parce que ce roman n'est pas pessimiste, la galerie de portraits qu'elle dresse se veut pleine d'espoir. Alors, en tant que lecteur, on veut y croire aussi.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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cecilestmartin
  28 juillet 2019
J'aime Jeanne Benameur, la façon dont en quelques lignes elle nous entraîne dans une histoire, campe un environnement si authentique, décrit des sentiments et des situations qui font écho au plus profond. Son humanité, sa sensibilité et, à la fois, la possibilité qu'elle nous offre d'être aussi spectateur pour ne pas être totalement engloutie. D'emblée, j'ai été happée par le style et la profondeur du propos.
C'est un roman rédigé au présent, comme pour nous prendre à témoin, pour nous interpeller, faite oeuvre de partage. Pas de nom ou de prénom des protagonistes quasiment jusqu'à la fin sans que cela n'empêche le moins du monde de développer une profonde sympathie pour eux mais des archétypes si vivants, si humains : la proviseur - capitaine d'un bateau qui se voudrait voilier, le prof de français qui a perdu son souffle, la documentaliste si pleine d'espoir qui met la créativité au coeur de son activité, la prof de SVT, novice qui souffre, et les élèves... adolescents qui espèrent ou qui n'y croient déjà plus, plombés par la reproduction des inégalités, par leurs origines et l'incompréhension des codes qui régissent cette micro-société, des collégiens pas dans la norme et pourtant si prometteurs.
Jeanne Benameur nous immerge une journée dans la vie d'un collège de banlieue, pas n'importe laquelle, celle qui s'achève sur le conseil de classe des 3ème – échéance qui cristallise les angoisses de chacun. Autour du sort de quelques élèves, certains enseignants vont se révéler, retrouver leur souffle et ce qui fondait à l'origine leurs motivations à transmettre, d'autres – pour des motifs qui s'inscrivent aussi dans leur histoire – seront prêts à appliquer la règle bête et méchante, annihilant tout postulat d'éducabilité, refusant à l'autre la possibilité de changer, d'évoluer, neutralisant tout espoir d'avoir un avenir meilleur. Véritables censeurs, ils décideront qui peut avoir un avenir et qui subira la relégation, toujours la même.
Ce titre, en forme d'interrogation est – comme souvent chez l'auteur – polysémique. le corps enseignant est-il présent au monde, à la société ou reclus dans un son propre système, pris dans ses paradoxes ? Les enseignants sont-ils présents à eux-mêmes, à leur vocation initiale (si elle a existé) ou se sont-ils perdus en chemin ? Travaillent-ils pour le présent – notes, programmes - où sont-ils des facilitateurs d'avenir ? Et les collégiens, pris dans l'immédiateté, souvent en peine pour se projeter, l'adolescence ne s'y prêtant guère, leur présence physique suffit-elle à ce que le temps de ma scolarité les constitue en adultes ?
C'est juste un livre formidable, plein d'espoirs, qui pose un doux - mais lucide - regard sur une institution qui peine parfois à jouer son rôle.
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ghis38
  11 mai 2015
Jeanne Benameur a cette empathie naturelle qui m'a profondément touchée.
A travers ce roman, elle dresse le portrait de tous les acteurs d'un collège de banlieue avec comme fil conducteur, le conseil de classe d'une 3eme.
Sous une enveloppe séduisante, nous suivons avec tendresse tous ces personnages, emplis d'humanité, parcourus de doutes et d'espérances.
Je veux dédier ce livre à ma fille, toute jeune prof de lettres, qui galère en banlieue parisienne, loin de son "Cheri", loin de son environnement.
Lui dire, que cette peur de ne pas y arriver, est enfouie au fond de chacun de nous, à tous les stades de la vie. Lui dire, que moi, "mauvaise élève", j'ai eu ce déclic de la lecture grâce à une prof qui nous a lu un passage du Petit Prince. Lui dire qu'elle a choisi un beau métier, noble, et que je suis fière d'elle.
Vous l'aurez compris, j'ai eu un coup de coeur pour ce roman. Ce petit livre est une vraie pépite, pleine d'émotions. Et, Madame Benameur, vous allez prendre une place de coeur dans mes lectures.
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camati
  27 mars 2015
Je suis un ancien professeur de langues et j'ai retrouvé dans "Présent?" le monde que j'ai quitté il y a peu de temps, sans regrets même si j'ai aimé mon métier. En effet, Jeanne Benameur connaît bien ce monde, ses faiblesses, ses travers et ses richesses, puisqu'elle a été professeur de Lettres. Elle a trouvé les mots justes pour décrire les émotions, le questionnement, les doutes, les relations,de chaque acteur d'un établissement scolaire, qu'il soit élève, enseignant, personnel de direction, personnel d''entretien, parent d'élève ou autre.....On débute avec un idéal, des illusions, de l'ardeur, et au fil du temps, on découvre des choses auxquelles on ne s'attendait pas. Il y a la façade et la face cachée, pour chacun de ces acteurs. Pour certains, la chute est trop dure, ils font le choix de ne pas rester.
Ce livre est plus accessible que "Les demeurées" par exemple et parlera à chacun d'entre vous car tout le monde est passé par le collège. Les souvenirs remonteront à la surface. C'est en même temps un livre plein d'espoir. Je le recommande en première lecture à ceux qui ne connaissent pas encore Jeanne Benameur.
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Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   07 décembre 2011
Ne pas parvenir à faire sienne la langue commune, c'est la première violence. Nos élèves, nous le savons bien, viennent souvent de langues maternelles différentes. Ne pas réussir à s'exprimer est une violence permanente. C'est pour cette raison que l'entrée dans l'écriture, la lecture, est fondamentale. S'ils parviennent à donner forme à ce qui les habite, clandestinement et sans papier, j'emploie ces termes à dessein, ils vont mieux.
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EipocaEipoca   20 avril 2012
Ne soyons pas raisonnable. Surtout pas. Quand il s'agit de choisir pour quoi on va se lever chaque matin, il ne faut pas être raisonnable, il faut être un vrai rêveur de sa vie. [...] Il faut dépoussiérer le rêve. Il faut le voir, le contempler, en aimer la forme. C'est cela penser sa vie et rien d'autre. C'est avec ça qu'on a de la force pour aller vers les examens,
les concours, les portes blindées.
[...]
Oui, il sait que ça ne sert à rien de fourvoyer un gosse dans une voie où il n'y a pas de débouchés. Il l'a assez entendu. Mais ça sert à quoi de l'envoyer sur une voie où la vie, elle, se bouchera?
[...]
Enlever les paillettes de l'illusion quand un gosse entre dans son bureau, d'accord, mais que ce soit pour que l'enfant découvre son rêve dans sa nudité intacte, forte, belle, et qu'il le fasse sien. C'est ça son métier.
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NadaelNadael   07 décembre 2011
Ils écoutent, certains la bouche ouverte, les sourcils froncés. Ce n'est plus le collège. Ce n'est plus le prof. Ce n'est plus la salle de classe et les copains, pour une fois, on s'en fout. On est loin.
La lecture les sépare et les réunit.
Chacun est seul avec les mots. C'est la solitude précieuse de la lecture. Celle qui rend à soi-même.
En même temps, ils sont ensemble comme jamais, chacun avec tous, embarqués dans le même récit.
La voix du professeur délivre l'histoire commune où chacun peut prendre sa place.
Ils sont captivés et ils n'ont jamais été aussi libres. (…) La liberté est à sa vraie place : ils imaginent. »

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charlottelitcharlottelit   12 septembre 2011
sans l'art, un être humain peut crever de douleur.
Pourquoi les matières artistiques alors
ne sont-elles pas au coeur de tout lieu d'enseignement ?

Pourquoi chaque Etre humain n'a t-il pas le droit à l'art
pour apprendre à donner forme à ses émotions ?
au lieu d'en avoir peur, apprivoiser ce qui transporte ?

On va à l'école pour apprendre, apprendre, apprendre ;
apprendre quoi ?
à grandir ?
Est-ce que l'élève n'est pas celui qui doit s'élever ? p 204

(pour ces quelques citations, je pardonne tout à Jeanne
Benameur !)
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lululifatlululifat   31 octobre 2014
Sans l'art un être humain peut crever de douleur.
Pourquoi les matières artistiques alors ne sont-elles pas au coeur de tout lieu d'enseignement ?
Pourquoi chaque être humain n'a-t-il pas le droit à l'art pour apprendre à donner forme à ses émotions ? au lieu d'en avoir peur, apprivoiser ce qui transporte, meurtrit ou ravit ?
On va à l'école pour apprendreapprendreapprendre. Apprendre quoi ?
Pourquoi ne va-t-on pas à l'école pour apprendre à grandir ?
Est-ce que l'élève n'est pas celui qui doit s'élever ?
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