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EAN : 9782330124335
320 pages
Éditeur : Actes Sud (21/08/2019)
3.82/5   249 notes
Résumé :
Tout ce que l'exil fissure peut ouvrir de nouveaux chemins. En cette année 1910, sur Ellis Island, aux portes de New York, ils sont une poignée à l'éprouver, chacun au creux de sa langue encore, comme dans le premier vêtement du monde.
Il y a Donato et sa fille Emilia, les lettrés italiens, Gabor, l'homme qui veut fuir son clan, Esther, l'arménienne épargnée qui rêve d'inventer les nouvelles tenues des libres Américaines.
Retenus un jour et une nuit su... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
3,82

sur 249 notes

Cannetille
  07 septembre 2019
Un jour et une nuit à Ellis Island en 1910 : le temps pour les migrants juste débarqués de passer les contrôles, d'être acceptés ou rejetés. Pendant ce moment de flottement suspendu entre le monde d'avant et le monde d'après, plusieurs destins se croisent : Esther, l'Arménienne stigmatisée par le massacre des siens ; Gabor le gitan, qui fuit avec son clan la persécution en Europe ; Emilia et son père Donato, Italiens aisés qui ont choisi l'exil pour survivre à un deuil ; Andrew le photographe, Américain de la seconde génération à la recherche de ses racines ; Hazel la prostituée qui prépare obstinément son changement d'existence…

Tous ont en commun de se situer sur la brèche d'un nouveau départ, de trouver le courage de rompre avec le passé pour prendre leur destin en main et pour préserver ou redonner un sens à leur bien le plus précieux : la vie.

L'auteur a elle-même connu les affres de l'exil, son déchirement et son formidable espoir, autant d'émotions qu'elle restitue au fil d'une écriture sensible et poétique, toute en finesse et en profondeur, où chaque terme est soigneusement choisi, chaque questionnement intensément réfléchi. L'expression se fait passionnée, et se retrouve exaltée bien au-delà des mots, de manière très charnelle au travers de la passion amoureuse, ou de façon artistique par le biais de la photographie, de la peinture et de la musique.

Vibrant hommage à ceux qui partent, ou qui ont la force d'affronter les risques du changement et de la liberté pour vivre pleinement leur vie, quitte à tout perdre pour mieux se retrouver, ce roman d'une beauté indéniable est aussi d'une actualité brûlante : il nous rappelle les valeurs fondamentales qui font notre humanité, et que les préoccupations matérielles et le souci de sécurité nous font souvent perdre de vue.

Pourtant, ces qualités n'ont pas suffi à me séduire totalement : il ne se passe factuellement pas grand-chose dans ce récit avant tout introspectif, centré sur les combats intérieurs des protagonistes. Le poids de la réflexion a fini chez moi par nuire à la puissance de l'histoire, par ailleurs contrecarrée par un certain trop-plein d'exaltation autant intellectuelle que charnelle.

Ceux qui partent m'ont finalement plus ou moins laissée à quai, presque aussi déchirée qu'eux : avec l'envie d'aimer ce livre admirable de grande facture, mais que j'ai trouvé par moments un peu ennuyeux.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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fanfanouche24
  26 août 2019
Un passage dans une librairie extraordinaire du vieux Vannes [Morbihan ], "Le Silence de la mer ", où je serais bien restée des heures à fouiner dans leur fonds littéraire, très engagé et personnalisé... si je n'avais eu une visite non reportable !...
J'ai toutefois pris le temps d'acheter le dernier opus de Jeanne Benameur, parmi mes auteures de prédilection... même si j'ai lu plusieurs fictions autour d'Ellis Island, dont l'excellent texte de Gaëlle Josse, "Le Dernier gardien d'Ellis Island "...je me suis lancée !
"Les émigrants ne cherchent pas à conquérir des territoires. Ils cherchent à conquérir le plus profond d'eux-mêmes parce qu'il n'y a pas d'autre façon de continuer à vivre lorsqu'on quitte tout.
Ils dérangeront le monde où ils posent le pied par cette quête même." (p. 326)
Le titre choisi par Jeanne Benameur est d'une simplicité extrême...et le style de cette auteure nous " prend aux tripes" d'emblée !...Sans oublier la couverture sépia, également sobre, exprimant l'essentiel de cette fiction... !

"Il s'est habitué maintenant aux arrivées à Ellis Island. Il sait que la parole est contenue face aux étrangers,que chacun se blottit encore dans sa langue maternelle comme dans le premier vêtement du monde." (p. 12)

En faisant des recherches, je découvre que l'auteure a débuté son oeuvre par l'écriture de poésie, ainsi qu'un texte-poème de Jeanne Benameur, édité récemment par Bruno Doucey, dont le titre est des plus évocateurs "La Géographie de l'absence"... j'apprends ainsi que notre auteure a aussi vécu le drame de l'exil, le chagrin d'être arraché à son pays. Dans ce cas, elle était une petite fille de cinq ans, devant partir de l'Algérie avec sa famille... entre un père algérien et une maman italienne...Alors, elle sait de quoi elle parle, et nous le sentons très fort au fil de ce texte...; on ressent vivement le choix exigeant de chaque mot...!!
"Comme les grands oiseaux qui vont chercher l'asile propice pour faire leur nid, ils sont partis mais les hommes n'ont pas la liberté des ailes. La nature ne les a pas pourvus pour se déplacer au-dessus des mers et des terres. Il leur faut faire confiance à d'autres hommes pour être transportés.
Et pour être accueillis ? "(p. 27)

Dans cet espace "charnière" d'Ellis Island... nous nous prenons de sympathie avec les différents personnages: le jeune photographe, Andrew Johnson, New-Yorkais, père islandais, mère fière de son ascendance qui a appartenu aux premiers pionniers, refusant toutefois de parler de tous ces migrants; Ce fils,complice de sa grand-mère islandaise,qui tente de comprendre le passé de sa famille, en captant un peu de ces visages croisés, de leur destinée; Donato et sa fille Emilia, lui comédien talentueux,
amoureux des textes anciens; Emilia, dessinatrice et peintre...ils partent pour "tourner" la page, atténuer le chagrin de la mort prématurée de la maman; Esther, l'Arménienne...qui a vu mourir les siens; Gabor, gitan violoniste, orphelin, élevé par son grand-père, espérant aussi une nouvelle existence. Tous ces êtres vont se croiser, s'aider même silencieusement; un regard amical, bienveillant... pour s'insuffler du courage dans ce "no man's land" de l'attente, de l'espoir !
Récit au style magnifique, entre prose et poésie !! On pourrait sans doute être parfois gêné par des phrases très "léchées" aux thèmes identiques... comme des sortes d'incantation, mais cela fait partie intégrante de la musique, du rythme du texte...
"La douleur qui n'est pas écrite n'a pas de forme, elle peut envahir tout l'air et on peut en être envahi simplement en respirant." (p. 54)
Chaque personnage possède un moyen,une passion , un talent particulier pour moins souffrir dans ses deuils et ses manques: que cela soit la lecture , le théâtre, la musique, la peinture, et la tendresse des corps [ thème très présent...pour un oubli de tout, nécessaire, vital et en même temps,dans un instinct de Vie, plus fort que tout ...] dans ce moment charnière, où chacun tente de se projeter dans un Avenir...différent... Ces personnages, tous attachants, qui veulent oublier l'angoisse de leur statut angoissant de migrant...entre deux pays... le leur et celui qu'ils ont choisi pour se reconstruire....recommencer !
"Si jamais personne ici ne veut d'eux, de ce qu'ils sont vraiment, comment vont-ils vivre ? Dans quel regard vont-ils trouver le respect qui donne la force de vivre ?" (p. 147)
Une lecture très forte, exceptionnelle en émotions et questionnements "universels"... qui ne peut que nous interpeller au plus profond de nous mêmes....Je prolongerai cette lecture avec "La géographie de l'absence" , texte que j'ai commandé aussitôt, qui parle aussi d'exil, et de déracinement...
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TerrainsVagues
  27 octobre 2019
Ceux qui partent. Que de promesses avec ce titre d'une actualité malheureusement chaque jour un peu plus brûlante.
Nous sommes en 1910, New York, Ellis Island camp de rétention où débarquent des flots de migrants venus du vieux continent. Un père et sa fille ayant quitté l'Italie débarquent d'un des nombreux paquebots. Un photographe saisi l'instant, le point zéro de leur nouvelle vie. Un instantané qui capte tous les espoirs, toutes les craintes, toutes les questions et déjà toute la nostalgie de ces gens ayant tout quitté dans l'espérance de jours meilleurs.
Jeanne Benameur va nous faire vivre leur première journée et leur première nuit d'attente dans ce centre où l'on délivre le droit de vivre ou le devoir de retourner crever chez soi.
Nous suivrons également les premiers pas de cette femme ayant échappé au génocide Arménien ou encore de gens du voyage en route pour l'Argentine.
Une première journée qui sur les 200 premières pages valaient bien les 5 étoiles même si j'ai regretté rapidement que ce fragment de famille Italienne soit aisé, ne manquant de rien, qu'elle ait voyagé sur le pont supérieur et que l'exil soit choisi par la fille qui rêvait d'une liberté dont ne jouissaient pas les femmes au début du 20e siècle. Elle ne se voyait pas finir en mama et on peut la comprendre. Peu importe après tout puisqu'il y a presque autant de raisons de tout quitter que de migrants. Page après page, les 5 étoiles s'imposaient naturellement tant je trouve l'écriture de l'auteure toujours aussi belle, puissante, d'une douceur voir d'une tendresse qui contraste avec les situations. Cette écriture qui fait que j'étais migrant comme j'ai été danseuse (si si) dans « Laver les Ombres » par exemple.
Et puis et puis… et puis vint la nuit et c'est là que tout a commencé à merder pour moi.
Aux premiers pas de la lune sont venus se greffer les parents du photographe dont le père et la grand-mère sont des exilés d'Islande. Et puis une fiancée choisie par eux pour leur chère tête blonde et puis et puis… et puis on tombe dans le hors sujet dans ce dernier tiers du livre. On se retrouve en pleine collection Harlequin tout un monde d'évasion. X est raide dingue de Y et c'est réciproque mais Y tenant à sa liberté blablabla. Pendant ce temps W est aussi raide dingue de Y mais Y ne le voit pas (snif snif). W va passer son spleen avec Z, dame de petite vertu et amoureuse de M ami de W. Si on ajoute N folle de X, jalouse à en mourir et les parents de W qui ont la libido tenace sans parler du père de Y qui se dit aussi que depuis le temps qu'il est fidèle au souvenir de sa défunte épouse, il irait bien se soulager d'un poids coté en bourses, oh Jeanne, c'est quoi ce bordel????
Alors oui, encore une fois c'est très bien écrit mais quel rapport avec « Ceux qui partent » ? Ce sont les histoires de coeur et de cul de tout le monde que tu nous racontes là. Ceux qui restent connaissent aussi les déboires amoureux, les passions torrides, les corps à corps enflammés. C'est comme ça depuis la nuit des temps et peu importe les frontières, les religions ou le débat fromage ou pas dans le gratin Dauphinois. Tu me diras que c'est ton livre et que tu lui donnes le sens que tu veux et je ne dirai pas le contraire mais pour moi il se termine vers la page 180. Après c'était une autre histoire que je n'aurais pas acheté.
De 5 étoiles j'hésitais entre 4 et 3,5 (car, je me répète, j'adore ton écriture) et puis et puis… et puis le dernier chapitre a mit tout le monde d'accord entre mon envie de mettre une bonne note malgré tout et mon hésitation à laisser parler ma déception. On se croirait à la fin d'un mauvais téléfilm Américain (pléonasme je sais) où au générique de fin on a le droit à quelques lignes pour nous dire que machin a été condamné à 250 ans de travaux forcés ou que machine vit maintenant dans l'Ohio au sein d'une communauté Mormon. Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, j'ai jamais été fan alors quelle frustration que cette fin.
J'ai adoré les deux premiers tiers du livre, j'ai détesté le dernier.
3 étoiles parce que comme on dit, qui aime bien châtie bien.
Vivement le prochain madame Benameur parce que je serai encore de vos lecteurs sans aucune hésitation.
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NathalC
  04 mai 2021
Ceux qui partent est un poème de 320 pages. Merci Jeanne Benameur pour cet ouvrage. C'est une pépite, une douceur qui se déguste.
Liberté, c'est le fil rouge. Autour de ce mot se glissent les couleurs, les musiques, les paroles, les souvenirs, l'espoir du futur, la mouvance de la vie...
Le fond de l'histoire, l'immigration aux Etats-Unis au début du XXème siècle. L'espoir de ces nouveaux arrivants qui débarquent à New York avec dans leurs bagages leur histoire. Mais en fait, cela importe peu... L'histoire pourrait se dérouler en un autre lieu, une autre époque.
Ce livre se lit, peu à peu, pas d'une traite... Les mots de Jeanne Benameur se dégustent, le lecteur se laisse emporter dans ce rythme langoureux.
Ce n'est pas le 1er livre de cette auteure que je lis, et je suis encore une fois conquise. Ce livre, il faut prendre le temps de le lire, pour le laisser nous imprégner, nous submerger. Besoin de pauses pour laisser les mots se faufiler en nous et nous emporter dans une sensation poétique. L'histoire en elle-même importe peu finalement. C'est un livre de sensations, de ressentis. Un livre à lire au calme, un livre apaisant.
Un véritable coup de coeur !!
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alexb27
  15 août 2019
J'aime l'écriture de Jeanne Benameur, son phrasé appliqué, mais elle m'a un peu perdue dans ce dernier opus, trop grandiloquent à mon goût (j'ai vraiment adhéré à l'histoire qu'au bout de 80 pages). le sujet est intéressant puisqu'il s'agit de l'arrivée à New York, au début du 20ème siècle d'une poignée de migrants, dont les vies vont s'entremêler. Émilia et son père, notables italiens à la recherche d'une autre vie, Esther qui fuit la guerre, Gabor le gitan violoniste, Andrew le photographe américain à la recherche de son passé, vont se rencontrer à Ellis Island le temps d'une journée qui va bouleverser leur destinée et les obliger à faire des choix. C'est un roman choral, avec une poignée de personnages qui se dévoilent, et dont la chair est le thème central. C'est un récit mélancolique, un texte très romanesque, qui en ravira sûrement certains mais qui ne m'a pas pleinement convaincue.
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Citations et extraits (157) Voir plus Ajouter une citation
NathalCNathalC   04 mai 2021
Les émigrants ne cherchent pas à conquérir des territoires. Ils cherchent à conquérir le plus profond d'eux-mêmes parce qu'il n'y a pas d'autre façon de continuer à vivre lorsqu'on quitte tout.
Ils dérangeront le monde où ils posent le pied par cette quête même.
Oui, ils dérangeront le monde comme le font les poètes quand leur vie même devient poème.
Ils dérangeront le monde parce qu'ils rappelleront à chacune et à chacun, par leur arrachement consenti et leur quête, que chaque vie est un poème après tout et qu'il faut connaître le manque pour que le poème sonne juste.
Ce sera leur épreuve de toute une vie car lorsqu'on dérange le monde, il est difficile d'y trouver une place.
Mais leur vaillance est grande.
Il y a tant de rêves dans les pas des émigrants qu'ils éveilleront les rêves dormants à l'intérieur des maisons. Cela effraiera peut-être des coeurs endormis. Des portes resteront closes. Mais ceux qui espéraient confusément, ceux qui sentaient que la vie ne doit pas s'endormir trop longtemps, regarderont à la fenêtre. Ils entrouvriront leurs portes et leur coeur battra plus fort.
Les émigrants annoncent que c'est un temps nouveau qui commence.
Un monde où pour mener et le souffle et le pas, il n'y a plus que la confiance.
Ils apportent avec eux le monde qui va, le monde qui dit que les maisons et tout ce qu'on amasse n'est bon qu'à rassurer nos existences si brèves.
Un monde qui est prêt à apprendre une langue nouvelle, même si la peur de perdre sa langue première fait vaciller les sons dans les gorges.
Un monde qui sait que rien n'appartient à personne sur cette terre, sauf la vie.
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Josephine2Josephine2   28 décembre 2019
Toi aussi tu as du cœur, je le sais, et cela te sauve. Mais ton esprit a été capté par le goût pour les privilèges. Tu as voulu te mettre à l’abri, plus haut sur les barreaux de l’échelle. Au-dessus, toujours au-dessus. Il y a des gens qui ne trouvent la paix que comme ça. Dommage.

Sur le bateau qui nous emmenait il y avait aussi des gens qui se promenaient au-dessus, ceux qui pouvaient payer pour les ponts supérieurs. Nous, nous ne pouvions pas.

Et ça m’allait, moi, de rester en dessous. Je n’avais plus envie de voir le ciel. J’étais avec ma petite, enfouie là-bas, dans le sol qui gèlerait à nouveau l’hiver. Bientôt il y aurait une épaisse couche de blanc qui recouvrirait tout. Si dure la neige. Et ma petite aux joues si tendres, au sourire espiègle. De la savoir toute seule là-bas, sans mes mains pour caresser la terre au printemps et faire pousser quelques fleurs pour elle, je ne m’en remettais pas et je ne m’en suis jamais remise. Alors je lui parle parfois, dans notre langue, parce que la langue est une terre aussi. Je ne lui raconte rien de la vie d’ici parce que ça ne l’intéresse pas. Je lui dis le nom de chaque fleur. Dans notre langue. Pour qu’elle en fasse un bouquet là où elle est. Et je lui chante une berceuse qu’elle aimait. J’ai enterré auprès d’elle son seul jouet, une petite poupée faite de chiffons. Elle l’a touchée, l’a tenue dans son lit contre elle. Lépita était devenue mon bien le plus précieux. Je la lui ai laissée parce que je l’avais tant embrassée moi aussi que cela lui ferait de la douceur quand je ne viendrais plus. Je n’ai emporté que sa mèche de cheveux. Plus précieuse que tout l’or de la terre. Je l’ai montrée à Andrew car lui, il a gardé quelque chose de nous. Ce nous dont tu ne veux pas faire partie. Tu as beau en faire un bel Américain, lui il sait qu’il fait partie de ce nous. Quelque chose au fond de lui l’appelle et son cœur a grandi avec ça. Tu n’y peux rien, Elizabeth. Tu as endormi l’appel dans le cœur de Sigmundur mais les rivières peuvent entrer sous terre, elles réapparaissent aussi, plus loin. Le cœur d’Andrew a été bouleversé aujourd’hui et nous, nous le savons. Prends garde Elizabeth. Notre cœur est puissant. 
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   22 octobre 2019
Le jeune photographe se dit que dans l'histoire de chacun, il y a ces failles dont aucun livre d'histoire ne parlera jamais. Oh, pas les failles de la grande histoire, non, mais celles qui fissurent implacablement la vie de ceux qui partent, et celles, peu spectaculaires, de ceux qui restent. Après tout, il suffit de bien peu parfois, une couleur sur un tableau, un sourire sur une photographie, un mot dans un livre, et nous voila atteints dans l'une de nos failles, ramenés loin, loin, là où nous ne savions même plus que nous avions vécu et éprouvé. Et nous sentons se raviver et se réparer peut être tout à la fois ce qui fut un moment de notre vie. Alors nous nous disons Comme c'est étrange , cette histoire, ou ce paysage, cette musique, sont si loin de ma vie et pourtant c'est aussi mon histoire, ce paysage c'est moi et cette musique, aussi.
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hcdahlemhcdahlem   31 décembre 2019
La vie d’avant, Andrew Jónsson la cherche. Et dès qu’il peut déserter ses cours de droit, c’est ici, sur ces visages, dans la nudité de l’arrivée, qu’il guette quelque chose d’une vérité lointaine. Ici, les questions qui l’habitent prennent corps.
Où commence ce qu’on appelle “son pays”?
Dans quels confins des langues oubliées, perdues, prend racine ce qu’on nomme “sa langue”?
Et jusqu’à quand reste-t-on fils de, petit-fils de, descendant d’émigrés… Lui il sent résonner dans sa poitrine et dans ses rêves parfois les sonorités et les pas lointains de ceux qui, un jour, ont osé leur grand départ. Ceux dans les pas de qui il marche sans les connaître. Et il ne peut en parler à personne. 
Il a la chance ce jour-là d’avoir pu monter sur le paquebot. D’ordinaire il n’y est pas admis. Les photographies se font sur Ellis Island. Et il y a déjà un photographe officiel sur place. Lui, il est juste un jeune étudiant, un amateur. La chance de plus, c’est d’avoir capté ces deux-là.
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NathalCNathalC   01 mai 2021
Avant de quitter la chambre, il a demandé à Hazel d'où venait son léger accent, de quel pays, et après l'avoir regardé pensivement elle a répondu à sa façon brève Le pays de la misère. Surpris, il a demandé Mais encore ? et elle a mis fin à la conversation en ajoutant Peu importe ! quand on a vécu dans ce pays-là, c'est le seul.
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