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ISBN : 2246804574
Éditeur : Grasset (04/03/2015)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 31 notes)
Résumé :
« Je ne pouvais pas trop regarder mon fils jouer avec le chien de notre petite voisine parce que ma femme me parlait :
— La peau me brûle, je perds mes cheveux et mes ongles jaunissent. Je suis allée consulter un spécialiste, le docteur Zenger, et figure-toi qu’il a fini par trouver la cause de cette maladie… Tu veux connaître la cause, Jacques ?
— Oui.
— C’est toi… C’est toi, Jacques !
— Moi ?
— Oui. D’ailleurs, tu apprendras que ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Mayakrochka
  19 janvier 2016
Samuel Benchetrit a décidément le don de se glisser dans la peau de personnages atypiques sinon complètement décalés. C'est à se demander s'il ne l'est pas lui-même, décalé. Déjà, dans le "Coeur en dehors", il parvient à faire parler un gosse d'immigrés, qui dépeint la société dans laquelle il évolue, cette société qui lui enlève sa mère parce qu'elle n'est pas en possession de ce petit bout de plastique sur lequel figure ce qu'on appelle son identité. C'est toute la naïveté de ce petit gamin attachant qui nous attendrit et nous révolte, parce qu'avec son petit vocabulaire de jeune garçon « des cités », on comprend que l'injustice n'a pas une once de pitié pour l'innocence. Avec une lucidité naïve, le petit Charlie décrit son monde de violence quotidienne, et le transforme en un endroit où il fait bon vivre, un monde de possibilités et de découvertes.
Dans "Chien",l'auteur nous propose une nouvelle vision du monde, cette fois, non à travers les yeux d'un mouflet, mais d'un.... homme... ou bien d'un chien, on ne sait pas. Est-ce important ? La nuance est tellement subtile.
Jacques Blanchot a tout pour déplaire : c'est l'incarnation-même de la médiocrité. Que dis-je ? de la nullité. Sa femme ne le supporte plus, à tel point qu'elle en perd ses cheveux et en attrape des boutons. Son fils ne l'aime pas particulièrement. Il n'a aucune conviction, aucune ambition, sans doute aucune conversation, à en juger par la faible teneur en pertinence de ses réflexions. On suppose qu'en plus, il est moche. Il déclare lui-même, en repensant à ceux qui lui reprochent son manque d'imagination, être né sans personnalité, comme l'on peut naître sans bras, ou sans jambe. Lui est venu au monde sans âme. Il est du genre à se faire avoir par le premier mercantile qui tente de lui sucer son fric jusqu'au sang, et à contracter un crédit à 7% de taux d'intérêts sur trente ans. Bref, c'est un couillon ordinaire qui a parfaitement sa place dans ce monde.
Et pourtant. Commence sa rapide et quasi-imperceptible transformation à partir du jour où sa femme le jette hors de sa propre maison tant ses démangeaisons deviennent insupportables, et où, sans savoir pourquoi, il achète un chien, comme ça. Un chien dont la laideur lui fait penser à Hitler, mais pour lequel il investit la quasi-totalité de son salaire. Plusieurs centaines d'euros qui finissent sous les pneus du bus, à peine sortis de l'animalerie. La mort du petit chiot tombe mal, le voilà bien emmerdé, lui qui a payé des leçons de dressage. 50 euros la leçons, à ce prix-là, il faut bien y aller. Tant pis, il ira, et c'est lui qui fera le chien, puisque de toute façon, il n'est pas sûr d'être un homme. Tous les samedis, il endosse donc sa parure de chien, à savoir son collier et sa laisse, et joue son rôle de chien, qui ne diffère pas tellement de son rôle d'homme. Progressivement, il commence à penser comme un chien, à adopter la logique canine, qui, finalement, ressemble drôlement à la logique humaine. Ce, pour devenir, petit à petit, Chien, le fidèle compagnon du dresseur, le meilleur ami de Paco et le prétendant de Dina, deux chiens qu'il a rencontrés à l'animalerie, chez son nouveau maître. Alors, pour la première fois de sa vie, il se sent investi d'une ambitieuse mission : s'échapper de l'animalerie et vivre avec ses deux nouveaux compagnons dans la nature, loin de ces hommes qui se conduisent comme des chiens.
D'un mot à l'autre, tout d'abord, face à l'absurdité de la situation, on rit aux éclats. Et puis, tandis que l'absurde s'installe, il perd de son étrangeté, il en devient la norme. Alors on s'y habitue, et il ne fait plus rire. Il devient presque angoissant. C'est tout plein de cynisme sur la condition de l'homme moderne. Ce qui concorde parfaitement avec cette ambiance chienne : cynisme ne dérive-t-il pas du terme grec "kyon", qui signifie "chien" ? C'est bien pensé. Benchetrit, voilà un écrivain qui a du chien !
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helene14
  25 septembre 2015
Jacques Blanchot est un homme marié, a un enfant (dont il ne serait pas le père biologique), et travaille dans une boutique qui vend des articles de beaux-arts.

Sauf que les premières pages annoncent de manière cruelle et absurde la chute de cet homme.

Sa femme le quitte, enfin elle lui demande de quitter le domicile conjugal pour une raison incongrue puisqu'elle affirme être allergique à sa personne (prouvé par la médecine en plus). Jacques accepte et part. En chemin, il s'arrête dans une animalerie et achète un chien et tous les accessoires nécessaires (croquettes, laisse, couffin et des cours de dressage) , ce dernier meurt sous les roues d'un bus quelques centaines de mètres plus loin. Il décide de prendre un hôtel, avec pour seul bagage ses accessoires canins. Il a dépensé une somme considérable pour ce chien déjà mort, et n'a plus d'argent. Un malheur n'arrivant jamais seul, Jacques perd son emploi.

Si la succession des premiers évènements révèle déjà un contenu "drôle et déjanté" ( cf. 4 ème de couverture), la suite n'est pas fantaisiste mais hallucinante.

Jacques se rend aux cours de dressage (sans chien) et va devenir pour un cours le chien du gérant de l'animalerie , au fur et à mesure que le roman avance, Jacques se confond de manière subtile avec l'animal et le devient pour devenir complètement transparent en tant qu'humain . Il mange des croquettes, dort à la manière d'un chien, comprend les autres chiens etc. … la gérant de l'animalerie l'adopte. Il faut noter que son apparence ne change pas mais que les autres le voient comme un chien - un chien spécial- certes mais un chien.

Jacques vit une vie de chien auprès d'un maître qui s'avère brutal, il s'enfuit etc. je ne livre pas la fin du roman.

Ce roman a une portée philosophique et morale et utilise des situations très absurdes pour arriver à ses fins.

Pourquoi avoir choisi le chien plus que le chat ? Je pense que le choix de l'animal a une importance. le chien a un caractère dévoué, il est fidèle, aime le jeu et la compagnie. Parfois le chien apparaît comme un animal naïf, prêt à tout pour satisfaire son maître. Cette fidélité et cette naïveté sont incarnées par Jacques, lorsque son fils le dépouille littéralement financièrement pour l'achat d'un skateboard ou quand sa femme le jette à la porte. Jacques n'est pas un homme qui se rebelle, il subit. Parfois, au détour d'une phrase, on se surprend à le trouver stupide et vouloir le secouer. Ce n'est pas possible d'être aussi passif dans sa vie au point de devenir le petit toutou bien élevé de son maître.

Jacques symbolise le pouvoir des hommes sur les autres hommes, la figure du chien était donc idéale, aurait-il été possible de le faire avec le chat, animal indépendant et perçu parfois comme intéressé ?

Et puis, ne dit-on pas une chienne de vie ou vie de chien pour qualifier une existence ennuyeuse et difficile ?

Ou au contraire, ne qualifie-t'on pas un homme dur et sévère de « chien ».

Ici , le chien est le gérant de l'animalerie et Jacques a une vraie vie de chien dans tous les sens du terme.

Roman vraiment intéressant qui exploite les faiblesses des uns et le pouvoir absolu des autres, la solitude des uns, l'indifférence des autres. L'ambiance « déjantée » et absurde permet de faire de ce roman une matière à réflexion.
Lien : http://helene14.canalblog.co..
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Jazzynewyork
  06 octobre 2015

Bien sympa ce roman , une lecture plutôt loufoque, avec un revirement de situation inattendu, l'auteur décrit à merveille les comportements humains et ses égarements, avec une plume assez originale .Certains passages heurteront les amoureux des bêtes mais cela est malheureusement tellement répandu .....
Une fable des temps moderne qui aurait bien plu à Jean de la Fontaine 💕💕
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MarielleBriffaux
  27 avril 2016
Court roman plein de tendresse et de poésie mais sans complaisance envers l'âme humaine. C'est une critique féroce de notre société et de ce que nous sommes devenus : l'égoïsme, la cruauté, l'injustice, l'indifférence, la violence... L'humanité se trouve désormais dans la nature et chez les animaux même si parfois subsiste encore (!) quelques îlots d'intelligence et d'empathie au hasard des rencontres.
Roman dont l'écriture désabusée et absurde met en exergue tout le pathétique et le sauvage de nos relations humaines et où le lecteur se laisse guider par l'auteur dans ce dédale de souffrances et de solitude.
Belle découverte.
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jpryf
  27 mars 2015
Chien de Samuel Benchetrit qui vient de paraître aux Editions Grasset et que l'on vient de m'offrir est un roman qui commence d'abord dans la drôlerie et qui se termine de manière émouvante. A la vérité c'est une histoire particulière où l'on a du mal à entrer au début et à laquelle on se laisse prendre très vite. En effet dés le début et dans le cadre de la désunion d'un couple, l'homme va se transformer en chien, donc difficile a admettre pour un esprit cartésien mais c'est, dans le fond l'idée que nous traitons parfois nos congénères comme des chiens !
Passé cette idée initiale la vie de ce chien, ses réflexions sur la vie sur ses maîtres, ses amitiés avec d'autres chiens nous entraînent dans des aventures où l'on voit, hélas, que les maîtres ne sont pas toujours à la hauteur de l'amour des bêtes ! Cette façon de se mettre ainsi à la place d'un chien et de faire parler cet animal m'a rappelé les livres qui ont déjà utilisé cette manière de faire : celui de Virginia Wolf sur Flush la chienne de la poétesse Elisabeth Barrett, celui de David Garnett : « La femme changée en renard » paru chez Grasset « Les cahiers rouges » et aussi « Truismes » de Marie Darrieussecq roman qui concernait cette fois une truie.
Alors franchissez le pas :vous rirez mais pas seulement.
Lien : http://jpryf-actualitsvoyage..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
canelcanel   17 mai 2016
Il y a toujours un chef. Celui de la bande qui maltraitait mon fils s'appelait Stanislas, je le connaissais de vue, il avait treize ans, et il était plus grand que moi.
Lorsque j'avançai vers lu, il me regarda en souriant.
- Je crois que tu as pris mon téléphone.
- C'est votre fils qui me l'a donné.
Il souriait.
- Il ne te l'a pas donné volontairement.
- Si.
- Tu lui as demandé de te le donner.
- Non.
- Alors ?
- Alors quoi ?
- Tu dois me le redonner et arrêter de nous voler.
- C'est pas du vol... C'est lui qui est toujours à nous ramener des choses de chez vous... On lui a jamais rien demandé, mais il veut qu'on soit amis, alors il nous fait des cadeaux... des choses à vous.
Mon fils est arrivé. Il n'a pas eu l'air joisse de me voir parler avec Stanislas.
- Qu'est-ce que tu fous là ?
- Je suis venu pour récupérer mon téléphone, et j'ai promis à ta mère de parler à tes copains pour qu'ils arrêtent de te racketter.
Stanislas a dit :
- On n'est pas ses copains.
Et mon fils :
- Ils me rackettent pas, c'est moi qui leur donne des choses.
- Mais pourquoi ?... Tu peux te faire accepter autrement, pour tes qualités humaines.
Ils se sont marrés tous les deux. Ils semblaient d'accord sur ce point : mon fils n'avait aucune chance de devenir copain avec ces gars en comptant sur son humanité.
- Ecoute, papa, tu ferais mieux de rentrer à la maison... Tout ça te regarde pas.
- C'est quand même mes affaires que tu voles à chaque fois.
Mon fils me fixait et Stanislas continuait de sourire, heureux de découvrir de qui mon fils tenait sa médiocrité.
(p. 27-29)
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MarielleBriffauxMarielleBriffaux   27 avril 2016
Les plus petits font les tâches des plus grands.
Le plus faible fait les tâches des plus petits.
Quand le plus faible se couche tard dans la nuit, les autres se lèvent en douce et le frappent.
Ils le frappent avec leurs pantalons roulés en boules.
Les poches pleines de pierres, de pommes, ou de savons.
Au matin, le plus faible n'arrive plus à sortir du lit.
On le punit.
Le sergent l'oblige à exécuter une série de pompes.
Le plus faible s'allonge, face contre terre, devant les autres, et commence sa peine.
Au premier étirement, les plaies de la nuit s'ouvrent, et l'homme comprend qu'il n'a pas rêvé.

p 202
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MarielleBriffauxMarielleBriffaux   27 avril 2016
Le sauvage connaîtra la violence.
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MarielleBriffauxMarielleBriffaux   27 avril 2016
Les chassés reconnaîtront les chassés.
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Videos de Samuel Benchetrit (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Samuel Benchetrit
Samuel Benchetrit - La nuit avec ma femme .A l'occasion de la 38e édition du Livre sur la Place à Nancy, rencontre avec Samuel Benchetrit autour de son ouvrage "La nuit avec ma femme" aux éditions Plon Juillard. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/74275/samuel-benchetrit-la-nuit-avec-ma-femme Notes de musique : Within the Earth by Ketsa. Free Music Archive Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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