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Maurice de Gandillac (Traducteur)Rainer Rochlitz (Éditeur scientifique)
ISBN : 284485107X
Éditeur : Allia (18/01/2003)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 71 notes)
Résumé :
À la plus parfaite reproduction il manquera toujours une chose : le hic et nunc de l'œuvre d'art - l'unicité de son existence au lieu où elle se trouve. C'est cette existence unique pourtant, et elle seule, qui, aussi longtemps qu'elle dure, subit le travail de l'histoire.

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L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique a été écrit par Walter Benjamin, philoso... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
NMTB
  20 décembre 2014
Peut-être, pour commencer, est-il préférable de rappeler que cet opuscule a été écrit en 1936 et que Walter Benjamin était un juif allemand en exil. Il est donc pénétré par la situation politique de l'époque et même par l'actualité, puisqu'il y est plusieurs fois fait référence aux jeux olympiques qui allaient avoir lieu, cette même année, à Berlin. D'ailleurs, c'est très intéressant de mettre en relation les théories de Benjamin sur l'art, le sacré, l'aura, l'esthétique, avec le fameux film commandé par Hitler : Les Dieux du stade. Cependant, le sujet est plus large, puisqu'il s'agit de l'émergence de la culture populaire dans l'art.
L'histoire de l'Art pour Walter Benjamin se résume assez simplement. L'art, de son invention préhistorique jusqu'à l'apparition des techniques de reproductions mécanisées (la photographie notamment) a toujours été lié au magique, au culte, au sacré, à ce qu'il nomme l'aura de l'oeuvre d'art. Cet aura se caractérise par son hic et nunc, c'est-à-dire son unicité et son inscription dans une durée historique, une tradition. Les techniques de reproductions mécanisées ont mis à mal, évidemment, cette sorte d'unité de l'espace et de perception traditionnelle du temps. de l'unique on passe à la multiplicité, de l'individuel au collectif ; la photographie c'est l'introduction du socialisme dans l'art, en quelque sorte. Et donc, les oeuvres d'art à l'époque de la reproduction mécanisée ont été désacralisées. Ce qui, entre autre, a eu pour conséquence de leur faire perdre leur caractère sérieux et éternel. Ephémère et pas sérieux… on pourrait difficilement mieux décrire l'art contemporain ! N'est-ce pas ?
Après cela, Benjamin fait une analyse de ces perceptions modifiées et des rapports qu'entretiennent les masses avec la nouvelle technique moderne, en particulier le cinéma. Il y aurait beaucoup à dire sur cette analyse, car elle est vraiment intéressante et je ne peux que conseiller la lecture de ce tout petit livre, plutôt accessible si on veut bien condescendre à y porter un peu son attention. C'est certainement l'un des premiers textes important écrit sur la culture de masse.
Je ne partage pas totalement les avis de Benjamin ; sa vision sur l'art, dans son ensemble, est plongée dans l'actualité et manque d'ampleur. Il a certainement mis trop vite au rebus l'aura de l'art, pas suffisamment pris en compte la nouvelle aura des stars de cinéma, par exemple. le culte, est loin d'avoir disparu avec les nouvelles techniques artistiques. de plus, Benjamin a trop facilement abandonné l'art pour l'art, parce que Marinetti, artiste futuriste et fasciste notoire, avait trouvé de la beauté à la guerre. « Voilà où en est l'esthétisation de la politique perpétrée par les doctrines totalitaires. Les forces constructives de l'humanité y répondent par la politisation de l'art », assène-t-il. Bien… Mais, moi, ce que je vois, c'est que Marinetti comme Benjamin avaient le cerveau ramolli par leurs doctrines politiques, et qu'ils se sont, chacun à leur manière, fourvoyés sur l'idée de l'art symbolique.
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Laura94
  26 février 2014
Une très bonne réflexion sur l'art et les raisons qui font que tel art domine à telle époque. Contrairement à Hegel, Benjamin n'affirme pas que ces dominations seraient liées à des moyens d'expression (car pour Hegel, si la sculpture était dominante sous la Grèce antique, c'est que cette civilisation avait ainsi trouvé son moyen de s'exprimer). Sans renier cette historicisation de l'art, il affirme néanmoins que ces dominations seraient en fait liées à leur moyen de reproduction: forte prépondérance de la littérature à l'époque de l'imprimerie par exemple.
Mais là où sa pensée me semble vraiment intéressante, c'est lorsqu'il nie la mort de l'art tant défendue par Hegel. L'apparition de la photographie et du cinéma permettent un "recyclage" en quelque sorte, où toute les oeuvres du passé peuvent être réadaptées. Si cela n'est pas sans poser de nombreux problèmes (car ainsi il est clair que l'art n'apparaît plus comme un réel savoir-faire en ce que la production n'apparaît que comme une technique), il laisse à croire à un renouveau de l'art qui peut justement prendre forme dans ce nouveau moyen d'expression.
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cligne
  07 juin 2013
Penseur visionnaire sur l'art, notamment sur l'oeuvre et son commerce actuel. La perte d'unicité, qu'il nomme "aura", le hic et nunc de l'oeuvre d'art: sa présence. Il annonce le basculement de la valeur cultuelle vers la valeur d'exposition. L'art ne tient plus valeur de culte; plus l'oeuvre sera visible, et ce, peu importe sa forme, plus il sera tenu pour valable. On fait fit de l'original. Un concert ou une peinture, ne s'agit que d'entendre son enregistrement ou de la regarder sur papier glacé. N'est-ce pas l'art à l'ère des réseaux? Un essai tout à fait pertinent, une réflexion actuelle.
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isabiblio
  20 décembre 2015
L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique annonce, dès son titre, le tournant opéré par la modernité : Benjamin montre dans cet essai lumineux que l'avènement de la photographie, puis du cinéma, n'est pas l'apparition d'une simple technique nouvelle, mais qu'il bouleverse de fond en comble le statut de l'oeuvre d'art, en lui ôtant ce que Benjamin nomme son "aura". L'auteur met au jour les conséquences immenses de cette révolution, bien au-delà de la sphère artistique, dans tout le champ social et politique.
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Amoureusedeslivres
  02 avril 2015
Lu dans le cadre d'un cours de philosophie de l'esthétique, ce petit ouvrage un brin compliqué pour une lycéenne reste toutefois très intéressant et riche. Toutefois, sans support de cours ou bagage culturel en esthétique, il n'est pas à la portée de tous et j'aurais préféré le lire plus tard dans mes études.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
durrutidurruti   30 août 2010
A la plus parfaite reproduction il manque toujours quelque chose : l’ici et le maintenant de l’œuvre d’art, — l’unicité de sa présence au lieu où elle se trouve.
C'est cette existence unique pourtant, et elle seule, qui, aussi longtemps qu'elle dure, subit le travail de l'histoire.
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NMTBNMTB   20 décembre 2014
Ce qui, dans l’œuvre d’art, à l’époque de sa reproduction mécanisée, dépérit, c’est son aura. Processus symptomatique dont la signification dépasse de beaucoup le domaine de l’art. La technique de reproduction – telle pourrait être la formule générale – détache la chose reproduite du domaine de la tradition. En multipliant sa reproduction, elle met à la place de son unique existence son existence en série et, en permettant à la reproduction de s’offrir en n’importe quelle situation au spectateur ou à l’auditeur, elle actualise la chose reproduite.
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isabiblioisabiblio   20 décembre 2015
A mesure qu'il restreint le rôle de l'aura, le cinéma construit artificiellement, hors du studio, la “personnalité” de l'acteur. Le culte de la vedette, que favorise le capitalisme des producteurs de films, conserve cette magie de la personnalité qui, depuis longtemps déjà, se réduit au charme faisandé de son caractère mercantile.
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uzunuzun   05 mai 2018
L’humanité « est suffisamment aliénée à elle-même pour être capable de vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de tout premier ordre. »
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Laura94Laura94   01 novembre 2013
L'acteur de cinéma, en n'exposant pas lui-même, directement, sa performance au public, perd durant la représentation la possibilité, réservée à l'acteur de théâtre, d'adapter son jeu au public.
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Videos de Walter Benjamin (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Walter Benjamin
Patrice Rollet Descentes aux limbes éditions P.O.L collection TRAFIC : où Patrice Rollet tente de dire de quoi et comment est composé son nouveau livre "Descentes aux limbes", sous-titré "confins du cinéma" et où il est question notamment de cinéma et de peinture, de poésie det de prose, de Manny Farber et de Walter Benjamin, de Samuel Fuller et d'érotisme, de Stan Brakhage et de Jacques Tourneur, de Jack Kerouac et de Robert Frank, d'André Breton et James Agee, de Helen Levitt et de Mizoguchi, de Leo McCarey et de Jean-Marie Straub, de Kafka, d'éléphants blancs et de termites à l'occasion de la parution aux éditions P.O.L de "Descentes aux limbes" aux éditions P.O.L, dans la collection TRAFIC à Paris le 24 octobre 2019 "Nul besoin aujourd?hui de jouer au Christ pour descendre aux limbes, il suffit d?aller au cinéma, de payer son obole à la caisse d?une salle obscure, d?emprunter l?escalier tortueux qui conduit au sous-sol et de franchir la porte coupe-feu qui débouche sur l?enfer, le purgatoire ou le paradis des images où s?accomplissent nos désirs inavouables. L?inconscient visuel que la caméra révèle à Benjamin, le cinéma permanent où Breton se laisse détrousser comme dans un bois ou l?espace négatif que creuse souterrainement l?art termite cher à Farber ne sont que d?autres noms de ces limbes, dévoyés autant que sécularisés, de notre temps. Pour s?y rendre, il n?est point de meilleurs guides que les films eux-mêmes, qu?il relèvent ici du registre de la prose comme plusieurs productions hollywoodiennes de Sjöström, de McCarey, de Tourneur et de Fuller, de celui de la poésie comme quelques oeuvres underground plus libres de Levitt, Loeb et Agee, de Brakhage, de Frank et Leslie, ou de celui, plus inclassable encore, de l?écriture de Biette ou de Straub et Huillet. Ces Descentes aux limbes forment un diptyque avec Passages à vide dont elles constituent à la fois un prolongement et un cas limite. Là où ceux-ci s?efforçaient de décrire le vide central de l?essieu qui fait tourner la roue des films, celles-là tentent plutôt d?explorer son rayonnement vers la périphérie, aux confins du cinéma, aux abords de la peinture, de la littérature et de la photographie, tels qu?aperçus depuis cette autre rive."
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>Arts>Arts : généralités>Philosophie et théorie des beaux-arts et les arts décoratifs (92)
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