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EAN : 9782714495976
304 pages
Belfond (17/03/2022)
4.54/5   50 notes
Résumé :
" Seul l’enfant était vivant. Il était incapable de parler. Adossé contre un mur, les mains sur les oreilles, il se balançait d’avant en arrière en se tapant le crâne sur la paroi. "

Antoine a douze ans lorsqu’il commet le geste fatal. Un acte irréfléchi, comme une réponse impulsive à une terreur inouïe. La lame d’un couteau qui s’enfonce dans le corps furieux de son père pour tenter de protéger sa mère, en vain. La première marche d’une échelle infe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
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Ladybirdy
  10 avril 2022
Combien de blessures, de coups, de larmes, de meurtres sont le résultat d'une enfance bâclée, souillée, molestée ?
Christian Blanchard que je découvre avec ce roman m'a scotchée du début à la fin. L'histoire est celle d'un enfant, Antoine, né au mauvais endroit, au mauvais moment. Un père violent, une mère soumise, Antoine voit et ressent depuis tout petit le malheur et surtout l'injustice. Afin de protéger sa mère, il se rue sur son père et le tue. Trop tard pour sa mère. Il n'a que douze ans lorsqu'il atterrit dans une institution pour mineurs délinquants. Là-bas, aucune chance pour Antoine, trop bon, trop gentil, trop littéraire de s'en sortir. On l'abîme encore et encore.
Ce livre n'est pas sans rappeler le Glen Affric de Giebel dans ces aspects si sombres et injustes de la société. L'empathie germe à chaque page pour ce gamin que la société a érigé en monstre. À force de non assistance, d'indifférence, d'absence totale de psychologie et d'amour. Comment un enfant peut-il grandir sans amour quand tout lui fait peur, quand tout est dangereux, quand il n'y a rien ni personne pour vous prendre sous son aile ?
Peut-être cette famille d'accueil qu'Antoine va rejoindre à sa sortie du centre. Pour autant qu'il ne soit pas vain de réparer un enfant brisé.
À vous d'accompagner Antoine, de lui prendre la main et de lui apporter une écoute bienveillante, enfin.
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diablotin0
  23 juin 2022
Il y a des vies qui font rêver, d'autres qui sont plus banales, plus tranquilles et il y en a qui illustrent parfaitement l'enfer et cette vie c'est celle d'Antoine.
À 7 ans, ce petit bonhomme est déjà confronté à la violence familiale, il le sera aussi presque inévitablement, à l'école et puis un jour LE drame. Antoine va alors être placé en centre puis en famille d'accueil.
Un sentiment fort d'injustice et de haine bouillonne en lui, et s'il est introverti, on redoute le moment où cette souffrance va s'exprimer ouvertement. Cet Antoine on l'aime malgré tout parce que l'on sait, parce qu'il n'est jamais là où il faut, parce qu'il est bon et qu'on a, tout comme Bertrand celui qui le recueille et Marcel son entraîneur de boxe, envie de l'aider, de le soutenir, de lui redonner ou plutôt de lui donner puisqu'il ne l'a jamais eue, la chance d'être apaisé.
Ce roman noir est extrêmement bien fait, les carnets écrits par Antoine qui alternent tout au long du livre avec l'histoire, montrent que ce petit Antoine s'est laissé envahir ( avait-il le choix ?) par sa souffrance, ses blessures.
Là encore, s'il ne faut pas tomber dans un déterminisme social pur et dur, on se doit de s'interroger sur la façon dont il est devenu ce qu'il est et de fait non pas tout excuser mais repérer les failles très tôt et ne pas se contenter de les colmater. La blessure ne peut plus être soignée même avec de belles rencontres comme celles de Bernard et de Marcel si trop d'injustice s'est cumulée. Je referme ce livre avec un pincement au coeur.
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Antyryia
  21 avril 2022

Vous avez déjà remarqué comme le hasard pouvait régulièrement vous faire enchaîner deux romans aux coïncidences troublantes ?
Des prénoms, des lieux, des thèmes qui sont comme des traits d'union.
A peine avais-je refermé L'accompagnateur de Sebastian Fitzek dans lequel des épouses et mères étaient victimes d'un conjoint pervers et violent que je replongeais dans le même cauchemar, plus d'un demi-siècle auparavant.
A croire qu'il n'y a pas une époque pour rattraper l'autre.
Ni un milieu social.
Ce qui différencie les hommes de ces romans, c'est que là où Fitzek nous faisait rencontrer un mari à la méchanceté et au vice gratuit, Christian Blanchard dresse la psychologie beaucoup plus détaillée d'un ancien agriculteur devenu ouvrier à Dieppe, et qui va se consoler d'avoir raté sa vie professionnelle à grand renfort de pastis.
"Chez Robert l'alcool faisait ressurgir une colère enfouie depuis des années. Les autres étaient les coupables de son mal-être, de ses problèmes."
Vient la première gifle et les premiers regrets.
"Je te promets que je recommencerai pas. Je suis sincère. Je t'aime."
Et puis les coups se multiplient et Robert ne s'excuse même plus auprès de Marie, son épouse. Et c'est la descente aux enfers.
D'autant qu'il est loin d'épargner leur fils unique, chétif et solitaire, prénommé Antoine comme vous l'aurez sûrement deviné.
Agressions verbales, travaux forcés en pleine nuit, coups de ceinture...
Robert est malheureux, alcoolique, et la violence est devenue son seul moyen d'expression, comme si elle faisait de lui un homme.
Il inspire la peur mais certainement pas le respect auquel il aspirerait sous son toit.
Et j'en resterais là parce que Christian Blanchard déconseille lui-même à ses lecteurs de lire une quatrième de couverture effectivement trop bavarde.
Ce roman, c'est la biographie d'Antoine, en partie rédigée au présent sous la forme de carnets écrits dans un hôpital psychiatrique, en alternance avec le roman proprement dit où on le comprend davantage même s'il est avare de mots au quotidien.
Ne pas parler, c'est une forme de carapace.
"Etre transparent, se faire oublier."
"Antoine s'enferme dans sa bulle."
"Jouer la soumission."
Ce jeune garçon, que l'on verra progressivement grandir en particulier dans les années 70-75, qui vit davantage entre les lignes de livres d'aventure que dans la vie réelle.
Il faut dire aussi que toutes les cartes pour avoir une enfance heureuse ne lui ont pas été distribuées à la naissance.
Antoine provoque énormément d'empathie chez le lecteur, d'autant qu'il ne fera que tomber de Charybde en Scylla.
Il y a un peu de Karine Giebel chez Christian Blanchard, sa complice littéraire qui l'avait convaincu de remettre le manuscrit de son roman le plus connu - Iboga - aux éditions Belfond.
Divisée en quatre époques et autant de lieux distincts, c'est surtout dans la seconde partie que j'ai retrouvé toutes les sensations que j'avais eues à la lecture de Glen Affric. Ils sont physiquement aux antipodes l'un de l'autre, intellectuellement également, et pourtant il y a tellement de Léonard chez Antoine.
Ce sont des victimes. Ce sont des proies. Qui ne veulent ou ne peuvent pas se défendre.
Sentiment de malaise et d'injustice, on s'insurge et on voudrait pouvoir intervenir à notre tour en entrant dans le roman et en disant à Antoine qu'il lui faut parler, que la solitude et le mutisme ne sont pas des solutions face aux préjudices subis.
Et à l'instar de Karine Giebel, Christian Blanchard montre à quel point les systèmes judiciaires et carcéraux, les centres de détention, sont souvent totalement inadaptés et brise davantage les êtres déjà abîmés plutôt qu'il ne les répare.
C'est un roman noir, vraiment très noir, mais à l'écriture assez subtile pour éviter toute complaisance. D'autant que l'auteur parvient à nous surprendre en nous offrant par la suite une longue accalmie. Plus besoin d'aider Antoine, d'autres vont pouvoir le faire à notre place et s'attacher à leur tour à ce garçon. L'aider, s'il accepte les mains tendues.
"J'écris une page de bonheur et c'est suffisamment rare pour être souligné."
Enfin, on se souciera de lui et on lui donnera des armes pour que son existence puisse ressembler à celle de n'importe quel autre jeune homme de son âge.
Est-ce que ce sera suffisant ?
Je suis sorti drôlement secoué, à plus d'un titre, de ce livre bouleversant.
Le principal sujet, au fond, c'est la question de la transmission de la violence. Il en sera question au moins en filigrane tout au long des trois-cent pages
"La violence de mon père était-elle héréditaire ?"
Ou du moins la reproduction, même involontaire, du schéma parental. Je doute que la brutalité soit génétiquement transmise.
Tout comme la colère.
Mais cette rage existe pourtant bel et bien chez Antoine, sous-jacente, et il lui faudra la canaliser.
"Cette envie de punir, de voir mourir sous mes coups ceux qui semblaient vouloir me briser, encore ?"
"Il y avait dans ses yeux une rage inconnue qui lui fit peur."
"Au contraire, la colère semblait peu à peu prendre le dessus, de plus en plus forte."
Pourvu qu'il ne fasse pas de grosse bêtise, ne peut-on s'empêcher d'espérer.
Même si sa présence à l'asile, bourré de médicaments, avec le droit d'écrire son histoire une heure par jour avec un crayon pas trop taillé, n'augure rien de très joyeux sur le long terme.
C'était mon premier round avec cet auteur.
Un uppercut.
Christian Blanchard : 1
Antyryia : 0
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zabeth55
  19 septembre 2022
Antoine est un jeune garçon de douze ans.
Après avoir été agriculteur, son père est devenu ouvrier et dès lors s'adonne à la boisson.
Dès lors, la violence est coutumière à la maison.
Un jour que son père est en train d'étrangler sa mère, il prend son couteau et le tue.
C'est alors que s'enchaînent maison d'arrêt, centre de redressement, famille d'accueil.
Famille d'accueil où il semble reprendre pied jusqu'à ce que les événements s'enchaînent et le replongent dans les drames.
C'est un roman sociétal fort qui relate bien la spirale des répercussions d'un drame traumatisant.
Antoine était un petit garçon doux et discret, il est devenu un défenseur de toutes les injustices.
Malheureusement le chemin qu'il a choisi pour y parvenir ne fut pas le bon.
Les carnets qu'il écrit et qui sont retranscrits tout au long du récit aident à comprendre le poids irrémédiable que pèse une enfance meurtrie et blessée, une enfance saccagée.
L'écriture fluide et la bonne construction du roman rendent cette lecture passionnante.
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gruz
  21 mars 2022
Dans la grande loterie de la vie, Antoine n'a clairement pas tiré le bon numéro au départ. Des fondations (très) friables qui vont décider pour beaucoup de son sort.
Christian Blanchard nous narre la jeunesse et l'adolescence du gamin-titre, sur quelques années. Une existence faite de violence, de douleurs, même si cette pénombre est parfois striée de quelques rais de lumière.
Quand on vit dans la brutalité, quelle est la construction mentale possible ? Devient-on ce qu'on vit ?
L'écrivain s'est penché sur l'existence d'un jeune et sur les répercutions que peuvent avoir une série de traumatismes. Inéluctables ou non. Que ce soit mentalement ou du fait de la manière dont la société gère ce genre de situation.
L'auteur a choisi de placer l'action dans les années 70, une époque où les actes violents sont traités avec la même brutalité, où les atteintes psychologiques traumatiques ne sont guère prises en compte. On se demande plutôt de ce qu'on peut bien faire de ces gosses.
Alors quand les mauvais tirages s'accumulent à chaque moment important, se construire est une gageure, dans cette France où la guillotine est encore en service.
On apprend de l'expérience, dit-on. Mais les réactions questionnent autant l'acquis que l'inné.
L'écrivain a pris le parti de raconter ces quelques années de vie sans rien surjouer. Pas de situations rocambolesques, peu de surprises, nous sommes bien dans un roman noir « existentiel » teinté de social.
Le ton est sombre, l'histoire se place au plus près d'Antoine. Avec une alternance des narrations. Celle à la troisième personne étant régulièrement entrecoupée d'extraits de carnets écrits par le personnage, qui ne trouve d'évasion qu'à travers la lecture et plus tard l'écriture. Des armes essentielles mais pourtant bien fragiles face aux affres du désespoir.
S'il fallait faire un lien, on pourrait rapprocher cet univers de certains livres de Karine Giebel, en plus concis (300 pages).
Et, comme il l'a déjà fait dans des romans précédents, l'auteur décrit ce que peuvent ressentir les personnages du fait de l'enfermement. Autant mentalement que physiquement.
Christian Blanchard nous rappelle combien nous ne sommes pas égaux face aux traumatismes de la vie. La vie d'Antoine est semée de terribles embûches, vous ne saurez qu'à la toute fin si la rédemption est possible.
Lien : https://gruznamur.com/2022/0..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Calimero29Calimero29   24 mai 2022
L'adolescence est un moment compliqué dans la vie d'une personne. Inconsciemment, le jeune se bat pour rester dans l'enfance tout en sachant qu'inévitablement il deviendra adulte. Une période dangereuse où il est nécessaire de tester certaines limites pour assumer ensuite ses responsabilités et mûrir.
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leslivresmapassionleslivresmapassion   11 juillet 2022
Il s était un peu rapproché de Juliette, mais il était trop tôt pour tenter quoi que ce soit. La peur d d'être rejeté, associée au manque de confiance en soi, n était pas propice à une aventure. Et pourtant il sentait au plus profond de ses tripes un truc fort se développer. Antoine aurait aimé voir les choses avancer entre eux. Il y pensait tout le temps en la regardant. Mais non, il n était pas prêt à franchir ce cap, à offrir son coeur à quelqu'un. Ni à être responsable du cœur d un autre.
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RomansNoirsEtPlusRomansNoirsEtPlus   13 mars 2022
Finalement, les héros ne faisaient peut-être pas les personnages les plus intéressants .
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LalitoteLalitote   21 avril 2022
Les éducateurs, les psychologues, les avocats et les juges se penchèrent sérieusement sur ce cas exceptionnel. Son jeune âge posait problème au regard de son acte, mais il avait cependant un avantage : Antoine ne pouvait pas être condamné à de la prison ferme. Il ne pouvait pas, non plus, être remis en liberté ni confié à une famille d’accueil.
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LalitoteLalitote   21 avril 2022
Après chaque crise, elle préparait son sac de voyage. Puis le vidait avant le retour de Robert. Partir serait pire. Il les retrouverait, elle et Antoine. Et alors, il leur infligerait une correction mémorable.
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