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EAN : 9782859403706
246 pages
Éditeur : Phébus (12/03/1996)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 78 notes)
Résumé :
Ce dimanche 19 octobre 1951, un jeune médecin de 28 ans quitte le port de Las Palmas aux Canaries. Direction : l'Amérique. Moyen de transport : un canot pneumatique. Matériel embarqué : une voile, deux avirons, divers instruments de navigation, un couteau, quelques livres. Provisions d'eau : néant. Vivres : néant. Objectif : prouver qu'un naufragé peut survivre plusieurs semain... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Wendat69
  12 août 2019
Ils sont peu nombreux ceux qui peuvent prétendre appartenir au panthéon des Aventuriers, ils sont encore moins nombreux ceux qui, en plus d'avoir l'esprit de découverte chevillé au corps, témoignent aussi d'un esprit scientifique et qui, au travers de leurs expériences souvent uniques, ont enrichi la connaissance humaine en mettant leur propre vie en jeu.
Alain Bombard est de ces hommes, lui qui traversa -il faut l'entendre et l'imaginer- l'océan Atlantique sur une coquille de noix, en l'espèce un simple canot pneumatique.
En se mettant dans la position d'un « naufragé volontaire », l'auteur entendait démontrer qu'un homme perdu en mer peut survivre, sans vivres, en utilisant les moyens qu'offrent les éléments, et à la condition de maintenir en lui l'espoir, la volonté de vivre. Alain Bombard est de fait convaincu que c'est le désespoir qui tue le naufragé, plus sûrement que la soif ou la faim.
En 1952, après un « galop d'essai » en Méditerranée avec un compagnon de route, Alain Bombard allait s'élancer seul pour une traversée unique qui durera 65 jours, dans un canot baptisé l'Hérétique, pied-de-nez à ses contemporains qui le prenaient pour, au mieux un utopiste, au pire pour un doux-dingue.
Le succès de son entreprise explique que toute embarcation d'un certain gabarit se voit désormais équipée d'un canot pneumatique. Nombre de rescapés de la mer ont témoigné du fait qu'ils avaient échappé aux flots en s'appuyant sur les préceptes du bon docteur.
On est transporté par cette lecture décrivant cette aventure si unique et particulière, on prend place à bord de l'Hérétique dès le départ de cet exploit, écrit comme un journal de bord, sur un ton où la simplicité n'occulte pas la dimension scientifique de l'expérience, et on franchit nombre d'écueils en compagnie d'un homme qui a accompli un véritable exploit.
Une fois le livre achevé, nul doute que le lecteur aura une pensée particulière pour cet aventurier-scientifique lorsque ses pérégrinations lui feront croiser, non loin de la plage rassurante, un petit bateau gonflé d'air.
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raton-liseur
  25 septembre 2012
En 1952, contre l'avis de beaucoup, Alain Bombard décide de démontrer l'impensable. Lors d'un naufrage, la mort n'est pas une fatalité. On peut même traverser l'Atlantique sur un canot en caoutchouc, en ne se nourrissant que de ce que la mer veut bien donner.
Alain Bombard part à du bien nommé Hérétique en Méditerranée d'abord, avec un compagnon de voyage, traversée pendant laquelle il démontre que, au mépris de tous les tabous et de toutes les idées reçues, l'on peut consommer de l'eau de mer pendant plusieurs jours pour éviter la déshydratation. Il continue seul dans l'Atlantique, qu'il traverse en 65 jours, ne se nourrissant que des poissons qu'il pêche, et ne buvant que l'eau des poissons ou l'eau de pluie.
Le livre est un témoignage écrit à chaud, où Bombard a un peu trop tendance à régler ses comptes avec les oiseaux de mauvais augure qui ne l'ont pas soutenu inconditionnellement. Je passerai sur le caractère un peu entier du personnage, probablement nécessaire pour entreprendre ce type de voyage, et je ne m'attarderai pas sur les qualités littéraires tout à fait discutables de ce récit.
En effet, on ne lit pas ce type de témoignage pour lire de la grande littérature, et, alors que je relis ce livre après une première lecture il y a près de vingt ans, je me dis que ce livre, écrit il y a presque 60 ans maintenant, et même si les développements technologiques récents ont rendu certaines des recommandations de Bombard caduques, est extrêmement intéressant. Lors de ma première lecture, il a changé ma vision de la survie en mer, j'en avais retenu que l'eau de mer n'était pas toxique, bien au contraire, et que le plancton (pour peu que l'on ait une ancre flottante) est une source alimentaire de première importance (la solution contre le scorbut était à portée de main, littéralement, des voiliers au long cours, et ils ne l'ont jamais su, quelle ironie rétrospective…). Avec cette deuxième lecture, j'ai revu la théorie et, même si j'espère n'en avoir jamais besoin, j'ai l'impression d'avoir quelques bases pour affronter cette situation ! Reste que le moral est déterminant, comme le montre bien Alain Bombard (il faut vouloir prouver que l'on a raison seul contre tous comme lui ou nourrir une rage sans borne comme le capitaine de la Bounty pour survivre à une longue période en mer sans secours, est-ce possible dans un cas de naufrage « normal » ?), et cela est du ressort de chacun.
Une lecture fascinante, pour le témoignage qu'elle constitue et les interrogations qu'elle suscite, cachée sous une couverture très belle et très appropriée de la réédition par Phébus.
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Arthemyce
  03 décembre 2019
Alain BOMBARD est un sacré personnage ; de ceux qu'il est impossible d'arrêter une fois qu'ils ont quelque chose en tête. Son idée fixe, c'est qu'un naufragé (même involontaire) peut survivre dans un canot de sauvetage sur l'océan sans ressource extérieure. Il ne cherche rien moins qu’à montrer que c’est le désespoir qui tue, non les conditions...

Interne dans un hôpital du Nord de la France, Bombard a traversé la manche à la nage en 1951 avant de se faire naufragé. Ses premières expériences en la matière pour tester son esquif ne furent d'ailleurs pas de tout repos.
Hérétique pour les uns, dévotion scientifique pour les autres : le projet de Bombard de prouver que l'on peut survivre seul sur la mer est un sujet qui suscitera beaucoup de discussion et fera couler beaucoup d'encre. Par chance, mécènes et autres importants personnages de la société maritime lui accorderont une aide et un soutien précieux.

Nous suivons au jour le jour les progrès de Bombard dans ce journal à peine romancé. Y sont décrites les recherches qu’il mena afin de quantifier les besoins et apports nutritifs qui lui seront nécessaires et que l’océan pourrait lui fournir. A près de 27 grammes de sel par Litre d'eau de mer, il est impératif de ne pas en boire plus de 0.9 L/jour. Concernant la Vitamine C pour éviter le scorbut : quelques cuillérées de plancton et le tour est joué…
L'expérience en Méditerranée, accompagnée de l'acolyte Jack ; puis Casablanca et les Canaries, sont racontées avec sérieux bien qu'étant agrémentées d'anecdotes plus ou moins amusantes. Puis c'est enfin l'heure du grand départ. Seul cette fois car Jack aura succombé au charme de la Terre.
Une fois lancé, la prochaine destination est obligatoirement l'Amérique : face aux vents et aux courants, il n'y a pas d'autres choix. Ce sera un bien plus long périple que Bombard l'imaginait, sans toutefois qu'il ne semble jamais atteindre ses limites. A l'instar d'un Moitessier autour du monde, il se fera quelques amis pélagiques en cours de route et fera d'autres heureuses et moins heureuses rencontre en traçant son sillage.

Ce cours ouvrage – 240 p. aux éditions Phébus – est un peu inégal dans le rythme. Si les premières pages se dévorent assez vite, quelques redondances se font sentir assez rapidement. L'écriture de Bombard est parfois un peu mécanique. Certains passages sont entièrement construits de phrases très courtes et simples, à la manière d'un télégramme, ce qui devient vite fatiguant.
Dans l'ensemble, j'aurais adoré le fond du texte : on y apprend beaucoup de choses, Bombard est quelqu'un d'assez exceptionnel, son expérience : extraordinaire. Mais sur la forme, je reste sur ma fin après la poésie d'un Moitessier dans sa « Longue Route ». Pour être tout à fait honnête, j'ai fini par survoler les 30-40 dernières pages avec une attention décroissante un guettant les détails intéressants. Forcément, quelques longues périodes sans vent n'apportent pas grand-chose à raconter… Et toujours ce style un peu terre-à-terre : quelle ironie pour un homme ayant passé 65 jours en mer.

Je ne regrette en rien cette lecture toutefois. C'était très instructif.
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rotsenamrub
  11 mars 2021
C'est en lisant un article à propos du sauvetage de Kevin Escoffier lors du dernier Vendée Globe où on faisait référence à l'origine des radeaux de survie que m'est revenue cette lecture de jeunesse.
Je me souviens avoir été déçu dans un premier temps par ce livre pris au hasard à la bibliothèque municipale.
Là où je pensais trouver l'aventure, j'étais plongé dans une introduction rébarbative à mes yeux de l'époque. Car il m'avait échappé que la démarche de Bombard était avant tout expérimentale et scientifique.
Ce premier écueil passé la suite m'avait passionné, époustouflé presque jusqu'à l'incrédulité.
Excellent souvenir de lecture.
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MickaB
  24 août 2015
C'est une mine d'information écrite par un aventurier des temps modernes. Alain Bombard a repoussé les limites de la survie humaine prouvant la possibilité de survie en mer sans eau potable ni provisions. Malheureusement par la suite son audace coutera la vie de plusieurs personnesdurant le drame d'Etel. Cet ouvrage a peut etre un peu vieilli mais reste le premier du genre à ma connaissance.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   28 décembre 2014
(8-11-1951) « J'ai toujours hâte que la nuit vienne, d'abord parce que ça fait un jour de passé, ensuite parce que je m'endors, m'en remettant de tout à la Providence, enfin parce que je ne vois pas les événements inquiétants. »
Cette espèce de passivité est assez typique de l'homme qui est resté longtemps tout seul ; il finit par ne plus dominer, mais par courber le dos en se demandant ce qui va bien lui arriver. Ainsi toute journée où rien ne m'est arrivé est une journée favorable.

2289 – [Le Livre de poche n° 368, p. 195]
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Wendat69Wendat69   06 août 2019
De tous côtés, je recevais des demandes, plus ou moins sérieuses, pour m'accompagner. Les journaliste m'assaillaient.
Parmi les lettres, se trouvaient parfois de charmantes ou baroques idées; l'un me proposait de s'embarquer dans un but purement culinaire: il nous autorisait à le manger en cas d'échec de l'expérience. Un autre m'avouait qu'il avait tenté trois fois de se suicider; il me demandait de partir avec nous, estimant que j'avais trouvé là un moyen valable.
Un troisième m'offrait sa belle-mère comme passagère me proposant de commencer mes efforts de sauvetage, en repêchant un ménage de l'abîme où il tombait par la faute de cette douce créature.
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JcequejelisJcequejelis   28 décembre 2014
Je reste encore ému, maintenant, en relisant mon journal des jours où je commençais à m'épuiser, car je vois progressivement mon écriture changer. La solitude y apparaît de plus en plus douloureuse, de plus en plus obsédante, et ce journal était devenu mon interlocuteur unique : alors que, dans les premiers temps, j'écrivais une page, une page et demie, maintenant je noircissais chaque jour de deux à trois pages et demie. J'écrivais peu à la fois, mais souvent. Je craignais pourtant de ne pas avoir assez de papier.

2288 – [Le Livre de poche n° 368, p. 191/2]
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JcequejelisJcequejelis   28 décembre 2014
(31-10-1951) Oh solitude, tu commences à m’inquiéter sérieusement, le jour où j'écris cette chose typique ! Je comprends la différence entre solitude et isolement. De l'isolement dans la vie normale, je sais comment je peux sortir : tout simplement par la porte pour descendre dans la rue ou par le téléphone afin d'entendre la voix d'un ami. L'isolement n'existe que si l'on s'isole. Mais la solitude, quand elle est totale, nous écrase.

2286 – [Le Livre de poche n° 368, p. 177/8]
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Wendat69Wendat69   06 août 2019
Naufragés des légendes, victime raides et hâtives, je sais que vous n'êtes pas morts de la mer, que vous n'êtes pas morts de la faim, que vous n'êtes pas morts de la soif, car, ballottés sous le cri des mouettes, vous êtes morts d'épouvante.
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Video de Alain Bombard (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Bombard
"Cachalot" est un roman tour à tour aussi précis qu?Alain Bombard dans "Naufragé Volontaire" et aussi inquiétant que Lautréamont dans les "Chants de Maldoror". « Vois ! Regarde ! Les images diffusées : ce camion blanc avançant dans la foule et dévorant les corps ; le conducteur relançant sa machine quand elle ralentit, détruisant la vie. Je ne sais pourquoi, j?ai absolument, tout de suite, associé le camion à Moby Dick» L?attentat de Nice choque tellement l?homme qui parle qu?il s?embarque avec fièvre sur son voilier en Méditerranée et file vers les Açores à la recherche du monstre à terrasser, comme une image du mal qui ronge notre monde. Une odyssée en solitaire, où il parlera aux éléments, aux animaux et à des naufragés, morts ou vivants, avant de croiser son destin. Un voyage initiatique plein de fantaisie et de gravité, comme un conte philosophique.
Daniel Besace est né en 1970 à Brest. Devenu mousse à 16 ans, il fait le tour du monde comme timonier sur un navire militaire. À 27 ans, il marche de Bayonne à Saint Malo en quarante jours, expérience racontée dans Océan. En 1998, il fait le tour de la péninsule Ibérique à vélo, 5500 kilomètres en 55 jours. En 2005, il fonde la maison d'édition artisanale Carnets-Livres, qui a fabriqué 15 000 livres à la main. Des exemplaire de "Cachalot" sont disponibles en spécimen de presse pour les booktubers qui souhaiteraient faire une critique du livre!
Une vidéo de Soraya Belkhiria et Aurélien Pontillo
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>Géographie générale. Voyages>Récits de voyages>Voyages et aventures maritimes (53)
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