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ISBN : B0000DOPJL
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Autour du père la Frite, ce curieux et philosophique marchand d'oiseaux qui promène tout le long du jour sa précieuse cargaison de perruches entre le Quartier latin et la Cité universitaire, gravite tout un petit monde de figures bien parisiennes : Isabelle, jeune et jolie étudiante, et ses camarades Daniel et Laurent, Marie Lepeticorps, l'épicière acariâtre, dont la vie triste et solitaire se trouve bouleversée par l'apparition soudaine, chez elle, de deux enfants ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Macabea
  13 décembre 2016
Quelle palette et quelle plume. Foisonnante. Intelligente, originale, remarquable. Excellent, forme et fond. Plein de saveur et de poésie. Troublant. Sublime.
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Pchabannes
  22 août 2010
Robert Brasillach (1909 – 1945), génie de la langue française, au-delà des peintures extraordinaires des vies ordinaires et profondément humaines, combine, à pile ou face, du destin, des signes, une oeuvre faisant unité avec ses deux premiers romans ; nous avançons avec cette sagesse animale qui nous aide à faire des choix. La banalité, l'ordinaire, le vulgaire transcendé par une prose poétique, par un regard pénétrant les lieux et les gens et grâce à l'expression métaphysique du destin choisi ou subi.
Une histoire, un conte à Paris à cheval sur son méridien 0, destin, choix, mystères…“comme dans les anciennes cartes, le canard voguant paraissait quelque symbole obscur, désignant le méridien de Paris, et autour de lui se rangeait les Cités, et le parc, et la zone avec ses wagons, et le restaurant de bois, et les arbres en fleurs, et les heures nocturnes sur la pelouse centrale.”
Autour du parc de Montsouris, vont s'enchevêtrer les vies d'Isabelle, l'étudiante et ses deux compagnons Laurent et Daniel, du chevreau, un petit gars de la zone (zone non aedificandi), de deux garnements victimes et bénéficiaires de la philanthropie d'un brave commissaire de police, d'un bourgeoise philanthrope et d'une épicière, Mme Lepetitcorps, mal embouchée et ne sachant comment aimer. Au milieu d'eux, le marchand d'oiseaux allant avec ses deux cages sur l'épaule, le lien sacré et inconnu, le porteur des signes changeant les destins. “Inconscient de ce qu'il entraînait derrière lui, du long sillage voluptueux qu'il laissait, scintillant de mille éclats de soleil, ainsi avait traversé le Sud de la ville ce sorcier ingénu, sur le droit parcours du méridien de Paris, comme une image semi-paysanne, comme un Saint Nicolas embrumé de neige sous sa hotte, marchant vers le saloir de trois petits qui s'en allaient glaner aux champs, -et peut-être, comme une représentation du destin.”
Ce destin bouleversé par les choix faits à notre insu par des personnes bien intentionnées. Dans ce monde imparfait et complexe comment savoir si un choix se révèlera bon ? Et à quel terme ? Une vie ou plusieurs vies d'hommes ? Quid alors de la philanthropie ?
 [Isabelle]D'abord j'ai en horreur les institutions philanthropiques, et la philanthropie en général. Vous n'êtes pas de mon avis ?
 J'ai toujours pensé, répondait Daniel, que la philanthropie est des formes les moins voluptueuses, mais les plus virulentes du sadisme. Seulement….
Exprimer un sentiment n'est ce pas déjà agir sur la vie des autres à leur insu ? Roman métaphysique où tous partagent cette difficulté à exprimer leurs sentiments.

Le Marchand d'oiseaux, commencé en Janvier 33 sous le titre Méridien de Paris, pendant son année de service militaire, puis repris en Juin 35, a été édité par Plon en Mai 36. Il est intéressant de noter les différents titres donnés au manuscrit au cours de son écriture : Malchances, Pile ou face, La difficulté des sentiments et enfin le marchand d'oiseau, plus poétique et dickensien. Troublante danse de titres qui chacun souligne un aspect du livre ; le Marchand d'Oiseaux les englobe tous soulignant la dimension poétique de l'oeuvre.

Lien : http://quidhodieagisti.kazeo..
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vegalia
  14 juin 2010
Le marchand d'oiseaux, ce vieillard avec ses deux cages, est le lien entre tous les autres personnages. Des personnages attachants comme cette épicière qui s'ouvre aux sentiments et à la joie quand deux jeunes arrivent dans sa boutique, jeunes voleurs et criminels. Quand ils seront en prison, elle s'enfermera dans une solitude et dans une souffrance sourde et quotidienne. C'est aussi la critique d'une société de 1940, une société d'une bourgeoisie étriquée.
Les lecteurs pourront y trouver une belle réflexion sur la souffrance, la solitude mais aussi la vie.
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Elouan00
  28 octobre 2017
Paris, dans cette histoire de gens ordinaires ou malchanceux, paraît plus petit, presque une bourgade ("Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps", n'est-ce-pas ?)... Une bourgade achalandée par les émotions que Brasillach fait vivre et s'agiter par éclats, d'une écriture pleine d'énergie. le parc Montsouris et ses alentours entre gaieté et tristesse, des commères, les rumeurs d'une aventure, d'une anecdote. Des enfants en perdition, dont on ne sait plus que faire. Là, quelque chose se passe ― j'ai l'air de faire des mystères, mais l'essentiel ne saurait être révélé, pas de spoil, donc ― mais tout retombe trop vite à plat, juste quand cette fable tranquille se transformait. On s'arrête finalement sur une couleur, une femme affligée mais silencieuse... tandis que la vie, pétulante mais routinière, continue.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
PchabannesPchabannes   22 août 2010
Observateur de Paris, des marchés, de la vie.

“Le large choux aux grosses veines gonflées à éclater d’un sang vert et crayeux, les caisses de haricots roux, pleines d’un gravier rutilant, les pois cassés, les sacs qui sentent la toile et où la main plonge dans les lentilles crissantes, les bouquets de carottes taillées dans la brique, les tomates de la fin d’automne, crevées par endroits, talées de brun et de violet, au cœur fibreux, mais toutes giclantes encore d’un sang pâle, s’amoncellent sur des planches gluantes, devant la vitrine. […] Dans les vitrines, devant les boîtes de conserves en piles, où se reflète une lumière sourde, les gros plats de faïence blanche portent quelques mottes de beurre, où tous les jaunes se marient, jaune un peu vert, juste sous les boîtes, jaune paille, jaune cendré, jaune des cierges anciens, jaune des gants de marié, jaune frais, blanc à peine crémeux. Le Hollande couleur de pomme, fendu d’un coup et comme éclaté, montre sa chair épaisse à coté du gruyère huilé et suant sous sa croûte pareille au sol des basses-cours couvertes d’ordures. A ses cotés, le bleu d’Auvergne, granit à peine souillé, le Roquefort somptueux, rutilant de toutes les splendeurs vertes et bleues de la putréfaction, gras, beurré et déjà effrité en onctueux éboulements, - et le Gorgonzola blafard rongé de lèpres presque noires.”
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PchabannesPchabannes   22 août 2010
Observateur de Paris, des marchés, de la vie. “Le large choux aux grosses veines gonflées à éclater d’un sang vert et crayeux, les caisses de haricots roux, pleines d’un gravier rutilant, les pois cassés, les sacs qui sentent la toile et où la main plonge dans les lentilles crissantes, les bouquets de carottes taillées dans la brique, les tomates de la fin d’automne, crevées par endroits, talées de brun et de violet, au cœur fibreux, mais toutes giclantes encore d’un sang pâle, s’amoncellent sur des planches gluantes, devant la vitrine. […] Dans les vitrines, devant les boîtes de conserves en piles, où se reflète une lumière sourde, les gros plats de faïence blanche portent quelques mottes de beurre, où tous les jaunes se marient, jaune un peu vert, juste sous les boîtes, jaune paille, jaune cendré, jaune des cierges anciens, jaune des gants de marié, jaune frais, blanc à peine crémeux. Le Hollande couleur de pomme, fendu d’un coup et comme éclaté, montre sa chair épaisse à coté du gruyère huilé et suant sous sa croûte pareille au sol des basses-cours couvertes d’ordures. A ses cotés, le bleu d’Auvergne, granit à peine souillé, le Roquefort somptueux, rutilant de toutes les splendeurs vertes et bleues de la putréfaction, gras, beurré et déjà effrité en onctueux éboulements, - et le Gorgonzola blafard rongé de lèpres presque noires.”
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PchabannesPchabannes   22 août 2010
Amour du genre humain, détestation de la foule “Sous les lueurs violentes, les visages monstrueux de la foule aux mille rondeurs agitaient leurs paupières armées de cils, comme les amibes et les infusoires, palpitaient de leurs narines, de leurs pores souillés, animés d’une vie végétale plus obscure que celle des animaux imprécis que les savants recueillent des mers. Renversées sous le ciel, ces figures rondes se touchaient, par-dessus l’une l’autre passaient, se noyaient dans l’ombre inférieure, comme si elles eussent été indépendantes des corps auxquels elles appartenaient, et seulement agitées de vastes ressacs, de raz de marée qui les précipitaient tout à coup, amalgamées comme d’immenses bancs d’œufs de poissons, dans quelques Sargasse putréfiée, au coin d’un étalage ou d’un manège. Puis elles reprenaient leur terrible mouvement imprévisible, coulaient devant Marie en un flot parfaitement inexorable, agitées de doux mouvements rétractiles, portées par un gulf-stream brûlant.”
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PchabannesPchabannes   22 août 2010
“Elle les mena au cinéma, mais ils y virent des gangsters américains, de grands seigneurs du cambriolage, et elle eut peur. Devant ces images violentes, ils applaudissaient et riaient à grands éclats comparant les divers procédés des chefs de bandes et leurs armements. Détective et Paris-Soir leur apportaient d’autres pâtures, plus réelle, plus excitantes encore. Dans ces feuilles sadiques, ils couraient aux enquêtes criminelles, aux faits divers, et Marie, pour la première fois de son existence, comprenait ce qui pousse les foules vers l’ordure imprimée et l’exploitation des sentiments immondes, et tremblait à l’idée de perdre ses enfants à cause d’un peu d’encre et de papier.”
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Elouan00Elouan00   28 octobre 2017
Marie Lepetitcorps était née dans un village de l'Yonne où son enfance s'était écoulée. Ses parents étaient fermiers, et vivaient dans une certaine aisance. Ils fournissaient le beurre à une pâtisserie qui fabriquait des galettes, célèbres dans toute la région, et dont on faisait grande vente, le lundi, au marché de Sens.
Parfois ― assez rarement, il est vrai ― Marie Lepetitcorps voyait surgir devant elle son village. Tout d'un coup, il se posait, un peu trouble, comme une surimpression malhabile, au coin de sa boutique, contre une rue parisienne. C'était bien lui. Elle n'avait même pas à fermer les yeux pour le revoir.
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Vidéo de Robert Brasillach
Mon pays m'a fait mal - Robert Brasillach, dit par Pierre Fresnais
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