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Sabine Berritz (Traducteur)
ISBN : 2070410404
Éditeur : Gallimard (26/05/2000)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 155 notes)
Résumé :
Chômeur à vingt-quatre ans, Frank Chambers arpente les routes, une petite valise à la main, à la recherche d'un emploi. Il s'arrête à une station-service restaurant. Le patron, Nick Papadakis, qui exploite l'établissement avec son épouse Cora, lui propose un travail. Après avoir aperçu la jeune femme, Frank accepte de rester et devient rapidement son amant. Ensemble, ils décident de tuer Nick. À sa parution... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
andman
  13 février 2016
Après ces quelques jours passés à San Francisco sur le divan capitonné du bon docteur Yalom, me voici sur les routes poussiéreuses de la Californie en compagnie de Frank Chambers le personnage principal du premier roman écrit par James M. Cain en 1934.
Quel bourlingueur que ce Chambers toujours par monts et par vaux, incapable de se fixer quelque part ! Son penchant pour l'alcool et son coup de poing facile l'ont déjà conduit plus d'une fois derrière les barreaux.
Dans l'impossibilité de payer son repas, il a quand même accepté ce travail de pompiste que lui a proposé Nick Papadakis le patron d'un restaurant situé à vingt milles de Los Angeles.
La route l'appelle et l'attire mais plus encore les lèvres de la troublante Cora :
“Je l'ai prise dans mes bras et j'ai écrasé ma bouche contre la sienne…
Mords-moi ! mords-moi !...
Je l'ai mordue. J'ai planté mes dents si fort dans ses lèvres que j'ai senti le sang gicler dans ma bouche. Il coulait sur son cou quand je l'ai portée au premier étage.”
Sauf le travail, les choses ne traînent jamais avec Frank Chambers. Débarrasser Cora de ce mari graisseux et puant est largement dans ses cordes...
Le lecteur se laisse d'emblée captiver par ces amants tout feu tout flamme. S'il se doute très vite que le pauvre Papadakis ne va pas faire de vieux os, il est loin d'imaginer la tournure des événements.
Ce petit livre écrit sous forme de confessions est un classique du genre et l'éphémère rédemption de Chambers, l'anti-héros, est comme un rayon de soleil dans un ciel bien sombre.
Le titre métaphorique, “Le facteur sonne toujours deux fois”, est génial et digne du meilleur publicitaire.
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Zebra
  13 avril 2014
« The Postman Always Rings Twice » (en français, « Le facteur sonne toujours deux fois ») est un polar écrit en 1934 par James Cain. Dans la collection le Livre de Poche, l'ouvrage, édité en 1957, fait 185 pages. La quatrième de couverture, un extrait de la superbe préface écrite par Irène Nemirowsky, donne de suite le ton : « Littérature brutale, ardente, fiévreuse et frénétique, sans une once de raffinement, littérature-en-coups-de-poings, qui plait malgré cela, ou à cause de cela, selon les tempéraments... On y goute quelque chose de sain, de vif et de fort qui ne se trouve actuellement nulle part ailleurs. »
L'histoire est d'une simplicité enfantine. Franck, la trentaine, vagabond et routard invétéré, court après son bonheur. Un jour, il rencontre Cora à la Taverne des Chênes-Jumeaux, une gargote comme il en existe des milliers le long des routes californiennes. Cora est mariée à Nick Papadakis, un Grec sympathique, dotée d'une belle voix de ténor, adorant chanter au milieu des voitures qu'il doit réparer (Nick est garagiste). Cora et lui tiennent un restaurant routier attenant au garage. Cora vit aux côtés de Nick qu'elle trouve gras, puant et trop routinier pour elle. Ayant travaillé pendant deux ans dans une cantine de Los Angeles, Cora a gagné un concours de beauté organisé par l'école supérieure de Des Moines. Décidée à prendre le premier type un peu fringué qui se présentera, Cora réalise que Franck peut lui ouvrir de nouvelles perspectives, moins monotones. Cora séduit Franck et le décide à l'aider à se débarrasser de Nick. Comment ? Simple : l'assommer avec un sac à sucre bourré de roulements à bille pendant qu'il prend son bain dominical dans la baignoire ; ensuite, lui plonger la tête sous l'eau, le noyer, se débarrasser du sac, appeler un docteur et faire constater le décès de Nick par noyade accidentelle (il a glissé, s'est fracassé le crâne et s'est noyé). Pas mal imaginé, sauf que … ça rate : le Grec en réchappe avec un fort traumatisme crânien. Qu'à cela ne tienne, Cora et Franck organisent un faux et banal accident de la route : deux types ivres (Franck et Nick), de l'alcool versé dans la voiture, une bouteille pleine servant de casse-tête pour que Franck fracasse le crâne de Nick, une voiture dont Franck enclenche la marche avant et qu'il précipite dans le ravin, bref « un assassinat si stupide que ça ne serait plus un assassinat ». Et bien, ça marche ! Nick meurt, broyé dans la voiture qui plonge dans le ravin, mais Franck, en sautant au dernier moment de la voiture, se blesse grièvement. Cora appelle les secours et Franck est soigné à l'hôpital. La police mène l'enquête. Sackett et Katz, ennemis jurés, avocat retors et agent d'assurance filou, essayent chacun de faire pencher la balance à leur avantage : est-ce que Nick avait contracté une police d'assurance de 10 000 $, ce qui expliquerait que Cora l'ait tué avec l'aide de Franck ? Franck et Cora répètent entre eux, et plusieurs fois, les réponses qu'ils doivent donner aux enquêteurs mais ceux-ci les dressent l'un contre l'autre : si ça n'est pas lui qui a fait le coup, alors c'est elle, ou réciproquement ! Cora flanche et avoue la vérité à Katz, mais Katz suggère à Franck de réclamer des dommages et intérêts à la Compagnie d'assurances. Sackett accepte. Franck ne sera donc pas accusé d'homicide par imprudence, ce sera un accident : en contrepartie, il n'y aura pas de dommages et intérêts. Tout est bien qui fini bien ? Cora et Franck s'en tirent par un non-lieu. Mais Cora, qui est enceinte (oui, Franck et elle n'ont pas su résisté à l'appel de l'amour) depuis plusieurs semaines, se sent mal alors qu'elle sort d'une baignade prolongée en mer : Franck l'emmène aux urgences. Paniqué, il roule trop vite et tente un dépassement malheureux : c'est l'accident. Franck en réchappe par miracle, mais Cora est tuée sur le coup. Franck est alors condamné pour le meurtre de Cora. Pourquoi ? Il avait eu, pendant une absence de quelques jours de Cora qui était allé voir sa mère malade, une liaison avec Magde, une éleveuse de pumas. Franck révait de poursuivre sa vie sous de nouveaux horizons ; il n'en pouvait plus de la pression qu'exerçait Cora sur lui, Cora qui voulait à tous prix agrandir le restaurant routier avec une terrasse où on vendrait de la bière, ce qui signifiait des frais et des servitudes inacceptables pour le vagabond né qu'il était demeuré. Et pour aller, libre et fortuné, vers de nouveaux horizons, il fallait évidemment que Franck se débarrasse de Cora. CQFD.
Je ne vous raconterai pas la fin mais ce livre fort, plein de noirceur, sans digressions, bourré de rebondissements, intense, bien écrit, court et bien construit vous séduira. Les personnages sont attachants. le récit à la première personne donne l'impression d'une confession désabusée. Morale de l'histoire ? le crime parfait n'existe pas ; on est toujours rattrapé par la fatalité. Franck et Cora sont deux êtres simples (les dialogues sommaires et populaires s'accordent à merveille à cette caractéristique), deux êtres en perdition, malmenés par la vie. le côté sensuel, vivant, pour ne pas dire torride de Cora vous étonnera peut-être mais James Cain écrit sans voyeurisme, avec beaucoup de pudeur. Au bout de l'adultère, un crime et un châtiment … pour punir un innocent. Ironie du sort, vous ne trouvez pas ? Superbe ouvrage : je mets cinq étoiles.
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Allantvers
  05 juin 2016
Ouch, c'est du brutal ! Pas étonnant que le cinéma ait fait de ce vieux polar des années 30 un classique du film noir car tous les ingrédients bien rudes, bien glauques et bien passionnels sont là : un jeune et beau vagabond, un snack perdu sur une route de Californie, une beauté brute déterminée à sortir du lot derrière son bar, le mari victime, un chat dans la nuit ; la relation passionnelle mêlée de crime et de peur, les juges et les avocats véreux, les compagnies d'assurance, le soleil brûlant ; l'envie de la bonne fortune, l'appel de la route, la rédemption impossible…
Et c'est un régal à lire ce court roman en forme de confession, sans un mot de trop, ‘to the point', qui nous embarque haletant dans l'enchaînement implacable des faits, rien que des faits.
C'est brut, c'est chaud, c'est immoral, c'est tragique : une tranche de noir qui vous laisse une balafre bien nette en travers des yeux.
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le_Bison
  01 avril 2016
STOP. Je rembobine le film. REPLAY. Jessica Lange sur la table de la cuisine couverte de farine – une tarte aux pommes ? la reine des pommes – et moi la prenant dessus par devant ou derrière, mes souvenirs restent vagues sur le sujet. (oui, je sais, avant il y a eu Lana Turner, mais je ne l'ai pas vu ; d'ailleurs petit aparté, qui a revu Jessica Lange depuis qu'elle s'est faite violer par King Kong ?). Parce que c'est l'histoire d'un paumé, dans un trou perdu d'une Californie poussiéreuse. Elle fait du pain perdu dans son restaurant du bord de route. Avec le grec, Demis Roussos, Papadiamandis ou Nick Papadakis (peu importe, les grecs se ressemblent tous, poilus comme des grizzlys. Nouvel aparté, de tout façon t'es pas pressé, Nana Mouskouri est née la même année que le roman, ça te donne une idée du siècle dont l'histoire se découle). Sauf que le Nick, un peu macho, il n'est pas franchement à la bonne pour satisfaire les pulsions de la belle Cora (qui ne travaille pas dans un supermarché – puisque je t'ai déjà dit qu'elle cuisinait dans ce petit routier du bord de route au milieu de la poussière et des cactus). Et moi, Cora, elle me botte un max. Surtout depuis que j'ai vu que King-Kong voulait se la faire.
2 mecs, 1 nana 1 bison. Y'en a un de trop. Et c'est pas le Bison. Ni même Cora. Non. Faut se débarrasser du grec (de toute façon, à part nous apporter des kebabs ou des migrants, à quoi ils servent – note d'humour parce qu'en fait j'aime bien leurs yaourts). Une baignoire, une clé anglaise, un escabeau, une corniche, j'ai que l'embarras du choix. Parce que Cora, je l'ai dans la peau. Une putain d'envie de la baiser sur la table de la cuisine et de la couvrir de farine à m'en prendre pour Jack Nicholson (tu ne trouves pas que j'ai le même physique ? Non, tant pis). L'amour fou, l'amour sauvage, l'amour bestial. Comme je l'aime.
Et peu importe, si j'ai pas un drachme, encore moins de dollars, je te l'emmènerai bien vagabonder à travers les routes poussiéreuses de Californie ou du Nouveau Mexique. California Dreamin'. Avec Cora, la vie ressemble à ce putain de rêve où cette putain de nana me suivrait jusqu'au bout du monde ou en Enfer, là où le diable en comparaison serait un saint face à ma dévotion sexuelle à lui procurer du plaisir. Je suis comme ça, moi, face à une bonne nana, totalement altruiste.
Mais bon, tu n'es pas là pour lire mes divagations orientées, ce roman est un vieux parchemin à lire et à savourer. Il glisse tout seul comme un bon whisky 16 ans d'âge. Une vraie et putain de bonne surprise dans la tradition classique des romans noirs, deux hommes une femme un homme de trop et l'amour dans tout ça qui dérègle le comportement échaudé des hommes et la femme dans tout ça une pure chaudasse belle et manipulatrice je comprends que King Kong en soit tombé amoureux.
On sonne à la porte. Je prends le temps de finir mon pur malt, le majeur entre les cuisses de Cora. Ça doit être le facteur qui vient pour me vendre les invendus de ses calendriers de l'année dernière. Il peut attendre, je ne vais pas laisser mon verre se réchauffer, encore moins refroidir les cuisses de Cora. de toute façon, « le facteur sonne toujours deux fois ».
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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belette2911
  03 octobre 2013
Ne cherchez pas une signification au titre, ni de facteur dans l'histoire... L'auteur, James M. Cain lui-même, ayant indiqué avoir choisi ce titre à la dernière minute, étonné qu'un éditeur lui octroie enfin un contrat. Donc, pas de véritable sens à donner à ce titre pour le moins étrange.
Si ce roman ne raconte pas la vie dure d'un postier, il nous raconte un morceau de la vie de Frank Chambers, jeune "chômeur vagabond" de 24 ans, qui fait une halte dans une station-service-restaurant pour un repas.
Le patron, un grec du nom de Nick Papadakis, l'engage. Il tient son restaurant avec l'aide de sa belle jeune femme, Cora...
Là, je parie que vous voyez venir l'affaire qui est aussi grosse que le train postal Glasgow-Londres.
Et notre fringant ex-chômeur nous raconte, sans surtaxe, comment il est tombé amoureux de la femme du patron, rêvant qu'elle lui vérifie la colle de son timbre-poste. Attirance qui se trouve être réciproque. Elle aussi veut se faire cacheter la lettre.
Sans tarder, il lui glisse son colis postal dans la boîte aux lettres (celle munie d'une fente), il lui cachette le timbre poste, le lèche, le retamponne, vérifie le colis sous tous les angles, fait des dépôts en liquide et tous deux nous rejouent la mythique scène de "L'arrière-train sifflera trois fois" (-18 ans)...
Non, les images et les détails ne sont pas compris dans le livre. J'extrapole un peu sur les scènes, mais ils s'envoient bien en l'air.
Liaison passionnée, sadomasochiste, même, puisque lors de leur premier baiser fougueux, Cora demandera à Frank de lui mordre les lèvres, ce qu'il fera, jusqu'au sang... Dracula en aurait défailli de jouissance. Entre eux, ce ne sera que morsures durant leurs étreintes brutales et rapides.
Petit soucis dans leur romance timbrée et hautement sexuelle : le mari !
C'est là que nous remarquons que nous sommes en plein roman noir parce que, dans la collection Harlequin, le mari, voyant sa femme éprise d'un autre, aurait soit cédé sa place en pleurant de bonheur pour les deux tourtereaux, ou, au pire, demandé le divorce...
Avec un peu de chance, il aurait même eu un accident mortel, tout seul comme un grand, laissant par derrière lui une lettre dans laquelle il leur souhaiterait ♫ tout le bonheur du monde ♪... Oui, mais... On n'est pas chez Harlequin le champion de l'Amûûr, ici.
"Alors, on en fait quoi de mon graisseux de mari ?"
"Ben c'est tout simple, on le tue..."
Mais on entube pas... heu, on ne tue pas un grec aussi facilement que ça et notre ami survit au coup de la baignoire (Clo-Clo aurait apprécié que survienne la panne de courant, lui aussi).
Puisqu'il est gentil et un peu con, le mari ne remarque rien... La seconde tentative sera-t-elle la bonne ?? Nos expéditeurs veulent l'envoyer de nouveau ad patres, par recommandé cette fois-ci, avec accusé de réception de la part De Saint-Pierre.
Un mot, un geste, la Poste fait le reste... Signez ici pour l'âme du pauvre grec qui s'est quand même fait entuber.
On ne peut pas dire que ce livre pêche par un style littéraire utilisant les mots de plus de dix lettres du dictionnaire, ni que les dialogues soient d'Audiard, ils manquent même de descriptions de ce que font les protagonistes durant leur parlottes.
Malgré tout, la lecture se déroule sans accro, plus rapide que Chrono Post (pas difficile non plus d'être plus rapide que la Poste !).
Je pense que le style littéraire "un peu plat" est voulu, puisque c'est Franck Chambers qui nous raconte son récit juste avant de passer... Je ne vous dirai pas où !
On nagera dans le Noir, avec les tentatives de meurtres, le sexe bestial, l'envie,...
Avec un avocat retors et plus roublard que Perry Mason himself ! Un truc de fou où les agences d'assurances jouent leur grand rôle de faux-cul (elles sont faites pour ça).
Noir, parce que Franck Chambers est un gars qui a la bougeotte et que, une fois conquise la femme du grec, ben il n'aspire qu'à une chose : reprendre la route. Ils manquent même de séparer, la rancoeur ayant cédé la place l'amûûr. Un comble alors qu'ils ont tué pour être ensemble.
Le noir, on s'y enfoncera jusqu'au genoux puisque deux coupables s'en sortiront... Et là où le Noir nous prendra à la gorge, c'est quand un innocent sera condamné à la potence. Ironie, quand tu nous tiens...
Qui avait dit "Tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin ?".
Décidément, dans les polars noirs, les hommes tombent à cause du fait qu'ils ont été tremper leurs biscuits dans des tasses de café dans lesquelles ils n'avaient pas à aller touiller.

Lien : http://the-cannibal-lecteur...
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra   08 avril 2014
Page 91[…] - Chambers, comment se fait-il que vous soyez resté avec Papadakis pour travailler ?
- C'est un accident. J'étais fauché, et il avait besoin de quelqu'un. Je suis entré pour trouver à manger, et il m'a offert du boulot, j'ai accepté.
- Chambers, cela ne vous parait-il pas un peu étrange ?
- Que voulez-vous dire, Juge ?
- Après avoir roulé votre bosse pendant tant d'années sans rien faire, sans même essayer de faire quelque chose, si j'ai bien compris, tout d'un coup, vous vous mettez à l'ouvrage, vous acceptez un travail régulier ?
- Je dois reconnaître que ça ne m'emballait pas.
- Mais vous êtes resté !
- Nick était un des plus chics types que j'aie jamais rencontrés. Quand j'ai eu un peu de fric, j'ai essayé de lui dire que ce n'était plus possible, mais je n'ai pas eu le cœur de le lâcher quand il m'a dit tout le mal qu'il avait eu avec ses employés. Dès qu'il a eu son accident, j'ai filé. J'ai filé, c'est tout. Bien sûr, c'était pas très chic envers lui, mais les pieds me démangeaient. Quand ils me démangent, il faut que je parte ; seulement, là, je suis parti en douce.
- Et le lendemain du jour ou vous êtes revenu, il meurt dans un accident ! […] Allons Chambers, avouez. Vous avez tué le Grec, cette femme et vous, et plus vite vous l'avouerez, mieux ce sera pour vous.
Je n'avais plus la moindre envie de sourire, je vous prie de le croire, j'ai senti mes lèvres devenir sêches, j'ai essayé de parler, mais rien n'est sorti de ma bouche.
- Et bien, vous ne dites rien ?
- C'est que vous m'en bouchez un coin, Juge. Vous dites là quelque chose de terrible, Juge, qu'est-ce que je peux répondre ? [...]
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AllantversAllantvers   05 juin 2016
J'ai frappé l'eau avec mes pieds réunis, et suis allé plus profond. L'eau est entrée si fort dans mes oreilles que j'ai pensé qu'elle allait les crever. Mais je n'ai pas eu à remonter. La pression sur les poumons et de l'oxygène dans le sang, si bien que, pendant quelques secondes, on ne pense pas à respirer. J'ai regardé l'eau verte, et avec mes oreilles qui teintaient, ce poids du liquide sur les reins et sur la poitrine, j'ai pensé que toute la diablerie, toute la bassesse, l'incapacité, l'inutilité de ma vie avaient été chassés au-dehors, rejetés loin de moi, et que je remontais vers Cora, transformé, et, comme elle disait, prêt pour une nouvelle vie.
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le_Bisonle_Bison   26 avril 2016
- Bouscule-moi, Frank, comme l’autre nuit.
Je lui ai arraché ses vêtements. Elle s’est tournée un peu pour qu’ils glissent mieux. Puis ils sont tombés, elle a fermé les yeux et elle est restée étendue la tête sur l’oreiller. Ses cheveux roulaient sur ses épaules, en boucles pareilles à des serpents. Ses yeux étaient sombres et ses seins n’étaient pas durcis, les pointes dressées vers moi, mais tout doux, et leurs bouts étaient étalés en deux larges taches roses. Elles semblaient être l’ancêtre de toutes les putains du monde. Le diable en eut pour son argent, cette nuit-là.
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le_Bisonle_Bison   28 mars 2016
Mais, voyons, vous n’avez rien d’une Mexicaine. Elles ont toutes de grosses lèvres, des jambes énormes, des seins sous le menton, une peau jaune, des cheveux gras. Vous n’êtes pas comme ça : vous êtes mince, vous avez une jolie peau blanche et vos cheveux sont fins et bouclés. La seule chose que vous ayez comme les Mexicaines, ce sont les dents. Elles ont toutes des dents blanches, il faut le reconnaître !
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brigittelascombebrigittelascombe   10 février 2012
Il y a un type au numéro 7 qui a tué son frère et qui dit qu'il ne l'a pas réellement fait,que c'est son subconscient qui a agi.Je lui ai demandé ce que ça voulait dire,et il m'a dit que chaque personne est faite de deux personnes,une que l'on connaît,l'autre qu'on connaît pas,qui est le subconscient.Cela m'a bouleversé! Est-ce que je l'ai fait ou est-ce que je ne l'ai pas fait? Je l'aimais tant,je vous le dit,j'aurais voulu mourir pour elle.Au diable le subconscient!Je n'y crois pas.Ce n'est qu'un tas de blagues que ce type a inventées pour fourrer son juge dedans.On sait ce qu'on fait,et on le fait.Je ne l'ai pas fait,je le sais.C'est ce que je lui dirai si jamais je la revois.
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Vidéo de  James M. Cain
Adaptation du roman "Mildred Pierce"
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