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EAN : 9782070527496
179 pages
Gallimard (12/10/1999)
4.03/5   19 notes
Résumé :
Une enfance blanche comme le vide. L'angoisse au ventre, Maud a un refuge, la nourriture. A l'envie, à l'excès, à la folie, à la mort. la faim peut surgir n'importe où, n'importe quand. Au détour d'une rue, derrière un platane, à la cantine. A chaque fois c'est pareil. le goudron se boursoufle, la vision se fluidifie. Brusquement. Elle apparaît, rouge et rugissante. Une plongée décrite avec un réalisme et une violence inouïs, où les mots frappent.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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mariechrist67
  29 octobre 2021
Une bien triste histoire.
Maud se sent bien seule dans cette maison blanche, toute blanche, du sol au plafond.
Des parents un peu spéciaux, ce sont des têtes, des universitaires. Sa mère est attentive mais « radine » elle ne voit ni ne sent ce que sa fille aimerait avoir. Quant à son père, il est présent mais complètement inattentif à ce qui se passe chez lui, de temps en temps, on ne sait pas pourquoi, il assène une gifle à sa fille.
Maud ne va pas de l'avant elle se retranche sur elle-même, à la maison comme à l'école, c'est un solitaire.
Alors elle se jette avec avidité sur la nourriture, elle sombre dans la boulimie, elle avale tout ce qui lui tombe sous la main, elle ne pense qu'à manger. Elle prend du poids, elle n'entre plus dans ses vêtements, et elle s'isole encore un peu plus !
Elle est en souffrance, mais personne ne s'en aperçoit.
C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai lu ce livre, un très bon témoignage, une très belle écriture qui dépeint avec beaucoup de précision la souffrance psychologique que peut ressentir une adolescente incomprise, mal dans sa peau. On sent que ce récit vient du coeur.
En postface l'auteure nous précise :
« Maud et tous les personnages de ce roman ont existé, parlé, hurlé, crié, pleuré. Ou n'ont rien dit. Finalement, rien n'est pire que le silence.
Maud, c'est moi, or elle se trouve si éloignée de mon présent, que je me reconnais mal dans ce texte.
Trente ans plus tôt personne ne connaissait cette maladie.
Maud a guéri en … parlant. Tout simplement. »
C'est une histoire triste, surtout quand on sait que ce n'est pas de la fiction.
J'ai dévoré ce livre dont l'écriture fluide facilite la lecture. Bravo à l'auteure……..pour tout !
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ALDAMO21
  14 janvier 2022
Tout d'abord je souhaite à toutes mes amies et lecteurs, une bonne année 2022.
Qu'elle vous soit douce et sereine et vous apporte encore de belles lectures et échanges.
*
J'ai peu d'amies babéliotes. J'ai privilégié la qualité à la quantité et mon choix me donne encore raison aujourd'hui.
Cette fois, mon grand merci est pour vous, Marie Christine (mariechrist67) pour votre très beau commentaire, celui qui m'a incité à lire et à découvrir cette auteure.
J'avoue qu'en une seule soirée j'ai dévoré, que dis-je ? J'ai avalé en une bouchée cette friandise parfois très amer, ce terrible roman mi-autobiographique d'après ce que j'ai pu lire à la fin, qui m'a complètement bouleversé.
Je fus un gros glouton, en mimétisme et par solidarité avec Maud.
*
Imaginez-vous être cette petite fille de 5 ans.
Imaginez-vous avoir un père froid, qui soit capable d'une indifférence totale envers la petite fille que vous êtes. Celle qui demande en larmes, que son papa vienne lui dire un petit bonsoir ou qui la prenne, de temps en temps sur ses genoux
Un père qui ne vous voit pas, dont vous sentez qu'il vous méprise parce qu'il aurait voulu avoir un garçon, un vrai mâle qu'il aurait pu éduquer à son image.
*
Imaginez votre mère, une femme qui malgré ses idées féministes, est soumise complètement à son époux. Qui essaie tant bien que mal de colmater les brèches, les blessures que son mari afflige à sa fille.
Une maman, radine, pingre, cupide, qui fait croire à ses deux filles (car vous avez une petite soeur) que les enfants coûtent cher à nourrir.
Qui les culpabilise en achetant les courses justes nécessaires pour la survie de la famille, en pain grillé, en légumes, pour faire des soupes chaque soir, comme un rituel.
Une maman qui restreint constamment ses filles, comme en exemple, en leur achetant une paire de souliers ou un pantalon par an.
Une maman qui donne juste l'amour dont vous avez besoin, mais qui ferme les yeux sur votre mal-être, sur vos manques d'affection, vos manques d'amour, vos manques d'échanges ou de réponses à vos mille questions.
Du genre : "pourquoi maman dit qu'on n'a pas assez d'argent, alors que papa s'achète un gros bateau ?"
*
Imaginez aussi une maman qui avec des arguments et avec sa rhétorique, vous fasse très vite passer vos envies naissantes, comme vous maquiller comme les filles de votre collège. Qu'elle vous fasse passer le besoin de ne pas devenir plus coquette et plus féminine en gardant les cheveux longs.
Une maman qui a l'art et la manière de tuer dans l'oeuf toutes vos envies de petite fille et ensuite d'adolescente.
*
Imaginez-vous vivre dans une chambre au sous-sol, toute peinte au blanc, un blanc cadavérique alors que chez votre rare amie, sa chambre est colorée et chaleureuse.
Imaginez-vous venir chaque soir diner le ventre noué, de savoir que vous allez vous retrouver coincée à cette table ronde avec la présence glaciale de votre père.
Imaginez l'indifférence et même les railleries que vous rencontrez à l'école puis au collège. Des méchancetés qui vous pousserons à vous taire, à vous recroqueviller, à vous racornir, à vous enfermer dans votre immense solitude, à devenir transparente.
*
Comment pourriez-vous combler vos manques, ce vide abyssal que vous avez vu naitre en vous et qui grossit chaque jour d'avantage ?
Comment auriez-vous fait pour parer à votre détresse, à votre à votre souffrance psychologique ?
Comment vous protéger de toutes ces brimades ?
Comment auriez pu supporter ce sentiment de cette inutilité dans la vie, que personne ne pourra vous venir en aide et surtout aura la capacité d'amour pour vous écouter ?
*
Comment ne pas tomber dans la maladie ? Comment ne pas frôler la folie ?
Comment vouloir disparaitre de cette terre, vouloir à 12 ans ou à 15 ans, ne plus exister ?
*
Maud trouvera finalement la solution à tous ses problèmes.
Elle découvrira le moyen de se libérer de son mal, de se libérer de sa désolation, d'expurger ses angoisses, ses tourments.
Maud va sombrer dans son suicide à elle, celui de la boulimie…
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zabeth55
  19 avril 2015
Un roman autobiographique grave.
Les souffrances de l'enfance et de l'adolescence sont insoutenables et tellement déterminantes sur la vie entière.
Maud, dès l'enfance, est mal dans sa peau. Père indifférent et sévère à la fois. Mère souriante mais se contentant d'apparences et refusant de voir la réalité. Des murs trop blancs.
Dans ce milieu, intellectuel et froid, à l'adolescence, le malaise grandit et Maud, dans une sorte de dédoublement de la personnalité, se réfugie dans la nourriture, jusqu'à la folie, jusqu'à l'internement, jusqu'aux tentatives de suicide.
Une escalade…., une descente aux enfers.
Le roman est fort et bouleversant, même si, comme pour les deux autres d'Anne Calife que j'ai lus, je n'ai pas été dans une la même symbiose littéraire et émotionnelle.
C'est le premier roman d'Anne Calife, et comme les suivants, il est écrit avec sincérité, avec âme, avec coeur et on ne peut que l'aimer de se livrer ainsi à nous, et avec talent de surcroit.
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zazimuth
  10 décembre 2012
C'est le récit à la première personne de Maud. Son enfance dans le sud entre des parents brillants intellectuellement mais relativement froids.
Maud regrette tout le blanc qui l'entoure, la maison, sa chambre, ses vêtements. Elle rêve d'une chambre de petite fille aux murs roses. Elle n'a que 5 ans.
Après plusieurs déménagements et quelques années, rien n'a changé. Non seulement son environnement est toujours aussi blanc mais également silencieux, sans fantaisie.
Maud ne veut pas décevoir ses parents et elle s'applique à l'école, s'efforce de correspondre à l'image qu'ils attendent d'elle. Mais elle en souffre.
Elle recherche l'amitié de camarades, de voisines mais sa marginalité familiale la dessert et elle se retrouve seule.
Elle va trouver une compensation découverte dans la nourriture à l'adolescence.
Ce texte exprime fortement la mécanique qui entraîne cette jeune fille sur la pente de la boulimie.
Un témoignage puissant.
Lien : http://toutzazimuth.eklablog..
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Freelfe
  12 mars 2013
Tout d'abord, je voudrais remercier Babelio pour m'avoir envoyé ce livre.
Meurs la faim d'Anne Calife est publié aux Editions The Menthol House. Ce livre avait auparavant été édité sous le même nom aux Editions Gallimard mais l'auteur avait signé sous le nom d'Anne Colmerauer. J'ai d'ailleurs été abusée par cette nouvelle couverture et ce nouveau nom : j'avais déjà lu la version abrégée, il y a 4 ans. Ce livre a donc été pour moi une relecture, que j'ai abordée avec plus de maturité.
Dans Meurs la faim, nous suivons Maud, une enfant ordinaire, qui, du jour au lendemain, va être atteinte de boulimie. le chemin vers la compréhension et la guérison sera long et il faudra beaucoup de force à Maud pour comprendre pourquoi, quel vide comble-t-elle avec la nourriture. Un roman semi-autobiographique d'après le post-scriptum à la fin du livre.
Ce livre se lit très rapidement, la police de caractère étant particulièrement grosse et les espaces entre paragraphes importants. Je trouve que l'auteure a su expliquer avec clarté les affres de la boulimie et le mal-être qui en ressort. Cependant, j'ai trouvé que le choix de l'auteure de rendre cet univers froid, glacial, nous empêchait de ressentir des émotions : je n'ai pas été émue par ce roman. Je n'ai pas non plus ressentit l'impuissance et le manque de contrôle quand une crise survient. de fait, j'ai l'impression d'être restée très extérieur au roman, de ne pas m'être attachée à Maud, de ne pas avoir ressenti de pitié et de compassion. Cette froideur est clairement voulue et justifiée mais, à mon sens, elle enlève quelque-chose au roman.
Il n'empêche que c'est un roman choc. La boulimie est une maladie encore tabou de notre temps, bien que reconnue (et c'est déjà un grand pas !) Contrairement à l'anorexie qui est mis en avant dans les médias et dont on parle beaucoup, la boulimie est encore très peu connue et les gens ont beaucoup de mal à concevoir cette maladie. Bien que restant très « soft » au niveau des détails, ce livre est assez dur psychologiquement même si l'auteure rend la chose accessible et atténue un peu la réalité.
Conclusion
C'est un roman qui devrait être lu dans les écoles. Nous n'avons certes pas de la grande littérature, mais le thème, la boulimie, y est traité avec justesse et froideur. Ce livre met en avant une maladie reconnue mais encore tabou et peu connue du public. Je recommande vraiment ce livre à ceux qui s'intéressent aux troubles du comportement alimentaire. Un roman que j'invite vraiment tout le monde à lire.
Lien : http://freelfe.blogspot.fr/2..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
mariechrist67mariechrist67   29 octobre 2021
Mon père me manque. La cavité grandit en moi. Le trou s'étire, prend toute la place nécessaire à son épanouissement.

Je me remplis de vide.
Je suis du vide avec de la peau autour.
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maurenomaureno   25 décembre 2013
Dans un état second, j’enduis le pain glacé d’épaisses couches de beurre. Mon cœur s’accélère.Non, non, ne mange pas cette tartine, ne mords pas dedans .Tu vas le regretter, tu vas le regretter amèrement.
Retenue par les fils tendus de la voix, j’hésite, mâchoire ouverte, tartine au bord de la lèvre inférieure. Toute ma vie se tend dans cette attitude. Je peux encore refuser de mordre le pain.
Un éclat de rire aigu me parvient du salon. Le rire se transforme en long sifflement, non, c’est trop douloureux. Mes gencives se sont enfoncées dans l’épaisse couche de beurre froid.
Un plaisir insolent m’a submergé. Un plaisir ignoré jusque là. Tout le gris a disparu. La tartine est avalée en une bouchée. Encore. Encore. Deux, trois, quatre, larges tranches se succèdent. A chaque fois, la même jouissance.
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mariechrist67mariechrist67   29 octobre 2021
Peu importe la quantité de Nourriture. Seul compte l'instant. Que la Nourriture soit toujours avec moi, qu'Elle ne me quitte plus, que je ne La quitte plus. Que je L'étreigne, La baise à chaque seconde de mon existence. Tant pis si le baiser est mortel.
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RubisRRubisR   27 janvier 2021
Ma mère aussi se prive. Difficile de lui demander quelque chose quand on voit l’état de ses chaussures : elles sont si vieilles, écrasées par le poids de son corps, qu’elles se confondent avec ses chevilles. Nous, les enfants, nous avons droit à une paire de chaussures par an, pas une de plus et jamais celle que l’on désire. Enfin, tant pis, « c’est la vie ». C’est une expression que j’ai entendue en faisant la queue à la boulangerie. Maintenant je me répète sans cesse « tant pis, Maud, c’est la vie ».
Alors, moi aussi, je me prive. Pas très difficile de se priver. Il suffit juste d’un peu d’entraînement. D’abord, se regarder dans la glace, se dire qu’on n’est pas jolie du tout, qu’on ne vaut rien. Là, déjà, on a besoin de moins de choses, on peut mettre de côté les frivolités : robes, chemisiers, broderies… Puis se convaincre qu’on n’a besoin de rien.
Quand le désir pointe le bout de son nez insolent, répéter plusieurs fois « c’est la vie, c’est la vie ». Attention, là, c’est pire qu’à l’affût : il faut attendre et ne surtout pas bouger. Déçu, le désir va voir ailleurs.
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RubisRRubisR   27 janvier 2021
Trois mois que je me pâme au rayon « hygiène », devant le shampooing aux œufs. Toutes mes copines l’ont. Cela rend la chevelure toute brillante. J’ai beau supplier, pleurer, bouder, utiliser toute la panoplie des caprices de mon âge, elle reste inflexible.
Elle dépasse le rayon « hygiène et beauté » et poursuit, imperturbable, sa croisière à roulettes. Quand elle a atteint « viandes et charcuterie », je sais qu’il n’y a plus aucun espoir.
Déçue et amère, j’observe la longue file des chariots aux caisses. Ceux des gens « normaux », avec des choses « normales » dedans, du shampooing qui mousse, des biscottes qui ne s’effritent pas dès qu’on les regarde, et puis des chaussettes « normales » avec élastique.
Ils n’ont pas l’air angoissés eux, alors que ma mère, si. Quand je rencontre son désarroi à la caisse, je me rends compte que je lui coûte cher. J’en suis navrée.
On doit vraiment être dans la Misère. Il lui faut au moins une majuscule à ce mot, parce qu’il est important pour nous.
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