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ISBN : 2266233645
Éditeur : Pocket (13/06/2013)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 216 notes)
Résumé :
Une disparition non élucidée, une série de meurtres étranges dans une ambiance lourde de silences : un véritable mix entre Simenon et Hitchcock ! Au cours de l'année 1924, un village isolé des montagnes tarnaises et menacé d'extinction est le théâtre de plusieurs assassinats atroces. Déjà les langues se délient et certaines superstitions ressortent... Malgré tout, la jeune institutrice Camille refuse de céder à ces croyances d'un autre âge et appelle à la rescousse ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  04 octobre 2017
Quelque part entre Brassac, Castres, Mazamet et Bédarieux, dans les monts de Lacaune, Christian Carayon a imaginé La Vitarelle du Théron, village enclavé au milieu de forêts épaisses, trouées de gorges profondes et de gouffres, où en 1924, la mort suspecte d'un ouvrier de ferme puis l'assassinat sauvage d'un fermier met la population en émoi. Camille, jeune institutrice récemment nommée à l'école des filles, appelle à la rescousse son ami d'enfance et criminologue amateur, Martial, pour poursuivre l'enquête abandonnée par les gendarmes et les policiers toulousains, prompts à considérer les habitants des hauts-cantons comme des arriérés.

Dans ce thriller historico-sociologique de très haut vol, l'auteur, professeur agrégé d'histoire, met toutes ses connaissances et son immense talent de conteur au service de l'intrigue et fait partager au lecteur la vie d'une bourgade dans les années qui ont suivi la première guerre mondiale. Les 30 noms des jeunes gens inscrits sur le monument aux morts disent le tribut payé par cette petite communauté ; ceux qui sont rentrés de la boucherie, gueules cassées ou amochés psychologiquement, peinent à réintégrer leur vie d'avant. Certains partent vers la ville, l'élevage et l'agriculture étant en voie d'extinction. Dans cette campagne dépeuplée, les orphelins sont une aubaine pour les propriétaires fermiers qui trouvent en eux une main-d'oeuvre gratuite maintenue en esclavage. Les familles se connaissent toutes depuis des générations, partagent des secrets et entretiennent des haines dont les origines se perdent dans un lointain passé. Tout nouvel arrivant est considéré comme un étranger dans ce monde fermé qui ne sait que rejeter. Le maire, homme de bonne volonté lui aussi endeuillé par la guerre, tente tant bien que mal de garder soudée la population, et de maintenir l'activité en encourageant la création d'une laiterie ou d'une scierie. Il a également obtenu de haute lutte, l'ouverture d'une école de filles, établissement encore considéré comme d'avant-garde.

Lorsque les meurtres non élucidés secouent La Vitarelle, le fragile équilibre de la communauté menace de voler en éclats. Toutes les histoires de sorcellerie, de revenants, de diable, bien ancrées dans la mémoire collective et l'histoire de la région reviennent en force et infectent les esprits et les relations. Il faudra à Martial, à Camille et à Edouard son fiancé, beaucoup de diplomatie, de calme, de méthode et de rationalité pour prouver qu'un fantôme ne peut pas revenir de l'au-delà pour se venger, et lentement démêler les liens serrés qui unissent ou désunissent les habitants.

Le diable sur les épaules est un grand roman, ample, puissant, très agréable à lire, qui tient en haleine de la première à la dernière page, sans une minute d'ennui, sans une phrase superflue. Les personnages principaux ou secondaires sont tous intéressants, émouvants dans leurs haines ou leurs amours. Camille est particulièrement remarquable dans le combat qu'elle doit mener contre les préjugés pour être une jeune femme indépendante et libre. La vie quotidienne durant les années d'après-guerre est restituée minutieusement et comme dans Un souffle, une ombre, les paysages sauvages, la météo parfois extrême, occupent une place importante. Les rebondissements sont nombreux, et même si quelques lecteurs perspicaces devinent l'identité du coupable, les dernières pages renferment un retournement de situation, qui lui, est impossible à détecter en cours de lecture.
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Commenter  J’apprécie          590
Tatooa
  23 juillet 2016
Pour un premier roman, c'est du lourd. du très lourd. Et dans tous les sens du terme !
Sur fond d'après-guerre de 14/18, dans un village paumé dans les Causses, déjà bien amoché par ses morts à la guerre, les meurtres se succèdent. Camille, la jeune maîtresse d'école, a un ami enquêteur qu'elle appelle à la rescousse, Martial. Lui est amoureux d'elle depuis toujours, et elle le fut de lui, mais, parti à la guerre puis faire des études au loin, celle-ci s'est fiancée à Edouard, lasse de l'attendre.
Voilà à peu près la trame, plutôt simple, de l'histoire. Mais ici, ce n'est pas tant l'histoire, ni l'intrigue policière qui est au centre de ce livre, c'est le village. Son atmosphère, ses habitants. Et c'est là que Christian Carayon fait preuve d'une puissance évocatrice peu commune.
Par ses descriptions, sa capacité à nous dépeindre des personnages vivants, forts, psychologiquement très aboutis, physiquement remarquables, j'ai été totalement immergée dans l'ambiance très glauque de ce roman. La lourdeur des relations humaines dans un petit village, des rancoeurs, les secrets inavouables, les gros et petits "péchés" des uns et des autres, plus ou moins connus de tous mais que l'omerta protège, très franchement, on s'y croirait !
Alors oui, il est vrai que j'ai su assez tôt "qui" était le meurtrier. Mais ce n'est pas cela l'important dans ce livre. L'important c'est la justesse de l'évocation d'ensemble de tous ces gens, précise, sans fard, sans illusions. Personne n'est tout blanc, personne n'est tout noir (à part les Gresse, et surtout la vieille Henriette, rapace et mauvaise, qui contamine toute sa famille, forcément), tout est dans les nuances de gris chez les autres. Tout est dans le dit ou le non-dit, les blessures cachées et les apparences, les clair-obscurs de cette vie de village "autarcique". Cette ambiance m'a rappelé le film "la maison assassinée", si d'aucuns s'en souviennent, car c'est également ce qui m'en a marquée...
Bref, un vrai tour de force, pour un premier roman, c'est tout à fait exceptionnel. L'auteur vient d'en sortir un second, je guette (le poche, lol, puisque mon homme a adoré et qu'il n'a pas de liseuse, lui... (pas encore, on va dire...)).
Je me dois d'ajouter que, si ce livre m'a autant touchée, c'est aussi que je connais un épisode de mon histoire familiale pas très reluisant du même acabit que ce que qui arrive aux deux frères Pujol dans ce livre... qui date à peu près de la même époque et qui concerne ma grand-mère et une sienne nièce (qui en plus porte le nom de famille d'un des personnages du livre). C'est fou comme les orphelins de l'époque servaient d'esclaves à la famille qui leur restait... Une honte...
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sylvaine
  24 février 2019
Le diable sur les épaules Christian Carayon 2012 autoédition.
Un immense merci à celle qui m'a pioché ce roman , je l'ai littéralement dévoré.
1923, Cantal, La Vitarelle du Théron, une bourgade un peu délaissée qui vivote vaille que vaille. La guerre a laissé des traces, et quand Louis Bascoul le commis de la ferme des Gresse est retrouvé mort au Pas-du-Diable le village est en émoi. Camille, la jeune institutrice de l'école des filles, mène l'enquête et est troublée. Elle fait appel à son ami de toujours Martial de la Boissière, enquêteur amateur du Cercle Cardan . Une deuxième mort survient , Michel Gresse, le fils ainé de la ferme et cette fois-ci pas le moindre doute il s'agit bien d'un meurtre. Mais un homme est-il capable de tant de cruauté? n'est-ce pas plutôt l'oeuvre du Diable? et si les fantômes revenaient hanter ceux qui leur ont fait du mal? et si ?
Christian Carayon réussit l'exploit d'accrocher son lecteur de la première à la dernière page, c'est un tour de force pour un premier roman. Tout y est le décor, cette campagne semi-rurale en petite altitude, ces habitants plus taiseux les uns que les autres séparés en deux clans que tout opposent ou presque , et bien sûr Camille la lumineuse, l'amour sans partage de Martial et Edouard son fiancé.
Voilà vous l'avez compris j'ai adoré ce roman policier historique où la narration ne laisse rien au hasard, où hommes et paysages sont criants de vérité et puis il y a cette fichue guerre et ces séquelles irréversibles...
Un très grand moment de lecture je me promets cela va sans dire d'aller découvrir les autres romans de Christian Carayon. Ah j'allais oublier chapeau bas à l'auto-édition quand elle vous propose des pépites de cette espèce.
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sevm57
  17 juillet 2015
Juste après guerre en 1924, Martial de la Boissière est appelé à l'aide par son amie d'enfance, Camille Purseau. Un meurtre a été commis dans le petit village du Tarn dans lequel elle est institutrice et elle a peur. A juste titre puisque dès l'arrivée de Martial, un second meurtre est à déplorer. Martial va alors mener son enquête dans le village avec l'aide d'Edouard Alexandre, le fiancé de Camille , et de l'ancien maire Antoine Guiraud.
Le diable sur les épaules est un excellent polar français. Il est bien écrit malgré quelques coquilles. Les personnages sont bien campés et attachants, et j'ai immédiatement enchaîné sur la suite pour savoir comment ils allaient évoluer.
L'intrigue policière est très réussie, avec des fausses pistes, des secrets de famille, et un rebondissement final à plusieurs niveaux.
Le contexte historique de l'après première guerre mondiale est bien rendu, même si cela ne valait peut-être pas un prix.
En conclusion, une belle découverte et un auteur de polars à suivre.
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domeva
  04 novembre 2016
Finaliste du prix ça m'intéresse du polar historique,ce roman met en scène la vie rurale des années 1900.Querelles de voisinage,isolement géographique,croyances et superstitions,m'ont fait voyager dans cet univers sur fond de guerre qui a dépeuplé les fermes maintenues à bout de bras par des femmes et des vieux.Une ambiance pesante,bien rendue par les connaissances en Histoire de l'auteur,agrégé de la dite matière.Une fin "diaboliquement" peu conventionnelle que j'ai appréciée.Le premier roman de l'écrivain qui a confirmé son talent avec "Un souffle,une ombre" que j'ai lu précédemment.Une façon plaisante de parcourir un morceau d'Histoire.
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   30 septembre 2017
Toutes ces histoires de sorcellerie, de revenants, toutes ces superstitions ne cachent en fait que la peur et la détresse des gens. Pourquoi l'occultisme est devenu autant à la mode ces dernières années si ce n'est pour soulager ceux qui ne parviennent pas à surmonter la mort d'un fils, d'un mari ou d'un père ? À chaque fois qu'une de ces croyances naît, elle prend sa source dans la faiblesse de ceux qui croient.
P. 86
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namelessnameless   01 octobre 2017
- Au fait, j'en ai une. Le Niveleur a cassé sa pipe hier.
- Qui ?
- Le vieux Nivelle, ce foutu général de pacotille. [...]. Pourvu qu'on ne lui rende pas les honneurs militaires, avec tout le sang des nôtres qu'il a sur les mains !
P. 239
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TatooaTatooa   22 juillet 2016
Il regrettait ses vêtements plus chauds et ses gros souliers. Les autres hommes qui attendaient dehors étaient également assaillis par le froid humide.On ne voyait pas le bout de la grand-place. Le village avait la vue bouchée et le souffle court. Seule la rivière, en contrebas, paraissait se moquer de tout cela, s'enfuyant avec bruit parmi les rochers et étant la seule à briser le silence de mort.
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Caro17Caro17   27 avril 2016
Le Pas-du-Diable était un accident de la nature, en plein coeur de la forêt communale. [...] On craignait cet endroit de tout temps. D'abord, parce qu'il était dangereux de s'y aventurer. Mais surtout parce qu'on disait l'endroit hanté par de mauvais esprits. On racontait que c'est là que s'étaient tenus les sabbats des sorcières de ces montagnes. On racontait que le vent, quand il s'y engouffrait, faisait remonter des cratères des plaintes humaines. On savait que la brume s'y formait toujours en premier et qu'elle y disparaissait en dernier. On disait qu'on pouvait alors distinguer dans le brouillard des silhouettes s'extraire des trous pour errer ensuite parmi les arbres.
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sevm57sevm57   13 juillet 2015
Il en était toujours ainsi depuis. Même libéré de nombreuses contraintes, Martial vivait les fins de dimanche avec cette sensation de vide quelque part dans le ventre, avec ce sentiment de souffrance. C'est là, notamment, qu'il ressentait le plus sa solitude.
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