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EAN : 9782266233644
544 pages
Pocket (13/06/2013)
4/5   319 notes
Résumé :
Une disparition non élucidée, une série de meurtres étranges dans une ambiance lourde de silences : un véritable mix entre Simenon et Hitchcock ! Au cours de l'année 1924, un village isolé des montagnes tarnaises et menacé d'extinction est le théâtre de plusieurs assassinats atroces. Déjà les langues se délient et certaines superstitions ressortent... Malgré tout, la jeune institutrice Camille refuse de céder à ces croyances d'un autre âge et appelle à la rescousse ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
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Je découvre Christian Carayon et sa belle écriture, d'où transpire la passion du professeur d'histoire conjuguée à celle du cinéphile capable d'imager son récit grâce à un talent de conteur et un beau travail de recherche historique.

Grâce à des descriptions lentes, précises, saisissantes, le surnaturel se mêle subtilement au réalisme, aussi bien psychologique que social dans un petit village du Tarn propice aux rumeurs et à la géographie qui se prête à toutes élucubrations fantaisistes.

L'auteur nous dessine le portrait d'une population à la sortie de la 1ère Guerre, qui a fauché les jeunes et les a fait côtoyer la mort et la souffrance, qui les appris à transformer leur haine en sauvagerie meurtrière dans les tranchées.
Paradoxalement la nostalgie et la tendresse sont deux sentiments récurrents, qui habitent certains personnages haut en couleurs.

Tous les ingrédients typiques du polar historique y sont parfaitement intégrés. La construction est digne de grands auteurs, le seul bémol ce sont parfois quelques longueurs qui viennent alourdir le rythme.

La surprise se cache là où l'on ne l'attend pas ou plus, ce qui rajoute une raison supplémentaire de vouloir découvrir ce premier roman de Christian Carayon.
Un vrai tour de force !
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Pour un premier roman, c'est du lourd. du très lourd. Et dans tous les sens du terme !

Sur fond d'après-guerre de 14/18, dans un village paumé dans les Causses, déjà bien amoché par ses morts à la guerre, les meurtres se succèdent. Camille, la jeune maîtresse d'école, a un ami enquêteur qu'elle appelle à la rescousse, Martial. Lui est amoureux d'elle depuis toujours, et elle le fut de lui, mais, parti à la guerre puis faire des études au loin, celle-ci s'est fiancée à Edouard, lasse de l'attendre.

Voilà à peu près la trame, plutôt simple, de l'histoire. Mais ici, ce n'est pas tant l'histoire, ni l'intrigue policière qui est au centre de ce livre, c'est le village. Son atmosphère, ses habitants. Et c'est là que Christian Carayon fait preuve d'une puissance évocatrice peu commune.

Par ses descriptions, sa capacité à nous dépeindre des personnages vivants, forts, psychologiquement très aboutis, physiquement remarquables, j'ai été totalement immergée dans l'ambiance très glauque de ce roman. La lourdeur des relations humaines dans un petit village, des rancoeurs, les secrets inavouables, les gros et petits "péchés" des uns et des autres, plus ou moins connus de tous mais que l'omerta protège, très franchement, on s'y croirait !

Alors oui, il est vrai que j'ai su assez tôt "qui" était le meurtrier. Mais ce n'est pas cela l'important dans ce livre. L'important c'est la justesse de l'évocation d'ensemble de tous ces gens, précise, sans fard, sans illusions. Personne n'est tout blanc, personne n'est tout noir (à part les Gresse, et surtout la vieille Henriette, rapace et mauvaise, qui contamine toute sa famille, forcément), tout est dans les nuances de gris chez les autres. Tout est dans le dit ou le non-dit, les blessures cachées et les apparences, les clair-obscurs de cette vie de village "autarcique". Cette ambiance m'a rappelé le film "la maison assassinée", si d'aucuns s'en souviennent, car c'est également ce qui m'en a marquée...

Bref, un vrai tour de force, pour un premier roman, c'est tout à fait exceptionnel. L'auteur vient d'en sortir un second, je guette (le poche, lol, puisque mon homme a adoré et qu'il n'a pas de liseuse, lui... (pas encore, on va dire...)).
Je me dois d'ajouter que, si ce livre m'a autant touchée, c'est aussi que je connais un épisode de mon histoire familiale pas très reluisant du même acabit que ce que qui arrive aux deux frères Pujol dans ce livre... qui date à peu près de la même époque et qui concerne ma grand-mère et une sienne nièce (qui en plus porte le nom de famille d'un des personnages du livre). C'est fou comme les orphelins de l'époque servaient d'esclaves à la famille qui leur restait... Une honte...
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Ce Carayon, quel coup de crayon !
Désolé...

La Vitarelle-du-Théron, 1924.
La bourgade a survécu à la grande guerre et son cortège de cadavres et de traumas.
L'ambiance, de peu folichonne, allait lentement mais sûrement tendre vers une psychose généralisée.
Faut dire que des crimes en série prêtent bien peu à la fête...au village.
Martial de la Boissière, appelé à la rescousse par son amie d'enfance, Camille, allait devoir se fader une police un brin ironique quant à ses méthodes d'investigation tout en allant accoucher au forceps la majorité des protagonistes aussi taiseux que suspicieux.

Le Diable sur les épaules est d'une efficacité redoutable.
Polar historique mêlant habilement ambiance de plomb, amour déchu, donc déçu, sans jamais faire dans le sirupeux rébarbatif, enquête au cordeau à l'approche novatrice, suspense savamment distillé et petit hameau austère, idéalement décrit, qu'on ne souhaiterait habiter pour rien au monde, ce récit fait preuve d'une maîtrise non seulement stylistique mais itou narrative pour un premier roman, le tout dans une constance de bon aloi.

Photographie d'une époque claudicante sise en un endroit mortifère propre à rendre claustro Diogène, ce Diable séduit au-delà de toute attente et n'appelle qu'une seule réaction, la suite, nom de Dieu...
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Martial de la Boissière n'est pas policier. Il est criminologue. Il appartient à une organisation, le Cercle Cardan, s'apparentant à un club de détectives. Camille, son amie d'enfance devenue institutrice dans un village du Tarn, fait appel à lui lorsque des crimes sanglants sont commis à l'encontre des membres de la famille de paysans la plus riche de la commune.

Au lendemain de la première guerre mondiale le village a comme tous ceux de notre pays payé son écot à la folie humaine. En atteste la liste des noms que le maire a dû faire graver sur le monument aux morts. Ses habitants sont à la fois endurcis par les années de cauchemar et inquiets de voir des troubles graves endeuiller à nouveau leur village. Les superstitions vont bon train et attisent les rumeurs les plus folles. C'est dans ce contexte que Martial de la Boissière va mener son enquête, sous le regard méfiant d'habitants sceptiques. Il doit en outre se garder de perturber l'action d'une police qui semble pourtant plus pressée d'abandonner ces derniers à leur mystère que de dénicher le coupable.

Les rancoeurs ont la vie dure dans les campagnes reculées. Grisaille dans les esprits, jalousie sont la toile de fonds de cette sombre histoire qui empoisonne un village de la campagne tarnaise. Martial de la Boissière va se confronter à une énigme qui comme souvent en fera ressurgir d'autres. Notamment celle de ce jeune garçon d'une fratrie adoptée par la grande famille du village et qui aurait disparu. Alors que son aîné est lui aussi porté disparu. Sans doute englué dans les tranchées de 14 comme tant d'autres.

Le point faible de ce roman est à mon sens son dénouement assez prévisible. Et la façon il est introduit. Une confession en forme de déballage spontané assez peu crédible. Son point fort se trouve dans la restitution de l'atmosphère d'un village au lendemain de celle qui restera dans les esprits comme la grande guerre, à défaut de se confirmer comme la der-des-der. Atmosphère alourdie par l'exode rural qui vide les campagnes. L'intrigue est prenante si on ne s'attache pas à la crédibilité de ce détective qui vient crotter ses souliers dans une campagne endolorie. Un gars de la ville qui vient forcer le mutisme et la méfiance paysanne à l'égard de l'étranger. Intrigue qui se rehausse de l'histoire d'amour impossible mais touchante Martial et son amie d'enfance. Un roman d'atmosphère plus que de suspense.
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J'ai été attirée par ce livre par le nombre de bonnes critiques que j'ai vu passer. Et ça commençait très bien. J'ai beaucoup apprécié ce style où l'auteur prend le temps de planter le décor, de nous présenter ses personnages, la façon dont ils se sont rencontrés, leurs histoires, pour en arriver à ce moment précis, où une mort suspecte a lieu et où Martial et Camille vont enquêter pour découvrir le fin mot de l'histoire.
L'intrigue se déroule dans les années 1920. le côté historique avec les références à la Première Guerre mondiale sont donc assez nombreuses. L'enquête est aussi un prétexte à décrire la vie dans les campagnes reculées à cette époque. L'auteur nous plonge entièrement dans cette ambiance. Mais bien que j'ai apprécié le départ tout en longueur, je suis un peu plus tombée dans l'ennui lors du déroulement de l'enquête. L'enchaînement des évènements se traîne en longueur, j'ai eu l'impression de ne jamais voir la fin arriver. Les rebondissements sont intéressants, mais mous.
C'est donc un ressenti très mitigé sur ce polar qui s'annonçait bien. Bien ficelé, mais long à se dénouer.
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
Il regrettait ses vêtements plus chauds et ses gros souliers. Les autres hommes qui attendaient dehors étaient également assaillis par le froid humide.On ne voyait pas le bout de la grand-place. Le village avait la vue bouchée et le souffle court. Seule la rivière, en contrebas, paraissait se moquer de tout cela, s'enfuyant avec bruit parmi les rochers et étant la seule à briser le silence de mort.
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Le Pas-du-Diable était un accident de la nature, en plein coeur de la forêt communale. [...] On craignait cet endroit de tout temps. D'abord, parce qu'il était dangereux de s'y aventurer. Mais surtout parce qu'on disait l'endroit hanté par de mauvais esprits. On racontait que c'est là que s'étaient tenus les sabbats des sorcières de ces montagnes. On racontait que le vent, quand il s'y engouffrait, faisait remonter des cratères des plaintes humaines. On savait que la brume s'y formait toujours en premier et qu'elle y disparaissait en dernier. On disait qu'on pouvait alors distinguer dans le brouillard des silhouettes s'extraire des trous pour errer ensuite parmi les arbres.
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Surprendre l'ennemi dans sa tranchée, sauter sur lui, jouir de l'effarement de l'homme qui ne croit pas au diable et qui pourtant le voit tout à coup tomber sur ses épaules.
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Il en était toujours ainsi depuis. Même libéré de nombreuses contraintes, Martial vivait les fins de dimanche avec cette sensation de vide quelque part dans le ventre, avec ce sentiment de souffrance. C'est là, notamment, qu'il ressentait le plus sa solitude.
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Il avait eu le temps de voir sa mort arriver. Il avait voulu recevoir l'extrême onction et avoir un enterrement en bonne et due forme. Il n'était pas très favorable à la chose religieuse mais trouvait que les traditions avaient du bon, comme autant de points de passage qui jalonnent une vie.
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