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EAN : 9782211214360
224 pages
Éditeur : L'Ecole des loisirs (17/10/2013)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Une saison avec Jane-Esther

Dans une petite ville du Mississippi, près du fleuve,
Eden Villette cherche à écrire de la poésie. Et tout
l’intéresse, car tout peut faire poésie. Une poule
aux coudes pointus, par exemple, pourrait être un
bon début de poème. Mais Eden est prise dans tant d’hésitations, tant de questions. Osera-t-elle se jeter
à l’eau ?
C’est l’été 1967, les États-Unis bruissent des
d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
c.brijs
  30 octobre 2013
Eté 1967, dans un petite ville du Mississippi, la jeune Eden bouillonne du désir d'écrire. Orpheline, elle vit avec sa tante Kate. Ses tourments, elle les confie au fleuve qui reflète ses états d'âmes. Elle les jette aussi dans son carnet de poésie comme on jette une bouteille à la mer dans l'espoir d'avoir des réponses sur elle, sur le monde qui l'entoure. Un univers loin d'être un long fleuve tranquille, réformistes et radicaux s'opposant autour des droits civiques et de la lutte contre les discriminations raciales. C'est dans ce contexte particulier que revient en ville une enfant du pays, la poétesse Jane-Esther, amie d'enfance de sa mère, de sa tante et de leur amie commune, Edna Gardner. Eden trouvera-t-elle auprès de ces trois femmes d'exception les clés pour franchir le cap de l'enfance ?
"Sans Jane-Esther, je n'aurais su sourire au ciel, à une poule, à une fleur, à un thé noir et odorant, à un paysage, à un poème, à une barque, à une tombe, à une lettre, à une guitare, à un rêve. Sans Jane-Esther, je ne serais jamais devenue moi."
Une saison avec Jane-Esther est avant tout une histoire de femmes. Au contact de l'une et de l'autre, Eden va peu à peu prendre son envol, découvrir qui elle est, ce qu'elle veut et surtout ce qu'elle ne veut pas. Kate, lui apporte une éducation empreinte de liberté et d'affection ; Edna l'éveille à la lecture et à l'actualité ; Jane-Esther, enfin, la guide sur le chemin de l'écriture...
Bien sûr, en posant ses propres choix, la jeune fille commet aussi des erreurs... indispensables pour grandir.
On se prend d'affection pour cette forte tête qu'on devine promise à un destin exceptionnel. Sa manie d'écrire frénétiquement tout ce qu'elle observe dans son cahier a de quoi faire sourire comme son obsession des poules et l'alternance de ses périodes de confiance exaltée et d'abattement tout aussi excessif. Jane-Esther ne sera pas tendre à l'égard de son travail et, pour progresser, la jeune fille devra être sans pitié avec elle-même.
"Selon Jane-Esther, ai-je noté, tout doit servir, à condition d'observer à la façon d'un scientifique avec son microscope, au lieu de jeter des émotions éparses sur la feuille, ce qui revient à du bavardage. Il ne s'agit pas de combler le blanc du papier, mais de combler ses propres blancs, l'ignorance de soi, donc du monde intérieur. Ensuite, seulement, on peut envisager de transmuer nos sensations examinées à la loupe d'un poème."
Parallèlement à son éveil artistique, on assiste aussi à celui de ses sentiments amoureux. Là aussi, notre héroïne ne fait pas dans la demi-mesure et risque bien de se brûler les ailes. Elle s'interroge sur l'amour, le désir, la différence qu'il y a entre les deux, le prix à payer...
Ce récit ne se résume cependant pas à celui de la chrysalide se transformant en papillon. L'auteur évoque également les combats de l'époque pour l'égalité des droits civiques qui, si on y réfléchit bien, sont, malgré les progrès et l'eau qui a coulé sous les ponts, toujours les mêmes aujourd'hui ! Comme s'en offusque Eden et ses proches, "les préjugés ne meurent pas avec les lois" ! La question de la radicalisation est également soulevée avec l'évocation des Black Panthers... le droit des femmes est lui aussi bien présent, que ce soit simplement dans la question de la féminisation des titres et fonctions (poétesse, auteure, etc.) ou, plus gravement, la question des femmes brisées physiquement et psychologiquement par l'homme qui partage leur vie...
Bref, durant cette saison avec Jane-Esther, Eden découvre tant de choses et, finalement, nous aussi, de bien belle façon en plus !
"Ma peur, mon ignorance, mon chagrin me broyaient toujours le coeur, mais je possédais un fleuve, un amour, une table derrière laquelle je pouvais m'asseoir et écrire sur toutes ces choses qui ne tiennent qu'à un fil."
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Nadael
  17 octobre 2013
Cet été 1967 restera pour Eden une saison particulière, celle de bouleversements intérieurs. Elle habite avec sa tante dans une ferme proche du Mississippi, fleuve qui la fascine tellement qu'il devient naturellement une métaphore de son ressenti ; la jeune fille prend conscience de la fuite du temps, des emportements qui ponctuent la vie, de l'aspect changeant des sentiments, elle vit des instants de grâce, des traversées tantôt lumineuses tantôt obscures, côtoie l'imprévisible, l'inconnu... le courant l'emmène mais elle n'en connait pas la destination.
Alors qu'Eden est en plein questionnement, quittant progressivement l'enfance pour entrer dans le monde des adultes, le pays entier s'agite et se révolte ; les émeutes raciales éclatent de toute part, la lutte pour les droits civiques se poursuit, les voix d'Angela Davis et des Black Panther s'élèvent.
La jeune fille écoute ce monde qui s'anime et bouillonne autour d'elle et tente de le comprendre. Et en même temps, elle ressent en elle des mouvements qui la submergent. Passionnée de poésie, elle met en mots ses sensations, ses doutes, ses angoisses. Une poétesse célèbre, justement, revient en ville pour se reposer un peu et donner une conférence. Elle se nomme Jane-Esther. Cette dernière était une amie d'enfance de la mère d'Eden – aujourd'hui décédée –. La jeune fille voue une admiration sans limite à cette femme, qui va, peut-être sans le savoir, la guider dans ce passage délicat de l'adolescence.
Les poèmes d'Eden jalonneront son chemin vers un ailleurs dont elle ignore tout. Entourée de femmes, Kate sa tante, Jane-Esther et Edna, une autre amie de sa mère, elle vit sa propre métamorphose. Elle voit son corps se modifier, son esprit s'encombrer d'interrogations, son coeur se remplir d'émotion. On entre dans son intimité avec ses premiers émois, ses déceptions, ses découvertes, ses ravissements. Elle pose aussi un regard touchant sur la société, la famille, les relations affectives entre les gens. Elle se cherche.
Un joli roman d'apprentissage qui fait la part belle à la poésie, celle qui remue et bouleverse. Eden avance, se hasarde sur des voies pas toujours très fiables mais elle le fait avec courage et détermination. Grâce à l'écriture, elle puise son émotion au plus profond d'elle-même pour saisir la vie.
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CarolineDBruihier
  05 janvier 2014
Eden vit au bord du Mississippi, avec sa tante Kate, ses parents étant décédés depuis qu'elle est toute petite. Fantasque, curieuse, vive, la jeune fille tente d'écrire des poèmes et de comprendre ceux d'Emily Dickinson. Tout autour d'elle l'intrigue et elle observe le monde avec avidité pour tenter d'en cerner la grâce et coucher celle-ci sur papier. Il en ressort des poèmes à propos de poules aux coudes pointues ! Cet été, une poétesse, Jane-Esther Sanchis arrive en ville. On est en 1967, l'air est moite et est imprégné des cris des émeutes raciales. Les Black Panthers ont beaucoup fait parler d'eux. Jane-Esther débarque avec son amant, Ezéchiel, jeune homme de couleur. Eden va la rencontrer, être subjuguée et cet été sera l'été des bouleversements. L'été où l'on fait "la révolution en une seule nuit", l'été où Eden prendra connaissance des secrets de sa tante et de ses amies. L'été où Eden rencontrera un certain Devendra qui a pour seul défaut de ne pas lui "faire tourner la tête" à Eden, l'été où elle écrira toujours plus, où elle tentera de cerner ce qu'est la poésie et de "trouver une façon plus digne d'être au monde".
Le roman m'avait attiré grâce à la très belle couverture de Kitty Crowther. Son récit m'a fait penser à Calpurnia, paru il y a peu chez le même éditeur. On y retrouve une même envie d'affronter le monde, de le comprendre, de le disséquer pour mieux se l'approprier. A la différence qu'ici, les désillusions de Eden seront amères et pourtant l'amèneront vers la voie de la maturité. le roman est inspiré et nous questionne, "La poésie choisit d'être du côté des fêlures" : le premier chagrin d'amour de Eden était-il nécessaire à son inspiration ? Beaucoup de considérations littéraires dans ce roman, la jeune fille se met à nue également, par des fragment de son carnet intime, tentant de cerner les désirs et impulsions qui l'habite. Eden est sensiblement différente, ses ébauches de poèmes sont sublimes. le courant du fleuve - belle symbolique du temps qui passe - va l'emporter vers des événements qui lui feront quitter à jamais son enfance. C'est aussi un roman sur les femmes, différentes figures féminines veillent sur Eden : Jane-Esther, qui la guidera sur le chemin des mots, Tante Kate sur la voie de la sagesse et la fragile et torturée Edna qui elle, lui soufflera les mots de la guérison face à sa douleur amoureuse. le récit est un bouillonnement parfois un peu "fourre-tout", à l'image des pensées fulgurantes d'Eden, de ses interrogations : comment écrire, comment grandir ? Un regret toutefois que les problèmes politiques de l'époque soient trop peu survolés finalement, mais je pense que c'est parce qu'on les pressent à hauteur d'Eden, avec toute l'indignation de la jeunesse et encore peu impliquée socialement. En tout cas, une belle saison, où grandir sera tour à tour synonyme de découvertes, d'erreurs mais toujours nimbé d'une lumineuse beauté grâce à l'écriture de Shaïne Cassim.
Lien : http://biblioado.canalblog.c..
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Juliah
  23 avril 2014
Ce n'est pas nouveau, la ligne éditoriale de l'Ecole des Loisirs est atypique. La maison d'édition aime les auteurs à la plume riche et intelligente, et sélectionne des ouvrages profonds, qui vont au-delà du simple plaisir de lire. Ils ammènent le lecteur à penser plus, penser autrement. J'aime ces ouvrages, en tant qu'adulte, et j'essaie de les faire découvrir aux plus jeunes qui ne sont pas forcément attirés d'emblée vers ce type de lecture. Ce ne sont pas les rebondissements à répétition ni les héros aux pouvoirs surnaturels qui nous entraînent, mais la profondeur des émotions et la beauté des mots.
Cet ouvrage de Shaïne Cassim (je découvre cette auteure de talent par ce titre) est un hymne à la poésie, et au-delà de ça, à la démarche même du poète. Nus suivons Eden, qui prend avec sérieux sa vocation de poète, et s'épanche sans complexe sur ses doutes, ses déconvenues et ses découverte. Cette adolescente cherche sa voie, tout autant qu'elle se cherche elle-même, mais ça, elle le découvrira grâce à une rencontre exceptionnelle. Jane-Esther est une poétesse de talent qu'elle admire. Originaire de la même ville qu'Eden, elle vient passer quelques temps près de ses amies, dont la tante d'Eden, qui l'élève seule. C'est l'occasion pour Eden de rencontrer Jane-Esther, et d'apprendre d'elle de nombreuses choses qui lui permettrons de mettre au clair ses idées, de canaliser et d'organiser son "inspiration".
Parallèlement à cela, on découvre une Amérique plongée dans de profondes divisions concernant les droits civiques. Jane-Esther fait parler d'elle à cause de son petit-ami Noir, plus que par sa poésie. Eden admire les convictions des gens qui l'entourent, et se rapprochera d'un charmant adolescent, tombé sous son charme, dont le caractère déterminé l'attire. Mais rien dans la vie d'Eden n'est simple ou limpide. Chacune des ses décisions entraîne des réflexions intenses, et provoque même parfois d'intenses angoisses à la jeune fille.
Le temps passé avec Jane-Esther l'aidera, pourtant, à se construire, à s'affirmer. Et c'est un vrai roman d'apprentissage poétique que nous offre Shaïne Cassim dans ce portrait sensible et émouvant. A découvrir dès 14 ans !
Lien : http://louvrage.canalblog.co..
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Lou61
  14 mai 2015
Eden, dont les parents sont décédés, vit avec sa tante Kate au Mississippi. Quand elle apprend que Jane-Esther, une femme connue pour sa littérature vient passer quelque temps ici, Eden s'attend à avoir des réponses à ses questions mais la vie n'est pas aussi simple qu'elle le pensait.
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critiques presse (1)
Ricochet   20 février 2014
La poésie est au centre de ce roman intimiste écrit à la première personne. Eden, l'héroïne, est une jeune fille singulière, attachante et très sensible.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   17 octobre 2013
« Tant d'événements se sont déroulés en si peu d'heures. Ma vie se métamorphose plus vite que moi. De vieilles pelures s'entassent à mes pieds, leur peau morte me laisse indifférente, mais je n'ose regarder de quoi je suis faite maintenant. Donnez-moi un châle pour m'envelopper. Des tas de questions idiotes me viennent à l'esprit. Ansi qu'à l'automne où j'ai eu mes règles, je me demande si je peux faire du vélo encore, me rouler en culotte dans la boue, parler aux poules et entourer le tronc des arbres quand j'ai trop de peine ? Dois-je renoncer à quelque chose, et si oui, qu'est-ce ? Autre chose de nouveau remplace-t-il cette perte ? Si j'ai faim des mondes que je dévouvre, seront-ils ordinaires, simplement magnifiés par le travail dans la chambre photographique de Jane-Esther ? Mon regard s'est-il profondément modifié, et puis-je avoir confiance en cette modification ? »
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c.brijsc.brijs   30 octobre 2013
Ma peur, mon ignorance, mon chagrin me broyaient toujours le cœur, mais je possédais un fleuve, un amour, une table derrière laquelle je pouvais m'asseoir et écrire sur toutes ces choses qui ne tiennent qu'à un fil.
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NadaelNadael   17 octobre 2013
« Il paraît qu'un jour ou l'autre, tout le monde se sent seul au monde. Le reste de notre vie n'est qu'une lutte acharnée pour qu'une telle choses ne se reproduise plus jamais. »
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NadaelNadael   17 octobre 2013
« Le fleuve (...) est le miroir de tout ce que nous fait la vie. Il noie, il tue, il sèche, il déborde, mais il garde aussi plein de secrets, de pensées, de non-dits. Il abrite des pactes entres amies, et si, l'on est patients, si le moment est venu, il nous raconte ce que nous ignorons de notre propre histoire. »
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c.brijsc.brijs   30 octobre 2013
Que durent les étreintes heureuses, celle de tante Kate et d'Alilah, celle de Jane-Esther et de son amoureux, et nous vaincrons les préjugés qui hélas ! ne meurent pas avec les lois.
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