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Daniel Maximin (Préfacier, etc.)
EAN : 9782757807040
200 pages
Éditeur : Points (28/02/2008)
3.78/5   25 notes
Résumé :

Ce volume se compose du recueil Ferrements (1960) et d'un ensemble parcourant un demi-siècle de poésie. On y retrouve toute la force de la "parole essentielle" de Césaire : une poésie où le lyrisme vient conjurer l'informe, où l'imaginaire des Antilles, la sensualité des images, la flambée des mots rebelles éclairent les rêves et les angoisses d'un nouveau monde à forger.

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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Gabrielle_S
  25 août 2015
L'imagerie qui se dégage de ces poèmes est forte, pleine des notes vibrantes des Antilles, mais sombre aussi, la nuit y est omniprésente :
« […] La nuit en feu la nuit déliée le songe forcé
Le feu qui de l'eau nous redonne […] »
Extrait de En vérité.
Sombre, de par ses messages engagés, des spectres de ce que l'humanité fait de pire contre son propre sein, son propre sang, l'esclavage, l'oppression, l'injustice :
« […] Ainsi toute nuit toute nuit
Des côtes d'Assinie des côtes d'Assinie
Le courant ramène sommaire
Toujours
Et très violent […] »
Extrait de Nocturne d'une nostalgie.
« […]va-t'en chien des nuits va-t'en inattendu et majeur à mes tempes
tu tiens entre tes crocs saignante
une chair qu'il m'est par trop facile de reconnaître […]
Extrait de Va-t en chien des nuits.
Sombre, du fait de la profondeur de l'abîme dans lequel il faut descendre pour ramener à la lumière de midi, à la conscience des gens, ces émotions dont il se fait le héraut et qui sont durs comme de l'onyx :
« […] Contre tout ce qui pèse valeur de lèpre
Contre le sortilège mauvais
Notre arme ne peut être
Que le pieu flambé de midi […] »
Extrait de Indivisible.
Au travers de ses poèmes, on voit toute l'implication que Césaire met dans ses mots pour faire parler les causes qu'il défend. Tributaire d'une époque, d'un contexte, chacun de ses textes fait pourtant montre de la force de son engagement. Césaire n'abandonne, ni ne diverge, les hommes libres, c'est son credo :
« […]Histoire je conte l'Afrique qui a pour armes
ses poings nus son antique sagesse sa raison toute nouvelle
Afrique tu n'as pas peur tu combats tu sais mieux que
tu n'as jamais su tu regardes les yeux dans les yeux
des gouverneurs de proie des banquiers périssables […] »
Extrait de le temps de la liberté.
Mais il souffre et sa poésie est un cri du coeur, et les poèmes les plus étranges de Ferrements, où les mots surchargent sans vraiment nous dévoiler le sens de l'ensemble, nous touchent pourtant de leur lyrisme, de leur rythmique grave, comme un gong, un glas, un tambour :
« […] Rien de remis
À pic le long des pierres
À pic le long des os
Du poids du cuivre des fers des coeurs
Venins caravaniers de la morsure
Au tiède fil des crocs
Des crocs […] »
Extrait de Des crocs.
Lien : https://momentscritiques.wor..
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Anis0206
  02 novembre 2020
C'est la première fois que je découvre la plume de ce poète et homme politique français. Des poèmes plutôt engagés et surtout qui parcourent un demi-siècle de poésie pour retrouver l'imaginaire des Antilles et la flambée des mots rebelles éclairent les rêves et les angoisses du nouveau monde qu'il reste à forger à travers ce que l'humanité a fait de pire comme les guerres et l'esclavage.
Une belle oeuvre que je recommande à toutes et à tous.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   15 février 2016
Hors des jours étrangers


mon peuple

quand
hors des jours étrangers
germeras-tu une tête tienne sur tes épaules renouées
et ta parole

le congé dépêché aux traîtres
aux maîtres
le pain restitué la terre lavée
la terre donnée

quand
quand donc cesseras-tu d’être le jouet sombre
au carnaval des autres
ou dans les champs d’autrui
l’épouvantail désuet

demain
à quand demain mon peuple
la déroute mercenaire
finie la fête

mais la rougeur de l’est au cœur de balisier

peuple de mauvais sommeil rompu
peuple d’abîmes remontés
peuple de cauchemars domptés
peuple nocturne amant des fureurs du tonnerre
demain plus haut plus doux plus large

et la houle torrentielle des terres
à la charrue salubre de l’orage

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OrpheaOrphea   14 avril 2013
Viscères du poème

Angoisse tu ne descendras pas tes écluses dans le bief de ma gorge

Peur dans l'écheveau fou je n'aurai que faire de chercher en tremblant
le fil rouge de mon sang de ma raison de mon droit
le dur secret de mon corps de l'orgueil de mon cœur
une étoile de toujours se lève grand'erre et sans laisser de lie
s'éteint pour mieux renaître au plus pur
si tranchant sur les bords qu’Éclipse tu as beau faire infâme
moi le bras happé par les pierres fondrières de la nuit
je refuse ton pacte sa fureur de patience
et le tumulte debout dans l'ombre des oreilles
aura vu pour une fois sur la blancheur du mur
gicler la noirceur de viscères de ce cri sans oubli
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coco4649coco4649   30 décembre 2014
Nocturne d'une nostalgie


rôdeuse

oh rôdeuse

à petits pas de cicatrice mal fermée
à petites pauses d’oiseau inquiet
sur un dos de zébu

nuit sac et ressac

à petits glissements de boutre
à petites saccades de pirogue
sous ma noire traction à petits pas d’une goutte de lait

sac voleur de cave
ressac voleur d’enfant

à petite lampe de marais

ainsi toute nuit toute nuit
des côtes d’Assinie des côtes d’Assinie
le couteau ramène sommaire

toujours

et très violent.

p.26
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coco4649coco4649   31 décembre 2014
Comptine


…ici Soleil et Lune
font les deux roues dentées savamment engrenées
d'un Temps à nous moudre féroce
c'est ce mal être
cette fiente
ce sanglot de coraux
c'est fondant du ciel mémorable
jusqu'au leurre de nos cœurs rouges à l'aube
ce bec de proie rompant la poitrine inhospitalière
cage
et
marécage

C'est cet émouchet qui blasonne le ciel de midi de nos
noirs cœurs planant
ce rapt
ce sac
ce vrac

cette terre

p.18
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OrpheaOrphea   14 avril 2013
la catastrophe s'est fait un trône trop haut perché
du délire de la ville détruite c'est ma vie incendiée
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Vidéo de Aimé Césaire
Extrait du recueil RÉCITATIF AU PAYS DES OMBRES de Rodney Saint-Éloi
Je marche. Je marche. le poème est un cheval fou, se rappeler, la barque est la route. L'horizon est dans le regard du promeneur. Découvrir une chose douce et amère: des îles, il faut se résigner à foutre la mer dehors afin de pouvoir marcher librement pour célébrer la terre, dans le récitatif qui offre aux mots et aux choses le contrepoint du chant: éloge et mystère. Surtout l'élégance. L'élégance sauve le poème comme le soleil l'été.
Poète, écrivain, essayiste, éditeur, né à Cavaillon (Haïti), il est l'auteur d'une quinzaine de livres de poésie, dont «Je suis la fille du baobab brûlé» (2015, finaliste au prix des Libraires, finaliste au Prix du Gouverneur général), «Jacques Roche, je t'écris cette lettre» (2013, finaliste au Prix du Gouverneur général). Il dirige plusieurs anthologies. Il a publié «Haïti Kenbe la!» en 2010 chez Michel Lafon (préface de Yasmina Khadra). Pour la scène, il a réalisé plusieurs spectacles dont «Les Bruits du monde», «les Cabarets Roumain», «Senghor, Césaire», «Frankétienne». Il est l'auteur de l'essai «Passion Haïti» (Septentrion, 2016). Lui a été décerné le prestigieux prix Charles-Biddle en 2012. Il a été reçu en 2015 à l'Académie des lettres du Québec. Il devient Compagnon de l'Ordre des Arts et des Lettres du Québec en mai 2019. Il dirige la maison d'édition Mémoire D encrier qu'il a fondée en 2003 à Montréal. «Les racistes n'ont jamais vu la mer», coécrit par Rodney Saint-Éloi et Yara El-Ghadban, paraîtra en octobre 2021.
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