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ISBN : 2844852602
Éditeur : Allia (25/01/2008)

Note moyenne : 4.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Peut-on observer et analyser la souffrance humaine avec la distance qu’exigent les sciences sociales ? C’est cette question qui hante le narrateur, anthropologue salarié pour évaluer le fonctionnement d’une institution pour adolescents en rupture familiale. Il observe les habitudes de vie dans ce lieu clos, les rapports entre éducateurs et adolescents afin d’en pointer les dysfonctionnements. Aux frontières des genres – récit intime, essai d’anthropologie, fiction f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
ZEObib
  16 septembre 2013
L'immixtion d'un anthropologue dans la vie d'ados, d'éducs, d'une institution. Un autre regard, un questionnement, se dédouanant rapidement de la théorie pour laisser place aux sensations, à la musique des mots, aux couleurs des murs, et des visages, au goût des plats et des relations.
" Marseau et les éducateurs luttent peut-être contre ces inavouables pensées qui parasitent leur conscience qui semblent s'imposer, puis se rétractent. Il leur faut en permanence peser leurs mots, évaluer dans quelle mesure ceux-ci se réfèrent à des pensées politiquement incorrectes. "
La douce présence d'un observateur, intrus, étranger, d'un grain de sable dans une institution. Mais l'observateur se retrouve pris, conduit aux frontières de son propre vécu, rattrapé par les sensations étranges qu'il éprouve dans ce foyer. Alors les souvenirs se délient et reviennent à sa mémoire ces moments de vie de famille qui ont laissé à jamais leur empreinte.
Un livre intéressant de par le parti que l'auteur prend dés le début. Il annonce la couleur, la théorie, sa théorie s'est vite retrouvée annihilée par les paroles des ados et des éducateurs. Alors l'anthropologue fait l'expérience de cette zone grise, pour reprendre le terme de Jean-François Gomez, cette résonnance d'un vécu dans ce positionnement professionnel, mettant à mal jusqu'à la mission envisagée a priori.
Cependant, ce livre s'arrête bien trop vite, on attend la suite, la mise au travail malgré les difficultés. Voilà un problème bien connu des travailleurs sociaux, rencontrer ce qui résonne en nous dans des souffrances de jeunes et de moins jeunes. Mais la question est surtout de savoir comment on fait avec, comment chacun bricole avec cela, pour maintenir le cap et aller au bout de sa mission.
Alors à quand la suite…
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alzaia
  23 avril 2015
Encore une fois très bonne surprise que cette lecture de cet auteur. On sent Eric Chauvier très concerné dans les multiples aspects que recouvrent ses recherches : enquête anthropologique certainement mais pour le lecteur enquête introspective surtout... Cet auteur peut donner des clefs pour bien des questions , entre autre notre rapport au diktat de la parole "experte" dénuée d'affects ... l'expert c'est nous dans l'attention que nous pouvons ou pas donner à ces "dissonances" (terme récurrent chez l'auteur) que nous ne creusons pas au quotidien pour maintes raisons (peur de perdre la face, de paraître fou aux yeux des autres)...
Dans ce livre là (à ce jour j'aurais donc tout lu de cet auteur) il est question d'une "évaluation des interventions éducatives au sein d'un institut de placement familial" où Eric Chauvier est censé, par son rôle d'observateur extérieur, perturber les habitudes des "acteurs" (salariés) en place...
Tel est pris qui croyait prendre, encore une fois Eric Chauvier écoutera et retracera l'effet de "dissonnance" qu'exercera sur lui la voix de Joy
C'est très bien écrit, intelligent et le lecteur voit enfin un être humain plus qu'un scientifique à l'oeuvre !
la dernière partie de ce récit surtout s'avère la plus littéraire du livre ainsi que de toute sa relative jeune oeuvre à mon avis
je recommande!
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
alzaiaalzaia   23 avril 2015
Chaque jour, nombre d'expériences déterminantes sont rejetées au motif qu'elles nous apparaissent comme des divagations. C'est oublier que le seul degré de familiarité vis-à-vis d'une événement nous fait éprouver sa normalité. Notre façons de décoder les situations ordinaires obéit à un principe de réalité qui nous donne extravagant ce qui n'est pas visiblement expérimenté par nos semblable, mais ce décret insidieux de la folie ne répond souvent qu'à un réflexe de protection contre la révélation d'un sens plus enfoui, plus dangereux peut-être (sans que nous concevions précisément la menace), un sens que nous aurions pu saisir si nous n'avions pas appréhendé comme un risque majeur le fait de ne plus faire la preuve de notre santé mentale (car, d'une façon superficielle, cela seul importe), nous retirant par là toute preuve quant à la richesse supposée de cette expérience.
Dans cette mesure, celui qui, comme moi, découvre violemment le monde des enfants placés, peut très bien reconnaître dans la voix de Joy des qualités que les autres ne discerneront jamais , même si cette perception m'excentre des attentes collectives (...) Je n'ai pas pour autant l'intention de renoncer à l'attrait anormal de cette voix.
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alzaiaalzaia   23 avril 2015
Nous ne supportons pas le silence même s'il traduit l'imposture de la communication sociale. C'est que nous ne sommes pas habitués à garder le silence, si bien qu'il nous échappe, sort de notre être et devient incontrôlable, pour bientôt se muter en un embarras honteux. Et si par hasard, ou au gré d'une mémoire indocile, des mots qui pourraient signifier la parodie viennent à notre conscience, nous les chassons aussitôt, car l'intonation qu'ils exigent nous semble à ce point indécente que nous concevons simultanément notre bannissement de l'équipe.
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alzaiaalzaia   23 avril 2015
Je tentais de répondre à ça, concevant en même temps que les mots je cherchais n'existaient pas. Car au moment de percevoir la parodie, notre détresse devient vaine. Nous ne pouvons signifier cette vigilance retrouvée. Nous ne disposons plus des mots adéquats pour exprimer l'idée d'un salut; nous n'assumons pas ce "bruyant silence" qu'évoque Karl krauss, "Si bruyant qu'il est presque déjà parole"
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Videos de Eric Chauvier (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eric Chauvier
Le 16 décembre 2016, Mathilde Serrell et Martin Quenehen recevaient Eric Chauvier dans Ping Pong, aux côtés du journaliste et écrivain Philippe Vasset et de Jean-Claude Poisron, documentariste.
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