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Pierre-Paul Durastanti (Traducteur)Jean-Pierre Pugi (Traducteur)
ISBN : 2207254569
Éditeur : Denoël (21/04/2006)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 143 notes)
Résumé :
Entre 1991 et 2002, Ted Chiang a écrit huit nouvelles (toutes réunies dans ce recueil). Ces textes, ciselés par un véritable surdoué, ont été par récompensés par une kyrielle de prix littéraires. \" La tour de Babylone \", la première nouvelle publiée par l'auteur, a eu les honneur du prix Nebula. \" L'histoire de ta vie \" a été récompensée par un autre Nebula et le Theodore Sturgeon Award. \" Soixante-douze lettres \" a été nominée au prix Hugo et a reçu le Sidewi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Soleney
  04 juillet 2018
Dans un recueil de nouvelles, les différentes histoires sont rarement au même niveau. La Tour de Babylone ne dément pas cette règle. J'ai adoré la plupart des récits. Intelligents, surprenants, très construits, scientifiques, j'ai eu la sensation d'être enrichie par cette lecture.
Cependant, certaines nouvelles étaient hors de ma portée – notamment Soixante-douze lettres. le principe était très bien : l'auteur revisitait la légende juive des golems – créatures de boue que le Verbe (ou plutôt, le Mot écrit) anime. Dépourvus de conscience et de parole, elles ne sont que de simples exécutantes – des machines dévolues à une tâche simple. On raconte qu'à l'origine, leur mission était de protéger le peuple juif. le protagoniste, Robert Stratton, est fasciné par le pouvoir des lettres, au point de construire un golem doté de mains articulées capable de réaliser des choses complexes. Son travail interpelle aussitôt un groupuscule de scientifiques qu'une découverte alarme : l'humanité est au bord de l'extinction. Comment le savent-ils ? Ils ont fait grossir des spermatozoïdes afin d'étudier les spermatozoïdes qu'ils contiennent, puis les spermatozoïdes qu'ils contiennent, et ainsi observer les générations humaines futures.
Pause.
Qu'est-ce qu'on me chante-là ?
Il faut savoir que, dans cette nouvelle, les spermatozoïdes sont des mini humains translucides à qui seul un ovule peut donner consistance. D'ailleurs, au cours du récit, on les croise plus souvent dans des cuves que dans leur habitat naturel – si vous voyez ce que je veux dire… Leur étude est très sérieuse – les experts ont déterminé le liquide optimal avec la température optimale pour éviter qu'ils deviennent apathiques ou trop agressifs et leur permettre de grossir. Ces scientifiques ont découvert que d'ici cinq générations toute l'humanité deviendra stérile.
Le concept est suffisamment étrange comme cela, mais l'auteur a souhaité nous faire croire que les golems de Stratton pourraient sauver la situation. Et c'est là que j'ai lâché l'affaire – ça partait beaucoup trop loin dans les théories de la nomenclature. Voilà belle lurette que je ne suivais les dialogues qu'avec difficulté, et j'ai fini par lire sans plus rien comprendre. J'ai donc laissé tomber vers la moitié de l'histoire.
Qui a dit que les nouvelles étaient moins approfondies que les romans ?
Moi.
Je retire cette parole.
Mais Soixante-douze lettres n'est que le plus mauvais exemple de ce recueil. Les autres m'ont plu, voire enchantée.
Le récit qui m'a apporté le plus de satisfaction est sans conteste L'Enfer, quand Dieu n'est pas présent. Ayant grandi dans une famille très catholique, le thème théologique me fascine – surtout quand il est abordé sous un angle original. Ici, c'est l'histoire de Neil Fisk, un homme peu gâté par la nature puisqu'il est boiteux et vient de perdre sa femme dans un accident angélique.
Un accident quoi ?
Ted Chiang crée un monde dont rêverait tout croyant : Dieu existe, ce n'est plus à prouver puisque ses anges parcourent régulièrement la Terre en Son nom pour accomplir des miracles. Malheureusement, entre deux-trois guérisons miraculeuses, ces forces de la nature provoquent aussi d'énormes cataclysmes qui blessent ou tuent des dizaines de personnes. Vivre est une roulette russe et les victimes sont plus nombreuses que les bénéficiaires. Mais qu'importe ! le Seigneur existe, c'est prouvé. Et si un ange est la cause de notre mort, on a beaucoup plus de chance d'arriver au paradis. On le sait, c'est évident, puisqu'on VOIT les âmes monter au ciel ou s'enfoncer dans les enfers.
Mais alors, Dieu est-il vraiment bon ? le paradis vaut-il la peine d'être vécu ? N'est-ce pas captivant d'ôter tout son mystère à l'au-delà et de se rendre compte que les voies du Seigneur sont RÉELLEMENT impénétrables ? Pourquoi un violeur multirécidiviste parvient-il au paradis alors que des gens sans histoires finissent aux enfers ? On pourrait croire que la populace se rebellerait contre un Dieu aussi inique, mais c'est prouvé : si on n'aime pas le Tout-Puissant, on va en enfer.
Nick sait que sa femme est au Paradis, mais il déteste Dieu. Comment se forcer à aimer profondément et sincèrement un être à qui il reproche tous ses malheurs ?

Pour moi, cette nouvelle est assez équivalente à La Tour de Babylone. Les deux évoquent la quête de Dieu, mais sous un angle très différent. La Tour prend place dans l'Antiquité, quand Babylone était une des plus grandes cités du monde. Les hommes sont en train de finir la fameuse tour qui doit lier la terre au ciel. Cette fois, ils y parviennent. La voute céleste est atteinte.
Et c'est l'histoire de deux mineurs, Hillalum et Nanni, qui ont pour mission de la creuser.
Car oui, vous ne le saviez pas, mais le firmament est une immense coupole. le Soleil, la Lune et les étoiles se baladent juste en-dessous (d'ailleurs l'une d'entre elle a percuté la tour et est restée accrochée pendant plusieurs jours avant de s'éteindre et de tomber).
D'ailleurs, comment se fait-il que Dieu n'ait pas interrompu leurs progrès ? Est-ce sacrilège de vouloir le rejoindre ? Approuve-t-Il cette entreprise ?
J'ai été décontenancée par la chute, surprenante à bien des égards. Et j'ai été prise de vertige devant les dimensions titanesques de la tour, si bien retranscrites par Ted Chiang. Pour tout vous dire, un homme met quatre mois à atteindre son sommet. Mais personne ne monte les mains vide – ce serait du gâchis. Chaque personne ayant l'occasion de monter se doit de hisser des briques, des truelles, ou même des vivres afin d'alimenter la microsociété qui s'est créée là-haut.
Et puis évidemment, il y a la nouvelle qui a inspiré le film Premier contact. Qui s'intitule en réalité L'histoire de ta vie puisque c'est le récit imaginaire que Louise Banks adresse à sa future fille alors que l'homme qu'elle aime s'apprête à lui demander si elle veut faire un enfant. Et que la naissance de ladite fille est liée à l'arrivée d'une race extra-terrestre sur Terre : les heptapodes. On suit donc deux narrations, l'une ordinaire et l'autre extraordinaire :
- L'histoire de cette gamine qui devient grande, de sa relation à sa mère ;
- Et les pour-parler avec ces étranges créatures dont le langage n'a rien de commun avec le nôtre. Louise, spécialiste en linguistique, s'acharne à comprendre leur système d'écriture. Que veulent-ils ? Sont-ils arrivés par hasard ? Pourquoi ne réclament-ils rien aux humains ? On dirait qu'ils attendent quelque chose, mais quoi ?
La richesse de cette nouvelle tient à la perception du temps.
Et je ne parle pas d'Aimer ce que l'on voit : un documentaire ! Imaginez qu'on puisse implanter un dispositif dans le cerveau (sans danger, presque sans aucun effet secondaire et retirable à tout moment) qui bloque l'appréciation de la beauté du corps humain. Voudriez-vous ne plus être sensibles à la grâce d'une belle personne ? Voudriez-vous ne plus complexer sur vous apparence physique ? Cesser d'être influencés par l'apparence des gens ? Ne plus être réceptifs aux publicités qui utilisent le corps des femmes pour en faire un outil de vente ?
Si on vous proposait gratuitement la calliagnosie, l'essayeriez-vous ? L'implanteriez-vous sur vos enfants ?
Cette nouvelle est, véritablement, un documentaire. Les personnages prennent tour à tour la parole, comme répondant à la question d'une voix-off. Les avis fusent, se mêlent, se mélangent, les expériences se contredisent. On commence avec Tamera, dix-huit ans, très déçue d'apprendre que la calli va devenir obligatoire dans l'université qu'elle a choisie – elle, qui rêvait de pouvoir enfin l'enlever pour voir le monde tel qu'il est. Un nouveau logiciel vient d'être lancé sur le marché : Visage, qui permet de voir à quoi ressembleraient les gens avec de la chirurgie esthétique.
C'est bien le problème de l'apparence qui est abordé ici. Couplé avec celui de la technologie sans limite et sans conscience, on touche à la folie et à l'absurde. Certains personnages défendent corps et âme leur droit à profiter de la belle vue d'une jolie fille dans la rue, d'autres affirment ne pas vouloir être soumis à cette discrimination de l'apparence ; d'autres encore soutiennent que se poser une calli revient à se « crever les yeux » et que la clé du problème est dans l'éducation ; d'autres que la beauté est une forme de drogue : à force de voir des modèles virtuels sans défaut autour de nous, nous ne parvenons plus à tolérer les imperfections des corps normaux. Et quand les sociétés de cosmologie viennent mettre leur grain de sel, les choses se corsent inévitablement. Car après tout, soyons sérieux : ce n'est pas le bien-être des citoyens qu'elles recherchent, mais la sauvegarde de leurs parts de marché…
Les arguments, très convaincants, m'ont prouvé que Ted Chiang était très fort dans l'art de la rhétorique, capable tout aussi bien de prêcher pour et contre son propre avis – même si, tout compte fait, il semblerait bien qu'il ait choisi son camp. C'est une lecture idéale pour réfléchir sur le Beau et son utilisation dans la société, sur la question des apparences et de leur influence sur le cerveau humain.
Pour moi, une bonne lecture est surprenante, elle permet d'envisager des concepts sous un angle nouveau, ce qui permet de considérer des situations et des univers innovants et d'ouvrir son esprit à d'inhabituelles perspectives.
La Tour de Babylone était donc une EXCELLENTE lecture.
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H-mb
  07 janvier 2018
Pour faire court, c'est "wouaouh".
Pour moi qui n'aime pas les nouvelles c'est 5 étoiles et la nécessité d'arrêter et reprendre mon souffle entre chaque texte.
Mon édition n'intègre pas les remarques de l'auteur sur chaque nouvelle ce qui est bien dommage car j'aurais aimé en savoir plus sur la façon dont il arrive à ces résultats: des gemmes ciselées à la perfection.
Le langage de Chiang est très maîtrisé et en "sous régime" comme s'il ne voulait pas qu'une langue trop riche vienne s'interposer devant les idées développées dans les nouvelles. Aussi étonnants que soient les concepts, le ton reste toujours calme et rationnel, ce qui amplifie l'effet obtenu (Cf. Quand Dieu n'est pas présent où aimer Dieu, c'est l'enfer).
Il utilise des concepts de SF "dure" avec une approche très humaine. Voir par exemple Division par zéro, ou l'effet d'un théorème sur un personnage… Pourtant c'est probablement la nouvelle la plus émouvante contenant autant de références mathématiques!
Ce qui m'a surtout fascinée, c'est la façon dont la forme même des nouvelles reprend leur contenu.
La tour de Babylone me fait penser aux dessins récursifs d'Escher. Quand la structure du monde se révèle semblable à un cylindre de sceau, le personnage se retrouve au même endroit qu'au début de l'histoire, en approche de la tour.
Dans Histoire de ta vie surtout toute l' histoire est structurée un peu comme le langage extraterrestre qu'étudie l'héroïne, avec 2 lignes narratives aux directions temporelles opposées, sans que cela vienne perturber la compréhension du texte et perturber l'émotion qui s'en dégage.
Bref, lisez-le - même si vous n'aimez pas lire des nouvelles!
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Deslivresetlesmots
  11 février 2018
J'avais absolument adoré le film Premier contact et un collègue m'a demandé si j'avais lu la nouvelle dont le film s'est inspiré. Quand j'ai répondu que je ne savais même pas qu'une nouvelle en était à l'origine, ni une ni deux, je me suis retrouvée avec cette anthologie dans les mains et wow. Alors, les nouvelles sont très, très diverses. Dans les sujets qu'elles abordent mais aussi dans le style et les idées qui sont présentées. du coup, ça me semble impossible de chroniquer cette anthologie sans m'attarder sur chacun des textes.
« La tour de Babylone », nouvelle éponyme donc, présente un univers où tout un village a entamé le projet un peu fou, il y a des siècles de cela, de construire une tour qui atteigne la voûte céleste afin de pouvoir la percer et y découvrir ce que Jéhovah leur réserve derrière. Un travail acharné, et l'on suit des mineurs qui entament l'association de cette tour afin d'être au sommet lorsque cette dernière atteindra la voûte, où ils devront creuser pour aller encore plus loin. Ted Chiang parvient, avec ses descriptions détaillées du ressenti des personnages et de la situation, à nous transmettre l'immensité de ce projet, voire à nous donner le tournis ! La fin est toute aussi inattendue que renversante, de quoi vriller le cerveau.
« Comprends » s'intéresse à la surintelligence : en ramenant les personnes qui sont dans le coma, voire en arrêt cardiaque grâce à une nouvelle substance, les médecins se rendent compte que ces personnes – dont le narrateur fait partie – commencent à devenir de plus en plus intelligentes. Si le narrateur accepte d'être le cobaye d'expériences au début, il commence vite à s'ennuyer et à avoir des ambitions bien plus grandes.
Dès le début, on sent que ça ne va pas très bien se passer, l'auteur arrive à instaurer une ambiance très pesante, j'ai rapidement redouté ce qui allait passer par la tête du narrateur. Cette nouvelle est beaucoup plus « scientifique » que la première, dans le sens où il est question de chimie dans le cerveau, de calculs physiques et mathématiques hallucinants (qui m'ont perdu très rapidement, mais il n'est pas nécessaire de comprendre de quoi il s'agit pour apprécier l'histoire).
« Division par zéro » reste dans cette veine très « technique » puisqu'il est ici question de mathématiques. Enfin, pas seulement, mais on suit un couple dont la femme est une mathématicienne très réputée, et qui découvre un peu par hasard que toutes les mathématiques peuvent être remises en question. Cela aura une influence sur sa perception de la vie toute entière.
« L'histoire de ta vie » est la nouvelle qui a inspiré Premier contact ! On suit donc une linguiste recrutée par l'armée afin de communiquer avec les heptapodes, des extra-terrestres venus du jour au lendemain, sans qu'on ne sache pourquoi. Plus elle comprend leur langage écrit, plus sa perception du temps change, au point qu'elle parvienne à se souvenir du futur.
Cette histoire est plus centrée sur les personnages que les deux précédentes, un vrai plaisir à lire.
« Soixante-douze lettres » reprend le mythe du Golem de la religion hébraïque, dans laquelle chaque vie existe grâce à un mot qui donne du sens : c'est ainsi qu'on peut insuffler la vie à une statue d'argile. le personnage dont on suit l'histoire entend bien trouver le moyen d'utiliser des Golems pour en créer d'autres, ce qui ne lui attire pas que des amis puisque bien sûr, les humains qui font actuellement ce travail y perdraient beaucoup. Là-dessus s'ajoute une menace qui pèse sur l'humanité, et qui pourrait être contrée grâce à ses découvertes.
J'ai du mal à comprendre pourquoi je n'ai pas été emballée par cette nouvelle : les sujets m'intéressent complètement mais j'ai trouvé le traitement, l'écriture et l'intrigue très lourdes en descriptions, en fioritures qui rendent le tout plus confus que nécessaire. Dommage.
« L'évolution de la science humaine » est très courte, il s'agit d'un article scientifique imaginé à une période où des méta-humains auraient fait leur apparition sur Terre. Ces derniers auraient un système de compréhension et de communication de la recherche en science humaine drastiquement différent des simples écrits, ce qui rend la recherche inaccessible à toutes les personnes qui ne sont pas méta.
Il s'agit bien sûr d'un commentaire sur l'ère numérique où la recherche continue sous d'autres formes, des revues numériques aux bases de données. Mais je trouve la comparaison peu pertinente, puisqu'au contraire, la présence d'articles, livres, découvertes scientifiques (que ce soit en sciences humains ou techniques et médicales) en ligne permet au contraire un accès beaucoup plus « simple » pour mutualiser la recherche à travers le monde. Même si, effectivement, cela nécessite des maîtriser un minimum d'outils numériques…
« L'Enfer, quand Dieu n'est pas présent » suit le personnage de Neil Fisk dans un monde où, de temps en temps, des anges descendent sur Terre pour des « visitations » qui ont des conséquences diverses : certains connaissent des miracles, d'autres des malédictions ou simplement y trouvent la mort. Quand sa femme est témoin d'une de ces visitations la vie de Neil va changer et il va tout faire pour la rejoindre.
Le principe des anges qui se manifestent sur Terre et dont le pouvoir est si grand qu'il peut être mortel pour les humains, est très intéressant ! Il est rapidement fait mention d'anges déchus qui ne provoquent plus de visitations et pour lesquels j'aurai aimé en savoir plus, mais la nouvelle est déjà bien complète ainsi.
« Aimer ce que l'on voit : un documentaire » parle d'une invention, la calliagnosie. Cette dernière permet de ne plus « reconnaître » la beauté d'un visage : en effet, notre cerveau interprète les visages comme beaux ou laids et cela peut porter préjudices ou privilèges aux personnes. Pour effacer tout ça et lutter contre la discrimination, les publicités à outrance, la calliagnosie a été créée, elle permet de ne pas faire attention à la beauté ou la laideur des autres, ou de soi-même.
Tout l'intérêt de la nouvelle est dans les points de vue divers : celui d'une adolescente qui a vécu toute sa vie avec la calliagnosie et décide dès qu'elle le peut, à ses dix-huit ans, de l'arrêter ; celui de militants contre la calliagnosie (poussés par des lobbies de cosmétique ou autres) et également des gens qui s'y intéressent peu mais qui se retrouvent dans le débat qui anime le campus au sujet de la mise en place systématique ou non de la calliagnosie.
Dans cette édition, on trouve à la fin des commentaires de l'auteur sur chacune des nouvelles, ce que je trouve tout à fait précieux, et je pense qu'il est bienvenu de les placer à la fin, pour laisser les lecteur·rice·s libres dans leur découverte des textes, avec la possibilité d'en savoir plus ensuite.
Si vous aimez la science-fiction, nul doute qu'au moins une de ces nouvelles saura vous séduire =)
Lien : https://deslivresetlesmots.w..
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Patience82
  27 septembre 2017
Beaucoup d'auteurs se lancent dans l'écriture en commençant par des nouvelles, comme si c'était réservé aux débutants. Et pourtant, j'ai toujours considéré ce format comme un genre à part entière, difficile à maîtriser. En effet, l'auteur doit être capable d'immerger le lecteur dans un univers très rapidement, de tisser une histoire cohérente et de l'emmener vers une vraie fin, si possible surprenante.
Dans ce recueil de Ted Chiang, tout est là : style, personnages, histoires. Chaque nouvelle nous entraîne dans un monde à part, parfois très proche du notre. L'auteur met souvent en scène une quête de l'Homme, qui aboutit à une chute étonnante et absurde, sur des sujets qui font réfléchir : Dieu, notre avenir sur Terre, l'impact des apparences sur notre société… Tous ces sujets sont vraiment bien amenés et peuvent être sujet à réflexion, à débat. Personnellement, la dernière nouvelle sur le dictat de la beauté m'a vraiment percutée. Si un jour, la science en arrivait à ce point, est-ce que je pourrais me laisser tenter ?
Dans toutes les histoires, les protagonistes prennent une décision, ont un avis. Mais l'auteur ne donne pas l'impression de trancher. Il laisse le lecteur libre de son propre débat intérieur.
Les personnages sont parfaitement bien construits, leur psychologie est finement analysée. On ressent la tension et la paranoïa de Leon, le désespoir de Renée, le questionnement de Tamera. le lecteur vit avec eux intensément pendant quelques pages.
A la fin du recueil on trouve des notes de l'auteur sur chacune des nouvelles, expliquant d'où vient l'idée du sujet. Cela permet d'éclaircir quelques points flous, d'avoir la sensation de partager un moment avec l'auteur. J'aime cette idée.
Globalement, ces nouvelles m'ont laissées une très bonne impression, et certaines me marqueront d'ailleurs plus que les autres : La Tour de Babylone, L'histoire de ta vie et Aimer ce que l'on voit : un documentaire. Sur les 8 nouvelles, il n'y en a qu'une pour laquelle je suis totalement passée à côté, L'évolution de la science humaine. Mais comme elle est vraiment très courte et que les 7 autres sont remarquables, je la laisserai de côté et considère que le manque de compréhension vient de moi.
Je lui attribue donc 4 étoiles : une pour le style fin et agréable, une pour les personnages crédibles bien que dans un univers de Science-fiction, une pour les différentes histoires émouvantes et intéressantes et la dernière pour la recommandation.
Lien : http://lesnouvellesplumes.ov..
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Nelja
  19 septembre 2014
Ted Chiang est un auteur de science-fiction connu pour la qualité de ce qu'il fait et son manque de productivité. Après avoir lu une de ses nouvelles, excellente, en ligne, j'ai décidé de tenter le recueil entier.
Et c'est excellent. Cela me plait beaucoup. Les idées sont originales, et j'aime la logique sans faille de l'exploitation. Et puis, il fait partie de ces quelques auteurs de sf qui ne sont si optimistes ni pessimistes, dont le but est de parler de la science, l'intelligence et la raison, mais sans parti-pris, pas du tout pour donner des explications sur le bien ou le mal qu'elles vont apporter à la société, non, juste pour en parler en soi.
Mes préférées sont :
"La Tour de Babylone", un récit du point de vue des ingénieurs qui ont construit la tour de Babel, basé sur "et si la cosmologie mésopotamienne avait été vraie".
"L'histoire de ta vie", un récit de linguistique-fiction, avec des extra-terrestres qui ont un mode de pensée très différent du notre. Ca raconte les efforts d'une linguiste professionnelle pour les comprendre, et les effets que ça aura sur sa personnalité et sa vie de famille, et c'est superbe, j'ai un peu pleuré, à la fin.
"72 lettres", qui se passe dans l'Angleterre victorienne, sauf que les golems existent et marchent, et le héros est un chercheur en Vrais Noms (car c'est le nom d'un golem qui lui fait accomplir sa tâche, et plus on est bon en noms, plus on peut leur faire faire des choses complexes), qui se retrouve à participer à des expériences interdites.
Si ces résumés vous donnent envie, même un peu, je conseille le livre !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
selena_974selena_974   20 octobre 2013
Quand tu apprendras à marcher, je redécouvrirai tous les jours l'asymétrie de notre relation. Tu passeras ton temps à courir partout et, chaque fois que tu te cogneras contre un montant de porte ou que tu te couronneras le genou, il me semblera éprouver ta souffrance, posséder un nouveau membre, une extension mobile de moi-même dont les nerfs sensoriels me transmettront les signaux de douleur, mais dont les nerfs moteurs ne répondront pas à mes impulsions. Cela me paraîtra injuste : j'aurai engendré une poupée vaudou animée à mon image.
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Z3DZ3D   13 août 2014
Dès qu'ils auraient trouvé un nom capable d'engendrer des foetus humains, la gent féminine n'aurait plus besoin des hommes pour se perpétuer. Stratton savait qu'une telle découverte eût ravi les inverties, ces femmes qui éprouvaient de l'attirance pour les personnes du même sexe. Si le nom était mis à leur disposition, elles pourraient fonder des communautés et se reproduire par parthénogénèse. Une telle société prospérerait-elle en exacerbant la plus grande sensibilité du beau sexe ou aurait-elle tôt fait de s'effondrer, emportée par le manque de pondération de ces membres?
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   26 août 2016
Comme bien d’autres avant elle, elle avait toujours considéré que les mathématiques ne puisaient pas leur signification dans l’univers, mais imposaient un sens à ce dernier. Les entités physiques n’étaient pas plus ou moins grandes l’une que l’autre, ni semblables ni dissemblables ; elles existaient, tout simplement. Bien qu’indépendantes, les mathématiques leur apportaient virtuellement une signification sémantique en établissant des catégories et des rapports. Elles ne décrivaient aucune qualité intrinsèque, elles se contentaient de fournir une interprétation.
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selena_974selena_974   18 octobre 2013
L'expérience serait bien plus sûre en milieu hospitalier ou, dans une moindre mesure, si j'avais quelqu'un auprès de moi. Mais comme tout laisse à supposer que mon esprit sera irrémédiablement détruit en cas d'échec, prendre des précautions est superflu.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   26 août 2016
Dans Principia Mathematica, Bertrand Russell et Alfred Whitehead ont tenté de fournir des assises rigoureuses aux mathématiques en utilisant comme base la logique formelle. Ils ont débuté avec ce qu’ils considéraient être des axiomes, dont ils se sont servis pour établir des théorèmes à la complexité croissante. Arrivés page 362, ils ont démontré suffisamment de choses pour pouvoir avancer que « 1 + 1 = 2 ».
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