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EAN : 9782843449093
112 pages
Le Bélial' (25/08/2016)
3.9/5   533 notes
Résumé :
Futur proche.
Deux scientifiques mettent au point un procédé révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, et sans aucune possibilité pour l'observateur d'interférer avec l'objet de son observation. Une révolution qui promet la vérité sur les périodes les plus obscures de l'histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d'État.
Créée en 1932 sous mandat impé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (162) Voir plus Ajouter une critique
3,9

sur 533 notes

Foxfire
  16 septembre 2016
Un sujet très difficile, une narration singulière, une dimension philosophique marquée... On ne peut pas dire que Ken Liu ait choisi la facilité en écrivant "l'homme qui mit fin à L Histoire". Et c'est un miracle qui se produit sous la plume de l'auteur. En à peine plus de 100 pages, Liu livre un récit d'une richesse, d'une intelligence, d'une subtilité, en un mot d'une excellence peu commune.
La forme narrative consiste en un enchaînement de témoignages, conférences, exposés et interviews formant un documentaire. Ce procédé aurait pu donner lieu à un récit d'une froideur clinique. Ce n'est pas le cas, on ne lit pas "l'homme qui mit fin..." comme un lit un article de journal. le récit de Liu n'est absolument pas désincarné, il a de la chair et une âme.
L'auteur prend son temps pour exposer le contexte de l'expérience du voyage dans le temps, ses implications, les questionnements que cela induit. Retarder l'apparition des passages au coeur de l'unité 731 permet au récit de bien exposer les enjeux et d'éviter toute gratuité ou tout voyeurisme. Etonnamment, même lors de ces scènes, le récit est d'une grande pudeur. Et cela tout en n'atténuant pas l'horreur absolue de ce que fut le camp 731. Liu dit les sévices, les tortures, les abominations. Pourtant, ces descriptions n'avilissent jamais les victimes. Au contraire, Liu leur rend l'humanité qui leur a été déniée.
"L'homme qui mit fin..." est une charge contre le négationnisme. Mais Liu n'est pas animé par une rage vengeresse. L'enjeu n'est pas une quelconque réparation (d'ailleurs impossible), c'est la vérité et le souvenir qu'il réclame ici. La mémoire est au coeur du récit. le voyage dans le temps n'est pas vraiment une façon de revivre des événements passés mais plutôt un moyen de se souvenir, de ne pas oublier. Il ne s'agit pas de désigner des coupables, il s'agit de ne plus nier notre capacité à tous à faire le mal, et ainsi retrouver l'humanité à travers la reconnaissance des victimes en tant que frères humains.
Et loin de tout simplisme, l'auteur n'hésite pas à pointer du doigt la part de responsabilité de la Chine dans cet oubli collectif.
"L'homme qui mit fin..." est aussi une réflexion passionnante sur le métier d'historien. le récit nous incite notamment à réfléchir sur la subjectivité de cette science (humaine donc par définition inexacte), sur la frontière parfois ténue qui peut séparer l'historien de l'activiste. Ken Liu évoque également le paradoxe du métier d'archéologue qui, pour découvrir L Histoire, est aussi contraint de la détruire en partie.
La formation de juriste de l'auteur transparait également au détour de questionnements éthiques ou juridiques. Ainsi, un professeur de Droit se demande : "puisque la maîtrise d'un territoire passe d'une souveraineté à l'autre au gré du temps, sous quelle juridiction doit se trouver le passé du territoire en question ?". Plus loin, un archéologue s'interroge en ces termes : "la souffrance des victimes relève-t-elle du domaine privé, ou participe-t-elle de notre Histoire collective ?". On le voit à travers ces réflexions, "l'homme qui mit fin..." a une dimension philosophique forte.
Le côté science-fiction, loin de n'être qu'un prétexte, façonne tout le récit. Cette dimension science-fictionnelle ne fait pas de "l'homme qui mit fin..." un récit futuriste éloigné de toute actualité. Au contraire, les éléments science-fictionnels renforcent le caractère universel et intemporel des thèmes traités.
"L'homme qui mit fin..." continue de vivre dans l'esprit du lecteur une fois le livre fermé. Je sais déjà que ce texte restera toujours imprimé en moi, pour l'émotion qu'il suscite, pour les questionnements qu'il suggère et surtout pour l'humanité bouleversante qui l'habite.
Chapeau Monsieur Liu pour avoir écrit un si beau, si grand livre !
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lyoko
  29 novembre 2017
Un livre court (100 pages) ,condensé mais terriblement bouleversant.
Il marque déjà par son originalité. En effet, ce n'est pas une narration continue mais un ensemble de témoignages, d'interviews, .., ce qui forme au final un documentaire, et pourtant la lecture en est fluide et agréable.
Deux chercheurs, mari et femme, réussissent a créer des voyages dans le temps. Une période historique touche particulièrement l'un d'eux. La relation sino japonaise lors de la seconde guerre et tout particulièrement ce qu'il se passait dans l'unité 731. Les Japonais ont utilisé des prisonniers chinois afin d'expérimenté toutes sortes de choses.
Ce roman est très fort il arrive a mobiliser en peu de pages tout un état de questionnement. L'intérêt historique des voyages dans le temps. Quels preuves sont autorisées pour accepter que des faits deviennent historiques ?
Mais l'essentiel réside surtout sur le questionnement du négationnisme. Des intérêts des différents états de reconnaître ou non un fait , de s'en excuser. Et de savoir si les malversations faites par le passé sont a mettre au compteur du présent ou du futur. Sommes-nous responsables des actes de nos ancêtres ?
Mais ce documentaires est tellement bien étayé et maîtrise une certaine neutralité que chacun des personnages et des lecteurs peut se faire sa propre opinion.
Un petit roman qui devrait être d'utilité publique a mon sens.
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Bernacho
  19 novembre 2016
Le titre rappelle une de ces théories bidon sortie de l'esprit d'un intellectuel resté trop longtemps assis. Même avec de la science-fiction, la fin de l'histoire ? Ts même pas peur ! Mais n'allons pas trop vite...
Ce roman n'est qu'une nouvelle en fait (mais vendue au prix d'un recueil). Vite lue. Vite oubliée ? Pas si vite. C'est vrai, c'est un reportage, mis en scène avec témoignages, micro trottoirs, interviews d'experts, extraits de commission parlementaires, etc. Ca fait tellement vrai par moments que je suis allé vérifier si tous ces gens n'existaient pas vraiment.
En fait cette nouvelle est une simple dénonciation des crimes de guerre japonais, avec des témoignages d'atrocités à vous faire dresser les plumes sur la tête ? Mais non, en fait, plutôt une dénonciation du négationnisme, de la recherche de la vérité ensevelie par la raison d'état ? Il y a de belles analyses des relations entre Chine populaire, Japon et Etats-Unis (mais il n'a pas un peu oublié la Russie ?). C'est ça ? Oui, mais non.
L'histoire se réduit-elle aux témoignages ? C'est quoi le devoir de mémoire ? La preuve historique peut-elle mettre en péril la paix ? Quel respect doit-on au passé ? Aux familles du passé ? Cette nouvelle ne nous mâche pas la tâche, comme l'indique cette critique décousue. C'est moralement complexe, dialectique dans la forme, ça pousse à réfléchir
Pour en revenir au titre. Fukuyama, va te coucher. Ken Liu dans mes bras. Les outils permettant de décrire précisément l'histoire n'existent pas, même dans la science-fiction, même ce qu'on en connaît. On ne peut pas décrire la réalité sans s'y impliquer, sans l'interpréter, voire la déformer. Ce qui ne nous empêche pas de chercher, heureusement, de tailler de nouvelles facettes dans la gangue du diamant. Et puis tant que le monde durera il y aura toujours des négationistes, des révisionistes, et même des platistes et tout ce que vous voulez.
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Aelinel
  02 octobre 2016
Les Chroniques Coups de coeur du culte d'Apophis et de Lutin82 m'avaient déjà bien convaincu de lire cette novela. Mais quand en plus, elle fait partie de la sélection de la Rentrée Littéraire de ma librairie préférée, là, je ne pouvais plus y couper! D'autant plus que la couverture d'Aurélien Police que je ne présenterai plus, est magnifique. Juste un petit bémol (il faut bien que je râle de temps en temps!), le prix me paraît un peu prohibitif au regard du nombre de pages et j'ai trouvé cela un peu dommage, surtout que ce n'est pas un grand format...
Dans un futur proche, deux scientifiques, l'un historien et d'origine chinoise, Evan Wei et le second qui est aussi son épouse, Akemi Kirino, une physicienne japonaise, font une découverte stupéfiante : celle d'avoir la possibilité d'assister aux évènements du passé. Cette invention possède malheureusement une contrainte technique : l'histoire ne peut être visualisée qu'une seule fois, sans possibilité pour un individu du présent d'y retourner. Evan Wei et Akemi Kirino décident alors d'axer leur programme de recherche sur un évènement du passé méconnu : l'Unité 731.
L'homme qui mit fin à l'histoire s'est révélé être à plus d'un titre remarquable grâce à son style d'écriture maîtrisé et son scénario intelligent. Ken Liu utilise la Science Fiction comme prétexte pour faire passer son message au plus grand nombre et dénoncer ainsi un évènement historique méconnu mais qui a réellement existé : l'Unité 731. Cette dernière avait été créée lors de l'invasion japonaise en territoire chinois, en 1932, afin d'expérimenter des armes bactériologiques sur des cobayes humains mais également pour former les futurs chirurgiens japonais. Environ cinq cent mille personnes, pour la plupart d'origine chinoise, coréenne et russe, ont été exterminées tandis que peu de responsables du camp seront jugés pour leurs crimes. Pour ma part, je savais que les Japonais avaient commis des exactions lors de l'invasion de la Chine mais j'ignorais totalement l'existence de ce camp d'expérimentations.
Ken Liu offre également à son lecteur plusieurs pistes de réflexion philosophique notamment sur la quête de la vérité, l'histoire et ses sources, le révisionnisme (revoir un fait historique soit par l'apport de nouveaux éléments, soit par le ré-examen des sources), le devoir de mémoire et le deuil ou le négationnisme (contestation d'un fait historique).
- Je souhaiterais ainsi revenir sur le thème de l'histoire et ses sources. Comment étudier L Histoire lorsque ne subsistent d'un évènement plus aucune trace (après l'annonce de la capitulation du Japon, en 1945, les bâtiments ont été pour la plupart détruits par les soldats japonais) ou quasiment aucun témoignage (les victimes ont toutes été éxécutées ; quant aux dix milles médecins, infirmier(e)s et soldats qui tenaient le camp, certains ont été condamnés lors de procès soviétiques mais la plupart sont rentrés au Japon et ont mis sous silence leur passé de bourreau)?
- Comment est-il possible pour un peuple d'exercer son devoir de mémoire et de faire son deuil, lorsque le principal responsable de ces atrocités, Shiro Ishii, a négocié son immunité en donnant aux Américains les résultats de ses recherches, échappant ainsi à la justice?
- le voyage temporel devient-il une nouvelle source historique pour les scientifiques ou doit-il aider en priorité les familles des victimes encore vivantes à faire leur deuil et à une nation, son devoir de mémoire?
- Enfin, puisque le voyage temporel ne peut être effectué que par un seul témoin qui sera forcément subjectif, ne laisse-t'on pas la porte ouverte aux négationnistes pour contester l'existence de l'Unité 731 et de ses expériences mortifères?
Un dernier point avant de conclure : cette novela comprend quelques passages très difficiles et éprouvants à lire. Moi-même, je me suis sentie mal et j'ai dû faire une pause après la description des expérimentations de l'Unité 731, notamment sur la vivisection sans anesthésie.
En conclusion, L'homme qui mit fin à l'histoire est une novela remarquable qui devrait être lu par le plus grand nombre. Il s'agit d'un ouvrage riche en réflexion, intelligent, bien écrit et surtout qui dénonce des faits de notre société En bref, voilà de quoi clouer le bec aux détracteurs qui insinueraient que la SFFF ne serait adressée qu'à des adolescents attardés et décérébrés...
Si vous souhaitez en savoir davantage sur l'Unité 731, je vous suggère deux documentaires (vous pouvez les trouver soit sur Youtube, soit sur mon blog) : le premier diffusé sur France 2, en 2005 et intitulé Kizu, les Fantômes de l'Unité 731 et le second diffusé sur ARTE, en 2010, intitulé les Héritiers du Docteur Mengele.
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BazaR
  10 juillet 2018
Le documentaire : voilà une forme de récit de science-fiction plutôt originale.
Ce n'est pas la première fois que je la rencontre. Antoine Bello l'a pratiquée dans ses récits Go Ganymède ! et Éloge de la Pièce Manquante. Mais il vaut bien avouer que Ken Liu dirige l'exercice avec maestria.
Donc vous vous plantez devant votre télé et vous regardez ce documentaire – probablement sur Arte – qui mélange images d'archive, témoignages et micro trottoir sur un sujet brûlant autant que poignant.
On peut le voir comme un fils spirituel du film Shoah de Claude Lanzmann qui se fracasserait sur le rocher de la realpolitk. Deux universitaires développe un moyen d'assister en direct à des événements du passé et se concentre sur les exactions (le mot est carrément trop faible à la lecture de la novella) de l'armée japonaise dans un camp de Mandchourie dans les années 1930. Cela donne lieu à des descriptions de ce que l'homme peut faire subir à ses pareils qui vont au-delà de ce n'importe qui pourrait imaginer (j'essaie de me convaincre que c'est vrai, mais je suis certainement naïf).
Et là commence l'imbroglio politico-temporel. le Japon s'excusera-t-il pour les exactions d'un régime du passé qu'il a depuis longtemps condamné? Les États-Unis seront-ils vraiment choqués des horreurs qui s'étaient abattues sur des Chinois qu'ils considèrent comme de dangereux rivaux sinon comme des ennemis ? La Chine elle-même, comment réagira-t-elle si on ne la laisse pas prendre les commandes des expériences temporelles ?
Ken Liu maîtrise à merveille le discours de chaque intervenant, sans jamais tomber dans la caricature : l'intellectuel chinois, le membre du Congrès américain, l'homme de la rue chinois ou américain, le témoin japonais… Les opinions contradictoires s'entrechoquent au point qu'il est impossible d'imaginer où se situe la vérité. La dimension émotionnelle n'est pas oubliée car l'auteur développe une tragédie personnelle bouleversante vécue par les deux chercheurs à l'origine du voyage dans le passé. Même la description de la physique à l'origine du voyage est judicieuse.
Impossible d'imaginer où se situe la vérité, disais-je. On comprend quand même que Ken Liu pousse un cri. Il nous met face à une horreur de guerre qui n'a jamais eu son Nuremberg. La réception qu'il imagine dans ce récit imaginaire, quoiqu'impeccable, n'est pas le principal. le principal, c'est cette horreur.
Inhumaine ? Non, si humaine, malheureusement.
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Citations et extraits (113) Voir plus Ajouter une citation
AelinelAelinel   29 septembre 2016
Savoir qui devrait contrôler le passé nous interpelle, sous une forme ou une autre, depuis longtemps. L'invention du procédé Kirino a fait du combat pour la maîtrise du passé un problème réel et non simplement métaphorique.
Outre sa dimension spatiale, chaque état en possède une autre, temporelle. Il s'agrandit et se réduit au fil du temps, assujetti des peuples et parfois libère leurs descendants. (...) L'un des problèmes les plus fastidieux qu'engendre le processus violent et instable par lequel les États s'étendent et se rétractent s'énonce de la sorte : puisque la maîtrise d'un territoire passe d'une souveraineté à l'autre au gré du temps, sous quelle juridiction doit se trouver le passé du territoire en question? (...) on se demandait, au pire, si c'était à l'Espagne ou aux Etats-Unis de récupérer le trésor d'un galion espagnol du XVIème siècle naufragé dans les eaux américaines actuelles. (P. 21-22)
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BazaRBazaR   07 juillet 2018
Outre sa dimension spatiale, chaque état en possède une autre, temporelle. Il s'agrandit et se réduit au fil du temps, assujettit des peuples et parfois libère leurs descendants. On tient le Japon d'aujourd'hui pour constitué seulement de son archipel, mais à son apogée, en 1942, il englobait la Corée, l'essentiel de la Chine, Taïwan, les îles Sakhaline, les Philippines, le Vietnam, la Thaïlande, le Laos, la Birmanie, la Malaisie et une grande partie de l'Indonésie, ainsi que bon nombre d'îles du Pacifique. L'héritage de cette époque continue de façonner l'Asie, encore aujourd'hui.
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SioSio   09 octobre 2020
Qu'on se plaise m'a paru naturel. Venus petits aux Etats-Unis, on savait ce que signifiait grandir en étrangers tâchant de devenir américains. ça nous aidait à apprécier les défauts de l'autre, ces aspects de nos personnalités respectives qui gardaient leur côté "fraîchement débarqué".
Mon aisance avec les statistiques, les chiffres, les aspects "concrets" de la vie le laissait de marbre. Certains de mes petits amis d'autrefois m'avaient dit que mon intérêt pour le quantifiable, pour la logique des mathématiques, me faisait paraître froide, peu féminine. Me débrouiller mieux que la plupart d'entre eux pour utiliser les outils électriques, talent nécessaire à la physique expérimentale, n'aidait guère. Evan était le seul homme capable de s'en remettre à moi quand je lui disais m'en tirer mieux que lui pour effectuer une tâche requérant une aptitude à la mécanique.
Je ne garde que de vagues souvenirs de la cour qu'il m'a faite, des souvenirs patinés par la dorure du sentiment, mais ils sont tout ce qu'il me reste. Si on me permet de réutiliser ma machine un jour, je voudrais retourner à cette époque.
J'aimais aller en voiture avec lui séjourner dans des pensions de famille du New Hampshire pour cueillir des pommes. J'aimais le voir m'adresser un sourire idiot lorsque je cuisinais des plats tout simples tirés d'un livre de recettes. J'aimais marcher à ses côtés le matin et me sentir heureuse d'être une femme. J'aimais qu'il campe sur ses positions s'il avait raison et cède avec élégance s'il avait tort au cours de nos discussions enfiévrées. J'aimais qu'il se range de mon côté lorsque je me disputais avec d'autres et qu'il m'appuie jusqu'au bout même s'il estimait que je me trompais.
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SiabelleSiabelle   26 janvier 2017
Pour vraiment voyager dans le temps, il nous faut franchir un dernier obstacle.
Les particules de Bohm-Kirino permettent de recréer, en détail, les informations de tous types autour du moment de leur création : la vision, le son, les micro-ondes, l'odeur de l'antiseptique et du sang, le piquant de la cordite et de la poudre au fond des narines.
Mais cela représente une masse d'informations colossale, même pour une seule seconde. On n'avait aucun moyen de la stocker, sans parler de la traiter en temps réel.
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AelinelAelinel   02 octobre 2016
"J'ai été l'un des premiers à remettre en cause la décision d'Evan d'envoyer en priorité des volontaires possédant des liens de parenté avec les victimes de l'Unité 731 plutôt que des historiens ou des journalistes. Bien sûr, il souhaitait que les familles des victimes fassent leur deuil, mais des pans entiers d'histoire ont ainsi disparu à jamais pour apaiser des chagrins personnels, puisque sa technique est destructrice, comme vous le savez : une fois qu'il a envoyé un observateur à un endroit et à un moment précis, les particules de Bohm-Kirino s'annihilent et nul ne peut retourner là-bas. (...) Evan aurais sans doute dû lui aussi attendre qu'on invente un moyen d'enregistrer le passé sans l'effacer par la même occasion. Seulement, il aurait peut-être été trop tard pour les familles des victimes qui allaient bénéficier le plus de ces souvenirs. Il se débattait sans cesse entre les revendications antagonistes du passé et du présent." (P. 41-42)
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Vidéo de Ken Liu
Qui ne connait pas Ken Liu ? Notre auteur est né en 1976 à Lanzhou, en Chine, avant d'émigrer aux USA à l'âge de onze ans. Depuis une quinzaine d'années, il dynamite les littératures de genre, collectionnant distinctions et prix littéraires, dont le Hugo, le Nebula et le World Fantasy Award. Sous nos latitudes, il s'est fait connaître avec le recueil “La Ménagerie de papier” (2015), lauréat du Grand Prix de l'Imaginaire, ainsi que le court roman “L'Homme qui mit fin à l'histoire”. La parution toute récente de “Toutes les saveurs”, western fantastique, dans la collection “Une heure-lumière” sera l'occasion de le questionner sur son oeuvre…
Animation : Pierre-Paul Durastanti Interprétariat : Cyrielle Lebourg-Thieullement Illustrations : Aurélien Police
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