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ISBN : 2070342522
Éditeur : Gallimard (01/02/2007)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 150 notes)
Résumé :
Au début des années soixante, dans la forêt qui entoure une petite ville de Bavière faussement paisible, a lieu un drame effroyable que le secret et le silence recouvrent bien vite. Paul Marleau est un adolescent français qui séjourne en Allemagne chez un correspondant. Il fait la connaissance de Clara, fille d'un ancien médecin de la Wehrmacht. Enfants de la paix, ils comprennent que des «fêlures de guerre» se propagent dans la douceur apparente de leur époque. Gue... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
andreas50
  13 avril 2018
Le prologue du roman est un conte; un conte noir, fantastique, baroque.
Il introduit le thème principal qui s'articule autour du mal, de la guerre, de la métamorphose des hommes durant celle-ci, leurs responsabilités, leurs choix, la banalisation du mal, les remords, l'expiation.
L'épilogue reprend le conte pour en éclairer rétrospectivement l' histoire et conclure celle-ci par une morale.
Le récit s'étend sur une période allant de 1941 à 2037, au travers des destins des deux personnages principaux, Paul Marleau et Clara Lafontaine.
On peut même parler de deux récits; le premier, de loin le plus intéressant; est une série d'allers-retours entre 1941 et 1963.
Le deuxième, du printemps 1964 à 2037, année de la mort de Paul.
Eté 1963, Paul Marleau, jeune Français de 16 ans séjourne chez un correspondant , Thomas, à Kehlstein, petite ville de Bavière. le cadre est enchanteur, le paysage romantique, typiquement allemand. Les habitants semblent heureux, sont de joyeuse humeur et accueillants. Ils aiment la nature, faire la fête, boire, rigoler, rêver. Mais derrière cette apparente bonhommie, se cache une paix lourde, brumeuse; une paix amnésique. Les gens sont-ils la proie d'anciennes terreurs ? Sont-ils obsédés par un sentiment de culpabilité ? de responsabilité historique ?
Durant son séjour, Paul Marleau va croiser le chemin de Clara Lafontaine, jeune Allemande, un peu excentrique, un peu fée des bois, avec qui il va connaître les premiers émois amoureux.
Les deux jeunes gens vont très vite se rendre compte qu'ils sont liés par un passé douloureux et ont le sentiment de ne pouvoir échapper au Mal.
Juillet 1941, la Wehrmacht a enfoncé le front soviétique et avance à marches forcées vers Moscou.
C'est la période des grandes victoires, des embouteillages gigantesques qui ralentissent la progression des panzers. le lieutenant Moritz et le docteur Lafontaine, originaires de Kehlstein sont bloqués avec leur unité à Kramanetzk, petite ville d'Ukraine. Ils côtoient des commandos SS et leurs milices ukrainiennes chargés de nettoyer les arrières des armées en massacrant Juifs, Bolchéviques, partisans. Hommes, femmes, enfants sont abattus une balle dans la nuque et jetés dans d'immenses fosses communes. Débordé par la masse de sale travail, le commandement SS demande du renfort parmi les hommes de Moritz. Horrifié, il propose au docteur Lafontaine de soustraire les enfants, en bonne santé, des mains de leurs bourreaux. L'opération de sauvetage va échouer, et, revenus sains et saufs de cette guerre totale, Moritz et Lafontaine ne se remettront jamais de ces horreurs.
Moritz se suicidera avec ses deux jeunes enfants dans la forêt de Kehlstein. Lafontaine se donnera corps et âme, nuit et jour à ses patients, aidé de sa fille Clara.
Paul Marleau traîne lui aussi un passé de culpabilité, de victime de l'Histoire. Son père, célébré comme un grand résistant, a versé un jour dans la collaboration. Quelques années après la guerre il sera abattu par des tueurs proches de la Résistance.
Les destins de Paul et Clara se précisent et vont souvent se croiser et se séparer au fil d'une période ponctuée de grands événements et de perpétuels conflits dans le monde.
Tous deux vont chercher à exorciser le passé, à oublier les horreurs, à échapper au Mal.
Paul va se lancer dans la sculpture, mode d'expression de ses angoisses, va se marier, et partir s'installer dans le Vercors, lieu plus propice à la réflexion, à la création et symbole de résistance, de combat contre la Mal.
Clara, jamais remise de son enfance se fera photographe- reporter de guerre, une autre façon d'oublier le passé, d'atteindre la rédemption.
Mais l'art ne fait pas changer la réalité. Leur histoire se termine par un échec. le roman de Pierre Péju est désespéré, pessimiste.
Sous les illusions de la paix, il y a toujours la violence et la reprise des horreurs est toujours possible. L'Homme retombe sans cesse dans le Mal. La démesure du Mal paralyse sa capacité d'émotion. Peut-on se représenter le Mal quand il devient excessif ? L'Homme ou l'ogre ressent du plaisir pour le Mal.
La première partie du récit de Pierre Péju aurait suffi pour faire un excellent roman. La deuxième, répétitive, enrichie de personnages secondaires sans grande utilité, un récit qui perd de son intérêt et se dilue dans tous les sens.
Tout cela malgré les excellentes pages de réflexions originales, émouvantes sur l'art, la nature, l'humanisme, la vie, la mort.
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Commenter  J’apprécie          250
horline
  05 mai 2011
Le rire de l'ogre est assurément un roman où rien n'est simple et lumineux ; tout est inquiétant, sombre, voire terrifiant à l'image de cet ogre pas encore affamé qui surprend deux jeunes enfants égarés s'aventurant dans la forêt, et qui fait résonner son rire plein de cruauté tout au long de ce roman …oui, c'est un conte fantastique qui sert de bobine de fil qu'il faut tirer pour dérouler un récit énigmatique.
Au début des années soixante, Paul Marleau, jeune garçon timide et introverti, passe l'été dans un village allemand qui garde enfoui dans sa mémoire un drame terrible lequel va hanter durablement et implicitement la conscience du garçon et de Clara, rencontrée dans ce village bavarois. Ce drame évoque la résurgence des horreurs de la guerre ou comment le massacre d'enfants juifs commis par la Wechrmacht va pénétrer l'esprit et la chair d'un de ses officiers revenu à la vie normale mais qui ne connaîtra pourtant la paix qu'en égorgeant ses propres enfants dans la forêt noire surplombant la vallée de Kehlstein, à la manière d'un ogre affamé.
Bien qu'épargnés par la guerre, Paul et Clara se découvrent inaptes au bonheur une fois adultes, comme si leur âme était imprégnée des mêmes blessures secrètes provoquées par cette guerre qu'ils n'ont connue, comme s'ils étaient eux-mêmes broyés par une guerre invisible.
Unis par un lien puissant et énigmatique, ils vont chacun de leur côté tenter de comprendre tout au long de leur vie ce mystère de l'horreur humaine. Devenus sculpteur et photographe de guerre, ils n'auront d'autres outils que la gradine et l'appareil photo pour exprimer leur vision de la monstruosité dont est capable l'homme.
Avec ce roman, Pierre Péju explore les effets du passé, ces traumatismes qui peuvent se cristalliser même sur ceux qui sont étrangers aux tourments du chaos. La mémoire se révèle alors vivace tellement elle est étouffante, violente tellement elle est sombre, et ce d'autant plus qu'elle affecte des adolescents. A l'âge où le cerveau est perméable à tout ce qui l'entoure, les fantômes du passé ne pouvaient que s'accaparer ces esprits fragiles.
Indubitablement, c'est un passé chevillé au corps qui ne laisse pas indemne ses héros que nous raconte l'auteur.
Toutefois, dans cette ambiance obscure l'écriture de P. Péju apparaît paradoxalement lumineuse et même romantique tant il maîtrise la description des ressorts psychologiques de ses personnages. Il pose un regard clairvoyant, pénétrant sur les évènements et les émotions qui agitent Paul, avec une finesse d'esprit qui sied à un philosophe. Jamais d'excès de sensibilité, mais une écriture raffinée qui parvient à rendre visible ce qui relève de l'imperceptible…une prose qui éclaire une trame constellée d'énigmes et de mystères qui ne font qu'intensifier l'atmosphère inquiétante.

Cependant, la césure du roman entre l'adolescence et l'âge adulte de Paul m'a laissée perplexe. Cette césure révèle deux univers différents qui m'ont laissé suggérer qu'il y avait peut être deux romans tant la tonalité est dissemblable. La première partie déborde de tristesse, de brume et même de malaise.... avec un index particulièrement appuyé sur une inquiétude trop mystérieuse, l'atmosphère est parfois pesante. La narration s'en trouve affectée. le désespoir apparaît démesuré et les coeurs en ruine tant l'auteur s'attache à marquer le drame au burin…Heureusement la seconde partie n'obéit pas aux mêmes codes. Peut être parce qu'avec le temps, Paul a pu accéder à une certaine sérénité et qu'il n'est plus l'adolescent ombrageux au regard grave et intransigeant.
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Nebulas
  13 novembre 2015
C’est l’histoire de la vie de Paul, un sculpteur français. Au début du livre, nous sommes en 1963, presque vingt ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un jeune garçon français, Paul, passe quelque temps dans un village en Allemagne. Bien que le village ait échappé à la destruction de la guerre, on y trouve quand même les conséquences de la guerre parmi les habitants. Paul est un garçon morose et sensible qui a perdu son père quand il avait 12 ans. Son père, un héros de la résistance française, a été assassiné. On n’a jamais pu résoudre ce meurtre. Pendant son séjour en Allemagne, Paul rencontre une jeune fille allemande, Clara. Elle fait une grande impression sur lui. Clara est une fille énigmatique qui pour une quelconque raison intrigue Paul. Après être revenu chez lui en Paris, Paul rencontrera Clara de temps en temps pendant le reste de sa vie.
C’est un livre difficile à critiquer. J’ai aimé le style de l’écriture, les descriptions de la nature, du village allemand, les habitants, toutes ces descriptions sont belles et parfois poétiques. Les thèmes sont aussi intéressants : les conséquences psychologiques de la guerre pour les survivants en général, mais, peut-être, aussi les effets d’une perte d’un parent pour le caractère et pour la vie affective d’un enfant.
Or, je trouve le livre un peu déséquilibré. Le début et le premier tiers du livre sont excellents ; l’ambiance méchante de la nature, les émotions de Paul, elles sont vraiment crédibles. En effet, cette première partie du livre aurait été une très belle nouvelle, je le donnerais cinq étoiles. Cependant, la deuxième partie du livre ne m'a pas plu. C’est la partie sur la vie de Paul après son retour d’Allemagne à Paris jusqu’à son mort en 2037. Il y a quelques rencontres avec Clara et nous découvrons finalement le secret de l’assassinat de son père. Malheureusement, l’histoire ne devient pas vraiment captivante. Les plus importants personnages de sa vie, sa mère, Clara, son épouse Jeanne, elles restent plates, ils sont des figurants sans vrai intérêt. Il y a des événements intéressants, Paul assiste même à « la révolution » de 1968 à Paris, mais l’histoire reste superficielle.
Le livre n’est pas mauvais. La première partie est vraiment promettant, mais la suite est décevante et manque de profondeur et les personnages et les sentiments manquent de la couleur. Le livre a gagné le Prix du roman Fnac en 2005.

Lien : http://nebulas-nl.blogspot.n..
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lilicrapota
  20 mai 2012
1- le style est surprenant : j'ai mis un peu de temps à rentrer dans le livre mais peu à peu, la beauté des mots, le charme éthéré des phrases, la musicalité des émotions, la peinture des lieux m'ont séduite.
2- l'histoire qui "décrit" toute une vie, celle de Paul de son adolescence à sa mort, entrecoupée de ses rencontres, notamment celles, existentielles, de Clara et de Jeanne, est elle aussi surprenante. Certaines de ses "quêtes" resteront à jamais mystérieuses (l'origine du drame de la forêt de Bavière) tandis que d'autres trouveront leur résolution (la mort de son père). Mais elles le poursuivront toute sa vie, l'habiteront jusqu'à lui faire perdre la raison, jusqu'à gouverner sa vie.
ou comment un "évènement" de son enfance, qui n'est absolument pas "traumatique" dans les faits, peut laisser sa trace, s'insinuer de façon durable et profonde dans le paysage futur d'un être.
je ne connaissais pas l'auteur, mais j'ai très envie de le découvrir!
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Renod
  30 septembre 2014
La guerre est finie, oui, mais le mal, lui, est toujours présent. Après l'horreur, les peuples sont pressés de passer à autre chose, les "trente glorieuses", et à passer sous silence ou à oublier ce passé. Mais comment vivre ou survivre avec ces traumatismes si intimes? Si certains brillent par leur facilité à exister, à jouir, en toute insouciance, d'autres sont marqués à jamais par ce mal. Les personnages principaux de ce roman, deux adolescents, un Français et une Allemande, sont enserrés par leurs angoisses. Ils passeront leurs vies à se chercher, à purger cette douleur. Pour d'autres, la résilience, la culpabilité, la folie, le suicide...
L'auteur utilise le registre du conte avec talent. Un seul regret : les deux parties peuvent sembler inégales.
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critiques presse (3)
ActuaBD   13 décembre 2018
D'après un roman de Péju, récit d'amour et de deuil où les personnages n'arrivent pas à faire des choix. Un ton intime au plus près des sensibilités humaines.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest   02 octobre 2018
Un album plaisant, à l'étroit dans ses cent-vingt pages.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi   24 septembre 2018
Le Rire de l’ogre est une expérience de lecture enrichissante, profonde et originale. Et qui donne immanquablement envie de lire aussi le roman de Pierre Péju.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   30 août 2014
Après une marche sans but dans les rues de Paris, je franchis les grilles du Luxembourg, passe sous la voute des vieux marronniers, pour rejoindre l'allée des Reines qui surplombe le grand bassin au bord duquel les enfants se bousculent pour repousser des voiles blanches que les ondes concentriques formées par la chute du jet d'eau leur ramènent inlassablement. Souvenir de livres d'images. Temps suspendu. Cris d'allégresse dans la lumière. L'enfance dispose de beaux manèges ensoleillés. La jeunesse s'en fabrique de plus obscurs.
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horlinehorline   05 mai 2011
Les hommes, c’est l’un après l’autre qu’on imagine leur calvaire, pas en masse. Si la souffrance est massive, elle devient abstraite. L’humain en général, l’humain exterminé en masse échappe à notre compassion. Dans son journal, le docteur notera : " Pourquoi, face à la démesure du mal, notre capacité d’émotion est-elle paralysée ? De même que notre conscience n’enregistre pas les trop petites perceptions, nous ne parvenons pas à nous représenter le mal, quand il est excessif "…
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NebulasNebulas   15 novembre 2015
Les S.S. le regardent descendre l'escalier avec Klara, qu'il place dans la file des femmes qui vont mourir. Il a l'air concentré d'un achiviste qui achève un classement délicat.
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horlinehorline   05 mai 2011
Après tout, avoir seize ans au début des années soixante, en Europe, quoi de mieux ? J’ai l’intuition qu’il suffirait de très peu de chose pour que se développe en moi une aptitude au bonheur. Crayons abandonnées. Pages blanches. Carnets refermés. Heures de solitude enfin abolies. Vivement dimanche !
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kathykathy   17 avril 2011
"Comme ce doit être bon de se laisser aller à ce qui vient, de jouir d'une grande paix innocente. Rien derrière soi: il ne s'est rien passé! Et mille occasions de plaisirs devant soi. Le monde est à nous! Du soleil par-dessus le marché. Logique de paix. Logique heureuse." Mais...

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Videos de Pierre Péju (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Péju
Une journée de dédicaces, de rencontres et d'animations à l'occasion du festival Livres à vous, au Grand Angle à Voiron (Pays Voironnais). Avec comme invités d'honneur : Pierre Péju, Jo Witek et Rémi Courgeon !
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