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ISBN : 2367627509
Éditeur : Audiolib (12/09/2018)
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Note moyenne : 3.84/5 (sur 382 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture:
Trois cadavres de jeunes noirs échouent sur la plage d'une île paisible de l'Archipel du Chien ; une petite île de pêcheurs et d'agriculteurs peuplée d'une poignée d'individus qui se connaissent tous. Révéler la présence de ces malheureux migrants risquerait de compromettre un projet d'hôtel thermal censé raviver l'économie. Le Maire et le Docteur décident d'escamoter les corps. Il y a ceux qui acceptent de se taire et ceux qui s'insu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (163) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  10 mars 2018
Philippe Claudel dans son dernier livre nous revient avec un conte noir pour nous rappeler, remettre à la lumière du jour, une triste vérité, un sujet douloureux toujours actuel, depuis presque deux décennies. Un beau jour sur une île paisible de pêcheurs de l'Archipel du Chien, trois cadavres de jeunes noirs échouent sur la plage. «  C'est une erreur », dira le Maire de l'île, qui les découvre, voilà pour l'attitude, qui vous donne aussi une idée de ce qui va suivre.
Claudel, confronte divers morales de divers personnages très typés, le Maire, l'Instituteur, le Curé ( avec lequel, il est sans pitié), le Docteur, la Vieille....et le C.....,face à la tragédie et y insère une énigme, reprenant l'argument, "The big Brother is watching you", un caractère d'Orwell, qui malheureusement entre-temps est devenu réalité. Partant d'une tragédie humaine, il développe une farce tout aussi humaine, mais dommage, truffée de clichés et peu convaincante.
Philippe Claudel est un auteur que j'aime énormément. Ce dernier livre est toujours bien dans la forme, mais le fond, en plus des clichés, m'a parue rafistolé et moralisateur; quand à sa morale de justice divine, elle est peut cohérente avec sa non « croyance ». Ce n'est que mon avis bien sûr. Je le préfère dans la vraie fiction ou dans ses passions et ses vécus. Après une dizaine de livres, c'est ma première petite déception. Mais je recommande quand même sa lecture car "in fine fine" c'est du Claudel et vous pourriez en avoir un tout autre ressenti.

"La plupart des hommes ne soupçonnent pas chez eux la part sombre que pourtant tous possèdent. Ce sont souvent les circonstances qui la révèlent, guerres, famines, catastrophes, révolutions, génocides. Alors quand ils la contemplent pour la première fois, dans le secret de leur conscience, ils en sont horrifiés et ils frissonnent."
Je remercie les éditions Stock et NetGalley pour l'envoie de ce livre.
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palamede
  03 mai 2018
Une île perdue au milieu de nulle part. Trois cadavres de migrants africains échoués que les notables préfèrent cacher pour éviter une publicité négative qui ferait capoter un projet immobilier — le hic étant la conscience de l'instituteur opposé à cette dissimulation.
Ce livre, comme dans Les âmes grises, a son lot de citoyens au-dessus de tous soupçons prêts aux pires compromissions pour sauvegarder leurs intérêts, en un endroit où, à la manière de Simenon, l'ambiance pesante est celle d'un lieu en vase clos. Des hommes, que l'on retrouve souvent chez Philippe Claudel, surtout des mauvais guidés par leur égoïsme, qui ont parmi eux une âme pure que la voix discordante désigne comme bouc émissaire.
Une histoire exemplaire, qui si elle est parfois manichéenne et moralisatrice n'en reste pas moins réaliste sur l'indifférence, l'égoïsme, l'individualisme des populations face au sort des migrants. La lâcheté étant aussi partagée par le plus grand nombre de ceux qui laissent faire. D'actualité et bien écrit, L'Archipel du chien a le grand mérite d'engager une réflexion sur un problème trop souvent occulté, collectivement et individuellement.
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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joedi
  12 avril 2018
La Voix raconte, elle se dit ni homme ni femme, se veut-elle être la voix de notre conscience ? Dans un premier chapitre très court, elle décrit dans l'utopique Archipel du Chien, une de ses îles où se déroule l'histoire.
Sur cette petite île de pêcheurs, de cultivateurs et de vignerons, la plage est formée de galets, l'île est en partie recouverte de la lave noire d'un volcan, le Brau, qui, régulièrement, se rappelle aux habitants. C'est sur cette plage inhospitalière que s'échouent trois corps, trois Noirs.
Le maire ne veut pas de ces cadavres de migrants, il lui faut cacher cette réalité morbide, pour cela il va se montrer capable du pire.
Dans L'Archipel du Chien, une fable au climat noir sur le drame des migrants, Philippe Claudel dénonce l'égoïsme et la lâcheté dont sont capables certains hommes.
Encore cette fois, Philippe Claudel, de sa belle écriture, m'a charmée.
À lire !
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fanfanouche24
  22 mars 2018
Je me suis précipitée sur le dernier roman de cet auteur dont j'apprécie la sensibilité, le style et la variété des thèmes abordés : universels, existentiels, comme sociétaux ! Celui-ci est bien sombre, interpelle sur un drame mondial actuel, le sort de tous les Migrants...
"Des papiers d'identité les auraient reliés au monde, à un pays, une administration humaine, une histoire, une famille. Mais là, rien. Rien qui permettait de savoir leur nom, leur âge, le pays qu'ils avaient fui. Rien qui pût dire de qui ils étaient les fils, les frères, les maris, les pères." (p. 54-55)
L'histoire est tragiquement simple : quelques notables d'une île découvrent sur l'une des côtes de leur île, trois cadavres de jeunes hommes noirs... Ils sont préoccupés, soucieux de cacher ce sinistre événement , car le maire est en pourparlers, et en négociations commerciales pour le projet de Thermes...Une perspective de prospérité et de développement pour leur
île...qu'il ne veut surtout pas compromettre !!...
Le curé, le maire, le Docteur, un pêcheur, l'ancienne institutrice à la retraite, et le jeune instituteur, en fonction...vont se réunir pour savoir ce qu'ils doivent faire...
Tous veulent oublier et surtout cacher les corps de ces trois jeunes hommes noirs, sauf l'Instituteur qui veut dire la vérité et enterrer dignement ces "malheureux" !..
L'instituteur dérange au plus haut point... et comme il n'est pas, comme les autres "décideurs" , originaire de l'île... il deviendra le bouc-émissaire , et subira une machination honteuse... pour discréditer sa parole !... Je n'en dirai pas plus long !!
"Qu'est-ce que la honte, et combien la ressentirent ? Est-ce la honte qui rattache les hommes à l'humanité ? Ou ne fait-elle que souligner qu'ils s'en sont irréversiblement éloignés ? "(p. 243)
""Vous êtes pourtant intelligent. Je comptais sur vous. Et je suis certain que vous êtes un homme bon.
- Je suis surtout un homme lâche, lui avait-il répondu.
-Un homme lâche ? avait repris, songeur, l'Instituteur.
-C'est presque un pléonasme, non ? " avait conclu le Docteur. (p. 268)"
Un roman oppressant , présentée comme une fable qui met au centre la lâcheté des hommes... ainsi que leur besoin de bouc-émissaire pour échapper à leur pleine responsabilité...et leur culpabilité...lors de choix complexes...
Une angoisse, une tension allant crescendo au fil du récit...La vie d'une île où vivent pêcheurs, paysans, quelques notables : le Docteur, le Curé, le Maire ... Il est question de Morale, des combats constants, universels entre le Bien et le Mal, la cupidité, l'égoïsme, le racisme...et les luttes d'une minorité pour mettre en accord ses convictions et ses actions, en dehors d' intérêts personnels....
Des scènes marquantes, terrifiantes...dont cette gigantesque pêche au thon, annuelle, qui se prolonge par des festivités et le couronnement du Roi (Le pêcheur le plus adroit) de cette pêche quasi mythique...
Des descriptions hyper-réalistes dont celles des odeurs, qui se communiquent littéralement et physiquement à nous...Impressionnant....
Un roman marquant... nous interpellant sans ménagement...dans les choix médiocres [ humainement], les dérapages multiples , que nous pouvons faire...dans une sorte de confort personnel et banalisation de certains actes... Fable dérangeante qui parle des "salauds ordinaires" !!!....

[ *****pour achever ces lignes, l'envie de signaler Une jaquette des plus réussies, réalisée par Lucille Clerc]
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Jeanfrancoislemoine
  10 avril 2019
Je constate ,avec satisfaction d'ailleurs, que ce livre a suscité de très nombreuses critiques et donc été lu par nombre d'entre nous . Ma critique n'apportera pas grand chose de nouveau , ce serait grande prétention de ma part , mais , comme j'adore terminer mes lectures par un commentaire , je ne dérogerai pas à ce qui est devenu un rituel des plus agréables pour moi .Isabelle ( c'est ma libraire ) m'a mis en garde : "ça ,c'est noir " , " oui , merci , mais moi ,les romans noirs , je connais et j'adore ". Il est des fois où l'on ferait mieux de museler son ego , de faire preuve de grande modestie....Là , voyez- vous , j'ai manqué d'humilité car, dans ce bouquin , ce sont les gens qui m'entourent que j'ai retrouvés, et moi , naturellement , et ce que j'ai découvert n'est pas terrible....Quoi ? L'homme est capable de tout ça ? Ben oui....Ces horreurs , on les découvre " chez les autres " , pas ici ....et encore c'est à l'heure des infos à la télé , des images , un film , rien de plus ...C'est donc ça l'humanité . Oh mais bien sûr, mais que de clichés, que de choses ressassées , mais vite oubliées . Aujourd'hui à la retraite , je me demande comment , avec tous ces gens intelligents , tous ces philosophes , intellectuels qui prennent la parole dans les médias , les horreurs décrites dans ce roman peuvent perdurer? On en a une petite idée dans ce roman très noir , terrible car il décrit sans distanciation le monde contemporain dans toute sa violence , sa brutalité . Un conte qui n'a rien de merveilleux , un conte douloureux , un conte terrible.
Porté par une écriture particulièrement belle , avec des images d'une incroyable force , des personnages sans doute stéréotypés mais , au final très proches de ceux que l'on côtoie chaque jour , Philippe Claudel frappe fort , très fort . L'humanité...ah , l'humanité....Le sort réservé à un personnage , en particulier , m'a bouleversé . Attention , un coup de pied dans la fourmilière , aucun crédit à qui que ce soit , et tout s'écroule dans une insoutenable , puanteur . Glauque , gluant , puant , oui , voilà , bienvenue sur " l'Archipel du chien"....Isabelle vous prévient . Comme moi , vous pouvez ne pas la croire...mais attention , elle connaît son sujet. Ne venez pas vous plaindre . Eux , c'est nous...et on en prend plein la figure...Bon , oui , plus on est de fous....
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critiques presse (7)
LaPresse   07 août 2018
Après les monstres décrits dans son roman précédent, "Inhumaines", que pouvait bien mijoter Philippe Claudel dans sa marmite volcanique ? La réponse est solide comme le roc du désespoir : L'archipel du chien est une fable tout aussi cinglante et à désespérer du genre humain.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Chatelaine   06 août 2018
Philippe Claudel signe ici une critique féroce de l’hypocrisie européenne face au sort des migrants. Un sujet sombre, évidemment, mais que Claudel traite avec un humour incisif et une ironie qui laissent pantois. Voilà un roman magnifiquement écrit, truffé de rebondissements spectaculaires, dont on ne sort pas indemne.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
LeJournaldeQuebec   28 mai 2018
Une fable grinçante magnifiquement racontée, qui en dit long sur l’égoïsme et la lâcheté des hommes.

Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaLibreBelgique   13 avril 2018
Philippe Claudel dissèque avec cruauté les noirceurs de la nature humaine.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaCroix   09 avril 2018
Philippe Claudel signe une parabole oppressante sur le drame des migrants, une fable terrifiante sur la lâcheté et le poids de la conscience.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   09 avril 2018
Pour écrire « L’Archipel du Chien », une parabole sur la crise migratoire, le romancier a autant emprunté au conte qu’au théâtre.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   23 mars 2018
L'auteur des Âmes grises et du Rapport de Brodeck sonde la face sombre des êtres de manière quasi chirurgicale. Dans son nouveau livre, il nous propose une galerie de portraits qui fait frémir.

Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (173) Voir plus Ajouter une citation
M_a_r_cM_a_r_c   10 juillet 2019
Le temps a passé sur l’île mais n’a rien arrangé. Ce n’est pas son rôle. Ovide a écrit que le temps détruit les choses, mais il s’est trompé. Seuls les hommes détruisent les choses et détruisent les hommes, et détruisent le monde des hommes. Le temps les regarde faire et défaire. Il coule indifférent comme la lave a coulé du cratère du Brau un soir de mars, pour napper de noir l’île et chasser les derniers vivants.
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M_a_r_cM_a_r_c   10 juillet 2019
Lorsqu'on veut abattre son chien, on l'accuse d'avoir la rage. Les antiques recettes ont fait leurs preuves et fonctionnent en tout temps. Il suffit de les mettre au goût du jour. Que l'Instituteur fût innocent ou non de ce dont on l'accusait n'était pas le principal problème. Le principal problème était qu'on l'accusait. En quelque sorte, et quelle que soit l'issue de l'affaire, le mal était fait. Il resterait et rien ne pourrait le laver.
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M_a_r_cM_a_r_c   10 juillet 2019
Il s'en foutait, du salut des âmes, du Purgatoire, de l'Enfer et de toutes ces conneries. Une lointaine formation de comptable lui avait appris que la vie n'était qu'une addition terrestre de moments heureux et amers qui, au final, quoi qu'on fasse, compose un bilan nul.
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M_a_r_cM_a_r_c   10 juillet 2019
On se dispersa. La Vieille repris sa promenade comme si rien n'avait eu lieu. Le chien tournait autour d'elle. Il était heureux comme seules peuvent l'être les bêtes qui vivent dans le présent, qui ne savent rien du passé, ni des souffrances et des questions de l'avenir.
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Eve-YesheEve-Yeshe   07 juin 2018
Je suis certain que vous vous poserez tôt ou tard une question légitime : a-t-il été le témoin de ce qu’il nous raconte ? Je vous réponds oui, j’en ai été le témoin. Comme vous l’avez été mais vous n’avez pas voulu voir. Vous ne voulez jamais voir. Je suis celui qui vous le rappelle. Je suis le gêneur. Je suis celui à qui rien n’échappe. Je vois tout. Je sais tout. Mais je ne suis rien et j’entends bien le rester. Ni homme, ni femme. Je suis la voix, simplement. C’est de l’ombre que je vous dirai l’histoire.

Les faits que je vais vous raconter ont eu lieu hier. Il y a quelques jours. Il y a un an ou deux. Pas davantage. J’écris « hier » mais il me semble que je devrais dire « aujourd’hui ». Les hommes n’aiment pas l’hier. Les hommes vivent au présent et rêvent de lendemains. P 10
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Philippe Claudel remet le Goncourt du premier roman 2019 à Marie Gauthier pour "Court vêtue" et brosse un rapide portrait des autres livres en lice.
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