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ISBN : 2234085950
Éditeur : Stock (14/03/2018)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 174 notes)
Résumé :
« Le dimanche qui suivit, différents signes annoncèrent que quelque chose allait se produire. Ce fut déjà et cela dès l'aube une chaleur oppressante, sans brise aucune.
L'air semblait s'être solidifié autour de l'île, dans une transparence compacte et gélatineuse qui déformait ça et là l'horizon quand il ne l'effaçait pas : l'île flottait au milieu de nulle part. Le Brau luisait de reflets de meringue. Les laves noires à nu en haut des vignes et des vergers f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (100) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  10 mars 2018
Philippe Claudel dans son dernier livre nous revient avec un conte noir pour nous rappeler, remettre à la lumière du jour, une triste vérité, un sujet douloureux toujours actuel, depuis presque deux décennies. Un beau jour sur une île paisible de pêcheurs de l'Archipel du Chien, trois cadavres de jeunes noirs échouent sur la plage. «  C'est une erreur », dira le Maire de l'île, qui les découvre, voilà pour l'attitude, qui vous donne aussi une idée de ce qui va suivre.
Claudel, confronte divers morales de divers personnages très typés, le Maire, l'Instituteur, le Curé ( avec lequel, il est sans pitié), le Docteur, la Vieille....et le C.....,face à la tragédie et y insère une énigme, reprenant l'argument, "The big Brother is watching you", un caractère d'Orwell, qui malheureusement entre-temps est devenu réalité. Partant d'une tragédie humaine, il développe une farce tout aussi humaine, mais dommage, truffée de clichés et peu convaincante.
Philippe Claudel est un auteur que j'aime énormément. Ce dernier livre est toujours bien dans la forme, mais le fond, en plus des clichés, m'a parue rafistolé et moralisateur; quand à sa morale de justice divine, elle est peut cohérente avec sa non « croyance ». Ce n'est que mon avis bien sûr. Je le préfère dans la vraie fiction ou dans ses passions et ses vécus. Après une dizaine de livres, c'est ma première petite déception. Mais je recommande quand même sa lecture car "in fine fine" c'est du Claudel et vous pourriez en avoir un tout autre ressenti.

"La plupart des hommes ne soupçonnent pas chez eux la part sombre que pourtant tous possèdent. Ce sont souvent les circonstances qui la révèlent, guerres, famines, catastrophes, révolutions, génocides. Alors quand ils la contemplent pour la première fois, dans le secret de leur conscience, ils en sont horrifiés et ils frissonnent."
Je remercie les éditions Stock et NetGalley pour l'envoie de ce livre.
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palamede
  03 mai 2018
Une île perdue au milieu de nulle part. Trois cadavres de migrants africains échoués que les notables préfèrent cacher pour éviter une publicité négative qui ferait capoter un projet immobilier — le hic étant la conscience de l'instituteur opposé à cette dissimulation.
Ce livre, comme dans Les âmes grises, a son lot de citoyens au-dessus de tous soupçons prêts aux pires compromissions pour sauvegarder leurs intérêts, en un endroit où, à la manière de Simenon, l'ambiance pesante est celle d'un lieu en vase clos. Des hommes, que l'on retrouve souvent chez Philippe Claudel, surtout des mauvais guidés par leur égoïsme, qui ont parmi eux une âme pure que la voix discordante désigne comme bouc émissaire.
Une histoire exemplaire, qui si elle est parfois manichéenne et moralisatrice n'en reste pas moins réaliste sur l'indifférence, l'égoïsme, l'individualisme des populations face au sort des migrants. La lâcheté étant aussi partagée par le plus grand nombre de ceux qui laissent faire. D'actualité et bien écrit, L'Archipel du chien a le grand mérite d'engager une réflexion sur un problème trop souvent occulté, collectivement et individuellement.
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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joedi
  12 avril 2018
La Voix raconte, elle se dit ni homme ni femme, se veut-elle être la voix de notre conscience ? Dans un premier chapitre très court, elle décrit dans l'utopique Archipel du Chien, une de ses îles où se déroule l'histoire.
Sur cette petite île de pêcheurs, de cultivateurs et de vignerons, la plage est formée de galets, l'île est en partie recouverte de la lave noire d'un volcan, le Brau, qui, régulièrement, se rappelle aux habitants. C'est sur cette plage inhospitalière que s'échouent trois corps, trois Noirs.
Le maire ne veut pas de ces cadavres de migrants, il lui faut cacher cette réalité morbide, pour cela il va se montrer capable du pire.
Dans L'Archipel du Chien, une fable au climat noir sur le drame des migrants, Philippe Claudel dénonce l'égoïsme et la lâcheté dont sont capables certains hommes.
Encore cette fois, Philippe Claudel, de sa belle écriture, m'a charmée.
À lire !
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fanfanouche24
  22 mars 2018
Je me suis précipitée sur le dernier roman de cet auteur dont j'apprécie la sensibilité, le style et la variété des thèmes abordés : universels, existentiels, comme sociétaux ! Celui-ci est bien sombre, interpelle sur un drame mondial actuel, le sort de tous les Migrants...
"Des papiers d'identité les auraient reliés au monde, à un pays, une administration humaine, une histoire, une famille. Mais là, rien. Rien qui permettait de savoir leur nom, leur âge, le pays qu'ils avaient fui. Rien qui pût dire de qui ils étaient les fils, les frères, les maris, les pères." (p. 54-55)
L'histoire est tragiquement simple : quelques notables d'une île découvrent sur l'une des côtes de leur île, trois cadavres de jeunes hommes noirs... Ils sont préoccupés, soucieux de cacher ce sinistre événement , car le maire est en pourparlers, et en négociations commerciales pour le projet de Thermes...Une perspective de prospérité et de développement pour leur
île...qu'il ne veut surtout pas compromettre !!...
Le curé, le maire, le Docteur, un pêcheur, l'ancienne institutrice à la retraite, et le jeune instituteur, en fonction...vont se réunir pour savoir ce qu'ils doivent faire...
Tous veulent oublier et surtout cacher les corps de ces trois jeunes hommes noirs, sauf l'Instituteur qui veut dire la vérité et enterrer dignement ces "malheureux" !..
L'instituteur dérange au plus haut point... et comme il n'est pas, comme les autres "décideurs" , originaire de l'île... il deviendra le bouc-émissaire , et subira une machination honteuse... pour discréditer sa parole !... Je n'en dirai pas plus long !!
"Qu'est-ce que la honte, et combien la ressentirent ? Est-ce la honte qui rattache les hommes à l'humanité ? Ou ne fait-elle que souligner qu'ils s'en sont irréversiblement éloignés ? "(p. 243)
""Vous êtes pourtant intelligent. Je comptais sur vous. Et je suis certain que vous êtes un homme bon.
- Je suis surtout un homme lâche, lui avait-il répondu.
-Un homme lâche ? avait repris, songeur, l'Instituteur.
-C'est presque un pléonasme, non ? " avait conclu le Docteur. (p. 268)"
Un roman oppressant , présentée comme une fable qui met au centre la lâcheté des hommes... ainsi que leur besoin de bouc-émissaire pour échapper à leur pleine responsabilité...et leur culpabilité...lors de choix complexes...
Une angoisse, une tension allant crescendo au fil du récit...La vie d'une île où vivent pêcheurs, paysans, quelques notables : le Docteur, le Curé, le Maire ... Il est question de Morale, des combats constants, universels entre le Bien et le Mal, la cupidité, l'égoïsme, le racisme...et les luttes d'une minorité pour mettre en accord ses convictions et ses actions, en dehors d' intérêts personnels....
Des scènes marquantes, terrifiantes...dont cette gigantesque pêche au thon, annuelle, qui se prolonge par des festivités et le couronnement du Roi (Le pêcheur le plus adroit) de cette pêche quasi mythique...
Des descriptions hyper-réalistes dont celles des odeurs, qui se communiquent littéralement et physiquement à nous...Impressionnant....
Un roman marquant... nous interpellant sans ménagement...dans les choix médiocres [ humainement], les dérapages multiples , que nous pouvons faire...dans une sorte de confort personnel et banalisation de certains actes... Fable dérangeante qui parle des "salauds ordinaires" !!!....

[ *****pour achever ces lignes, l'envie de signaler Une jaquette des plus réussies, réalisée par Lucille Clerc]
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Kittiwake
  06 avril 2018
Quels procédés permettent à ce récit de prétendre au titre de fable, de conte des temps modernes?
En premier lieu : l'universalité des thèmes abordés.
L'exil a mis les peuples et les individus en danger depuis la nuit des temps, quelle que soit la cause : fuite d'un danger, bannissement, rêve d'un ailleurs meilleur...mais ce qui le distingue des migrations anciennes , c'est l'exploitation de la détresse des déracinés , détresse qui alimente la cupidité de passeurs sans scrupules. C'est pourquoi dans L'Archipel du chien la fable prend des airs de faits divers bien présents dans l'actualité.
Puis la nature érigée au rang de personnage
Gaia , la terre mère qui se rebelle par l'entremise d'un volcan pétomane, dont les pestilences s'insinuent partout.
Enfin, la recherche d'un bouc émissaire, celui qui paiera le prix cher, juste pour masquer les odieuses pratiques des notables. A choisir de préférence parmi les plus récemment admis dans la communauté , cible désignée par la une fâcheuse propension à mettre le nez dans les affaires qui fâchent. Là aussi les légendes du monde grec et barbare n'ont pas fait mieux .
Mais Philippe Claudel n'a pas oublié que ses lecteurs sont bien ancrés dans le 21e siècle , à travers un personnage qui apporte un peu de légèreté au propos, et qui prend les traits d'un enquêteur peu banal, mais tout de même très évocateur de ces limiers des temps modernes, malins mais profondément asociaux voire psychopathes.
Drôle aussi la matérialisation d'un Dieu omniprésent et omniscient qui surveille ses ouailles de manière très technologique .
Tout cela est fort bien ficelé , avec un art de l'écriture qui n'a plus à faire ses preuves . Tout à fait à la hauteur du Rapport de Brodeck ou des Ames grises.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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critiques presse (7)
LaPresse   07 août 2018
Après les monstres décrits dans son roman précédent, "Inhumaines", que pouvait bien mijoter Philippe Claudel dans sa marmite volcanique ? La réponse est solide comme le roc du désespoir : L'archipel du chien est une fable tout aussi cinglante et à désespérer du genre humain.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Chatelaine   06 août 2018
Philippe Claudel signe ici une critique féroce de l’hypocrisie européenne face au sort des migrants. Un sujet sombre, évidemment, mais que Claudel traite avec un humour incisif et une ironie qui laissent pantois. Voilà un roman magnifiquement écrit, truffé de rebondissements spectaculaires, dont on ne sort pas indemne.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
LeJournaldeQuebec   28 mai 2018
Une fable grinçante magnifiquement racontée, qui en dit long sur l’égoïsme et la lâcheté des hommes.

Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaLibreBelgique   13 avril 2018
Philippe Claudel dissèque avec cruauté les noirceurs de la nature humaine.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaCroix   09 avril 2018
Philippe Claudel signe une parabole oppressante sur le drame des migrants, une fable terrifiante sur la lâcheté et le poids de la conscience.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   09 avril 2018
Pour écrire « L’Archipel du Chien », une parabole sur la crise migratoire, le romancier a autant emprunté au conte qu’au théâtre.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   23 mars 2018
L'auteur des Âmes grises et du Rapport de Brodeck sonde la face sombre des êtres de manière quasi chirurgicale. Dans son nouveau livre, il nous propose une galerie de portraits qui fait frémir.

Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (106) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   07 juin 2018
Je suis certain que vous vous poserez tôt ou tard une question légitime : a-t-il été le témoin de ce qu’il nous raconte ? Je vous réponds oui, j’en ai été le témoin. Comme vous l’avez été mais vous n’avez pas voulu voir. Vous ne voulez jamais voir. Je suis celui qui vous le rappelle. Je suis le gêneur. Je suis celui à qui rien n’échappe. Je vois tout. Je sais tout. Mais je ne suis rien et j’entends bien le rester. Ni homme, ni femme. Je suis la voix, simplement. C’est de l’ombre que je vous dirai l’histoire.

Les faits que je vais vous raconter ont eu lieu hier. Il y a quelques jours. Il y a un an ou deux. Pas davantage. J’écris « hier » mais il me semble que je devrais dire « aujourd’hui ». Les hommes n’aiment pas l’hier. Les hommes vivent au présent et rêvent de lendemains. P 10
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BookycookyBookycooky   10 mars 2018
C’était toujours pareil avec les hommes qui ont étudié. Le Maire se disait que si le monde tournait si mal, c’était la faute aux hommes comme l’Instituteur, empêtrés d’idéaux et de bonté, qui cherchent jusqu’à l’obsession l’explication du pourquoi du comment, qui se persuadent de connaître le juste et l’injuste, le bien et le mal, et croient que les frontières entre les deux versants ressemblent au tranchant d’un couteau, alors que l’expérience et le bon sens enseignent que ces frontières n’existent pas, qu’elles ne sont qu’une convention, une invention des hommes, une façon de simplifier ce qui est complexe et de trouver le sommeil.
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BookycookyBookycooky   10 mars 2018
Mais non, je ne dormais pas : j’étais bien dans mon bureau avec ce dément sorti de nulle part, qui m’avait fichu la paix pendant les soixante années que j’ai vécues jusqu’ici et dont j’ignorais l’existence pour mon plus grand bonheur, qui me parlait des satellites, qui essayait de me convaincre que Dieu, en comparaison des satellites, c’était de la pisse de chat. Qu’on avait grâce aux satellites élevé à la puissance 14 l’idée de Dieu.
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palamedepalamede   05 mai 2018
Le Maire se disait que si le monde tournait mal, c’était la faute aux hommes comme l’Instituteur, empêtrés d’idéaux et de bonté, qui cherchent jusqu’à l’obsession l’explication du pourquoi et du comment, qui se persuadent de connaître le juste et l’injuste, le bien et le mal, et croient que les frontières entre les deux versants ressemblent au tranchant d’un couteau, alors que l’expérience et le bon sens enseignent que ces frontières n’existent pas, qu’elles ne sont qu’une convention, une invention des hommes, une façon de simplifier ce qui est complexe et de trouver le sommeil.
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nathiec44nathiec44   06 juin 2018
Un récit noir et cynique, pourtant jubilatoire que j’ai dévoré d’une traite !
Un huis clos court et efficace porté par une Voix (celle de la conscience ?) avec pour seul décor une île de l’Archipel du chien, vraisemblablement située dans le bassin méditerranéen. Une terre austère et rude, dominée par le volcan Brau, en sommeil.
Cette île est habitée par des personnages atypiques : le maire, le curé qui se consacre aux abeilles (tellement peu de fidèles dans son église), la vieille institutrice revêche, le docteur, le nouvel instituteur qui « n’est pas d’ici » et d’autres affublés de surnoms fantaisistes.
Tout commence un matin par la découverte de trois corps échoués sur la plage ; trois hommes jeunes et noirs rejetés par la mer. Que faire ? Alerter les autorités ? Le risque alors est d’entacher la réputation de l’île et de compromettre un projet de thermes, aubaine pour l’économie locale.
Le maire tranche, les autres suivent bon gré pour la majorité, mal gré pour l’instituteur. Les corps sont alors jetés dans les entrailles du volcan pour disparaître à jamais.
C’est alors qu’un étrange personnage débarque, un commissaire, le plus sombre et le plus cynique de tous, qui boit sans trouver l’ivresse ; il va attiser les tensions et encourager le maire à prendre une décision bien cruelle.
La colère du volcan sera terrible, des odeurs pestilentielles envahissent les lieux, il gronde et menace, fait trembler les choses et les êtres.
Quand la rentabilité, la cupidité et les projets économiques priment sur la morale, quand la vie et la réputation d’un homme pèsent pour si peu, nul doute que l’auteur s’est inspiré de l’actualité et de ses contemporains pour livrer ce conte très noir. Bien sûr chacun pensera inévitablement aux images terribles de ces exilés qui fuient la mort et la misère, tentant de trouver une terre d’accueil trop souvent hostile.
J’ai aimé cette noirceur, ce cynisme. Une fable cruelle, grinçante et dérangeante. Le lecteur devient voyeur malgré lui et s’interroge sur ses convictions.
En résumé, un récit aux tréfonds les plus noirs de l’âme humaine à découvrir sans tarder !
Merci à #netgalleyfrance# et aux Editions Stock de m'avoir permis de découvrir ce livre.
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