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ISBN : 2742758143
Éditeur : Actes Sud (28/10/2005)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 191 notes)
Résumé :
La guerre, son éternel recommencement, son lot d'obsessions tenaces, de souvenirs engendrés, de victimes. Après L'Élégance des veuves et Grâce et Dénuement, Alice Ferney revient sur un thème déjà bien emprunté dans la littérature, de Roland Dorgelès à Henri Barbusse, de Louis-Ferdinand Céline à Thierry Illouz : celui de la Grande Guerre. Vu de l'intérieur ici (d'où le titre), depuis l'ordre de mobilisation, un certain 2 août 1914, à l'armistice, le 11 novembre 1918.... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
zabeth55
05 octobre 2013
1914. Jules part à la guerre, laissant à la ferme sa femme Félicité, son fils de deux ans, sa mère et son jeune frère.
Combien de livres écrits sur ce sujet !
Mais que celui-ci est bien écrit.
Comme d'habitude, Alice Ferney décortique méticuleusement les évènements et les sentiments.
Tout au long des pages, on sent le poids et la lourdeur de la guerre, dans les tranchées où les hommes vivent l'enfer, dans les maisons où les femmes attendent et tremblent.
Ceci est accentué par la mise en forme : des pages aux lignes serrées, un peu étouffantes, dans lesquelles les dialogues sont imbriqués dans le texte, sans aucun signe de ponctualité, tirets ou guillemets.
C'est souvent long et oppressant, comme était longue et oppressante cette guerre.
Rien ne nous est épargné dans le tragique quotidien des tranchées.
Que Jules et Félicité sont de belles personnes !
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Eric75
29 janvier 2011
Formidable récit décrivant l'histoire d'un famille landaise dans le déroulement de la première guerre mondiale. le choix du style un peu désuet donne une authenticité supplémentaire : on ne s'exprimait pas en 1914 comme en 2009. Une fois entré dans la lecture et dans l'époque, on ne peut véritablement plus lâcher ce livre.
Cette histoire aurait très bien pu être celle de nos grands-parents et arrières grands parents, la Grande Guerre a meurtri toutes les familles françaises, en laissant des traces indélébiles longtemps après. Ici, elle est racontée de l'intérieur, par ceux qui la vivent : ni à la façon des historiens ou des statisticiens, qui analysent et commentent avec recul en évaluant le nombre effarant des victimes, ni même à la façon de ceux qui l'ont vécue, sous la forme d'un témoignage, nécessairement auto censuré et exprimé longtemps après les faits. Elle est racontée par ceux qui la vivent, au quotidien, sous le feu de l'ennemi, et qui ne savent donc pas s'ils seront encore là demain ou dans l'heure qui suit. Par ceux qui exécutent les ordres et qui s'efforcent de tenir des positions au péril de leur vie, pour obéir à des stratégies militaires qu'ils ne comprennent pas.
On s'attache rapidement aux héros de l'histoire : le soldat envoyé au front, la femme aimante et la mère acariâtre restées seules à la ferme, les camarades de combat, et le chien, qui traverse la France entière pour retrouver son maître. Ce récit à plusieurs voix (y compris celle du chien Prince, personnage à part entière, d'une intelligence supérieure et doué d'émotions) est aussi l'entrecroisement de plusieurs histoires d'amour : entre Jules et Félicité, les époux séparés par la guerre, entre Jules et son chien, inséparables.
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thedoc
07 décembre 2015
« Dans la guerre » nous plonge, comme son nom l’indique, au coeur de la Première guerre mondiale. Nous suivons les déplacements de Jules, paysan landais, mobilisé comme des milliers d’autres pour partir sur le front combattre l’ennemi allemand. Lorsque le tocsin de son village a sonné, Jules a tout laissé derrière lui : sa femme Félicité, son jeune enfant de deux ans, sa mère et surtout son fidèle compagnon, Prince, un colley tout malheureux de voir partir son maître. D’un côté voici donc la guerre, dans toute sa réalité crue : les obus qui éclatent, les longues marches des régiments qui n’en finissent plus, les moments de découragement, l’absurdité des combats et de certains soldats… mais aussi, les belles rencontres, l’amitié et la fidélité entre les compagnons d’armes. De l’autre, voilà les femmes restées seules au pays, à devoir gérer le quotidien, à gérer l’absence et l’attente. Et puis, au milieu de ces hommes et ces femmes, il y a ce chien, Prince, qui n’hésite pas à parcourir des kilomètres pour retrouver son maître. Là, au côté de Jules, Prince va lui aussi connaître tous les heurts et malheurs de la guerre 14-18.
Ce roman d’Alice Ferney, qui aborde le thème de la Première guerre mondiale déroge quelque peu aux règles qui régissent les romans historiques habituels car cette fois-ci c’est essentiellement à travers les yeux d’un chien que nous suivons l’histoire/l’Histoire. Prince, compagnon fidèle vite transformé en « chien-soldat », contribue à dénoncer la barbarie du conflit. Utilisé malgré lui, il joue un rôle éminent, convoyant des messages, ou détectant les survivants au sein des amas de victimes. Comme ses compagnons humains, la pauvre bête doit subir cette guerre sans trop savoir à quoi tout cela mène si ce n’est à la mort.
Dans une ambiance angoissante et triste, Alice Ferney use de sa sensibilité pour décrire l’état psychologique des soldats au front et des femmes restées à l’arrière. Ce n’est pas le sentiment guerrier et patriotique qui domine dans ce roman mais plutôt l’inverse : le rejet de la guerre, la peur de son destin livré au hasard des combats, la révolte face à l’obligation de se soumettre au devoir patriotique. L'auteur offre également au passage un très beau portrait de femme, différent des habituels clichés exposés dans les livres d'histoire : l'émancipation, le travail et le courage des femmes durant la Première guerre mondiale ne s'est pas réalisé sans douleur et sans sacrifice. Félicité, jeune mère en proie à l'hostilité sourde d'une belle-mère acariâtre, a sûrement rêvé d'une autre vie pour elle et son mari.
Le style de l’auteur est sobre tout en étant émouvant. Précis et travaillé, il décrit parfaitement personnages, lieux et événements. L'absence de dialogues et l'écriture "compacte" créent cette impression d'étouffement et d'angoisse que ressentaient les hommes dans les tranchées. Malgré quelques longueurs au cœur de l’histoire, ce roman demeure une très bonne lecture sur ce thème et, à côté du couple Jules/Félicité, la découverte d’une belle histoire d’amour entre un maître et son chien.
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july57
26 avril 2016
Avec "Dans la guerre" Alice Ferney nous offre un triple regard sur la guerre 1914-1918.
Tout d'abord, le lecteur entre dans cette guerre en même temps que Jules, avec son lot de massacres journaliers, les camarades tués subitement, les tranchées boueuses et insalubres jonchées de cadavres disloqués, le bruit assourdissant et permanent des canons... Et toujours cette peur de mourir omniprésente à chaque minute passée dans cette horreur.
Ensuite, à travers la correspondance entre Jules et sa femme, on découvre l'envers du décor qui n'est guère plus réjouissant: les relations tendues entre belle-fille et belle-mère, les travaux harassants à la ferme, la solitude difficile à supporter pendant ces années, la mère de Jules qui meurt sans avoir revu son fils. Tout ce quotidien qui s'écoule sans la présence de Jules et qui sera à jamais perdu
Enfin, le point de vue de ce chien exceptionnel, Prince, qui parcourt des centaines de kilomètres pour retrouver son maître. Il devient la mascotte et le confident des soldats de la compagnie.
Avec ces 3 personnages, le lecteur comprend toute l'absurdité de la guerre, de toutes les guerres:
- absurdité de tous ces sacrifices inutiles de soldats,
- absurdité pour les familles privées d'un fils, d'un mari, d'un père,
- absurdité pour ce chien qui ne comprend pas ce comportement animal, lui qui a été éduqué avec tant d'humanité.
Un très beau livre sur les liens précieux entre soldats, mari et femme, homme et animal...et qu'on a du mal à refermer tant les personnages sont attachants.
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michfred
21 février 2015
Dans le flot des livres sur la guerre de 14 celui-ci mérite qu'on s'y arrête: toujours très bien écrit -c'est Alice Ferney-, fin, subtil et profond, il ouvre aussi un double point de vue: celui du front, où se trouve Jules et celui de l'arrière où est sa femme, Félicité.
Ce pourrait être du déjà-vu, mais Jules est agent de liaison, il a un chien avec lui, une bête magnifique, intelligente, courageuse. L'animal dans la guerre, voici une des nouveauté, et non des moindres, de ce beau roman.
A l'arrière, Félicité est l'otage de sa belle-famille, elle travaille aux champs sous la férule de sa belle-mère. Et à côté d'un tout jeune homme, son beau-frère. de la chair fraîche dans un monde sans hommes...
La vision d'une France de 14-18 rurale, essentiellement féminine, quivoit les femmes, par la force des choses, prendre lentement une place que la société machiste leur interdisait depuis longtemps, est aussi une rareté.
Femme et chien "Dans la guerre"...deux intrus, deux histoires de libération douloureuse...
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Citations & extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
Florence94Florence9414 août 2012
Chacun était rendu à lui-même, à la solitude absolue de sa vie qui n'appartient qu'à lui. Chacun se trouvait seul enfermé dans sa peau vulnérable. La blessure d'un autre n'était jamais la vôtre, qui ne serait pas celle d'un autre. S'ils en partageaient la perspective, ils ne prendraient part qu'à leur propre mort.
Le régiment de Jules avait fait de longues marches, Prince les refaisait à son tour... Des traces invisibles lui marquaient le chemin, mille empreintes et effluves essaimés pour lui, ce texte que gravent les odeurs, et qui s'offre aux bêtes minutieuses, peut-être comme récompense de leur silence, ou bien de leur fidélité.
Combattre n'était donc pas un jeu ! Les engagés volontaires, les revanchards, ceux que l'enthousiasme patriotique rendait belliqueux alors qu'ils étaient tendres, tous devenaient maintenant capables de se l'avouer vraiment. On les avait embobinés dans un fil de mots ! L'aventure guerrière n'était pas bravoure et décorations. On pouvait s'y trouver perdu et angoissé.
Pour la première fois de sa vie, Jules déplora que son chien ne parlât pas le langage des hommes... Privé de mots ! Quel sort était-ce? Une grâce ou une malédiction?
Qui d'autre, ayant reçu le langage en cadeau, avait toujours à la fin choisi les armes plutôt que les mots?
On croit tuer des types qui veulent nous tuer et méritent de mourir. Mais, dit-il, ne pouvant s'empêcher de poursuivre vers ce qui le faisait souffrir, moi je sais qu'ils sont comme nous les Boches : ils voudraient être chez eux. Un silence se fit. Cette symétrie de soi et de l'ennemi troublait.
Un enfant qui naît ouvre une fenêtre dans le coeur de sa mère, par où, tant qu'il vit coule l'amour qu'elle a pour lui, et par où s'enfuit la vie qu'elle perd quand il meurt, disait Julia après la naissance de Jules.
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michelekastnermichelekastner03 mars 2014
Beaucoup de très jeunes soldats n'avaient encore, avant la guerre, jamais vu un mort de près. Et voilà qu'ils en découvraient des centaines ! Joseph était un autre. Déjà s'étaient détruits en un coup de fusil sa candeur et son élan. Maintenant il se rappelait le visage grave de sa mère lorsqu'elle revenait de faire une toilette mortuaire. Comme il admirait alors les femmes, capables d'affronter ce mystère caché, ce silence, cette fausse immobilité d'un corps en transformation, dans l'odeur douceâtre dont elles murmuraient à voix basse qu'elle monte si vite que c'est à peine croyable, et qu'elles voulaient qualifier, peut-être pour s'en défaire. Jamais il n'avait osé accompagner sa mère, et même lorsque le père était mort, il n'avait pas voulu le voir. Cette chair abandonnée, livrée aux bêtes minuscules, quel effroi ! Aujourd'hui il identifiait une dizaine de corps, les dépuoillait de leur uniforme et les transportait jusqu'à leur dernière place. Et Joseph avait changé d'idée. Ces cadavres n'étaient pas habités comme il l'avait cru, ils avaient encore leur nom et leur histoire, leur blessure les racontait et les faisiat revivre. Joseph devenait capable d'imaginer leurs derniers instants. Sous le sang collé et la plaie de leur blessure, il reconnut Tilleul et Chabat qui se moquaient vilainement de lui. Il éprouvait une tendresse pour eux. Des hommes qui vous étaient détestables debout dans leur vie devenaient attendrissants couchés dans leur mort. C'était un miracle de la guerre de faire éclore cette compassion dans le temps de la haine, cette certitude que nous sommes proches les uns des autres parce que promis au même sort silencieux. Les rescapés nommaient chaque défunt, et priaient pour lui avant de l'allonger dans la fosse. Les soins qu'ils apportaient à ceux que la guerre avait tués, s'il advenait qu'ils ne pussent plus les prodiguer, seraient-ils encore des hommes ? Ils seraient moins que des chiens, pensait Artéguy, des vautours, des hyènes...
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Eric75Eric7515 juin 2011
Alors les femmes restèrent seules. Sur le versant silencieux de la guerre : non pas sous l'orage d'acier mais dans le ruissellement des pleurs, loin du pétillement de la bataille mais dans l'attente anxieuse de ses effets, là où se froisse un visage quand arrive un papier timbré, où une larme se fraye son chemin dans une chevelure jusqu'à l'oreiller.
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dnaldnal29 novembre 2009
Les naissances sont des instants que le corps et l'esprit unis scellent dans la memoire. Elle se plia au rituel : s'allongea, pensa à respirer paisiblement, commença d'ecouter son corps comme savent le faire les femmes, allant vers lui pour le deviner, connaître son projet, le suivre avec son âme. Elle se remit à lui toute entière, comme on se remet à son coeur quand il aime et qu'il n'y a plus rien à comprendre. Elle attendit qu'advienne en elle - pour elle et au-delà d'elle - une oeuvre de la chair. : une vie supplémentaire venue emplir la sienne, un pas à côté du sien, un souffle d'enfant qui dort, une merveille.
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patatarte2001patatarte200125 avril 2015
Attendre ! Attendre était une chose insupportable, pensait déjà Félicité. Voilà tout ce qu'on l'on demandait aux femmes, se disait-elle. C'était la première fois qu'elle avait pareille idée, mais sa justesse lui mettait soudain la colère au cœur. Attendre d'être plus grande pour aller au bal. Attendre d'être mariée pour connaître un homme. Attendre un enfant. Attendre que la guerre finisse. Attendre sans participer. Attendre comme une noix, qu'on vous ramasse pour vous jeter dans le panier du malheur ou dans celui du bonheur. Pauvres filles !
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