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EAN : 9782221011973
492 pages
Éditeur : Robert Laffont (01/05/1984)

Note moyenne : 4/5 (sur 153 notes)
Résumé :
A la fin du XVIIIème siècle, l'Afrique est encore l'Afrique. Un continent noble et sauvage. Entre Bamako et Tombouctou, Ségou est un royaume florissant. Les Bambaras - polythéistes et animistes - un peuple invincible.
Culte des ancêtres, sacrifices rituels, chants des griots... tout semble immuable. Pourtant, de grands bouleversements se préparent L'esclavage fait rage. Les Européens se prennent pour de grands civilisateurs. L'islam - d'abord considéré comme ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  09 septembre 2020
C'est d'une auteure Guadeloupéenne, Maryse Condé et de son livre « Ségou , tome 1 : Les murailles de terre » (Éditions Robert Laffont – 1984), dont je vais parler un peu. Un peu car livre plus que dense, très intéressant au possible, mais impossible à résumer.
Je vous livre déjà une information : il ne faut pas omettre de lire les « Notes historiques et ethnographiques » à partir de la page 485 ainsi que, à la suite, les « Appendices » qui consistent en des cartes.
« Ségou » est un ouvrage historique qui retrace la chute du royaume bambara et on y découvre le destin de trois frères. Il est composé de cinq parties.
On rencontre des « chiens fous dans la brousse » (expression bambara pour désigner les voleurs d'enfants) – des Markas, des Malinkés, des Bambaras (bien sûr) – des musulmans – des Coulibali Massasi (il existe deux catégories de Coulibali : ceux de Ségou et ceux de Kaarta)… et je ne vais rajouter plus d'énumération de ces peuples car ils sont vraiment très nombreux. On évoque aussi des « commerçants » dioulas à la recherche d'esclaves, une véritable « chasse à l'homme », un trafic très rentable, dans laquelle les Français et les Anglais n'hésitaient pas à se porter des coups bas.
Évocations également Historiques ainsi que religieuses (Islam) sur le problème de la foi : « La foi est comme un fer chaud, clamait Amadou Hammadi Boubou. En se refroidissant, elle diminue de volume et devient difficile à façonner. Il faut donc la chauffer dans le Haut Fourneau de l'Amour et de la Charité. » (p.137)
Des questions aussi sur ce que représente la vie : « Un fugitif passage qui ne laisse aucune trace à la surface de la terre. Un enchaînement d'épreuves dont on ne perçoit même pas la signification ? » (p.271). Sans parler du problème de vouloir civiliser l'Afrique en la christianisant : « Tout peuple ne possédait-il pas sa propre civilisation que sous-tend la croyance en ses dieux. Et en christianisant l'Afrique, que faisait-on sinon lui imposer une civilisation étrangère. »
Ainsi que vous le voyez, les réflexions et informations sont tellement nombreuses et recherchées, c'est une histoire hantée par le colonialisme qu'a écrit Maryse Condé (avec une grande documentation), car malgré la douceur de vivre antillaise, il y existe également un lourd passé colonial. Avec son écriture si riche, elle réussit à captiver le lecteur malgré la foule d'informations.
C'est une saga que j'avais lue tranquillement afin de laisser pénétrer mon esprit par la densité jamais lassante car on désire connaître les destins de ces hommes, de ce pays, de cette partie de l'Afrique ainsi que de l'Afrique entière avec certaines scènes d'horreur.
En guise de conclusion, j'ai préféré relever les dernières lignes de cet ouvrage :
« La guerre st bonne puisqu'elle enrichit nos rois.
Femmes, captifs, bétail, elle leur procure tout cela.
La guerre est sainte puisqu'elle fait de nous des musulmans.
La guerre est sainte et bonne.
Qu'elle embrasse donc nos ciels…
Mohammed pensa à sa mère Maryem qu'il n'avait pas vue depuis tant d'années. Il pensa à Ayisha. Puis serrant les dents, il ne pensa plus à rien. Qu'à se garder en vie. »
A suivre : « Ségou, tome 2 : La terre en miettes. »
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soelmaju
  10 janvier 2009
Ce roman relève les quatre événements qui se sont passées et qui ont mis l'Afrique en ébullition : l'influence de l'esclavage, l'influence de l'Islam, l'influence du christianisme et l'influence du colonialisme. La famille de Dousika Traoré souffre durant des générations à cause de ces influences sur les habitants de Ségou. La souffrance de la famille Traoré symbolise la souffrance de tout le continent africain et la complexité à résoudre les problèmes qui ont duré plusieurs générations.
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PiertyM
  17 octobre 2013
C'est une grande épopée Segou de Maryse que j'ai lu il y a plus d'une quinzaine d'année mais que je n'ai jamais oublié.
J'aime même été influencé par elle parce que j'avais faire l'histoire à l'époque une fois à l'université alors que je n'étais qu'au collège.
Bref j'ai beaucoup aimé ce livre. Avec la perte de sa beauté, de sa tranquillité, de sa prospérité, l'Afrique devient la proie de l'esclavagisme et de la civilisation occidentale et arabe.
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rotsenamrub
  18 avril 2020
Énorme coup de coeur que la découverte dans les années 80 de cette saga de Maryse Condé.
C'est la magnifique fresque de l'Afrique d'avant, celle de ses royaumes et de ses peuples, de leurs premières rencontres avec l'Islam puis l'occident, qui nous est magnifiquement présentée.
L'auteure mêle petite et grande Histoire en faisant surfer les destinés d'une poignée de personnages sur les tumultueuses vicissitudes historiques du continent.
A la fois, instructif, passionnant, épique, enchanteur, terrible et touchant.
En un mot inoubliable.
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vince971
  03 février 2020
Il s'agit du premier tome d'une saga épique se déroulant dans l'ancien royaume de Ségou (Mali actuel) qui retrace l'histoire des quatre fils du roi Dousika. C'est un roman riche qui touche à de nombreux sujets tels que la religion, l'ascendance, l'esclavage ou encore le métissage culturel. Il faut saluer un grand travail de recherche historique de l'auteur pour façonner ses personnages, elle qui a notamment vécu quelques années au Mali. Condé nous montre les ravages des campagnes d'invasions étrangères sur un empire Africain autrefois glorieux. On apprend énormément sur les anciens empires africains de la baie du Bénin et des différents groupes ethniques qui les composaient : les traditions agricoles, les modes de gouvernance, les croyances polythéistes et l'omniprésence des ancêtres et des sorciers pour prévoir l'avenir et agir en conséquence.
C'est une écriture très engagée et un plaidoyer contre l'intolérance et les préjugés raciaux. Les descendants de Dousika Traoré montre une résilience remarquable face au danger de voir s'effondrer toute leur culture ancestrale. Néanmoins, ils emprunteront des trajectoires très différentes. Ce roman intergénérationnel traverse les frontières de l'espace et du temps, et c'est un vrai régal. Je recommande vivement.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   10 septembre 2020
Eucaristus lisait ses chers récits de voyage et de découvertes. Mais aussi les romans de Laurence Sterne, Charles Dickens, Jane Austen, William Thackeray…
P.399
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nadiouchkanadiouchka   05 septembre 2020
Au sortir de Ségou, ce sont les marches du désert.
La terre est ocre et brûlante. L’herbe, quand elle parvient à pousser, est jaunâtre. Plus souvent, elle cède la place à une croûte désolée et pierreuse dont se nourrissent seulement les baobabs, les acacias et l’arbre à karité, symbole de toute la région.
P.51
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psamboupsambou   30 novembre 2014
Non, on se battait pour satisfaire des orgueils et des intérêts royaux. Il avait envie de se dresser et de hurler. Mais sa voix serait étouffée sous le battement des tam-tams de guerre... C'est pour cela qu'il y a des tam-tams de guerre, pour couvrir les cris de révolte des hommes !
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Bruno_CmBruno_Cm   13 octobre 2019
Civiliser l'Afrique en christianisant. Qu'est-ce que cela signifiait ? Tout peuple ne possédait-il pas sa propre civilisation que sous-tend la croyance en ses dieux. Et en christianisant l'Afrique, que faisait-on sinon lui imposer une civilisation étrangère ?
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tgranductgranduc   07 octobre 2012
Malobali avait beau lui répéter que c'était la coutume en pays bambara, que Nya sa mère, à la mort de Dousika, avait été donnée à son frère cadet Diemogo pour le plus grand bien de la communauté, Romana croyait flairer en tout cela comme un parfum d'inceste.
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Vidéo de Maryse Condé
Entretien avec Maryse Condé pour "Ségou."
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