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ISBN : 2844120369
Éditeur : Joëlle Losfeld (22/02/2000)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Ce roman a pour cadre une ville du Proche-Orient gouvernée par un tyran grotesque. Un petit groupe de contestataires a décidé de le combattre avec pour arme principale la dérision. Ils orchestrent donc, à son insu, une subtile campagne d'affichage qui provoque l'hilarité de la population. Cette fable, contée avec un humour souvent féroce, illustre un des thèmes privilégiés d'Albert Cosery : la force des hommes libres contre l'idiotie des nantis.

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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
steka
  18 octobre 2012
Un merveilleux petit roman du grand Albert Cossery, écrivain d'origine égyptienne et d'expression française. Ce petit livre qui date de 1964, retrouva récemment une nouvelle jeunesse fort légitime en circulant de manière plus ou moins clandestine parmi la jeunesse révoltée de Tunisie, d'Égypte et de quelques autres pays fatigués de leurs tyrans ubuesques. Si bien qu'il n'est pas exagéré d'estimer qu'il participa vaillamment à précipiter leur chute. Ses armes, l'humour et la dérision employés "stratégiquement". Ceci n'empêchera nullement d'apprécier la légèreté et la verve du style de Cossery, écrivain parfaitement atypique au regard de l'intellectualisme parisien; Paris où il vécut pourtant plus de 60 ans dans une chambre d'un petit hôtel de Saint-Germain, loin des médias et de toute ostentation.
Si vous ne connaissez pas encore Cossery, partez vite à la découverte de son oeuvre: il n'est pas du tout impossible qu'elle vous aide à affronter la vie avec un peu plus de bonheur et d'intelligence.
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5Arabella
  18 juillet 2016
Une ville non identifiée, mais qui ressemble à une ville égyptienne. le nouveau gouverneur fait du zèle, fait pourchasse les prostituées, interdit les mendiants. Un groupe se dresse contre ses agissements. Mais ses armes sont ceux de la dérision. Des mannequins imitant des mendiants, des lettres aux journées chantants la gloire du gouverneur d'une façon tellement outrée, qu'il est ridiculisé, des affiches à sa gloire tellement exagérés que les passants sont pliés de rire, et enfin le lancement d'une souscription pour une statue du tyran.
Derrière ce complot de la moquerie se cachent quelques jeunes gens, qui ont choisi de refuser de prendre la vie au sérieux. Mais les révolutionnaires professionnels veillent, outragés par cette façon de faire la guerre, et bien décidés à provoquer des actions sanglantes.
Albert Cossery creuse la veine de la dérision et du rire comme arme suprême. Ses héros choisissent les plaisirs simples de la vie et la moquerie des puissants. Ceux qui veulent occuper le pouvoir en se prenant au sérieux, sont renvoyés dos à dos, les révolutionnaires idéalistes arrivés au pouvoir seront aussi féroces pour la population que les tyrans d'aujourd'hui. Alors la seule arme des faibles est l'amour de la vie, la capacité à apprécier les petites choses de la vie et surtout à se délecter du ridicule sous toutes ses formes.
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Sivoj
  25 octobre 2016
Un concentré de sarcasme à l'encontre des bourgeois et des dirigeants, ce livre est une heureuse découverte. Nous ne sommes pas dans un roman réaliste mais dans le monde romancé du conte philosophique : des personnages d'une bienveillance hors-du-commun prônent la distanciation par rapport à la misère, le droit d'être inutile et non-productif, et le rire face à des dirigeants mégalomanes qui veulent être pris au sérieux. La révolution ici se veut non-violente, loin des constantes de tous les régimes : la police et les révolutionnaires. L'humour omniprésent, on apprend à rire d'une humanité entièrement folle plutôt qu'à se lamenter sur son sort, et à "combattre la bêtise et la violence par la louange démesurée du bourreau", de manière à indigner même les plus fervents défenseurs de la bêtise, sans tomber dans le piège d'une révolte armée encourageant l'autoritarisme d'un pouvoir crédibilisé dans son image et justifié dans ses mesures de représailles.
Un conte qui m'a plus charmé que ceux de Voltaire ; ici le travail n'éloigne pas "l'ennui, le vice et le besoin" comme dans Candide, c'est même l'opposé.
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Ingannmic
  03 mars 2017
Karim est un révolutionnaire repenti. Après avoir exprimé son sentiment de révolte par des actions parfois violentes, et l'avoir payé d'un séjour en prison, il a adopté une philosophie de vie qui le comble d'une joie permanente... considérer l'iniquité du monde et la bêtise de ceux qui le gouvernent à travers le prisme de leur irréductible absurdité, lui permet d'aborder l'existence avec un sens de la dérision qui le détache totalement des drames de l'existence. C'est son ami Heykal qui l'a initié à cette nouvelle façon de voir le monde.
Il faut dire que le dernier gouverneur en date donne de nombreuses occasions de se réjouir, tant sa suffisance et son despotisme révèlent l'ampleur de sa stupidité. Son principal credo est de débarrasser la ville de la mauvaise engeance qui atteint à sa respectabilité. La police pourchasse mendiants et prostitués, la paresse et la nonchalance sont jugés comme crimes contre la nation.
Estimant que répondre à l'injustice et à la tyrannie par la haine revient à entrer dans le jeu du pouvoir en adoptant une attitude similaire à ceux qui le détiennent, Heykal a décidé d'expérimenter une autre forme de contestation. La seule réponse à opposer à la bêtise ambiante, la seule manière de s'en différencier, est de pratiquer l'humour. Son plan d'attaque s'appuie sur une campagne de décrédibilisation du gouverneur. Pour ce faire, lui et ses amis placardent sur les murs de la ville des éloges si dithyrambiques à son égard qu'ils en deviennent risibles, poussant la flagornerie jusqu'à la rendre insultante.
J'ai retrouvé dans "La violence et la dérision" certains des ingrédients qui avaient fait de ma lecture de "Mendiants et orgueilleux" -titre avec lequel j'ai découvert Albert Cossery- un vrai moment de plaisir : la dimension théâtrale des situations, le trait caricatural avec lequel l'auteur dépeint ses personnages, et surtout cet hommage rendu à la joie et à l'épicurisme, cette volonté de s'amuser même des tragédies de l'existence, en traquant l'aspect burlesque et dérisoire de la plupart des actions humaines.
Malheureusement, j'ai trouvé que la brièveté du texte ne permet pas à l'auteur d'étoffer suffisamment ses personnages pour nous les attacher, ni d'exploiter véritablement la veine satirique de son intrigue. le lecteur se sent ainsi exclus de la farce dont on lui relate le déroulement sans lui en détailler le contenu. J'aurais aimé profiter moi aussi de la blague faite au gouverneur en prenant connaissance du texte des affiches, par exemple...
"La violence et la dérision" se limite ainsi à la relation d'un épisode plaisant mais peu marquant.
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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tristantristan
  04 décembre 2017
Ouvrir ce livre d' Albert Cossery, l'iconoclaste qui manie dérision et humour c'est avoir en mains un texte abrasif, toujours loin des sentiers battus, court ce qui ne gâte rien et qui offre un plaisir maximum.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   11 avril 2010
Il n’avait pas d’argent ni rien de précieux qui pût exprimer les sentiments de gratitude qu’il ressentait pour elle. Alors l’idée de fabriquer un cerf-volant à son intention, un cerf-volant qui ne fût pas à vendre, mais une œuvre d’art désintéressée, l’avait fait bondir du lit et se mettre au travail. Il avait choisi ses matériaux avec soin, comme s’il s’agissait de construire un palais pour la femme de ses rêves.
Maintenant il attendait que le cerf-volant fût parvenu à son apogée, bien fixe dans le ciel, pour appeler la jeune fille afin qu’elle vienne le contempler.
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fredalixfredalix   28 mai 2016
Aucune violence ne viendra à bout de ce monde bouffon, répondit Heykal. C'est justement ce que recherchent les tyrans: que tu les prennes au sérieux. Répondre à la violence par la violence, c'est leur montrer que tu les prends au sérieux. C'est croire en leur justice et en leur autorité, et ainsi tu contribues à leur prestige; tandis que moi je contribue à leur perte.
(...) En suivant les tyrans sur leur propre terrain; en devenant encore plus bouffon qu'eux. Jusqu'où iront-ils ? Et bien, j'irai toujours plus loin qu'eux. Je les obligerai à se dépasser dans la bouffonnerie. Pour ma plus grande joie.
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rkhettaouirkhettaoui   19 décembre 2015
On croyait encore dans le quartier que la perte prématurée des cheveux était l’apanage de la sagesse et du savoir, et Urfy entretenait cette illusion en portant souvent la main à son crâne lorsqu’il était en présence de parents sceptiques qui avaient l’audace de le traiter comme un jeune éphèbe sans avenir. Mais là ne s’arrêtaient pas les marques extérieures de son génie intellectuel. Urfy était aussi très myope. Il portait des lunettes à monture d’acier munies de verres d’une grosseur respectable à travers lesquelles son regard laissait filtrer une sévérité de bon aloi. Un maître d’école chauve et affligé de myopie, c’était plus qu’il n’en fallait pour forcer la confiance d’une population illettrée, imbue de cet axiome suivant lequel un aveugle ne peut faire du mal.
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fredalixfredalix   28 mai 2016
-Tu m'aimes ?
Dans sa bouche de gamine, cette question banale prenait une signification poignante. Heykal en fut assombri; il refusait de se laisser engloutir dans ce marécage affligeant de l'amour. Ce qu'il ressentait pour elle n'avait rien en commun avec cette passion farouche qu'elle semblait exiger de lui. Elle confondait un médiocre élan sentimental, fait de platitudes et de routine, avec l'incomparable complicité qui les liait. Mais comment lui expliquer la différence ?
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rkhettaouirkhettaoui   19 décembre 2015
Urfy avait besoin d’aimer sans arrière-pensée, sans détours, sans chicanes, et surtout pouvoir pardonner. Mais comment pardonner à un adulte ? Trop d’égoïsmes, de bêtises, de brutalités, d’ambitions déçues et aigries le séparaient de ses contemporains. L’ambition ! Ils étaient tous tenaillés par l’ambition. Arriver ! Arriver à quoi ? Et quand ils étaient enfin arrivés – au faîte de la gloire ou de l’argent – cela faisait d’eux d’épaisses brutes sanglantes, des monstres répugnants d’arrogance, incapables de ressentir la moindre parcelle d’un sentiment humain.
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Videos de Albert Cossery (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Albert Cossery
Ce film est un voyage dans l'espace et le temps avec Georges Moustaki, célèbre chanteur enfant de la Méditerranée, né en Egypte à Alexandrie. Sa vie, il l'a écrite dans des chansons,qui furent chantée aussi par Edith Piaf, Serge Reggiani, Paco Ibanez, Barbara,... des chansons qui ont su accompagner aussi des événements marquants de l'Histoire. Musique "Sans la nommer" de Georges Moustaki (Google Play • iTunes) Catégorie Films et animations Licence Licence YouTube standard
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