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ISBN : 2757845543
Éditeur : Points (16/10/2014)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 70 notes)
Résumé :
Lorsqu’il avait été enfin seul, et libre, en descendant de l’autocar qui l’avait emmené du sud de l’Espagne au nord de la France, Samba avait regardé autour de lui et c’était la France, c’était Paris, alors il avait marché, marché le long des bâtiments du passé. Ses chaussures étaient minables et trouées, mais le ciel était jaune, les murs brillaient dans la lumière du soleil qui tombait, et il était au centre du monde. Il savait que cela ne durerait peut-être pas, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Fandol
  15 avril 2018
La tension est grande dès les premières lignes de ce roman essentiel dont je n'avais pas entendu parler à l'époque de sa parution mais qui, heureusement, est ressorti en poche.
Devant la Préfecture de police, Samba fait la queue depuis quatre heures, sous le soleil de juillet. Il vit et travaille en France depuis plus de dix ans. Né à Bamako (Mali) en 1980, Samba Cissé attend une carte de séjour alors qu'il bosse et paie ses impôts. Quand enfin, il est reçu par un fonctionnaire, on l'envoie en salle d'attente et sa réflexion est savoureuse : « Samba est repassé devant la file de gens qu'il avait quittée à peine cinq minutes auparavant, en se demandant vaguement pourquoi on faisait patienter tout ce monde debout, s'il y avait une salle d'attente quelque part. »
J'ai beaucoup aimé lire Delphine Coulin qui sait parfaitement plonger son lecteur dans la vie de ceux que l'on nomme des sans-papiers sans négliger les retours au pays d'origine de Samba et de son oncle, Lamouna qui l'héberge dans une cave aux fenêtres horizontales au ras du trottoir. L'auteure raconte le périple, l'odyssée, la montagne de souffrances endurées par tous ces gens qui fuient leur pays pour venir vivre en Europe et envoyer de l'argent à ceux qui sont restés.
Samba fait connaissance avec le Centre de rétention de Vincennes où il rencontre Jonas qui lui parle de Gracieuse, femme qu'il espérait épouser en France. « Qu'avait-il fait de si grave pour être enfermé de cette manière ? Rêvé d'ailleurs ? Est-ce que le rêve était un crime ? » Un peu plus tard : « Il disait que les jours passés à Vincennes resteraient parmi les plus violents, les plus bruyants, les plus horribles de toute son existence. »
Enfin, entre en jeu la Cimade dont fait partie la narratrice, bénévole comme beaucoup d'autres : « Nous rédigions alors des recours juridiques où nous traduisions dans la langue de la République les arguments de ceux que nous étions venus aider. Nous étions des traductrices. »
Samba pour la France permet de suivre la vie d'un jeune homme, chez nous, prêt à assumer les travaux les plus durs afin de s'intégrer, d'être enfin admis. Mais « ce pays se moque de nous, » dit Lamouna qui ajoute : « Il y a deux camps avec des idées opposées : la France pays des droits de l'homme, et la France rassise, moisie. C'est une guerre et nous faisons partie du mauvais camp. »
Avant qu'une fin réussie, ouvre une porte sur l'espoir, il faut encore citer Delphine Coulin : « Officiellement interdits, mais officieusement employés, ils fournissaient une main-d'oeuvre commode, nombreuse et sous-payée, nécessaire à la bonne marche de l'économie générale. Dans la France souterraine, ils balayaient les rues, triaient les ordures, torchaient les vieilles dames et nettoyaient les moquettes des bureaux la nuit pour que le jour, tout puisse fonctionner à merveille, comme si la crasse, la vieillesse et les déchets n'existaient pas. Comme si eux-mêmes n'existaient pas. »
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Bazart
  09 décembre 2014
Lu dans la foulée du nouveau film de Toledano Nacache Samba sorti en octobre dernier, 3 ans après le carton extra planétaire Intouchables.
Au départ, les cinéastes se sont emparés de " Samba pour la France", 'un roman de Delphine Coulin plutôt dramatique, avec la ferme intention d'en faire une comédie. Delphine Coulin a expliqué qu'elle avait accepté l'idée assez facilement, contrairement à de nombreux auteurs qui ont du mal avec l'adaptation de leurs livres et les cinéastes ont alors, pour reprendre leurs expression, « bouger les curseurs », pour transformer un drame en comédie.
Le livre n'élude pas la réalité du sujet et l'on y voit sans caricature, mais sans austérité non plus, le quotidien que peut vivre un sans papier, des combines aux faux papiers, de l'attente délicate en zone de rétention, du jeu de cache-cache avec les forces de l'ordre, la recherche d'un travail éphémère, ou bien encore évidente le grand travail des bénévoles composant ces fameuses associations de défense que Samba fréquente régulièrement.
Mais moins rocambolesque,moins drôle que le film, et sans le capital sympathie conféré par Omar Sy à son personnage central samba pour la france est une fois n'est pas coutume, en dessous de son adaptation cinématographique.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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AquinER
  04 janvier 2013
La narratrice, accompagnatrice en droits des étrangers, relate l'histoire de Samba Cissé, jeune Malien en situation irrégulière en France depuis plus de 10 ans. C'est au moment de son passage au centre de rétention de Vincennes que Samba rencontre la narratrice, personnage volontairement effacé. Bénévole à la Cimade, elle aidera Samba à faire un recours qui lui permettra de ne pas être expulsé au pays d'origine.
L'histoire de Samba est celle de milliers d'autres. Au gré du durcissement des lois et des circulaires qui régulent les droits des étrangers, les sans papiers se coltinent des déboires inimaginables. Mêmes ceux avec papiers ne sont pas épargnés.
J'ai beaucoup apprécié le ton juste et la pudeur de Delphine Coulin. Par contre, je trouve que le roman aurait gagné en profondeur si l'auteure avait aussi développé le personnage de la narratrice.
Pour avoir, comme elle, fait partie d'une permanence en droits des étrangers - non à la Cimade, mais au Mrap - on peut souvent avoir envie de dire des gros mots comme Manu et surtout connaître de véritables frustrations face à l'injustice et aux pièges de l'administration française. Saisir juges et préfets nécessite une énergie et des démarches dans lesquelles il faut mettre une sacré dose de volonté, volonté parfois ébranlée quand le sans-papier ira jusqu'à mentir à celui ou celle qui l'accompagne dans ses droits... Ici, Delphine Coulin a préféré axer son roman sur le récit de Samba et son existence invisible et c'est déjà beaucoup.
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charlottelit
  15 avril 2013
histoire poignante, réaliste, prenante. Même lorsqu'on connaît la vie de certains étrangers en France, le roman nous plonge dans leur enfer et leur déception ; ils sont de bonne volonté mais se retrouvent broyés.
roman haletant : Samba pour des mois ! qui connaît la solution à ce drame humain ?
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Chris974
  25 septembre 2012
En lisant ces pages, j'entendais les paroles de la chanson de Maxime Leforestier "Né quelque part".
"On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille, on choisit pas non plus les trottoirs de Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher...être né quelque part c'est toujours un hasard."
Samba lui, c'est au Mali qu'il a fait ses premiers pas.
Quand il a eu son bac, quelques jours après la mort de son père, il n'a eu qu'une idée. Partir, à tout prix, pour travailler et gagner de quoi nourrir sa famille.
Après plusieurs tentatives, il parvient enfin à Paris où il rejoint un oncle qui vit dans une cave pour un loyer exorbitant.
Il découvre l'enfer d'une vie de clandestin, la souffrance, la misère, la peur d'être arrêté, puis l'horreur des camps de rétention après 10 ans sur le sol français, 10 ans qui auraient dû lui permettre d'obtenir une carte de séjour. Mais comment fournir des traces de vie de cette période quand on a tout fait pour être transparent parce qu'on est sans papiers.
L'eldorado a un goût amer.
C'est un livre sur la désillusion et comment la peur, la colère et le mensonge s'imissent dans la tête de ceux qui ont juste espéré une vie meilleure et qui en arrivent même à perdre leur nom et celui de leur père.
Delphine Coulin nous livre un roman bouleversant largement nourri de son expérience de bénévole à la Cimade.
A lire absolument.
Lien : http://leslivresdechris.blog..
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
YzouYzou   12 août 2013
Chacun venait avec ses "preuves de vie", des fiches de paie, des factures, des lettres d'amis, des quittances de loyer, des avis d'imposition, des attestations diverses et variées, qu'ils devaient garder pour prouver qui ils étaient, quand ils étaient arrivés, qui ils fréquentaient, chez qui ils avaient habité, chez qui ils avaient travaillé, qui était leur médecin, quels diplômes ils avaient obtenus, dans quelle association, mouvement, parti ils avaient milité, quelle famille ils avaient, en France, à l'étranger : les sans-papiers avaient, en fait, beaucoup, beaucoup de papiers - et ils les gardaient, tous, précieusement.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   14 février 2012
Ils avaient raison de distinguer son "pays d'origine" de son pays tout court : car son pays, depuis dix ans, c'était la France; ils pouvaient décider du territoire de son avenir, mais ils ne pouvaient rien changer au passé, et son pays, depuis plus de dix ans, c'était la France, qu'on le veuille ou non.
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isabiblioisabiblio   02 juin 2011
A voix basse, il disait : un jour, le chagrin accumulé par tous ceux que vous avez méprisés et rejetés encombrera votre pays et polluera votre bonheur. Vous sentirez autour de vous rôder leurs âmes errantes. Et vous ne pourrez plus être heureux longtemps. Il n'y a qu'un seul monde.
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YzouYzou   12 août 2013
Dans la France souterraine, ils balayaient les rues, triaient les ordures, torchaient les vieilles dames et nettoyaient les moquettes des bureaux la nuit pour que le jour, tout puisse fonctionner à merveille, comme si la crasse, la vieillesse et les déchets n'existaient pas. Comme si eux-mêmes n'existaient plus.
Commenter  J’apprécie          70
YzouYzou   08 août 2013
Les hommes ne pouvaient pas être définis par le lieu où ils étaient nés. Et, surtout, ils ne pouvaient pas être punis seulement parce qu'ils venaient d'ailleurs.
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Videos de Delphine Coulin (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Delphine Coulin
Entre réalité et fiction, découvrez le sixième roman de l'écrivaine et réalisatrice, Delphine Coulin : « Une fille dans la jungle ». Publié chez Grasset, celui-ci retrace le destin de six enfants réfugiés près de Calais. L'ouvrage est en lice pour le Prix Médicis 2017.
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