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EAN : 9782764620281
154 pages
Éditeur : Boréal (03/03/2011)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Une maladie, la mort imminente combinée à une peine d’amour : qu’est-ce qui est le plus tragique? Courtemanche ne se pose pas la question, il y répond humainement : la peine d’amour. Comment peut-on vivre sans l’être aimé? Comment poursuivre des traitements qui nous enlèvent tout plaisir physique sans la compagnie de l’autre? Le suicide, dès lors, est-il une option? Ce livre ne nous parle pas de la mort, il nous parle de la vie, de la vie humaine qui est impossible ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Mariandre
  25 mai 2013
Gil Courtemanche a fait de son récit une déclaration d'amour qui resterait vaine si elle n'avait pas été publiée, puisque la femme à qui elle s'adresse l'a quitté.
Il ne lui tenait jamais la main, il cuisinait des mets fins pour elle.
Il ne lui disait jamais à quel point elle était importante pour lui, mais il guettait ses pas dans l'escalier à la fin de la journée.
Il semble que cette femme (qui fut, pour lui, LA femme, toutes les femmes), il l'ait aimée à sa façon.
Et que ce n'était pas suffisant.
Classique…
(Mais pas encore assez.)
Ses médecins lui ont annoncé qu'il était atteint d'un cancer et qu'il n'en avait plus pour longtemps. Pourtant, le départ de Violaine semble avoir balayé tout le reste : la maladie, les succès littéraires, la carrière, la famille…
Confession d'un dépendant affectif? Courtemanche écrit :
« Admettre qu'on meurt quand une femme nous quitte n'est pas se diminuer, se rendre petit, se dénigrer. Ce n'est pas le fait d'un homme faible et sans échine, sans existence individuelle. C'est le constat que fait un homme âgé qui découvre le véritable amour et qui le perd. le bilan qu'il tire d'avoir enfin rencontré la première et perdu la dernière femme.
Ce n'est pas parce qu'une femme nous grandit qu'on est petit. Et ce n'est pas humilité que de l'admettre. Sans elle, je ne suis pas rien. Je conserve mon intelligence, mes idées, mes principes, ma capacité d'aimer. Mais ces qualités, ces caractéristiques de moi deviennent virtuelles, comme faisant partie d'un jeu de rôles où il faudrait engranger les qualités de Gil pour survivre et triompher des monstres. Problème : ces forces ont besoin de l'existence de Violaine pour s'exprimer. Sans elle je ne suis pas moi, je suis un autre que je ne connais pas bien. Et je ne sais pas si cet autre a vraiment envie de vivre. »
Je me demande si les écrivains sont conscients de la chance qu'ils ont : ils peuvent faire d'un échec existentiel un succès littéraire…
Est-ce une chance, en fait? Peut-être pas… peut-être que cela ne change rien à leurs déboires, ne leur donne pas l'impression de s'être racheté ou d'avoir grandi…
Mais faut-il grandir à tout prix?
Écrire doit-il absolument constituer un geste rédempteur?
Ce que j'ai particulièrement apprécié de ce récit, c'est son absence totale d'analyse psychologique et moralisatrice. Il s'agit d'un homme qui se tient debout, pas mal chancelant, devant sa mort et sa solitude. Froidement. Sans aucun espoir.
« Sans elle, je ne suis pas moi »?
Gil Courtemanche est sans doute le dépendant affectif le plus lucide et le plus fataliste que j'aie lu… ou bien il a compris le vrai sens de la vulnérabilité et l'a pleinement assumé… ce qui me semble être la plus belle réalisation qu'un homme puisse faire…
Pour ma part, je n'en suis pas là.
Bien sûr que sans lui, je suis moi!
« J'ai peur. J'ai besoin de toi. Tu n'aimes pas qu'on ait besoin de toi. Tu aimerais que nous soyons tous aussi solides que toi tu l'es en apparence. Le besoin n'est pas la dépendance, ma chérie, c'est la reconnaissance de la force et de la richesse de l'autre. Ce n'est pas non plus un jugement négatif sur soi, un aveu de faiblesse, c'est l'acceptation du fait qu'exister seul et sans besoin d'un autre est une forme de pauvreté ou d'orgueil mal placé. »
J'aimerais bien répondre à Gil Courtemanche qu'il se trompe entièrement… qu'on peut se tenir seul devant sa mort –et dans sa vie.
Mais je n'ai pas son talent littéraire pour le faire.
Ni son âge.
Ni son expérience de la vie.
Ni son cancer.
Je crois que je vais me taire.
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no
  19 septembre 2010


"Dans ma vie, c'est la mort qui a raison."
page : 51

Tous les grands écrivains parlent un jour d'amour, de mort. Mais rarement de mort de l'amour, de mort d'amour, d'amour de la mort, de mort par amour, de mort par manque d'amour...
Gil Courtemanche, je l'ai déjà dit il y a de trop nombreuses semaines ici, est parmi les écrivains québécois les plus importants, et les plus sous-estimé. Comment se fait-il qu'il n'y ait pas sur chacune de ses parutions de larges bandes rouges déclinant les nombreux prix qu'il mérite? Comment se fait-il que la grande machine de promotion ne s'en soit pas emparé pour en faire une célébrité?
Réponse toute simple : son écriture, trop exigeante, commande une lecture attentive. Non pas un survol ni une impression. Impossible de se faire une idée de ce qu'il nous offre sans d'abord se mettre à table. Ouvrir grand les yeux. Et oui, ouvrir son coeur.
Un homme, l'auteur... souffre d'un cancer. Mais souffre plutôt de la difficulté d'avoir à se battre pour sa survie. L'amour de sa vie s'est étiolé. Il ne vit qu'en sursis. Déjà, bien avant les ravages de la maladie, la mort s'était invitée dans son âme. L'homme écrit pour ceux qui suivront. Ceux qui feront l'erreur que lui a fait de ne pas entretenir son amour, de ne pas y donner les soins essentiels. D'avoir laisser les choses se diluer, pour réaliser après coup son lent suicide amoureux.
Gil Courtemanche est pour moi le plus grand intellectuel que nous ayons. Ses chroniques dans le Devoir brillent par leur pertinence. Ses romans nous racontent un peu sa vie. Voici qu'il nous raconte son agonie. Certains critiques se sont laisser prendre par une fin de roman plutôt ensoleillée. Je ne crois aucunement au bonheur calculé d'un amour concédé par raisonnement. le pis-aller ne palliera pas à l'ultime. Plus inquiétant : Je ne veux pas mourir seul a été perçu par plusieurs comme un testament. Ce que je ne nous souhaite pas. L'homme, l'écrivain vit, en pleine possession de ses moyens (d'écriture) ici, on ne peut que souhaiter qu'il ne nous glisse pas entre les doigts. Oui, il laisse avec cette autofiction (et non pas roman...) de quoi nourrir toute une vie d'autoréflexions, mais l'amour en implore plus. Oui, toujours plus. L'amour de la littérature, affamée, dépouille les écrivains de leur sucs. Mais voilà le prix à payer pour ne pas mourir seul. Pour mourir entouré de ses (é)lecteurs de coeur, pour que soient assouvit les bas instincts des amoureux de mots et de phrases.

Je ne veux pas mourir seul, Gil Courtemanche
Éditions Boréal, 2010
no.

Lien : http://montrealistement.blog..
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ladymi
  01 octobre 2011
Récit autobiographique d'un homme qui se sait atteint du cancer. Extrêmement puissant et bouleversant par endroits, ce texte est un hommage vibrant, une complainte du fond du coeur qui s'adresse à cette femme qu'il aime mais qui pourtant, l'a quitté parce qu'il n'a pas su justement comment l'aimer.
Gil Courtemanche nous parle de ses deux morts : celle qui est survenue quand cette femme est partie, celle que son cancer laisse présager.
"Je ne veux pas mourir seul" est un véritable cri du coeur, un hymne à l'amour et à la vie.
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Lucie16
  31 octobre 2010
Avec une plume d'une rare précision, qui ne tombe pourtant jamais dans la froideur du scalpel, presque tendre, qui sait éviter tout misérabilisme, Gil Courtemanche redonne ses lettres de noblesse au genre de l'autofiction. Qu'il ait vécu cette histoire en tout ou en partie ne change au final absolument rien. Aucune volonté de voyeurisme chez le lecteur, aucune nécessité de décrypter l'information, de tenter d'extraire le vrai du faux. L'oeuvre est bien plus que cela: réflexion sur l'après (la vie, la maladie, l'absence de l'être aimé), dénonciation (qui ne devient jamais polémique) des aberrations de notre système de santé, regard sur cette société qui devient de plus en désincarnée mais surtout, pure littérature. de pouvoir plonger dans un texte d'une telle profondeur est devenu un plaisir trop rare.
Lien : http://lucierenaud.blogspot...
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Ginettel
  05 décembre 2010
Je n'ai pas beaucoup de commentaires à formuler, sinon que j'ai beaucoup aimé ce livre
Lien : http://yosoy17.blogspot.com/..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   15 avril 2015
L'agonisant ne choisit pas de mourir. Il cherche des lambeaux de vie auxquels se raccrocher comme un naufragé agrippe un morceau d'épave. Ce n'est pas tellement l'envie de vivre, c'est plutôt la peur de mourir. La crainte du rien absolu, l'angoisse de ne pas exister. Car cette existence, ce qu'on est, on imagine l'avoir construit, et si cette existence passe par l'amour qui transfigure, elle dépasse tout ce qu'on était avant l'amour. L'amour multiplie.
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SachenkaSachenka   14 avril 2015
On naît plusieurs fois, Les premiers pas, le premier caca sans aide de maman, la première bicyclette, le premier baiser, la première baise, le premier mariage, le premier enfant. Chaque fois, une nouvelle vie s'annonce, pleine de promesses. Une nouvelle naissance. Mais il y a aussi la dernière vie, celle à laquelle on a renoncé parce que les premières vies n'ont pas respecté leurs promesses.
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Lucie16Lucie16   31 octobre 2010
Je viens de passer trois saisons sans toi. Je ne les ai pas vues naître ni mourir. Tout m'est familier, mais je navigue lourdement en pays étranger, passager d'une sorte de vaisseau fantôme qui revient sur un océan qu'il avait déjà traversé. Tout m'est familier, mais je ne suis pas chez moi. Tu es mon pays, ma ville, mon quartier, ma rue et ma maison. Je suis un habitant de toi.
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SachenkaSachenka   15 avril 2015
Un fils n'a pas le droit de mourir avant sa mère.
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SachenkaSachenka   14 avril 2015
Accepter, passer à autre chose, refaire sa vie. Ce sont des formules de survivants, de résilients.
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Vidéo de Gil Courtemanche
Rencontre avec Gil Courtemanche, écrivain
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