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EAN : 9782882506504
192 pages
Éditeur : Noir sur blanc (20/08/2020)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 109 notes)
Résumé :
Je m’appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s’est pas préparé. Française d’origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper-inadaptée. J’écris des histoires pour éviter de vivre la mienn... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (65) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  16 septembre 2020
Je m'appelle Fatima et je suis… je suis…
Fatima Daas est «La petite dernière» d'une famille franco-algérienne. Avec ce premier roman, elle dresse le portrait d'une génération qui se cherche une identité, confrontée à des choix contradictoires.
«Je m'appelle Fatima. Je porte le prénom d'un personnage symbolique de l'islam». La vie de Fatima est semblable à celle de milliers d'autres jeunes de banlieue. Née au sein d'une famille d'immigrés, elle va très vite se déchirer entre la rigueur d'une éducation "traditionnelle", qui veut qu'un père assoie son autorité sur ses filles à coups de ceinture et le goût du rap, entre les préceptes rigoureux de l'islam qui en font vite une "pécheresse" et son envie de sentir les lèvres d'une fille sur sa bouche, entre des études qui vont la mener à l'université et des profs qui doutent qu'elle ait pu réussir par elle-même.
Fatima, au fil de courts chapitres, va nous raconter les épisodes saillants de sa vie. Née à Saint-Germain-en-Laye, elle vit avec ses deux autres soeurs et ses parents dans un petit appartement. En guise de chambre, elles se partagent le salon dans lequel leur père doit passer lorsqu'il rentre avec cette forte odeur et sa mauvaise humeur. Et si le conseil de sa mère, se taire, n'est pas suivi, alors sa violence s'abat sur elles. Souvent, c'est Dounia, la soeur aînée, qui encaisse les coups, ou Hanane, la cadette. Il est vrai que Fatima à un lourd fardeau à porter. À deux ans, on lui a diagnostiqué de l'asthme. Une maladie sévère, chronique et invisible qui lui vaut de fréquents séjours à l'hôpital et un traitement à vie.
À huit ans la famille s'installe à Clichy-sur-Bois, une "ville de musulmans" où elle est musulmane, où elle fait le ramadan, où elle développe son sentiment d'appartenance à la communauté.
À 12 ans, lors d'un voyage scolaire à Budapest, elle ressent une émotion particulière en compagnie de son amie Lola, lorsque par jeu cette dernière l'embrasse sur la bouche. Mais elle choisit de se murer dans le silence. "J'écris des histoires plutôt que de vivre la mienne". La suite de sa scolarité sera plutôt sans histoires, installée dans son rôle de garçon manqué qui parle fort et n'hésite pas à se faire respecter à coups de poings ou à insulter les professeurs.
À 17 ans, elle consulte une psychologue. Suivront quatre années de thérapie et une lassitude de plus en plus difficile à supporter, tout comme les longs trajets jusqu'à l'université. Alors, elle décide d'arrêter. Elle interrompt ses études. Elle écrit.
À 25 ans, elle rencontre Nina Gonzales. C'est sa période "polyamoureuse", puisqu'elle a parallèlement une relation avec Cassandra, 22 ans, et Gabrielle, 35 ans. Mais c'est aussi l'heure de faire des choix, de s'imaginer un avenir.
Fatima Daas a trouvé la forme qui convient à sa quête, commençant chaque chapitre par une tentative de se définir et montrant par la même occasion combien cette définition est partielle, parfois partiale. Elle met aussi le doigt sur un problème très actuel que l'on pourrait résumer par les difficultés de l'intégration, par la peine à se construire une identité. Sauf, si l'on considère qu'elle a trouvé sa famille. Après Marguerite Duras et Annie Ernaux, la petite dernière pose une première pierre. On attend la suite.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Litteraflure
  30 août 2020
Fille (non désirée), arabe, musulmane et lesbienne, Fatima a tout pour être stigmatisée dans cette société où les particularismes émergent tant bien que mal. J'ai aimé la manière dont cette jeune femme appréhende sa culture musulmane et tente de la faire coexister avec ses convictions personnelles. Je n'ai ressenti aucune radicalité mais une dynamique du compromis. C'est une suite de combats quotidiens, comme la couleur d'une bague, l'interprétation d'une sourate, les ablutions, le sens du mot « haram » ou manger du mouton pour l'Aïd. Ce qu'il faut de courage à Fatima (la mazoziya) pour oser aborder les sujets de l'intime que sa communauté enferme à double tour dans le déni et la tradition.
Un peu comme « le consentement » (sur un sujet différent), « La petite dernière » se distingue moins par sa virtuosité littéraire que par la puissance et la sincérité de son cri. Il est tout aussi nécessaire de le lire si l'on prétend comprendre ce monde en ébullition. La fiction se permet des saillies, des vérités que l'information ignore. L'une d'entre elles est une bombe à retardement : la jeunesse musulmane est déchirée entre la famille et la société. le déséquilibre n'a jamais été aussi grand. Fatima en parle : le nombre des « psychologues musulmans » augmente de façon exponentielle.
Le premier roman de Fatima Daas est important parce qu'il ouvre la voie. Il confirme aussi une des tendances de cette rentrée littéraire : les premiers romans sont plus intéressants que les énièmes produit des « marques-écrivain ».
Bilan : 🌹
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livreclem
  29 juillet 2020
Un très beau récit autobiographique de l'auteure sur le fait de trouver sa place lorsqu'on est éduqué dans la religion (ici musulmane), et que les parents auraient aimé que l'on soit un garçon.
Ici, Fatima découvre son homosexualité, en a peur du fait de son éducation religieuse.
Chaque chapitre commence par "Je m'appelle Fatima", le récit est percutant, fort, plein d'amour et de tendresse.
J'ai beaucoup aimé la plume de l'auteure et malgré la violence du vécu j'ai trouvé une fin en douceur.
Une auteure à suivre !
#Netgalley
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cecille
  22 septembre 2020
Dans son tout premier roman la jeune Fatima Daas, nous confie l'histoire d'une jeune femme, une jeune femme en souffrance, tout son corps lui parle, petite elle étouffe déjà. Sait-elle pourquoi très jeune, les médecins lui disent qu'elle est asthmatique allergique ? C'est une maladie qu'elle ne comprend pas.
Comme elle ne comprend pas ce que lui dit l'Imam vers qui elle ose raconter l'histoire d'une amie, qui n'est en fait qu'elle même. Elle croit en Dieu, elle l'aime, elle nous l'écrit si sincèrement, seulement elle ne comprend pas ce qui lui dit cet Imam, comme son père et sa mère. Pourquoi ?
Elle ne trouve pas sa place cette enfant, cette jeune femme, ni dans sa famille, ni à l'école comme dans la société.. Elle se cherche, reconnaissant ses différences mais en n'osant pas les accepter semble-t-il.
Je m'appelle Fatima Daas ... Un refrain qui revient à chaque chapitre, la construction est originale et elle a osé la différence avec les schémas classiques de l'écriture comme de la lecture. Pas facile de la saisir dès les premières pages et puis personnellement, je m'y suis attachée à cette femme, cette femme qui n'aspire qu'à vivre la liberté d'aimer.
Je m'appelle Fatima Daas est une révélation !
#LaPetiteDernière #NetGalleyFrance
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Cath_perrin
  18 septembre 2020
Un roman ? Pas vraiment. Un texte plutôt, ou alors un poème, une chanson rythmée par le début de chaque chapitre : Je m'appelle Fatima Daas, mais ça, je pense que vous le savez déjà, on en a beaucoup parlé.
Musulmane, d'origine algérienne, mais née en France et lesbienne, Fatima peine à trouver un compromis entre sa foi et son orientation sexuelle, à trouver sa place.
À chaque chapitre, on en apprend un peu plus sur Fatima, mais dans le désordre, comme un puzzle, après l'information sur le prénom Fatima, la narratrice parle de sa mère.
Sa mère dans son Royaume, sa mère qui cuisine, qui prend soin de ses filles. Si bien que Fatima à quatorze ans, ne savait pas faire son lit, à vingt ans, ne savait pas repasser une chemise et à vingt-huit ans, ne savait pas faire des pâtes au beurre.
Après l'information sur « la Clichoise qui voyage de l'autre côté du périph », la description du comportement de Fatima dans les transports en commun, de ce qu'elle voit aussi.
Les transports en commun reviennent souvent dans le chant de Fatima
Dans le dernier chapitre, Fatima raconte l'histoire de son livre à sa mère. La boucle est bouclée.

Lien : https://dequoilire.com/la-pe..
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critiques presse (3)
Culturebox   22 septembre 2020
La jeune écrivaine pointe un "monde de cases très normé" où il est facile d'être "catégorisé".
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaLibreBelgique   21 août 2020
Fatima Daas livre un premier roman poétique et fragmenté, inclusif et entêtant.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LesInrocks   19 août 2020
A 25 ans, Fatima Daas s’impose comme la révélation de la rentrée avec La Petite Dernière, une autofiction qui pulse comme un rap ou une incantation, où la narratrice oscille entre l’intérieur et l’extérieur, sa famille d’origine algérienne et la France, sa sexualité et l’islam, jusqu’à trouver sa juste place.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
MatatouneMatatoune   24 septembre 2020
Il m'avait dit" Tu n'écriras pas un livre sur moi". Mais je n'ai pas écrit un livre sur lui, ni même sur moi. J'ai seulement rendu en mots -qu'il ne lira sans doute pas, qui ne lui sont destinés - ce que son existence, par elle seule, m'a apporté. Une sorte de don reversé.
Tout ce temps, j'ai eu l'impression de vivre ma passion sur le mode romanesque, mais je ne sais pas, maintenant, sur quel mode je l'écris, si c'est celui du témoignage, voire de la confidence telle qu'elle se pratique dans les journaux féminins, celui du manifeste ou du procès-verbal, ou même du commentaire de texte.
Je ne veux pas expliquer ma passion - cela reviendrait à la considérer comme une erreur ou un désordre dont il faut se justifier - mais simplement l'exposer.
Annie Ernaux, Passion simple.
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MatatouneMatatoune   24 septembre 2020
Parce que c'est difficile d'être toujours à côté, à côté des autres, jamais avec eux, a côté de sa vie, à côté de la plaque.
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MatatouneMatatoune   23 septembre 2020
J'ai appelé ça le tour de table des alcooliques anonymes. Tu dois parler de ton identité. Dire le strict minimum : t'arrêter à tes nom, prénom et âge, trois choses que tu ne choisit pas.
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MatatouneMatatoune   24 septembre 2020
"Tu n'es pas méchante, petite Fatima, tu manques seulement d'affection".
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MatatouneMatatoune   24 septembre 2020
Je crois que rien n'a été dit dans ma famille.
Le silence était le moyen de communication le moins codé.
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Videos de Fatima Daas (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fatima Daas
Ce soir notre invitée est Fatima Daas. L'autrice de la petite dernière, son premier roman d'autofiction, revient sur ses propos sur l'homosexualité et l'Islam.
Nous revenons également sur notre enquête sur SOS Chrétiens d'Orient : Ariane Lavrilleux explique les liens entre cette ONG et le régime de Bachar al Assad.
L'intégrale : https://www.mediapart.fr/studio/videos/emissions/l-air-libre#xtor=CS7-1050
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