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EAN : 9782918462118
64 pages
Éditeur : Editions AD libris (08/09/2011)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Bande dessinée

En 1961, Vincent, côté scène, est un jeune chanteur dans un groupe de rock, Les Gold Star. Mais, dans le privé Vincent s'appelle Mohand, il est Algérien dans la France des « Événements d'Algérie ». Le soir du 17 octobre, son groupe participe à un tremplin rock donnant au gagnant accès à la scène réputée de l’Olympia. Mohand est partagé entre son envie de participer au concert et sa volonté de soutenir son peuple en manifestant à l'app... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  04 août 2013
Paris - Octobre 1961 .
Maurice Papon est alors le préfet de police de cette ville lumière , un haut fonctionnaire implacable qui ne va pas tarder à imposer sa marque de fabrique plus que discutable : la répression sourde et aveugle .
Vincent est le leader de The Gold Star , petit groupe de rock qui monte et qui pourrait définitivement s'envoler en gagnant le tremplin du Golf Drouot qu'il prépare sans relâche . Seule ombre au tableau , ses origines qu'il vit très mal en cette période trouble . Mohand / Vincent s'est construit sur le mensonge et le reniement . Ainsi , il passe son temps à mentir à sa famille , ses amis mais surtout à lui-même . Lorsque son père le somme de venir défiler le 17 Octobre pour protester contre ce couvre-feu inique – non , pas ta mère , rien à voir avec Joey Starr - alors imposé aux Algériens de la région parisienne , ce dernier s'y soumet , la mort dans l'âme , préparant déjà un nouveau bobard afin de saisir sa chance au Golf Drouot le même jour .
L'histoire est en marche , la mort également...
Maurice Papon . Sa seule évocation ramène immanquablement à de bien tristes évènements . La manifestation du 17 Octobre 1961 organisée par le FLN et jugulée dans le sang est de ceux-là . Photographie d'une époque où les ratonnades semblaient monnaie courante . Une atmosphère bien loin de celle d'Arletty . Une marche pacifique devant courber l'échine , doux euphémisme , face à une démonstration de violence et de brutalité des forces de l'ordre alors validée par Papon . Un chaos légitimé qui laissera des traces sanguinolentes dont on a toujours pas fini de parler .
Une BD intéressante même si le contexte historique s'inscrit beaucoup plus dans la globalité que dans le détail . Par contre , j'ai moyennement accroché le coup de crayon passéiste et pour le coup pas follement enthousiasmant .
Voulant terminer sur une petite note fraîche et légère , un petit texte en hommage à Fatima Bedar tombée sous les balles à l'âge de 15 ans .
Coup de grâce final , la trop longue liste des morts et disparus à Paris et dans la région parisienne .
Youpie , c'est la fête , m'en vais écouter un peu de Farmer histoire de me rebooster un peu moi...
Papon , toujours enclin à une certaine bonne humeur festive généralisée , récidivera le 8 Février 1962 dans l'affaire de la station du métro Charonne - l'OAS était alors dans le collimateur - mais ceci est une autre histoire...
Octobre Noir – Rouge sang serait beaucoup plus juste .
http://www.youtube.com/watch?v=X75ce-CAorU
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colimasson
  17 octobre 2014
Nous pouvons fêter des morts tous les jours… le 17 octobre 1961, plusieurs milliers de manifestants algériens sont arrêtés à Paris. de nombreux d'entre eux sont blessés et quelques centaines meurent, certains jetés dans la Seine. Ce n'est pas une histoire dont on parle souvent.

Didier Daeninckx ne peut pas oublier les émotions vives qu'il a ressenties lorsqu'il était enfant de banlieue et qu'il était témoin, parfois, des affrontements entre immigrés et forces policières. Pourtant, il ne découvre l'histoire de l'octobre 1961 qu'à l'occasion de la rédaction de son livre « Delphine pour mémoire », qu'il compte dédier à l'évènement Charonne qui s'est déroulé dans le métro parisien le 8 février 1962. Puisque, pour comprendre, il faut toujours remonter dans le passé, Didier Daeninckx se consacre ici à raviver la mémoire d'octobre 1961. En empruntant le point de vue des immigrés algériens à travers l'histoire d'une petite famille, il rend légitimité et honneur à leur démarche de protestation pacifique pour conjurer la mauvaise opinion véhiculée à l'époque par des quotidiens nationaux tels que « le Monde » ou « France soir ». Rien de simpliste pour autant : dans le monde étriqué et sombre des travailleurs algériens et de leurs familles, la rupture générationnelle se consomme déjà face aux promesses de la société de l'entertainment. Comment ne pas oublier d'où on vient ?

Une autre raison qui a peut-être motivé l'incompréhension de l'opinion à l'égard de ces manifestants est la vision morcelée des faits. A-t-on véritablement pu oublier le communiqué que Maurice Papon, préfet de police de Paris, avait publié 15 jours plus tôt ? Il publiait : « il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s'abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne de 20h30 à 5h30 du matin ». Il est également « très vivement recommandé de circuler isolément, les petits groupes risquant de paraître suspects aux rondes et patrouilles de police. » Enfin, « les débits de boissons tenus et fréquentés par des Français musulmans doivent fermer chaque jour à 19 heures ».

Daeninckx et Mako ravivent l'événement du 17 octobre 1961 dans l'obscurité d'un contexte fait de peur et d'humiliation. La préface de Benjamin Stora complète leur point de vue en apportant les informations nécessaires à une compréhension plus globale. Il nuance également les faits en évitant de tomber dans l'écueil inverse –heureusement jamais suggéré- qui consisterait à louer unanimement la démarche de ces immigrés algériens, en l'opposant brutalement à la répression des forces policières françaises. Il rappelle ainsi le contexte politique général du pays, à la veille de la signature des accords d'Evian, et évoque la peur légitime qui a pu s'emparer de la population en voyant des milliers de personnes défiler dans les grandes rues parisiennes.

Octobre 1961 ne cherche à juger personne. Daeninckx et Mako justifient le désespoir des immigrés algériens, Benjamin Stora rappelle l'instabilité française, mais tous soulignent le pouvoir destructeur de l'ignorance.
Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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trust_me
  07 mars 2012
Pour ses copains, Vincent est chanteur dans un groupe de rock lycéen. Pour sa famille, Vincent reprend sa véritable identité, celle d'un jeune algérien prénommé Mohand. Pas simple pour lui de trouver sa place dans la France de 1961, au moment des « événements d'Algérie ». le soir du 17 octobre, Vincent et son groupe doivent se produire au Golfe Drouot, dans un tremplin pouvant leur ouvrir les portes de l'Olympia. Mais à cette même date le FLN a décidé de mettre sur pied une grande manifestation pour protester contre le couvre-feu imposé aux algériens de la région parisienne par la préfecture de police. Partagé entre ses copains et l'envie de soutenir son peuple, Mohand prend le métro avec son père pour se rendre à la manif mais il s'éclipse discrètement avant le terminus pour filer au Golfe Drouot. En rentrant chez lui ce soir là il apprend que sa soeur Khelloudja, bravant l'interdiction paternelle, s'est jointe à la manifestation et est depuis introuvable…
Vingt-sept ans après la publication de son très beau roman Meurtres pour mémoire, Didier Daeninckx reprend la plume pour parler de la terrible soirée du 17 octobre 1961. Il assume son engagement pour l'indépendance et mâtine son propos de considérations sociales et politiques. Avant la manif, le lecteur découvre ainsi le triste quotidien des travailleurs algériens, leurs logements insalubres et leurs difficultés à joindre les deux bouts. La plongée au coeur du « plus grand massacre d'ouvriers, à Paris, depuis la répression de la Commune en 1871 » est elle aussi saisissante : un soir d'automne triste et humide, une pluie glaciale, ces hommes marchant gravement, sans cris, sans drapeaux et sans armes. Puis c'est la curée, les CRS sont lâchés : coups de feu, coups de matraque, coups de grâce infligés aux blessés, arrestations ultra-violente, la Seine qui se teinte du sang des victimes...
Vieux complice « BD » de Daeninckx depuis des années, Mako donne dans la sobriété. Son trait à l'encrage épais est réaliste et efficace. Avec ces grandes cases, ce découpage simple qui retrace fidèlement la chronologie des événements, ces couleurs forcément sombres, l'album est visuellement très réussi.
A travers le portrait de Khelloudja, le romancier rend hommage à Fatima Bédar, une jeune algérienne de 15 ans qui a absolument voulu manifester ce jour-là et dont le cadavre sera retrouvé le 31 octobre près du canal St Denis. Suicide, conclura la police. Une fois encore avec Daeninckx la petite histoire rejoint la grande. Et une fois encore, son évocation de la « Saint-Barthélemy musulmane » se révèle d'une rare puissance.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Yaneck
  28 octobre 2011
Octobre Noir est un album utile pour le devoir de mémoire. La Guerre d'Algérie est encore trop peu traitée en France. Difficile de parler d'une guerre où l'on a été du côté des "méchants", et que l'on a perdu. Notre Viêt-Nam a nous, en somme. Les éditions AdLibris proposent un album qui fait le point sur ce qui s'est déroulé cette nuit là, ce que l'on sait, ce que l'on devine. le racisme, les algériens vus comme des ennemis intérieurs (et intimes, pour reprendre un film récemment réalisé), et les difficultés des français pour appréhender ces faits. Je n'ai qu'un seul reproche sur cet album, il est est beaucoup trop court. En se limitant au format classique, Didier Daeninckx raccourci ses démonstrations, va à l'essentiel, alors qu'il est suffisamment intéressant pour nous accrocher à un récit plus complexe et plus dense. Tout va très vite, se concentre autour de la seule nuit du 17 octobre ou presque, alors qu'on aurait pu couvrir un peu plus de temps, et surtout entrer plus encore dans les détails de ces actes honteux de la police française. Peut-être le scénariste, qui a aussi écrit un livre sur le sujet, a-t-il craint de se montrer redondant. Mais avec ce support de Mohand/ Vincent, de cette ambiance Rock, je pense qu'il avait vraiment la matière pour aller encore plus loin. Mais cet album reste déjà très satisfaisant.
Mako, le dessinateur, possède un trait sombre et légèrement grossier, qui convient assez bien, je trouve, à ces heures sombres de la France. Sa mise en couleur est toujours juste, parfaitement adaptée. Il s'avère un excellent support pour le scénario.
Voici un ouvrage intéressant, bien mené, et surtout, bien documenté. Il s'accompagne d'une préface de Benjamin Stora, d'une postface, et d'une liste des victimes présumées de la police française. Un véritable travail de mémoire, qui s'avère indispensable sur un pan d'Histoire que nous autres français, n'osons pas encore assez affronter.
Lien : http://www.chroniquesdelinvi..
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Vermeer
  13 février 2019
Une bande dessinée très courte sur la terrible répression à la manifestation du F.L.N le 17 octobre 1961 contre le couvre-feu imposé aux Algériens.
Vincent intégré à la société participe à un groupe de rock. Dans le privé, il s'appelle Mohand et est Algérien. Ce soir fatidique, il va et jouer au cours d'un concert et défiler ensuite. Sa soeur disparaît après la manifestation. Il s'agit d'un hommage à la jeune Fatima Bedar, 15 ans, retrouvée noyée quelques jours après la manifestation. L'enquête avait conclu à un suicide. Malheureusement beaucoup d'Algériens se sont soi-disant suicidés ce soir-là au cours d'une terrible répression organisée par le préfet de police, un sinistre personnage Maurice Papon qui oeuvrait encore malgré son passé criminel.
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critiques presse (2)
Auracan   27 octobre 2011
Une histoire humaine, simple, touchante, au cœur des événements de ce jour-là. Pas de fioritures, d’entourloupes, de grandiloquent, le tout particulièrement bien servi par le trait lourd, à l’ambiance sale, de Mako. Avec un petit côté « no future », désillusionné.
Lire la critique sur le site : Auracan
BDGest   17 octobre 2011
La seule bonne volonté ne suffit pas toujours pour raconter et dénoncer. Les victimes oubliées d'Octobre Noir méritent mieux.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   23 octobre 2013
"Peuple français, tu as tout vu
Oui, tout vu de tes propres yeux.
Tu as vu notre sang couler
Tu as vu la police
Assommer les manifestants
Et les jeter dans la Seine.
La Seine rougissante
N’a pas cessé les jours suivants
De vomir à la face
Du peuple de la Commune
Ces corps martyrisés
Qui rappelaient aux Parisiens
Leurs propres révolutions
Leur propre résistance.
Peuple français, tu as tout vu,
Oui, tout vu de tes propres yeux,
Et maintenant vas-tu parler ?
Et maintenant vas-tu te taire ?"
(p. 54 - poème de Kateb Yacine)
+ Lire la suite
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colimassoncolimasson   17 octobre 2014
Mes frères, la fédération de France du FLN a décidé d’une manifestation pour protester contre le couvre-feu. C’est pour demain. Il me faut obtenir l’annulation de ce couvre-feu raciste imposé aux algériens de la région parisienne par la préfecture de police. Notre point de ralliement, c’est le boulevard Bonne-Nouvelle, en face du cinéma le Rex. Personne ne doit manquer à l’appel.
Commenter  J’apprécie          80
colimassoncolimasson   19 octobre 2014
Encore un crépu qui y est passé… Regarde dans ses fouilles s’il a des papiers…
Oh merde… Il s’appelle Chevalier… Guy Chevalier… C’est un français…
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zazimuthzazimuth   15 juillet 2017
- Alors Mohamed, on digère le couscous ?
- Omar, monsieur, je m'appelle Omar, pas Mohamed...
- Pas grave... on va vérifier... papiers...
- Tu n'es peut-être pas au courant, mais toi et ceux de ta race vous n'avez plus le droit de circuler après une certaine heure...
- Je sais mais...
- Tu as raison, Mohamed, c'est marqué Omar... pourtant tu as une tête à t'appeler Mohamed... ça te fait marrer ? (p.19)
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zazimuthzazimuth   15 juillet 2017
- Merde, j'ai plein de sang en bas de mon froc... Gisèle va encore m'engueuler.
- Tu lui dis quoi dans ces cas-là ?
- Que son boulot c'est de nettoyer la maison, et que le mien, c'est de nettoyer la France. (p.21)
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Vidéo de Didier Daeninckx
À quelques jours des municipales, le réel d'abord : Didier Daeninckx ouvre son tract Gallimard sur son déménagement : il quitte la Seine-Saint-Denis (93) pour s'installer dans le Val de Marne (94). Porteur de la mémoire de ces espaces, il revient sur les nombreux bénéfices dont ont bénéficié les mairies et les associations communistes à Aubervilliers, et plus généralement dans les banlieues rouges. L'écrivain, pour qui l'écriture reste un lieu de résistance, explore le roman fiction dans trois livres, publiés dans la collection Tracts chez Gallimard intitulé "Municipales : Banlieue naufragée" (2020), "Le roman noir de l'Histoire" (Verdier, 2019) et, paru en mars en folio Gallimard, "Artana ! Artana !". Il est l'invité de la Grande table aujourd'hui.
La Grande table Culture d'Olivia Gesbert – émission du 11 mars 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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