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ISBN : 208128068X
Éditeur : Flammarion (11/01/2012)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 539 notes)
Résumé :
En vieillissant les hommes pleurent
suivi de
L'Imaginot

9 juillet 1961.
Dès le lever du jour, il fait déjà une chaleur à crever. Albert est ouvrier chez Michelin. Suzanne coud ses robes elle-même. Gilles, leur cadet, se passionne pour un roman de Balzac. Ce jour-là, la télévision fait son entrée dans la famille Chassaing. Tous attendent de voir Henri, le fils aîné, dans le reportage sur la guerre d'Algérie diffusé le soir même. P... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (151) Voir plus Ajouter une critique
carre
  21 janvier 2013
Je viens de refermer le livre de Jean-Luc Seigle, et je suis sonné par ce que je viens de lire. Que dire d'original sur un roman qui possède une telle force, qui vous chavire avec une telle émotion, estomaqué par sa puissance narratrice.
Monsieur Seigle vous venez de signer un livre qui longtemps m'habitera. Souvent des romans sont couronnés pour de mauvaises raisons, celui-ci lauréat du Prix RTL-Lire mérite ce prix pour les dix années à venir.
Oui, je vieillis et j'ai pleuré en lisant votre roman.
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gouelan
  30 septembre 2014
"Albert ne pensait pas à mourir, il avait juste le désir d'en finir.
Mourir ne serait que le moyen."
Il lui faut en trouver le courage, il faut qu'il trouve "une peur plus grande que la peur de mourir, une peur capable de lui faire oublier la tristesse de sa propre mort."
Il ne peut plus avancer dans ce monde changeant, où le moderne efface les traces du passé, où son travail à l'usine Michelin , ne lui permet pas, comme son père l'avait fait avec lui, de transmettre son expérience à ses enfants.
Emmuré dans son silence, depuis sa captivité sur la ligne Maginot en 1940, Albert ne sait pas parler, ses mots se transforment en larmes.
Sans le dire, sans mettre de véritables mots sur ce qu'il projette, il confie son fils Gilles à un instituteur du village, à la retraite, amoureux des livres tout comme Gilles et ainsi accomplit sa dernière volonté.
Et pour son autre fils Henri, soldat en Algérie, il saura, au moment de l'entrée du poste de télévision dans leur foyer, ce qu'il lui reste à faire.
Roman tout en pudeur et en émotion qui met des mots sur les silences, sur les secrets. Ses silences, qui sont à l'image d'une balle logée près du cœur.
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Crossroads
  17 mars 2013
Albert est fatigué .
De son boulot de nuit chez Michelin , de sa femme Suzanne qu'il supporte décidément de moins en moins , du temps assassin qui déleste sournoisement mais inexorablement sa mère de tout son être , de cette vie terne et monotone qu'il n'envisage désormais plus que six pieds sous terre...
Les années 60 furent celles des grands bouleversements notoires . Suzanne , bien décidée à prendre le train du progrès en marche , a d'autorité imposé l'installation du petit écran afin d'y glaner la moindre information sur la guerre d'Algérie et ainsi espérer y voir son aîné Henri plus rassurant que jamais pendant que Gilles , second de la fratrie , passe son temps à la maison , le nez dans les bouquins et particulièrement «  Eugénie Grandet «  qui semble faire écho à sa propre vie .
Jenifer , poignante chanteuse à texte contemporaine , aime déclamer en boucle dans une émission de télé-crochet qui est à la musique ce que Navarro est au polar haletant : belle musicalité , j'ai aimé ton univers...J'ai bien envie de la paraphraser pour le coup , tiens...
Car de musicalité des mots qui vous transportent en un ailleurs bouleversant de justesse et d'émotion , il en est bel et bien question dans le cas présent .
Une journée , ni plus ni moins , pour dresser le bilan personnel de toute une vie .
De son mariage raté avec la jolie Suzanne à ses fils qu'il n'a pas su aimer en passant par un triste monde en perpétuelle évolution qu'il appréhende désormais quand celui de sa mère s'éteint peu à peu , le bilan est là , implacable , terrifiant , Albert est sans doute passé à coté de sa vie...En homme de parole taiseux qu'il a toujours été , il ne variera pas d'un iota de sa ligne de conduite en décidant d'en tirer les conséquences qui s'imposent...Une seule et unique journée décisive pour continuer à se battre ou pour enfin tirer sa révérence .
De photos familiales jaunies en sombres révélations , les heures s'égrènent lentement , inexorables , laissant à penser qu'Albert à déjà pris une décision pleinement justifiée au regard de ce bilan peu réjouissant .
Une histoire toute simple avec des mots qui ne le sont pas moins .
Une histoire néanmoins bouleversante d'authenticité sur ce thème universel qu'est le temps qui passe et son cortège de regrets à jamais gravés dans un marbre mémoriel désormais peu enclin à en collecter de nouveaux...
En Vieillissant Les Hommes Pleurent de Jean-Luc Seigle : du pain béni !
http://www.youtube.com/watch?v=3b1OwCG8WN8
Merci Marina...
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Symphonie
  28 novembre 2013
En vieillissant les hommes pleurent de Jean-Luc Seigle est une véritable pépite.
Dès les premières pages, on ressent le spleen d'Albert, ouvrier de nuit chez Michelin, habité par la pensée de mettre fin à ses jours. Si sa détermination est bien réelle, il lui manque la motivation justifiant son acte. Au fil des pages, on découvre sa famille : Sa femme Suzanne, lassée du tablier de ménagère accomplie qu'elle bannit pour porter des robes de sa création, réveillant ainsi la féminité qui sommeillait en elle au fil des années de mariage. Leurs deux fils, Henri et Gilles ont un caractère diamétralement opposé. Tandis que Gilles trouve son bonheur dans la lecture, dont Eugénie Grandet de l'illustre Honoré de Balzac, Henri se bat en Algérie, au grand dam de Suzanne pour ce fils préféré. Madeleine, la mère d'Albert, usée par le labeur, les accouchements et les fausses couches perpétrées par les faiseuses d'anges, vit dans ce foyer où le modernisme prend un essor considérable. La récente installation d'un téléviseur va provoquer un bouleversement et pas des moindres, au sein de la famille.
Ce roman m'a profondément touchée, et c'est encore peu dire. Albert, un taiseux, perdu dans une réalité dont il se sent exclu est plutôt attachant par ses réflexions et l'admiration qu'il porte à Gilles, ce fils littéraire pour lequel le geste représentera plus que la parole, son acte d'amour pour sauver Henri de cette guerre qui n'en finit pas de miner Suzanne. le respect pour cette femme âgée qui l'a mise au monde est entier.
Certains passages sont terriblement émouvants, de ceux que l'on n'oublient pas. Notamment, celui dans lequel Albert effectue pour la première fois, la toilette intégrale de sa mère, découvrant sa nudité, où chaque parcelle de ce corps qu'il touche, est décrite avec tant de grâce et de pudeur, que l'on retient presque son souffle.
Un récit simple, bouleversant, écrit avec une sensibilité à fleur de peau.
Et si les hommes pleurent en vieillissant, les femmes pleurent en le lisant.
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Eve-Yeshe
  14 mars 2018
Ce livre va rester longtemps dans ma mémoire ; on pourrait le sous-titrer « Chronique d'une mort annoncée », si Gabriel Garcia-Marquez ne l'avait déjà pris…
On fait la connaissance du héros, Albert, un taiseux revenu de la deuxième guerre mondiale, avec une plaie béante dans le coeur, d'autant plus qu'il n'a jamais pu raconter ce qui lui était arrivé (prisonnier de guerre et aussi du mensonge qui a entouré l'histoire de la ligne Maginot) et qui va voir sa vie lui échapper.
Au retour, il retrouve un mariage raté, avec Suzanne, un fils aîné Henri, âgé de cinq ans, qui hurle lorsqu'il veut le prendre dans ses bras et dont il ne pourra jamais être proche. Il a l'impression de devenir le tiers dans le couple formé par Henri et sa mère… plus tard, viendra Gilles, un second fils alors que le mariage bat de l'aile et que Suzanne n'acceptera et n'aimera jamais, tellement éprise de son fils aîné, ingénieur qu'elle n'hésite pas à parer de tous les talents.
Gilles est un gamin qui m'a beaucoup touché, par son amour de la littérature et son amour De Balzac qu'il découvre en ayant choisi par hasard « Eugénie Grandet » dans la bibliothèque de son frère (sacrilège, il a osé toucher un livre d'Henri, en fait sa mère ne supporte pas qu'on touche au mausolée…)
Par contre, la relation que Gilles tisse peu à peu avec son père est très forte, c'est une vraie complicité qui n'a rien du lien Suzanne-Henri. Elle est profonde, sincère et pleine de pudeur.
Albert sent que sa vie lui échappe, qu'elle ne l'intéresse plus car le passé s'en va, plus rien ne sera comme avant et il n'arrive pas à l'accepter et se sent inutile. Il n'a pas forcément envie de mourir, il voudrait seulement que la vie s'arrête, du moins au début. Il va confier Gilles à son voisin, instituteur à la retraite pour l'aider à l'école.
« En vieillissant, les hommes pleurent. C'est vrai. Peut-être pleuraient-ils tout ce qu'ils n'avaient pas pleuré dans la vie, c'était le châtiment des hommes forts. » P 30
Jean-Luc Seigle nous entraîne dans une chronique du temps qui passe, au sein de la famille comme au sein de la société en pleine révolution de l'après-guerre : il oppose l'attachement au passé d'Albert et la volonté de tout changer de Suzanne qui bazarde, pour des sommes ridicules, tous les meubles anciens, pour acheter du formica, ou des appareils modernes et le fameux téléviseur, sans se rendre compte qu'elle détruit Albert (est-ce que vraiment elle ne s'en rend pas compte, je n'en suis pas si sûre, vue la rage qu'elle y met ? )

« Ce fut donc avec la plus grande application et la plus grande dévotion qu'elle se mit à détruire le monde d'avant-guerre pour tenter d'y rebâtir un monde nouveau. » P 39

L'histoire a l'air toute simple, mais on comprend vite les relations ambigües, parfois à la limite de la toxicité, entre tous les membres de cette famille : la soeur et surtout la mère d'Albert, perdue dans les brumes d'Alzheimer, m'ont beaucoup touchée, notamment la scène où Suzanne demande à Albert de faire la toilette de sa mère…
Jean-Luc Seigle nous livre aussi une belle chronique sur le monde rural, en plein désarroi pour cause de la politique de « remembrement » lancée par le ministre de l'agriculture du général De Gaulle, et oui, le malaise du monde agricole ne date pas d'hier ; lui-même est obligé de travailler à l'usine, car il ne peut vivre des seuls revenus de sa terre : est-on paysan par vrai choix et y a-t-il un avenir?
J'ai aimé aussi la manière dont il parle De Balzac qui entre dans la vie de Gilles, comme roman initiatique, car « Eugénie Grandet » a aussi été choc pour moi, vers douze ans, en me faisant entrer dans le monde de la « grande littérature » ; la découverte de cet univers par Gilles me rappelle tant de souvenirs et d'émotions…
Je pourrais parler de ce roman pendant des heures tant les thèmes abordés m'ont touchée, de même que l'écriture simple mais précise, décrivant les émotions avec juste ce qu'il faut de retenue, pour que les héros nous plaisent (enfin pas tout, j'ai adoré détester Suzanne !) et nous semblent authentiques.
J'ai attendu longtemps avant de lire ce roman, car je me méfie de l'engouement médiatique, et préfère prendre mon temps, attendre le bon moment et c'est un véritable uppercut, une belle rencontre…
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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critiques presse (2)
Lexpress   14 mars 2012
Le roman de Jean-Luc Seigle est une tragédie murmurée, l'histoire d'une fin annoncée, d'un héritage impossible.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   23 février 2012
Jean-Luc Seigle signe un hymne à la vie qui porte les couleurs du désespoir.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (207) Voir plus Ajouter une citation
PancracePancrace   12 juillet 2018
On peut mourir dans le mensonge. On ne peut pas se donner la mort sans s'être dit à soi-même la vérité.
Commenter  J’apprécie          240
CrossroadsCrossroads   10 mars 2013
Albert interrogeant la mère Morvandieux sur son fils mort au combat il y a près de 50 ans...

- Et à votre fils , vous lui écririez quoi aujourd'hui ?
(...)
- Eh ben , pas grand-chose , Albert , figure-toi , pas grand-chose . Je lui parlerais de la maison qui est bien vide sans lui . Je lui parlerais des choses qu'il aimait et qu'il n'avait plus là-bas . Tu comprends , Albert ? Je lui parlerais d'une tarte que j'aurais faite , sa tarte préférée que j'aurais pas pu manger toute seule . S'il était dans un pays chaud , je lui parlerais de l'hiver . S'il avait froid , je lui parlerais du feu dans la cheminée . Je lui parlerais du travail que j'arrive pas à faire toute seule et de son père malade...même s'il est pas malade . Ça , tu peux me croire Albert , s'il fallait mentir je mentirais sans hésiter (...) pour qu'il ait envie de revenir .
+ Lire la suite
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miladomilado   18 septembre 2013
Gilles comprit alors que chaque roman qu'il lirait l'aiderait à comprendre la vie, lui-même, les siens, les autres, le monde, le passé et le présent, une expérience similaire à celle de la peau ; et chaque événement de la vie lui permettait de la même manière d'éclairer chacune de ses lectures. En découvrant cette circulation continue entre la vie et les livres, il trouva la clé qui donnait un sens à la littérature.
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canelcanel   19 mars 2013
" - Je sais aussi que tu aimes l'Histoire.
- Oui, plus que la géographie.
- En général, c'est ainsi. La géographie, il faut voyager pour l'aimer. L'Histoire, elle vit avec nous, même si on reste sur place toute sa vie. Qu'on le veuille ou non, elle finit toujours par s'asseoir à notre table. "
Personne n'avait jamais parlé à Gilles [10 ans] de cette manière. Monsieur Antoine ne s'adressait pas à lui comme à un enfant, il l'obligeait à se hisser jusqu'à lui. Gilles pour l'instant se tenait à peine sur la pointe des pieds, tout chancelant. L'équilibre viendrait, c'était une question de temps.
(p. 95)
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Eve-YesheEve-Yeshe   20 mars 2018
Je n’aime pas qui je suis. Je n’aime pas ce qu’il faudrait que je sois, je n’aime pas me réjouir de cette vie-là, je ne suis pas de cette vie, je suis d’un autre temps que je n’ai pas su retenir. Après, ils pourront tout effacer avec leur remembrement, leurs machines à laver le linge et leur télévision. Tu comprends, Gilles, je ne veux pas être le témoin de la fin de ces temps que j’ai tant aimés, même s’ils étaient difficiles et quelquefois injustes. P 195
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