AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2213671869
Éditeur : Fayard (02/09/2015)

Note moyenne : 3/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Notre époque déserte les livres mais se prend de passion pour Montaigne. Jamais il n’a suscité un pareil flot d’ouvrages, des plus accessibles aux plus érudits, tous pénétrants, alertes, et même, certains estampillés à bon droit succès de librairie. Prudence, néanmoins. Cassandre malgré moi, me reprochant ce que je redoute, j’entends un chant du cygne dans cet enthousiasme. En classe, on n’enseigne presque plus les Essais. Le public célèbre-t-il ce qui va disparaîtr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
zenzibar
  05 octobre 2016
Pas facile pour un auteur d'exister sur le marché des livres sur Montaigne.
Le nombre d'ouvrages est imposant.
Avec son livre et notamment son titre « Adieu Montaigne » Jean-Michel Delacomptée s'efforce de se démarquer.
En effet, l'auteur souligne que ce succès est quelque peu paradoxal car en réalité Montaigne n'est pas (plus) enseigné au lycée et n'est plus étudié que par des spécialistes dans des cursus d'études supérieures.
En-dehors de ces territoires académiques, qui lit aujourd'hui véritablement Montaigne notamment « en VO » ?
Ce problème de déficit de lecture profonde est évidement plus général. Récemment un ministre de la culture n'a-t-elle pas avoué qu'elle ne lisait pas ? Je gage que cet état d'esprit est très tendance dans les allées du pouvoir depuis de trop nombreuses années. « Plus rentable » politiquement de tweeter que de s'isoler pour méditer, (re)lire des aphorismes de Marc Aurèle, Confucius et quelques pages de Montaigne..
On se souvient que dans le film de Forman « Amadeus », le prince reproche à Mozart de mettre « trop de notes » dans ses oeuvres. Les Essais ont eux aussi « trop » de pages, « trop » de mots, trop d'interstices pour la subtilité non linéaire de la pensée, la beauté des mots, autant de richesses pas solubles dans les modes de pensées contemporains, de plus en plus réducteurs, de plus en plus binaires …
Le succès de Montaigne pourrait être l'éblouissement d'une étoile avant sa disparition.
Ce livre est partitionné par thèmes « hommes et femmes », « loyauté »…autant d'espaces pour mettre en valeur la singularité exceptionnelle de Montaigne comme auteur, libre penseur et être humain, dans le contexte historique, politique et social qui était le sien.
Toute cette richesse unique qui pourrait devenir un astre mort, avalé aux confins d'un infini à jamais inaccessible.
Il n'y a pas ici de lecture innovante des Essais pour qui chemine plus ou moins régulièrement dans ces pages. Mais le bonheur encore et encore de relire de très beaux extraits et des commentaires qui les mettent en perspective agréablement, un peu comme si le lecteur parcourait le saint des saints, la librairie et ses citations inscrites dans la charpente dans la tour de Montaigne.
Je ne résisterai pas à la tentation de reporter quelques extraits intégrés par JMD.
« Nous n'apprenons à disputer que pour contredire ; et, chacun contredisant et étant contredit, il en advient que le fruit du disputer, c'est perdre et anéantir la vérité. »
« Les autres ont pris coeur de parler d'eux pour y avoir trouvé le sujet digne et riche ; moi au rebours, pour l‘avoir trouvé si stérile et si maigre qu'il n'y peut échoir soupçon d'ostentation. »
« Dès ma première enfance, la poésie a eu cela, de me transpercer et transporter. »
L'auteur confie qu'il a découvert les Essais à 20 ans à l'occasion d'une rupture sentimentale et que cette lecture lui a été d'une grande aide pour guérir cette peine.
J'aurais tendance à penser que Montaigne est plutôt un compagnon de maturité, mais on ne peut naturellement que souhaiter que de très nombreux jeunes lecteurs, comme JMD l'a été, investissent Les Essais pour qu'il n'y ait jamais d'adieu à Montaigne
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70

critiques presse (2)
NonFiction   30 octobre 2015
Quinzième ouvrage de Jean-Michel Delacomptée, Adieu Montaigne est en tous points admirable.
Lire la critique sur le site : NonFiction
LeFigaro   24 septembre 2015
Loin d'avoir écrit un amer tombeau de Montaigne, Jean-Michel Delacomptée a composé une ode à la littérature.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
BibaliceBibalice   20 mai 2015
Tout comme La Boétie aurait préféré naître citoyen de la république de Venise, ce n’est pas en France que Montaigne pouvait trouver le lieu qui le comblerait. Pas même à Paris, ville par laquelle seule il se sentait français, mais que, symboliquement, la boue dont elle puait l’incitait à fuir. Il aurait pu le trouver dans la France d’avant, celle du « temps de nos pères », mais certainement pas dans la société où il vivait. Les guerres intestines et la mentalité qu’elles entraînent, cet air pourri qui infecte les comportements, cette défiance généralisée où votre voisin le plus amical peut soudain se retourner en un ennemi mortel, votre maison livrée sans défense au hasard d’une incursion de soudards comme il en fit l’expérience, ne devant son salut qu’à son sang-froid et à la franchise de son visage, toutes les routes transformées en éventuels traquenards comme il en fit également l’expérience, ne devant là encore son salut qu’à sa fermeté d’âme, les tares et les vices dont il accusait à jet continu ses contemporains, toutes ces failles de la paix civile et ces faillites de la morale lui interdisaient de trouver son lieu au sein de son époque.

Il dit lui-même qu’il n’y avait pas de place pour lui : «Me trouvant inutile à ce siècle, je me jette à cet autre », celui de Pompée, Sénèque, Plutarque, l’antiquité, l’ancienne Rome, loin dans le passé, presque étranger à ses compatriotes, sans l’once d’une prétention à se vouloir moderne, fronçant le nez devant l’actualité qu’il observait sans qu’elle l’engage plus que de raison, à la diffé- rence de nos habitudes, nous qui sommes si rutilants d’appartenir à notre temps comme si, d’y appartenir, nous sortions de la cuisse de Jupiter.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
zenzibarzenzibar   30 septembre 2016
Montaigne ne méprise pas les gens du peuple.

Pour l‘habituer à les respecter, son père lui commandait de tenir sur les fonds baptismaux les enfants du village.
Mais il s'en préoccupe peu.

La Boétie exhortait les opprimés à ne plus servir leurs maitres, ainsi se rendraient-ils libres.
Rébellion sans violence, par résistance passive.

Montaigne ne considère jamais les choses du point de vue des humbles, des pauvres, des serviteurs, mais de ceux qui les emploient. Il hait la tyrannie; lui-même n’a rien d'un autocrate, il est affable bien qu’il parle d'une voix claironnante, libéral dans les discussions. pourvu qu'on ne se bute pas en coq monté sur ses ergots, aimable avec ses valets quoique sans faiblesse s'ils commettent des fautes, il abomine la méchanceté, les proscriptions de Sylla à l'encontre des sénateurs romains et la dictature dont César menaçait la république, mais il pense en seigneur philosophe, pour qui la liberté se gagne pat un effort sur soi, par une démarche individuelle, sans se traduire dans. l'ordre politique par une lutte collective en vue d'un salut commun.

(p.158)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
doriodorio   05 novembre 2015
POUR UN MONTAIGNE

Pour un Montaigne
Homme de peau de poil et de plume
Qui continue sa vie
- bon an mal an –
Dans les lecteurs de ses Essais
Combien « d’auteurs » encensés fêtés
pour leurs œuvres immortelles
sont oubliés.

Notre homme du XVI° conversait à sa manière
avec Socrate Lucrèce La Boétie…
et ces cannibales récemment découverts
au-delà des mers.

Rude langue qui nous rabote
Nous laisse parfois « bête » et sans voix
Ou nous redonne une incroyable énergie.

Et cependant :
"J’écris mon livre à peu d’hommes et à peu d’années."
Il se trompait.
Mais peut-être, après tout, disait-il vrai

jean jacques dorio
http://dorio.blog.lemonde.fr
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
zenzibarzenzibar   24 septembre 2016
C'était un point interrogation qui se bâtissait en permanence par des réponses remises sans cesse sur le métier.

Rien que par ce trait, il diffère de la tendance qu'on observe si souvent aujourd’hui, où chacun croit détenir les vérités ultimes, et qu'en changer serait s'arracher la peau.
Nous mordons furieusement dans nos convictions de peur qu'un morceau nous échappe.

Lui héritier de Socrate, soutenait d'un ton placide qu'il ne savait rien.
Cette humilité nous est étrangère. Nous croyons savoir, nous déclarons, nous assénons, nous dénouons à la va-vite les nœuds qui nous entortillent.

(p.80-81)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
zenzibarzenzibar   26 septembre 2016
C'est d’ailleurs pourquoi il regrettait que ce soient les Européens de son temps qui aient conquis les nouvelles Indes, et non les Grecs et les Romains, qui auraient « doucement poli et défriché ce qu’il y avait de sauvage » parmi ces nations récemment découvertes, enrichissant de leurs savoirs la culture des terres et les ornements des vil1es indiennes, mélangeant les « vertus grecques et romaines aux originelles du pays ».

Il déplorait que ce ne fût pas l’antique Europe plutôt gue cette barbare conquête par 1a soldatesque couverte verte de barbe et de cuirasses qui, s'apercevant que ces gens vivaient nus, le poil ras, les condamnèrent à se vêtir de coutumes ignominieuses et à se mettre au cou le carcan d'un Dieu unique.

(P.133)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Lire un extrait
Videos de Jean-Michel Delacomptée (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Michel Delacomptée
La Bruyère, portrait de nous-mêmes Jean-Michel Delacomptée R. Laffont, août 2019
Un portrait de l'écrivain Jean de la Bruyère, les milieux qu'il fréquentait, ses rapports aux hommes et aux femmes ou encore ses liens avec la morale. ©Electre 2019
https://www.laprocure.com/bruyere-portrait-memes-jean-michel-delacomptee/9782221240250.html
autres livres classés : aphorismesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les prénoms des personnages de Harry Potter (+ noms dans la version originale)

Quel est le prénom de Hagrid ?

Hagrid est son prénom
Rubeus
Filius
Severus

17 questions
3865 lecteurs ont répondu
Thème : Harry Potter, tome 1 : Harry Potter à l'Ecole des Sorciers de J. K. RowlingCréer un quiz sur ce livre