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EAN : 9782253168546
240 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (29/08/2012)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 751 notes)
Résumé :
A sept ans, Édouard écrit son premier poème, quatre rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l'écrivain de la famille. Mais le destin que les autres vous choisissent n'est jamais tout à fait le bon...
Avec grâce et délicatesse, Grégoire Delacourt nous conte une histoire simple, familiale, drôle et bouleversante.
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Critiques, Analyses et Avis (141) Voir plus Ajouter une critique
ninosairosse
  05 janvier 2017
My Lady D'Arbanville / Why do you sleep so still / I'll wake you tomorrow / And you will be my fill / Yes you will be my fill .
p65
L'année dernière je commençais ma dernière critique par une chanson des années 70, permettez-moi d' entamer 2017 avec un autre tube de la même époque, d'autant que là c'est Grégoire Delacourt qui nous le suggère !
Le ton est donné, moment nostalgie, l'auteur nous replonge dans sa petite enfance, perturbée par la séparation de ses parents, il nous ressortira les émissions, les chansons, les romans ...les réclames de l'époque. Ce qui m'a profondément touché, c'est surtout ce moment de recueillement à l'Eglise St Michel de Valenciennes, c'est là que moi aussi j'ai été baptisé, où j'ai défilé en communiant, et où j'ai vu partir les miens...
L'écrivain de la Famille restera comme une empreinte laissée au fil du temps, comme une image subliminale qui s' efface... tout doucement, comme la couverture d'un livre que l'on vient de finir..... Yes you will be my fill !
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LiliGalipette
  05 avril 2012
Pour avoir écrit un petit poème à sept ans, Édouard est considéré comme un prodige par ses parents. « En quatre rimes pauvres, j'étais devenu l'écrivain de la famille. À huit ans, je n'avais plus rien à dire. » (P. 14) le génie a fui aussi vite qu'il était venu, mais personne ne comprend pourquoi l'enfant, puis l'homme n'écrivent pas un chef-d'oeuvre. Tendue vers cette réussite, c'est toute une famille qui s'épuise et finalement se déchire, lasse de n'avoir pas parlé, lasse de ne pas avoir ouvert son coeur au-delà du voeu fou de faire de l'enfant une merveille. « Nous devenions muets. Ce qui est un comble pour une famille qui comptait son propre écrivain. » (p. 32)
La famille, c'est le père que tout le monde appelle Dumbo. C'est la mère, l'amante, superbe femme qui s'étiole dans une vie étriquée. C'est Claire, la soeur qui rêve du prince charmant. C'est le frère à la voix d'ange qui déploie ses ailes attardées. Et c'est Édouard, celui dont tout le monde attend un miracle, le miracle de l'écriture. Mais l'enfant le comprend avant les autres : il n'a pas de talent. « Les rêves des autres nous damnent. Aux chiottes ! » (p. 48) Alors qu'il aimerait guérir le monde et les siens avec l'écriture, il lui semble qu'il ne fait que les blesser.
Adulte, Édouard trouve plus ou moins sa voie : il devient publiciste et maître dans l'art de créer des slogans et des campagnes efficaces. Mais voilà, ce n'est pas écrire, pas vraiment, pas comme les autres le voudraient, ni comme lui en rêve. « À vingt-neuf ans, je vivais de ma plume. Mais je m'étais trompé d'encrier. J'écrivais, mais je ne guérissais pas. » (p. 202) Et tout le reste autour de lui capitule. Ses parents divorcent, sa soeur est abandonnée par l'homme qu'elle aime et lui-même vit un mariage amer. Se posent alors les questions de l'amour, filial et autre, de la lâcheté, du mensonge et du silence. C'est comme si la vie s'appliquait méticuleusement à rompre les liens, comme si rien ne permettait l'union véritable et le bonheur. « Quand on est très petit, la longueur des bras permet juste d'atteindre le coeur de ceux qui nous embrassent. Quand on est grand, de les maintenir à distance. » (p. 140) Ou alors, pour être heureux, il faudrait peut-être arrêter d'être ce que les autres attendent et choisir enfin ce que l'on veut être, d'assumer ce que l'on est.
Les années 1970, 1980 et 1990 défilent et Grégoire Delacourt propose en filigrane la chronique de décennies déjà mythiques. Des chansons, des films, des livres et des noms célèbres parsèment la page et entraînent le lecteur dans la course folle du temps qui passe. Dans ce roman, le name-dropping est artistique, dosé, intelligent. Ce n'est pas l'écoeurante énumération du publicitaire, ce sont les indices d'une chasse au trésor : Édouard (Grégoire ?) les collectionne comme les précieuses reliques de l'enfance, cet instant si court qu'il n'a cessé de voir s'éloigner. « Il faut avoir vu ses parents se battre pour comprendre qu'un enfant puisse avoir envie de mourir. » (p. 35) Entre rimes faciles et incises complices, Édouard/Grégoire joue avec les mots et les choses. Une fois qu'il aura assez joué, il saura où il en est.
L'écriture déborde d'ironie triste et de résignation dolente. Mais pas de pathétique dans ces lignes, le héros avance toujours, même s'il se débat. Son père lui avait donné un conseil pour faire fructifier son don : « Laisse les choses s'écrire » (p. 15) Finalement, c'est encore ce qui marche le mieux pour écrire le plus beau des romans. L'écrivain de la famille se lit avec émotion et tendresse. Ah, que l'on aimerait serrer tous ses personnages contre nous, leur dire qu'il suffit d'un mot ! Mon mot de la fin est pour l'auteur : merci.
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latina
  22 juin 2013
Autobiographie semi-romancée ? Semi-autobiographie romancée ? Je me suis cassé la tête sur ces 2 appellations non contrôlées par l'auteur lui-même...C'est pourquoi je me contenterai de donner mon humble avis (petit clin d'oeil à NastasiaBuergo) à propos de ce « roman », comme écrit sur la page de garde.
L'histoire ? Je ne me permettrai pas de dire quoi que ce soit sur les évènements ! Car l'auteur reconnait qu'il y a plein de vrai mais aussi plein d'inventions...Et comme je ne sais pas exactement ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas...Qui suis-je pour oser qualifier une vie de bonne ou mauvaise ?
Je peux juste dire que le narrateur n'a pas eu beaucoup de chance : des parents qui divorcent (« Il faut avoir vu ses parents se battre pour comprendre qu'un enfant puisse avoir envie de mourir »), et qui n'arrivent pas à être heureux, un frère et une soeur à qui il arrivera le pire, un mariage par hasard... Par contre, sa carrière, elle, va trouver le tournant adéquat : la publicité, où il pourra exercer son amour des mots déjà pronostiqué à 7 ans par la famille. Mais tout doucement, un roman est en train de se construire, le roman de ceux qui l'entourent depuis sa naissance.
Le ton ? Concis, cynique, drôle, tendre, triste, désabusé...Assorti d'un style de ciseleur, poétique par moment, de surcroît, ce qui ajoute au plaisir ! Comme le dit l'auteur lui-même : « le cadeau de la pub c'est de m'avoir appris à découenner le jambon, à enlever le gras, à éviter les mots qui s'écoutent écrire. »
Sceptiques ? Lisez, plutôt :
«Ma mère pleura. Elle s'agenouilla, prit son cadet dans les bras, murmura mon bébé, mon bébé, mon tout petit. La plume des doigts du géant vint cueillir une larme sur sa joue, la porta à sa bouche, l'avala. Claire chuchota.
- Il met maman dans son coeur. »
Ou encore :
« Claire rencontra un veuf. C'est un roc, dit-elle, il ira parfaitement avec mon coeur de pierre. A deux, on fera des étincelles. »
C'est à partir de 4 rimes formulées à 7 ans que sa famille s'était engouffrée dans le rêve d'avoir un Ecrivain, et son corollaire, quelqu'un qui pourrait les sortir de leur latence.
« Quatre rimes piteuses et ça y était ; tu seras l'écrivain, tu écriras notre histoire, tu nous sauveras »
Quel programme ! Difficile ! Mais finalement, n'y est-il pas arrivé ?
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HORUSFONCK
  26 juillet 2020
Je retrouve Grégoire Delacourt pour un second voyage qui, en fait, est son premier roman.
Je rejoins Grégoire Delacourt en ces années soixante-dix, soixante-vingt et soixante-trente dans lesquelles je me suis retrouvé quelque fois à travers des airs de chansons évoquées et des auteurs cités.
L'enfant du début, n'est pas écrivain devenu... enfin, pas tout à fait. Il usera des mots, les retournera en slogans pour la pub. Écrira-t-il SON roman? Rien n'est moins sûr puisque les années passent et que l'enfant devenu homme fait fortune dans la pub... fortune qui lui sera ratissée, et vlan!
Le livre recèle d'instants poignants, navrants, tragiques, magiques... de ce qui fait une vie avec des hommes, des femmes, une famille qui s'éparpille et se retrouve au gré des drames. des pleins et des déliés qui courent, s'éloignent et se chevauchent.
Curieux que l'auteur ne cite pas Jonasz dans ses réminiscences de chansons... qu'importe, il y en a maintes autres...comme cette Tendresse de Daniel Guichard qui transmet trop d'émotions.
L'écrivain de la famille n'est pas long, non, mais il est riche d'humanité et chapitré court... Comme ces spots publicitaires millimétrés pour que le message ait le temps de passer? Je ne saurais en faire le reproche.
Un livre que j'ai bien apprécié et que je ne décommanderais pas.
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araucaria
  04 août 2013
Autant l'avouer tout de suite, lorsque j'ai commencé ce livre j'ai été déçue. le style ne me plaisait pas, sans doute parce que l'auteur est un publicitaire et que son écriture s'en ressent. Et puis, les pages se tournant, le livre m'a apprivoisé, certains passages m'ont interpelée. Certes ce n'est pas un coup de coeur, ce roman ne va pas bouleverser ma vie de lectrice, mais ce n'est pas un mauvais livre. Il aborde des sujets sérieux comme le handicap, le sida, le couple, la séparation, la vieillesse, la déchéance physique. Pas si léger que ça donc, un livre qui se lit facilement en définitive. Un auteur à découvrir. Tiens, je vais peut-être retenter l'aventure avec "La liste de mes envies"...
Lien : http://araucaria20six.fr/
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critiques presse (1)
LeSoir   14 juin 2011
Ce premier roman a un petit quelque chose en plus et on s'y attache très vite pour ne plus le lâcher. On y prend goût tant on s'y sent chez soi. Il a un air d'Anna Gavalda de la bonne époque. Une écriture agréable, vive, imagée et fluide.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (123) Voir plus Ajouter une citation
ninosairosseninosairosse   06 janvier 2017
- Nous étions trois soeurs et notre père n'aurait pas supporté l'idée que nous fussions (elle leva les yeux au ciel ) trois idiotes. Alors nous devions toujours avoir un livre dans les mains, j'ai continué et voilà comment je connais Maurice Maeterlinck, Prix Nobel de littérature en 1911, ce qui fait de moi une idiote cultivée !

p139
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araucariaaraucaria   02 août 2013
Six années de pension, de la sixième à la première, firent de moi un ignare savant.
Certes, je connaissais Thérèse Raquin, Jean-Paul Sartre, Jean-Sol Partre, la quantité de bovidés de la sous-famille des caprinés du genre ovis en Argentine, le nom de la capitale de Malte, le catastrophique PIB de la Suisse, le nombre de voix d'Emile Muller au premier tour de la dernière élection présidentielle mais je ne savais rien des choses du dehors.
J'étais une sorte de Candide. Un enfant sauvage qui n'avait pas vu "L'Epouvantail", "Le Parrain", "Que la fête commence", "Monsieur Klein".
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ninosairosseninosairosse   07 janvier 2017
Le prince avait ravi le coeur de la belle et l'avait abandonné aux chiens dans le fossé parmi les papiers gras, le mépris, la merde. Claire pleura sans discontinuer pendant trois jours et trois nuits; sa peau devint grise et sèche et dure comme les galets des rivières. [...]
Quels mots pour guérir la peau de galet, le coeur de pierre ?

p149
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ninosairosseninosairosse   05 janvier 2017
En ce qui concerne sa publication, et malgré ma fiche hautement enthousiaste, le comité de lecture ne l'a pas retenue. Ce n'est pas grave, rassurez-vous. Un texte de théâtre aussi puissant que le vôtre est fait pour vivre sur les planches. Pas pour mourir dans des pages blanches.

p136
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ninosairosseninosairosse   04 janvier 2017
Et Claire qui fêtait l'âge de raison m'adressa ses douze albums de Martine. Ils furent les seules choses qu'on me volât au pensionnat, les coquines culottes blanches de la gamine en furent évidemment la raison.

p37
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Vidéo de Grégoire Delacourt
Grégoire Delacourt présente "Un jour viendra couleur d'orange"
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