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ISBN : 9782226229700
Éditeur : Albin Michel (17/08/2011)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 99 notes)
Résumé :
Léna est née dans le Grand Nord sibérien. Elle aime plus que tout la brume, la neige, l’attente et l’immobilité, qui n’ont ni couleurs ni frontières. Son mari Vassia, pilote dans l’armée de l’air, n’a qu’un rêve : poursuivre la grande épopée soviétique de l’espace dont Gagarine fut le héros et qui reste l’immense fierté du peuple russe.
Comment acclimater leur nature profonde, leurs sentiments et leur vision du monde si différents en ces temps incertains de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Zebra
  08 octobre 2013
Qu'on se le dise : « Léna », premier roman de Virginie Deloffre, est une pépite ! Édité en septembre 2013 au Livre de Poche, ce roman de 238 pages a fait l'objet de 33 critiques sur Babelio, la plupart admiratives. Et comment ne pas être admiratif devant ce chef-d'oeuvre ?
La couverture donne le ton : vous voici transporté en URSS, le 2 janvier 1959. Luna 1, première sonde soviétique du Programme Luna, est lancée dans l'espace, destination la Lune : la sonde passe à 6000 km de la Lune, marquant le début de l'exploration spatiale. Cet événement est une fierté nationale pour les Russes de cette époque, et cette fierté se lit sur le visage de la jeune femme qui est en couverture car, après des années de guerres et de souffrances, l'avenir paraît enfin radieux. Et ces années noires, le peuple Russe ne les oublie pas : Virginie Deloffre nous cite quelques vers du poète Fédor Tioutchev.
« Léna » se présente en trois parties. La première partie –l'absence- est constituée d'une suite de lettres envoyées par Léna à ses parents d'adoption, Varia (une vieille communiste) et Mitia (un géologue dissident, condamné à l'exil permanent en Sibérie). Nous sommes en 1987. Léna est mariée à Vassia, pilote de chasse. Léna a deux vies, deux rythmes : quand Vassia vient et quand Vassia repart à la Base. Léna se confie à eux : elle attend, résignée et seule, le retour de Vassia, mais elle est à sa place (page 14) et elle s'enfonce dans cette absence, telle une longue plaine facile à marcher qui [la] protège (page 15). Cette absence, qui est (page 16) sa légende intérieure, lui fait du bien (page 17) comme un bon sirop. Quand Vassia est là, l'air sent bon, la lumière et la chaleur pénètre les maisons (page 33) et c'est un tintamarre de sensations. Quand il sourit, la cuirasse d'absence de Léna cède, s'effondre sous le soleil renaissant (page 42). Mitia et Varia sont pleins de tendresse pour Léna, ce bout de fillette qu'ils ont récupéré alors qu'elle n'avait que sept ans et que ses parents s'étaient noyés en pêchant au trou, un jour de printemps, sur la banquise, mais Varia trouve que la posture adoptée par Léna risque de mettre en danger son mariage avec Vassia. La deuxième partie –l'azur- est consacrée à la sélection de Vassia comme futur cosmonaute, en partance pour la station spatiale Mir. Vassia saura se montrer digne de la confiance que l'URSS place en lui (page 108), mais il redoute la réaction de Léna car (page 109) il ira regarder des heures durant une autre image, aux lignes rondes et pures, irréelle et sacrée. Léna sent que sa vie va basculer : il n'y aura plus de mystère, mais des permissions programmées, il n'y aura plus d'intimité avec Vassia, mais des reportages TV, il n'y aura plus de passion de Vassia envers elle, car il reviendra les yeux éteints, brûlés. On lui rendra une ombre (page 126). Mais Léna surmonte ses peurs, soutenue par Vassia qui lui dit que l'homme est attiré par une force, que l'étendue l'appelle (page 134), que l'espace est du domaine du mystère (page 136). le mur de Berlin n'est pas encore tombé mais l'URSS est en train de s'écrouler : pour Vassia, rejoindre Mir c'est suivre la voie ouverte par la chienne Laïka, par Youri Gagarine, par Valentina Terechkova et par Alexeï Leonov ; c'est tirer une dernière salve d'honneur à la face du monde, à la face de l'Amérique. Alors Léna parcourt les bibliothèques, prend des notes et s'ouvre à Vassia. Elle comprend qu'il a besoin de quelque chose qui le dépasse (page 171) car, comme tout Russe, il est à l'aise seulement dans la démesure (page 188). Vassia part pour Mir, puis il en revient, transformé. Dans la troisième et dernière partie –la marche- l'URSS n'existe plus. Tout fout le camp. L'armée propose à Vassia le poste de correspondant permanent au Kamtchatka : il en discute avec Léna, qui accepte. Là-bas, elle prend un poste d'institutrice : elle a des rêves aussi (page 230). Elle et lui se trouvent enfin. Elle accouche d'une fille, Lioubov (amour, en russe) : tout un programme !
Dans ce roman, qui a reçu le Prix des Libraires 2012, rien ne manque : une écriture délicate, superbe et subtile au service d'une vivifiante histoire d'amour, une atmosphère incroyable, des rappels historiques jamais pesants, des personnages attachants, les dessous enfin révélés de l'aventure spatiale russe, une nature sauvage mais magnifique, des traditions, de la psychologie, de la poésie, de la pudeur, du style, de l'émotion, et la fameuse âme russe, passionnée, fière, imprévisible, généreuse, paradoxale et à fleur de peau. En toile de fond, le rêve socialiste et l'éclatement de l'URSS. Pour un premier ouvrage, Virginie Deloffre fait preuve d'une maturité étonnante. Chapeau bas : cinq étoiles !
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moustafette
  01 novembre 2011
Léna vit au rythme des absences et des retours surprises de Vassili. A ce mari, pilote militaire sans cesse en mouvement entre ciel et terre, Léna oppose une immobilité sans faille. Elle se déplace à minima entre le combinat où elle travaille et les files d'attente des magasins. Tentant de se faire toute discrète comme pour se dissimuler d'un toujours possible malheur qui pourrait la rattraper, Léna évolue en lisière de la vie, le corps rivé à l'arbre sous sa fenêtre tandis que son esprit s'en va batifoler vers les mystères de la vie de Vassili ou le long de l'Ob qui a bercé son enfance.
Effacée, rêveuse, à la limite sauvage, Léna tire sa patience de sa Sibérie natale où elle fut élevée par Varvara, une bonne vieille communiste qui héberge déjà Dimitri, un géologue moscovite déplacé dans les années soixante par la Sécurité de l'Etat afin de s'occuper de la station de géographie de Ketylin, à savoir une baraque paumée dans un trou perdu du Grand Nord. Comme rééducation, Dimitri aurait pu tomber plus mal, car l'arrivée de Léna va permettre à ces trois êtres malmenés par la vie de refonder un semblant de famille. Léna grandira donc entre Dimitri le taiseux rêveur qui ne s'amine qu'au contact des trésors de la terre, et Varvara la bavarde et pragmatique babouchka qui s'accroche coûte que coûte à son vieux rêve communiste.
Plus tard, quelque part en Russie centrale dans l'appartement communautaire n°12, les fréquentes absences de Vassili ramènent Léna vers la Sibérie par le biais des longues lettres qu'elle échange avec Varvara et Dimitri.
Un jour, Vassili est sélectionné pour faire partie de la prochaine mission qui rejoindra la station Mir . Léna pressent alors que la bulle qu'elle s'est construite ne va pas tarder à exploser. Sa routine rassurante se détraque, obsédée qu'elle est par moult questionnements. Que vont donc chercher les hommes dans l'espace ? Pourquoi ceux qui en reviennent ont-ils tous le même vide au fond des yeux ? Que va-t-elle devenir ?
Un très très beau voyage littéraire, qu'on se le dise !
J'ai adoré la compagnie de ces quatre personnages aux antipodes les uns des autres mais soudés pour nous offrir un condensé du peuple russe ancré dans sa terre et son Histoire.
"Peut-être était-ce cela leur étrange lien commun : la nostalgie de l'inaccessible."
J'ai aimé Léna, le cheminement de cette femme cristallisée dans l'attente. Ell cultive l'absence comme une fleur fragile, brode sa vie à petits points de glace pour anaesthésier cette douleur d'enfance qui finira forcément par se rouvrir.
Vassili m'a emportée avec lui dans les étoiles. le récit de l'aventure spatiale soviétique qu'il raconte aux enfants de l'appartement communautaire est passionnant et la fuite en avant de cet homme, si loin, la lutte qu'il met un point d'honneur à mener pour la gloire de son pays en voie de disparaître sous les assauts de la Perestroïka, très émouvantes.
Et bien sûr le duo Varvara-Dimitri qui fonctionne à merveille, tour à tour grave, drôle, tendre.
Quand elle a la tête dans les étoiles, Virginie Deloffre nous parle avec bonheur et poésie de la Terre et de l'expérience unique vécue par quelques privilégiés.
Et quand ses peids arpentent la Sibérie, c'est avec le même amour que les petits peuples du Grand Nord.
J'avoue, la rentrée littéraire a parfois du bon...Un vrai coup de foudre pour ce roman qui me fait sortir de ma léthargie bloguesque avant que l'hibernation totale me tombe dessus.
Je regrette que ce roman ne soit pas sur la liste du Goncourt des Lycéens, voilà un livre qui leur aurait certainement plu.
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AudreyT
  19 juillet 2015
Léna est encore une petite fille quand elle perd ses parents dans un accident de traîneau. Enfant du grand nord sibérien, elle est alors recueillie par Mitia et Varia. Devenue jeune femme, elle épouse Vassia, pilote dans l'armée de l'air russe. La vie de Léna est bercée par les absences et les permissions de Vassia, mais quand celui-ci est sélectionné pour faire partie des cosmonautes prêt a partir en mission 6 mois dans l'espace, ses repères se brisent... Que va-t-elle devenir ?
Un très beau premier roman et un magnifique portrait de femme. Une petite fille blessée et anesthésiée par la mort de ses parents, qui reprend vie alors qu'elle n'attendait plus grand chose de sa vie. Un regard sur le froid sibérien doux et parfois amer, mais qui ne peut laisser de glace !
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Annette55
  01 juillet 2014
Voici un très beau roman riche d'enseignements et très bien construit qui alterne récit épistolaire et récit classique,à propos de la Russie, dans les dernières années de l'Union Soviétique.
Nous découvrons beaucoup de l'âme Russe au travers de portraits saisissants, de personnages attachants, de nombreux pans du passé soviétique,usines déménagées vers l'est pendant la deuxième guerre mondiale....histoire de la conquête spatiale et de ses enjeux politiques.....une grande aventure collective,un certain regard sur l'effondrement du bloc communiste, les craintes et les espoirs suscités par les bouleversements politiques de la fin des années 1980..... La glasnost et la perestroïka....,l'aspiration au changement et à une vie meilleure......
Nous découvrons cette épopée grâce au magnifique portrait de Léna, dont la
mère était issue d'une tribu d'esquimaux, éleveurs de Rennes, les Nénetses.
Ses parents s'étant noyés en pêchant sur de la glace trop fragile , Léna est recueillie par une parente Varia , une femme communiste qui soutient ses valeurs de toujours et son combat de jeunesse,elle va l'élever avec amour auprès de Dimitri , un géologue mis sur la touche,pour ses idées dissidentes....à partir de l'âge de 7 ans, dans le grand nord sibérien.
Léna , devenue une jeune femme fragile, nostalgique, placide et dolente,désarmée, quitte sa région pour épouser son mari Vassia, pilote dans l'armée de l'air...il revient de temps en temps...toujours par surprise.....
Elle l'attend, " gelée" à l'image de l'union soviétique face à la perstroïka,résignée, solitaire,: " Si le monde change que deviendrai- je? Elle est au bord de la vie mais n'y entre pas.......
"Elle était dans la salle d'attente, elle vivait dans une gangue épaisse de passivité et de silence".....à moitié pétrifiée,une de ses activités en dehors de ses heures de travail est d'écrire à Dimitri et Varia...chaque lettre est l'occasion pour eux d'évoquer leurs souvenirs communs avec l'enfant qu'elle était, mais aussi de se disputer à chaque fois sur "l'idéal communiste".....
C'est un très bel ouvrage, un roman étonnant, bien documenté, une écriture superbe,où l'on découvre des détails sur la chienne Laïka, le personnage original autodidacte.....Tsiolkovski,,....Kroutchev....Korolev....Mikoyan, premier ministre, le grand Gagarine......
Mais surtout le passage du temps, les utopies salutaires,le désir, le deuil, l'humanisme, le renoncement et surtout .....la renaissance....l'espoir....
L'auteur sait nous faire partager son amour de ces contrées où le rêve , l'immobilité et l'attente le disputent à la nouveauté sans couleurs ni frontières...
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yv1
  25 août 2011
Léna est l'attente personnifiée. Vassia son mari est souvent absent, de longues semaines et revient sans crier gare. C'est ce qu'aime Léna, ces imprévus. Pour combler l'absence, elle travaille, bien sûr, mais elle aime se perdre dans les files d'attente des magasins, elle observe l'orme de la cour, elle , la fille du Grand Nord, peu habituée à cette nature et elle écrit à Dimitri et Varvara qui l'ont élevée à la mort de ses parents. Varvara est une vague vieille cousine et Dimitri est l'homme qui vivait chez elle, que le Parti a puni en l'envoyant dans cette contrée inhospitalière qu'est la Sibérie. Ses lettres sont très belles, mélancoliques, poétiques. Varvara la bonne vieille paysanne russe, très prosaïque, pragmatique n'y comprend pas tout et le fait entendre à Dimitri
Chaque chapitre de la première partie commence par une de ces lettres, puis, à la suite, l'auteure énonce la vie de Léna, et celle de Mitia et Varia (les diminutifs de Dimitri et Varvara) : c'est l'Histoire de la Russie depuis les années 20 racontée par des témoins directs. Et puis, tout cela est ponctué par l'histoire de la conquête spatiale racontée par Vassia. Et le talent de Virginie Deloffre -dont c'est le premier roman- est de m'intéresser, que dis-je de me ravir avec un domaine qui, a priori n'est pas ma tasse de thé. Les étoiles, les constellations et les gens qui vont les voir de près, ça me passe au dessus de la tête, si je puis me permettre de dire.
Et c'est maintenant que je place mon dithyrambe, mon "enthousiasme excessif" comme ils disent dans le dictionnaire sur l'écriture de l'auteure. J'ai été happé par son style, ses phrases magnifiques racontant l'attente de Léna et décrivant la Sibérie, arrière plan du roman, omniprésent, pesant, lourd, oppressant, mais inoubliable, et ses habitants, notamment les Nénètses, peuple nomade éleveurs de rennes.
Un roman qui se déguste lentement, au rythme de Léna pour bien en apprécier toutes les subtilités de sa langue. Un roman qui parle d'une région attirante, fascinante, d'un pays aux fortes traditions et de la fameuse âme russe. A certains moments, j'ai cru être plongé dans un roman d'Andréi Makine, notamment celui que je préfère : La femme qui attendait. Et bien, sûr, c'est pour moi un compliment que de le dire.
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critiques presse (2)
LeSoir   05 mars 2012
Virginie Deloffre lie la vie de ses personnages à la perestroïka, les bouleversements de la fin des années 80 et du début des années 90.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Lhumanite   19 décembre 2011
L’immense réussite de Virginie Deloffre, c’est de restituer la complexité et les contradictions de cette histoire dans le sillage de Léna et Vassili, Varvara et Dimitri. Et de rendre tangible la sorte d’horizon collectif qui se dessinait devant eux et les inspirait. Un hommage à l’utopie non réalisée ?
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
HenriMoufettalHenriMoufettal   26 décembre 2012
Citations - Léna – Virginie Deloffre – Albin Michel
Page 24
La guerre, les enfants à élever, les plans quinquennaux à boucler en quatre ans selon l’arithmétique personnelle du Petit Père.

Page 36
D’un côté, dans une ville de province de la Russie centrale, il y a une fenêtre et un arbre sous la fenêtre. De l’autre, dans le nord de la Sibérie, se dresse une maison en rondins de bois, rudimentaire et solide, une de ces maisons capables de résister à bien des intempéries.

Page 46
Maintenant, comment les ôter sans crainte, me dénuder de ma carapace, mon armure d’absence ?

Page 49
C’est la fameuse Laideur Soviétique, inimitable, minutieusement programmé par le plan, torchonnée cahin-caha dans l’ivrognerie générale, d’une tristesse inusable.

Page 56
C’est une maladie qu’ils ont à l’Ouest ça la solitude, paraît que ça s’est propagé chez eux comme une véritable infection, mais chez nous c’est une rareté.

Page 58
C’était une histoire commune que la sienne, même à cette époque où la dissidence était à peine naissante. Celle d’intellectuels, mais aussi de gens de toutes sortes, qui n’arrivaient pas au minimum d’hypocrisie ou d’indifférence requis pour survivre.

Page 66
, tu ne dis rien. Mais c’est un silence plus dur, plus pesant que la moindre plainte !

Page 68
Il n’y a que toi qui me suffis. Un mystère pour la durée d’une vie. De quoi chercher sans se lasser avec la certitude de ne jamais saisir tout à fait.

Page 98
C’est le parti qui a choisi. Oui c’est ça, le plus crétin de tous…
(…)
Parce qu’à l’Ouest pour choisir le plus crétin de tous, ils se donnent du mal, un vrai casse-tête ! C’est tellement serré qu’au bout du compte ça fait des chipotis de chiffres, des 50,6%, des 49,é% c’est ridicule honnêtement.

Page 140
J’ai compris que le fruit qu’avaient mangé Adam et Eve venait de l’Arbre de la Connaissance. Oh j’ai bien retenu. Alors j’ai choisi l’ignorance et je pensais que moi, protégée par elle, je pourrais rester toujours dans le jardin d’Eden.

Page 152
Mais quitter la terre ! Le plus extraordinaire n’est pas qu’un projet aussi fou ait pu naître dans la tête des humains, c’est qu’ils l’aient réalisé.

Page 179
Pour Tsiolkovski, ce qui est à la base de toute innovation scientifique, c’est la féerie.

Page 212
On avait dit d’accord, on est tous frères, alors maintenant on va mettre ça en pratique. De force. Parce que pour contraindre les hommes à partager, il faut leur mettre un revolver sur la tempe.

Page 230
Ca sortait des gens, c’est tout. Ils parlaient sans arrêts, sans aucun souci de vérité. Puisqu’ils avaient enfin le droit à la parole, ils se jetaient dessus. De la même façon que sur les gazettes, qu’ils s’arrachaient dès leur sortie comme des affamés.

Page 240
J’ai lu quelque chose là-dessus dans un des livres de Dimitri. Le problème en Russie, qu’y avait écrit, c’est que 5000 kilomètres séparent une idée de la suivante.

Page 245
Et puis après. Quand ils existeront, ils vont aller où avec leur existence sous le bras ? Il y a une petite chose qu’ils ont oubliée : les hommes, ça marche sur deux pattes, mais ça ne tient pas debout tout seul. Il faut mettre une armature à l’intérieur. (…) Parce que sinon ça vaut rien du tout, c’est tout mou et ça s’effondre. (…) les bipèdes, c’est pareil : il faut que ça croie à quelque chose.
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ZebraZebra   07 octobre 2013
page 196 [...] Il reste une étape cruciale : une station spatiale [...]. Pour cela il faut sortir. Il faut sortir. Il faut qu'un homme seul au milieu de l'univers, sans autre protection que son dérisoire scaphandre, soit capable d'y survivre et d'y travailler.
C'est à Alexeï Leonov que fut réservée la première sortie hors d'un vaisseau. L'espace à nu, sans vitre ni obstacle. [...]
Son copilote Pavel Belaïev a fait le vide dans le sas. Il s'approche de la porte. Lorsqu'elle s'ouvre, un flot de lumière crue jaillit, presque insupportable. Le soleil là-haut ne ressemble en rien à celui que nous connaissons. Il n'y a ni auréole ni rayons : c'est une fantastique boule de feu.
La sortie a été prévue d'une durée de dix minutes exactement, avec des exercices à faire. Il les exécute et constate que tout est fatigant là-haut, au moindre mouvement le cœur s'emballe. Alors Aliocha s'est reposé. Il s'est étendu les membres en croix, au-dessus de la terre. Douze minutes, le temps est dépassé. Son compagnon l'appelle mais il ne répond pas. Il n'a pas envie de rentrer. Il écoute le silence. Il est bien plus profond que celui du fond des mers. Il n'y a même pas de vent là-haut, rien que le vide. C'est un silence comme il n'en existe pas sur la terre. Il a peur de le profaner. [...]
+ Lire la suite
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litolfflitolff   16 octobre 2011
Je ne sais pas pourquoi les hommes veulent aller plus loin. Mais ils l'ont toujours fait, ils ont toujours marché droit devant eux. Ils se sont heurtés à des déserts, puis à des montagnes, et ils les ont franchis. Ils sont arrivés à la mer et cet obstacle leur a pris des siècles. Mais ils ont appris à construire des bateaux et ils sont partis sur la mer au milieu des tempêtes, droit devant vers l'inconnu. Vers l'inconnu terrifiant toujours.Chaque étape de leur progression était jonchée de cadavres et pourtant ils ont continué jusqu'à couvrir la surface de la terre, et maintenant la terre ne leur suffit plus. Ils sont ensorcelés par les lointains. C'est une force en eux, sans doute semblable à celle qui habite les oies sauvages au printemps. L'étendue les attire, elle les appelle. Et ils se mettent en marche.
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TheomaTheoma   09 juin 2012
Mais je sais comment ils reviennent. Je sais comment ils sont après, cet air absent, les yeux vides qu'ils ont. Ils on vu ce qu'on n'a pas le droit de voir et plus rien ne peut ranimer leur regard. Oh j'imagine comme elle est belle de là-haut, comme elle est bleue ! C'est pour cela qu'ils partent, n'est-ce pas ?

Mais c'est défendu. L'homme est enchaîné à notre Mère la Terre humide, comme nous l'appelons en russe. Elle le serre, elle le tient plaqué contre elle par une force invisible. Celui qui s'en arrache pour aller contempler sa beauté nue est un banni. Il reviendra de ce voyage avec des yeux éteints, brûlés par les couleurs qui n'existent que là-haut et les seize couchers de soleil par jour. Il errera parmi nous habité de visions inaccessibles, avec un coeur mort que la nostalgie a empoisonné pour toujours. C'est ainsi que la Terre punit ceux qui échappent à son étreinte.

On ne revient pas de là-bas. On me rendra une enveloppe vide. On me rendra une ombre. Que vais-je devenir ?
+ Lire la suite
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NadaelNadael   24 octobre 2013
« Il n'y a rien à pousser ni à remiser parce que la place il la prend toute, d'un coup. C'est comme une autre maison et une autre vie en fait, quand il est revenu. Et je ne sais pas comment m'y prendre. C'est singulier l'incursion du bonheur, j'ai si peu l'habitude. Il va falloir se dépouiller de ses vêtements d'absence, nombreux ils sont en couches successives, nombreux je m'en suis recouverte au fil du manque. Maintenant comment les ôter sans crainte, me dénuder de ma carapace, mon armure d'absence. »
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Léna - Virginie Deloffre .Léna est née dans le Grand Nord sibérien, elle aime plus que tout la brume, la neige, l'immobilité et l'attente, qui n'ont ni couleurs ni frontières. Son mari Vassia, pilote dans l'armée de l'air, n'a qu'un rêve, poursuivre la grande épopée soviétique de l'espace dont Gagarine fut le héros et qui reste l'immense fierté du peuple russe.Comment acclimater leur nature profonde, leurs sentiments et leur vision du monde si différents en ces temps incertains de perestroïka où s'effondre leur univers ? Un premier roman étonnant où tout est dit de l'âme russe, des paysans dans leurs kolkhozes, des exilés dans la taïga, des citadins entassés dans leurs appartements communautaires, qui tous ont pour horizon l'envol et la conquête spatiale comme un Eldorado collectif.
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