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EAN : 9782290329825
512 pages
J'ai lu (12/09/2003)
4.16/5   50 notes
Résumé :
Quatrième de couverture
Ressusciter une reine aussi énigmatique et si injustement diffamée que l'a été Hatshepsout, sans renoncer à la plus implacable rigueur historique, seule une Egyptologue audacieuse telle Christiane Desroches Noblecourt pouvait le tenter. L'existence secrète, semble-t-il, de cette reine, morte il y a plus de 3450 ans, et les mystères qui paraissent entourer son règne, comme la destruction de ses monuments, n'ont cessé d'intriguer les che... >Voir plus
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Morte en 2011, Christiane Desroches Noblecourt était l'une de nos plus brillantes égyptologues. Elle fut notamment le grand artisan du sauvetage des monuments d'Abou Simbel, et c'est grâce à elle qu'on peut encore les visiter aujourd'hui. Qui mieux qu'elle pouvait écrire la biographie de « la première grande femme dont l'histoire ait gardé le nom » ?

Si elle ne fut pas la première à régner en titre, elle est la première dont l'oeuvre nous est vraiment connue. Hatchepsout régna sur l'Egypte de 1480 à 1455 avant Jésus-Christ environ, et ce fut une période de paix et de prospérité pour les enfants du Nil. Elle ne poursuivit pas l'oeuvre guerrière de son père, Thoutmôsis Ier, et mis ses principaux efforts dans la diplomatie et le commerce. Il y eut quelques opérations de police, principalement dans le sud de l'Egypte et le Sinaï (qui était déjà une région très agitée à l'époque) mais le temps des conquêtes était fini.

Stricto sensu, elle ne fut jamais reine mais corégente. D'abord au côté de son demi-frère et époux, le prince Thoutmôsis II, qui semble avoir été particulièrement falot. Puis au côté du fil de celui-ci, son beau-fils donc, Thoutmôsis III. Elle eut elle-même une fille, ou peut-être deux, on ne sait pas trop. Christiane Desroches-Noblecourt avance également l'idée qu'elle aurait pu avoir un fils avec son principal conseiller : Sénènmout, génial architecte, esprit curieux et éclairé, auquel elle conféra près d'une centaine de titres ! Il est impossible de savoir s'il fut ou non son amant. Mais le fait est qu'un jeune homme surgi d'on ne sait où, aux traits nubiens comme Sénènmout, fut élevé par elle avec des privilèges normalement réservés aux enfants royaux…

Le livre décrit de manière détaillé ses nombreuses réalisations architecturales, et notamment la plus splendide : le temple de Deir el Bahari. C'est une merveille de pierre dans un cirque rocheux, épousant le relief de ses formes et couvrant les flans de la montagne de ses colonnades, et il vaut le voyage depuis la France.

Un chapitre entier est consacré à l'expédition au pays de Pount, pour lequel Christiane Desroches-Noblecourt avance une proposition de localisation précise – et assez éloignée de la république autonome du Pountland !

Reste la grande question : pourquoi, vingt ans après sa mort, tenta-t-on de faire disparaitre toute trace d'Hatchepsout, au point d'effacer son image sur les fresques et de réattribuer ses monuments ? Là encore, elle a une proposition…

Une biographie riche et fouillée d'un personnage historique fascinant, sur laquelle planent encore d'innombrables énigmes.
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Souveraine de la XVIIIe dynastie tout à fait fascinante, Hatshepsout révolutionne la politique de l'époque en accédant au pouvoir suprême, traditionnellement réservé aux hommes, et surtout en adoptant tous les attributs (masculins) de la royauté. Après sa mort ses effigies, ses noms et les textes relatifs à son règne furent systématiquement détruits, pourquoi, là est le mystère sur lequel ce livre tente de lever le voile. Pour le comprendre, il faut d'abord apprendre, grâce à cet ouvrage très clair, l'histoire, la vie et l'oeuvre de cette femme-pharaon.

Le passage sur les expéditions au pays de "Pount", bien que ne représentant qu'une petite partie du document, est absolument intéressant et a bien marqué ma mémoire.

Voici donc l'ouvrage de Christiane Desroches Noblecourt qui m'a le plus captivée, et pourtant j'en ai lu quelques uns déjà à l'époque de la sortie de celui-ci. Il est très actuel dans sa vision de cette reine d'Egypte, une femme forte et dérangeante dont les égyptiens ont essayé d'effacer jusqu'au moindre souvenir.

Un indispensable pour tout passionné d'Egypte Ancienne!

Critique plus complète: http://chaosdecritures.over-blog.com/article-la-reine-mysterieuse-hatshepsout-de-christiane-desroches-noblecourt-111044606.html
Lien : http://chaosdecritures.over-..
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Une grande synthèse sur une grande femme. A travers le récit de Christiane Desroches Noblecourt, on suit l'évolution de la reine Hachepsout.
Cette dernière était sans doute l'enfant préféré de son père : Thoutmosis Ier. Epouse de son frère Thoutmosis II sur une courte période, elle sera ensuite co-régente de son neveu Thoutmosis III.

tout au long de sa carrière, elle eu une influence politique énorme sans officiellement pouvoir accéder aux pleins pouvoirs. Nul doute en tout cas que c'était bien elle qui menait le pays, avec l'aide fidèle de ses conseillers.

Cette synthèse ne nous décrit pas seulement la carrière d'Hatchepsout, mais également les expéditions qu'elle fit au Pays de Pount, où elle su tisser de fructueuses relations diplomatiques et commerciales, sa protection des frontières et son oeuvre architecturale.

De ce point de vue, l'ouvrage est très bien illustré et les bas reliefs et hiéroglyphes nous sont décrits et décryptés de manière à ce que le lecteur néophyte soit en mesure de comprendre le message idéologique transmis dans la pierre.

L'ouvrage nous donne aussi à comprendre l'évolution théologique induite par Hachepsout, qui donne préférence au clergé d'Amon sur celui d'Osiris. C'est d'ailleurs peut-être une explication pour la détérioration après sa mort des monuments qu'elle avait fait édifié.

Enfin, dénué de toute subjectivité et mené comme une véritable enquête archéologique, le récit nous donne à voir une grande épouse stratège, soucieuse de préserver sa vie privée et dont la descendance n'est pas forcément connue dans les récits historiques. de même, sa relation avec Serenmout, principal fonctionnaire de l'époque trouve ici un autre éclairage dont l'intérêt et la logique sont à souligner.

Bref, un excellent ouvrage pour ceux qui cherchent à comprendre l'époque, la finesse et la stratégie de la grande reine.
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La première grande reine de l'histoire, la première à avoir exercé le pouvoir à l'égal d'un homme bien qu'on ne l'aie pas réellement sacrée au même titre qu'un roi, Hatshepsout fut aussi le premier pharaon (le terme n'existant pas avant elle) .Cette femme extraordinaire laisse derrière elle bien des mystères : qui fut-elle réellement? Une marâtre castratrice ou une régente impliquée et soucieuse tant de son peuple que de la formation de son héritier? Pourquoi fut-elle l'objet d'une destruction systématique et sans précédent de son image et de ses portraits ou statues? Dans un ouvrage clair et extrêmement érudit, Christiane Desroches Noblecourt nous invite à découvrir une personnalité déroutante dont la modernité nous éblouit trois millénaires plus tard. Une très belle leçon d'histoire, d'une grande rigueur; une écriture vivante et jamais ennuyeuse... Un très bon moment pour les amateurs d' Histoire... et d'histoires!
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Quand une égyptologue de renom tente de retracer le règne mystérieux d'une des premières grandes souveraines de l'histoire

Christiane Desroches Noblecourt se lance dans le difficile exercice de reconstituer le destin singulier d'Hatshepsout, dont la fin de la vie demeure énigmatique, tout comme les raisons qui ont conduit à un effacement systématique des traces de son règne.

Un ouvrage dense illustré par de nombreux documents archéologiques et accompagné d'une chronologie reconstituée qui viennent enrichir un récit passionnant.

Toutefois une lecture qui peut s'avérer parfois ardue en raison de la quantité d'informations que nous partage l'auteur, qui se réfère parfois à des notions d'égyptologie sans les développer.

Pour peu que nous soyons passionnés par cette période, le récit fascine et s'apparente à une véritable enquête archéologique.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Une grande partie des difficultés rencontrées pour localiser le pays de "Pount", jusqu'à aujourd'hui, est justement l'interprétation qui a été faite du mot "Ouadj-our". Aussi longtemps que l'on ne s'est pas avisé d'approfondir sa signification, et aussi des conditions et du rôle primordial joué par le Nil et son régime particulier, on traduisait "Ouadj-our" par "mer", puisque "Ouadj-our" signifiait "le Grand Vert" -en parallèle, nous avons en Occident "la Grande Bleue"! Les difficultés alors ont commencé lorsqu'il a été question de localiser les rares allusions au voyage vers le pays de "Pount". Je suis naturellement tombée dans la même erreur, lorsque j'écrivais en 1953 que s'il fallait passer par la mer, les voyageurs qui se rendaient à "Pount" n'avaient que deux solutions à leur disposition [...]

(ch.XI "LES PREPARATIFS - L'EXPEDITION AU PAYS DE POUNT", p.193)
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Lorsque, en 1829, Champollion aborda les ruines du temple de Deir el-Bahari, il put, sur les rares textes sortant des décombres, déchiffrer des allusions à une souveraine. Aussi incroyable que cela pouvait paraitre, une femme avait dû régner sur le pays : c'était à peine concevable !
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Pourquoi alors les listes royales des souverains (principalement établies par les premiers ramessides) ne mentionnent-elles pas son temps de règne -ou sa présence- sur le trône des maîtres de l'Égypte, et pourquoi, en revanche, les monuments souvent conçus et édifiés par ordre de la reine ont-ils été l'objet d'une certaine et tenace vindicte ? (...)
La disparition de la première grande souveraine de l'Antiquité serait-elle si prosaïque, su différente de la brillance et du panache qui marquèrent son existence hors du commun ? [p.408]
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Hatshepsout n'a donc pas attendu d'être officiellement couronnée pour choisir son prénom de souveraine, obligatoirement affecté par les prêtres : elle l'a composé et se l'est donné elle-même en respectant la coutume, adoptée depuis le règne de Thoutmosis-Âakhéperkarê, de terminer par Rê (le soleil) le nom du couronnement du roi. Maâtkarê peut se traduire par Maât (l'équilibre cosmique) est le ka (la force vitale ou encore "l'énergie créatrice") de Rê. [p.102]
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Hatshepsout demeure féminine avant tout, riche d'une sensibilité exprimée sur deux registres. En ce pays béni où l'architecture constitue le langage le plus efficace pour établir le contact avec le surnaturel, investie du pouvoir de faire bâtir pour le dieu, Hatshepsout veut s'efforcer d'allier la force avec la grâce, ce qui n'est pas aisé, et s'emploie avec bonheur à tempérer le colossal par la mesure et la sobriété. Un autre souci l'habite. Ces monuments, dont elle veut gratifier son pays pour la gloire de son dieu, ne doivent plus être complètement éloignés des humains. Elle veut aussi, en quelque sorte, communiquer par ce moyen avec son peuple, établir un trait d'union. [p.181]
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Videos de Christiane Desroches-Noblecourt (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christiane Desroches-Noblecourt
Quand la France, en Égypte, sauvait l'héritage des pharaons. le combat d'une femme au secours du patrimoine mondial. Une épopée saisissante. Égypte, 1954. Nasser annonce la construction du haut barrage d'Assouan. Les prestigieux temples d'Abou Simbel vont être à jamais engloutis sous les eaux du Nil. En France, l'égyptologue Christiane Desroches Noblecourt lance aussitôt l'alerte : un patrimoine universel est sur le point de disparaître. Avec un courage et une volonté farouches, elle va dédier plus de vingt ans de sa vie à un combat qui, au départ, semble une pure utopie. Aux côtés d'André Malraux, de René Maheu, directeur général de l'Unesco, et de Saroïte Okacha, ministre égyptien de la Culture, elle ne va cesser de solliciter les Nations unies pour récolter les fonds nécessaires au sauvetage des monuments pharaoniques. Dans cette course contre la montre où se mêlent enjeux diplomatiques et financiers, Christiane Desroches Noblecourt illustre, par sa détermination sans faille, la vocation culturelle de la France. Le récit magistral d'une incroyable aventure pour sauver les trésors de l'humanité.
Journaliste et autrice de nombreux ouvrages, dont des biographies consacrées à de grands égyptologues, Claudine le Tourneur d'Ison a réalisé plusieurs documentaires pour la télévision. Elle a reçu le Prix Diane Potier-Boès de l'Académie française en 2000 pour Mariette Pacha ou le rêve égyptien. Elle est l'autrice, aux Éditions du Cerf, de Champollion. le dernier voyage.
+ Lire la suite
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