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Dupré la Tour Florence (Autre)
EAN : 978B084D9RZJZ
184 pages
Éditeur : Dargaud (15/05/2020)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Depuis sa plus tendre enfance, Florence ignore tout ce qui se passe… en-dessous de la ceinture.
Elle imagine que le papa met la petite graine dans le nombril de la maman, et puis de toute façon, il est tacitement interdit, dans la famille, de parler de « la chose qui ne doit pas être dite ».
Alors … Florence imagine des scénarii terribles, parfois idiots; Florence s’angoisse devant le poids de la tradition qui place inéluctablement la femme dans une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Harioutz
  31 mars 2020
Ce premier tome de Pucelle plante un décor que l'on croirait d'un autre âge. Et pourtant, cette bande dessinée autobiographique est l'oeuvre d'une auteure née dans les années 80, et non dans les années 50 !
Si l'on pensait que l'éducation sexuelle avait pris un virage à 180° après mai 68, toutes les couches de la société française n'ont pas amorcé le virage à la même vitesse, et cela se vérifie au cours de l'enfance de l'auteure Florence Dupré Latour.
Ainsi, « la chose » puisque c'est ainsi qu'elle la nomme en secret, est un sujet tabou, évité, édulcoré, un sujet sur lequel on lui ment délibérément à la maison, et s'y intéresser est synonyme du pire, dans les sermons de l'office que sa famille suit chaque dimanche à l'église.
De plus, la vie égocentrée de cette famille traditionnelle ne permet pas à notre jeune narratrice de chercher les informations qui lui manquent ailleurs … un père absent même lorsqu'il est là, une mère soumise et apeurée, et des enfants objets de la toute puissance des adultes, on peut hélas rêver mieux pour aborder l'adolescence.
Le discours et le graphisme sont violents, à la hauteur de la violence psychologique ressentie par Florence, la narratrice, âgée de 5 ans au début de l'album.
Ce témoignage me paraît particulièrement intéressant parce qu'il permet au lecteur de vivre, à hauteur d'enfant, toutes les questions sans réponses, les observations, les culpabilités, les peurs, les incompréhensions engendrées par une éducation qui fait de la sexualité un tabou, et les conséquences désastreuses sur la construction identitaire de l'enfant.
Quelle petite fille pourrait vouloir grandir et subir ce que subit sa mère, saigner chaque mois sans blessure apparente, obéir et avoir peur de son conjoint, être humiliée à toute occasion, la seule justification étant qu'elle ne possède pas de « zizi » ?
Une bande-dessinée féministe, à mettre à la portée des enfants pré-adolescents, en n'oubliant pas de dialoguer avec eux, afin que les mots viennent décrypter/renforcer le message.
Je remercie NetGalley, les éditions Dargaud et l'auteure Florence Dupré Latour de m'avoir permis de faire cette belle découverte !
#Pucelle #NetGalleyFrance
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coquinnette1974
  02 février 2020
Je remercie les éditions Dargaud pour l'envoi, via net galley, de la bande dessinée Pucelle de Florence Dupré la Tour.
Petite précision, contrairement à ce qui est indiqué sur Babelio ce n'est pas le tome 1 mais le tome deux de la série de l'autrice sur son enfance. le premier étant Cruelle. Chaque tome est sur un thème différent, il est donc tout à fait possible de lire Pucelle sans avoir lu Cruelle, ce qui est d'ailleurs mon cas.
Depuis sa plus tendre enfance, Florence ignore tout ce qui se passe… en-dessous de la ceinture. Elle imagine que le papa met la petite graine dans le nombril de la maman, et puis de toute façon, il est tacitement interdit, dans la famille, de parler de « la chose qui ne doit pas être dite ».
Alors… la fillette imagine un tas de choses, parfois idiotes. Elle s'angoisse devant le poids de la tradition qui place inéluctablement la femme dans une position inférieure...
Elle se pose beaucoup de questions et à sa façon, elle résiste pour ne pas sombrer.
Pucelle est une bande dessinée qui me laisse un peu perplexe.
Ce roman graphique, que j'ai lu sur tablette, a une bonne numérisation. Je n'ai pas apprécié plus que ça les dessins, leurs traits. Peut-être pas assez précis pour moi, je ne sais pas toutefois il y a un petit truc qui m'a dérangé. Après, tout ça c'est personnel :) Ce n'est pas parce que je n'ai pas accroché que vous n'aimerez pas.
En ce qui concerne l'histoire, l'idée est bonne. L'autrice revient sur son enfance et plus précisément à son rapport à la sexualité. Il y a de très bonnes réflexions, je me retrouve d'ailleurs dans certaines petites choses. On est de la même génération et chez moi non plus on ne parlait pas de sexe. L'arrivée des premières règles, je m'en souviens ! Même si c'était moins violet qu'elle, il a fallut en parler avec ma mère, l'horreur !
Son enfance a été différente de la mienne car elle est née à Buenos Aires, elle a une jumelle, des frères et soeurs.. En ce qui concerne le sexe cependant beaucoup de choses ne nous ont pas été dites, comme souvent à cette époque.
Il y a forcément un ou deux passages qui font écho quand on est une femme née dans les années 70 (et avant).
Si je suis perplexe face à cet ouvrage, c'est que je suis mitigé sur les dessins, par contre j'ai apprécié l'histoire mais.. j'ai eu beaucoup de difficultés, par moment, à apprécier le personne de Florence.
De temps en temps elle m'a touché, toutefois la plupart du temps elle m'a franchement agacé.
Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé Pucelle, je ne peux pas non plus dire que j'ai aimé !
C'est mi-figue, mi-raisin.
Je pense que c'est à vous de vous faire votre propre idée car nous avons tous notre sensibilité, notre façon de voir les choses.
Je vais mettre trois étoiles et demie, je pense que ça ne mérite pas moins. Je récompense l'histoire, et tout le travail fait sur cet album qui reste un bel objet.
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Bdotaku
  18 mai 2020
Enfance
Cet album est le deuxième volet (prévu en deux tomes) de ce qui sera un triptyque autobiographique : après « Cruelle »(paru en 2016) et avant « Jumelle » voici donc « Pucelle ». ce vocable est choisi pour le rythme et la rime certes, mais aussi pour l'évocation d'un langage désuet dans lequel il désigne ( sans moquerie) « une jeune fille vierge et pure » et parce que Jeanne d'Arc qu'on surnomme « la Pucelle » représente une « mythologie » (au sens de Barthes) dans certains milieux catholiques et conservateurs qui la célèbrent le premier mai. Or, c'est à ce genre de milieu qu'appartient apparemment l'héroïne Florence qui fréquente d'abord les riches expatriés de Buenos-Aires, puis les institutions catholiques sélect de province ou de Guadeloupe. Pucelle, c'est elle : une petite fille innocente, une « débutante » (sous-titre de ce volume) qui n'a pas encore fait son entrée dans le monde.
Ce roman graphique rappelle par l'emploi d'une bichromie de gris et de rouge et par son sujet la série des « petit Christian » de Blutch qui racontait l'enfance de ce dernier en Alsace un peu isolée et dotée d'amis imaginaires issus de la bd, du cinéma et des dessins animés ainsi que ses premières amours dans des saynètes nostalgiques. L'autrice adulte déclare d'ailleurs en récitatif « ma vie était essentiellement constituée d'une suite de scènes adorables empreintes d'un charme naïf » (p.13) Ici, Florence évolue dans plusieurs paradis : celui de Buenos Aires d'abord, puis Nagot en Champagne et enfin la Guadeloupe. A chaque fois , elle leur dédie des pleines pages. La fillette aime la plage, les bois et la nature sous toutes ses formes. Elle présente ces lieux de l'enfance comme « un eden forestier » (p.43) et de façon hyperbolique qui rappelle parfois les dépliants touristiques avec une multiplication de cases pour tenter d'en cerner toutes les beautés. Ces lieux sont pour elle source d‘harmonie et de bonheur. Elle est une reine en son royaume et les pages qui les évoquent sont plutôt classiques, dans des teintes harmonieuses où prédomine le rose et le gris pâles délavés et légers et l'équilibre de la composition. Cette nostalgie n'est pas sans rappeler « les grands espaces » de Catherine Meurisse. Florence est aussi heureuse de la complicité qui la lie à sa soeur Bénédicte, son alter ego, sa jumelle. A elles deux elles semblent avoir recrée le mythe de l'androgyne : Béné est sa moitié, elles vivent entre elles dans une sorte de félicité.
Ce que savait Florence
Pourtant ce bonheur est troublé dès la scène d'ouverture qui est une prolepse par rapport au reste du récit qui suit l'ordre chronologique. L'harmonie et la complicité qui règnent apparemment dans la sphère familiale sont mises à mal par l'incompréhension de l'héroïne : elle rit pour faire comme les autres mais ne saisit pas les sous-entendus ; de plus , une telle anecdote sur une nuit de noces racontée par une mère très prude au demeurant, est finalement surprenante voire inconvenante racontée devant ce public d'enfants. Ainsi d'emblée, Florence Dupré Latour met en avant le double langage qui règne dans la société et le décalage existant entre l'héroïne et les adultes : la petite fille n'a pas les codes pour comprendre. de la même façon qu'à la fin du XIXe siècle Henry James jetait un regard caustique sur la société anglaise à la fois puritaine et décadente et en dénonçait toute l'hypocrisie en adoptant le regard « candide » de sa petite héroïne qui voyait sans comprendre le manège des adultes et le ballet des adultères dans « ce que savait Maisie ».
Mais à la différence du romancier anglais, ici elle ne fait pas oeuvre de fiction et rédige ses souvenirs. Ce témoignage est particulièrement intéressant car elle retrouve ses perceptions d'enfant et retranscrit fort bien l'ignorance et l'innocence de l'enfance et toutes ses questions sans réponse. Elle souligne comment la fillette est victime d'une éducation dix-neuvièmiste: elle n'a pas le droit de regarder la télé car même les dessins japonais sont jugés « subversifs, immoraux et séditieux » par sa mère et elle découvre la sexualité en observant les animaux sous un prisme déformant et parfois terrifiant : qu'il s'agisse du coït de ses cochons d'Inde cannibales ou du sexe démesuré du cheval de son cours d'équitation. Florence, bien plus que sa soeur jumelle, pose des questions auxquelles on ne lui donne pas de réponse, alors elle comble le vide par l'imagination. L'autrice met en scène la psyché enfantine, ses raccourcis, ses amalgames.
Elle fait preuve de beaucoup d'autodérision et de recul et c'est souvent savoureux et très drôle. Mais cet humour et le côté caricatural et presque cartoonesque parfois du dessin cachent, dans une forme de pirouette pudique et polie, l'horreur de la violence psychologique que subit la fillette. On retrouve aussi en effet dans ce récit un côté tragique. L'oeuvre se mue en une dénonciation comme le souligne la citation d'Hugo mise en exergue : « L'ignorance est un crépuscule ; le mal y rôde. Songez à l'éclairage des rues, soit ; mais songez aussi, songez surtout, à l'éclairage des esprits ». Il s'élève donc contre l'obscurantisme et l'hypocrisie en montrant comment le non-dit et les culpabilités qui en découlent vont avoir des conséquences désastreuses sur la construction de la personnalité de la petite fille.
Le procès
Ainsi ce roman graphique, loin d'être une collection d'anecdotes charmantes ou humoristiques devient un véritable brûlot. le rose pastel se mue en rouge et Florence apparaît -contrairement à sa soeur jumelle- très souvent en colère.
On remarque une métaphore filée : celle de l'angoisse et surtout celle des préjugés et diktats de la religion et de l'éducation qui vont « féconder » le cerveau de Florence. Les paroles du prêtre apparaissent ainsi dans les phylactères comme autant de gamètes et le cerveau de la fillette prend l'apparence d'un ovule tandis que dans une double énonciation, la voix adulte de Florence souligne que ces paroles la « pénétraient sans son consentement. Elle inséminaient (s)on beau, (s)on pur, (s)on précieux jardin mental » (p.85-86) tout comme le discours scolaire « chaque jour, l'école ensemençait mon cortex de ses graines pourries » (P.93). le style bucolique et la vie « en rose » se transforment ici : les noirs et rouges deviennent bien plus présents, la réalité se déforme et devient même difforme : les angoisses se muent en cauchemar et son matérialisés par la figure de l'araignée et d'une boule noire dans la poitrine un peu à la manière des tableaux de Frida Khalo.
La mère semble être celle qui provoque le plus de traumatismes. Elle est dotée d'un long nez comme Pinocchio ( alors que les autres personnages n'en ont pas) pour souligner ses mensonges et ses édulcorations ; elle ressemble à une cane (allusion à sa fonction de « pondeuse » ) ; elle se mue enfin en monstre à l'adolescence de la fillette quand celle-ci cherche à exprimer l'aversion et la défiance qu'elle éprouve à son égard. L'agression psychologique à laquelle elle soumet sa fille et les humiliations qu'elle lui fait subir sont marquées dans le graphisme par le jeu de casse et de couleurs qui matérialisent graphiquement le viol de l'espace secret de l'adolescente par les propos maternels. le paroxysme de cet antagonisme se trouve dans la scène à la fois grotesque et horrifiante du cheval : la mère, comme lors des abus de pouvoirs du père ne fait rien et ne les protège pas.
Florence Dupré-Latour critique non seulement les représentations de la femme dans la religion et l'histoire mais aussi dans la littérature. Elle montre, en effet, combien dans la bande dessinée et la littérature les représentations sont stéréotypées : Falbala, Bonnemine, La Castafiore, Chihuaha Pearl ou encore Constance Bonacieux sont des « êtres fades, rares et secondaires à peine esquissés, relégués dans le silence, le décor ou des positions subalternes » (p.100). Elle va également souligner comment les minorités sont représentées de façon simpliste en montrant combien ceci cause des préjugés sur es noirs avant son arrivée à la réunion ( « Les aventures de Jo et Zette » les présentent comme des cannibales et les fillettes ont peur de se faire manger) ; Ce grossissement du trait dévalorise les représentations de la femme et des noirs dans la bande dessinée et les ravalent à l'absurde. Non seulement , cela va influencer l'adolescente qui en arrive à la conclusion qu'il lui faut être un garçon « pour faire partie des gagnants » et va nier toute féminité en portant les cheveux courts et des vêtements informes ; mais cela va également laisser son empreinte sur l'artiste qui va vouloir s'affranchir des codes masculins de la bande dessinée et mettra systématiquement en place des héroïnes. On a donc aussi , en creux, un roman de l'artiste.

On a donc affaire à un récit sans fard, cru parfois mais toujours juste et souvent poignant sous l'humour et la nostalgie. C'est un album très abouti sous son apparente simplicité graphique par un sens aigu de la narration et du découpage. L'autrice déclare que son « enfance la hante et qu'elle a l'impression qu'elle est en train de débarrasser d'elle en écrivant », Cette catharsis est loin d'être nombriliste car l'oeuvre dépasse le projet autobiographique pour se transformer en témoignage et manifeste sur l'éducation des filles. Indispensable ! je remercie, Florence Dupré Latour, les éditons Dargaud et Netgalley de m'avoir permis de le lire.
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mariech
  03 juin 2020
Pucelle , c'est l'enfance de Florence , l'auteur , titre en référence à la pureté présumée de l'enfance .
La première faille dans le monde enchanté de l'enfance de Florence , c'est la naissance du petit frère .
Pour la première fois , elle voit son père qui ne montre jamais ses sentiments et c'est un euphémisme, son père sourire , être fier d'avoir un fils , après trois filles .
Florence est une petite fille qui vit dans une famille catholique , pratiquante , une famille aisée aux codes bien rodés : père absent , qui travaille et ne s'occupe pas du tout de ses enfants mais qui est tout de même , le représentant incontesté de l'autorité parentale .
Mère au foyer qui n'a absolument rien à dire , je ne suis tout de même demandée si c'était dû à sa personnalité , une telle passivité m'a troublé , je n'ai pas pu m'empêcher de faire le parallèle avec la maman décrite par Riad Sattouf dans L'arabe du futur .
Cette BD pose beaucoup de questions , pour moi c'est ce qui m'a attiré le plus , je voudrais savoir , comment cette lecture est elle perçue par les adolescentes aujourd'hui.
Je ne connaissais pas l'auteur puis j'en ai entendu parler sur les réseaux sociaux , une lecture intéressante , enrichissante .
On sent la révolte de la toute jeune fille au moment où son corps change ,ce changement qu'elle avait pressenti depuis de nombreuses années .
On sent la curieuse , l'observatrice , qualités qui sont indispensables quand on écrit.
Le parcours est complètement différent pour la soeur jumelle , ce qui renforce encore l'intêret pour le récit .
J'attends la suite avec impatience ....
+ Lire la suite
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AMR
  16 mai 2020
Je remercie NetGalley France et les éditions Dargaud pour l'envoi du premier tome de Pucelle, le deuxième volet du triptyque autobiographique sur l'enfance de Florence Dupré la Tour.
Pucelle est présenté comme un récit grave, drôle et universel sur la (non) éducation sexuelle d'une fille dans une famille chrétienne rétrograde.
L'auteure est née en 1978 et il me paraissait intéressant de revenir sur des postures éducatives pas si anciennes que cela et, pour ma part, toujours présentes dans mes souvenirs, même si, du fait de la vingtaine d'années qui me sépare de Florence Dupré de la Tour, je pouvais croire que les choux et les roses et les métaphores autour de la petite graine avaient dû faire leur temps…
Tout d'abord, je dois avouer qu'en général et quel que soit le sujet traité, j'ai un peu de mal avec les BD rapidement dessinées à main levée et dont les planches sont déclinées dans une relative monochromie… Il faut vraiment que le thème soit bien développé et me captive pour que je fasse abstraction de cet environnement. Ici, je n'ai pas adhéré à l'ambiance en dégradés de noir et de rouge, de rose et de gris et je me suis vite sentie saturée par le graphisme minimaliste, peu engageant.
En ce qui concerne le scénario, je n'ai pas réussi à m'identifier à cette famille d'« expats » très « catho-caté », vivant en vase clos, et au récit de leur pérégrinations d'Argentine en Guadeloupe ponctuées de retour en France et en métropole ; les raccourcis des raisonnements et les relents colonialistes ont eu un peu de mal à passer…
184 pages, un peu long, des redites, des récurrences, un manque de rythme…
Pourtant, j'ai relevé des idées intéressantes dans la satire des pratiques religieuses, du machisme, de l'allégorie de la boule noire qui grandit à la mesure des angoisses de la fillette, des scénarii qu'elle échafaude pour s'approprier ce qu'on ne lui explique pas, de la force des non-dits…
Je reste sur une impression de brouillon, de fouillis qu'il aurait sans doute fallu élaguer… Je ne perds pas de vue que cet album, Débutante, n'est que le premier tome du deuxième volet d'un triptyque… Si l'ensemble est dans la même tonalité, je n'ai pas très envie de lire le reste de l'histoire.
Le point de vue de la fillette n'est pas retranscrit de manière naturelle ; j'ai trop senti la patte de l'adulte tentant de mettre des mots et des images sur un vécu sans parvenir à se remettre à la hauteur de l'enfant qu'elle a été ; il y a ici une manière de trop forcer le trait qui devient pesante.
Un rendez-vous manqué en ce qui me concerne…
#Pucelle #NetGalleyFrance
https://www.facebook.com/piratedespal/
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critiques presse (3)
BoDoi   02 juin 2020
L’autrice porte l’autobiographie au-delà du simple travail cathartique pour en faire un témoignage féministe sur les dérives d’une certaine éducation conservatrice. C’est dur, violent, drôle aussi. Une bande dessinée d’une puissance rare.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Elle   02 juin 2020
L’album de Florence Dupré la Tour trace un itinéraire singulier et remarquable. […] Sans culpabilité et avec un peu de tendresse en somme.
Lire la critique sur le site : Elle
Telerama   01 juin 2020
Dans “Cruelle”, Florence Dupré la Tour évoquait déjà son enfance tourmentée. Avec “Pucelle”, récit piquant tout en noir et rose, l’intrépide bédéiste raconte son apprentissage des mystères de la chair, dans une famille où le sujet était tabou…
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   30 mars 2020
Il courait dans la famille une savoureuse anecdote à propos d'une grand-tante paternelle, et maman se délectait souvent à nous la raconter.

- Tante Anne était très jeune et très très belle. Et voilà qu'un Monsieur tombe amoureux d'elle. Le mariage a lieu à la campagne, à Bercenay. C'est charmant, bucolique, c'est parfait.
Le soir tombe, les invités partent et arrive le moment de la nuit de noces …
Bien entendu, celle-ci se déroule dans la maison familiale. Bref. Tout le monde va se coucher.

« Au secours ! Au secours !! Il veut m'enlever ma culotte !! Il veut m'enlever ma culotte … Ma … hahahaha … Ma culotte ! Il veut … hahahaha … m'enlever … ma culotte !!! »

Alors maman riait. Papa riait. Ma grande sœur Violaine riait. Béné, ma sœur jumelle, riait. Mon petit frère Jérôme riait. Et moi … Eh bien moi aussi je riais, je riais à fond !
Et on riait, on riait, comme si nous étions tous experts en nuits de noces.

- Franchement, comment peut-on laisser une jeune fille dans une telle ignorance ?

C'était une excellente remarque. Parce que moi, par exemple, j'avais 13 ans … et je ne connaissais strictement rien à la question.
+ Lire la suite
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bdxlauryssabdxlauryssa   21 mai 2020
"Alors comment. HORREUR ! Comment était-il possible de ressentir pour eux cette attirance dont je ne savais que faire ? Attirée par mes futures tyrans ? Ces paradoxes m'enfermaient toujours plus dans une profonde angoisse mutique."
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PillyPilly   20 mai 2020
tout en étant totalement ignorante des choses qui se passaient "en dessous de la ceinture", moi, Florence, j'avais déjà un avis très arrêté sur la question.
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lecturesrelectureslecturesrelectures   24 mars 2020
Encore une fois, j'assistais à ce qui semblait être tout à fait normal et naturel à tout le monde: la soumission de maman.
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sasouh08sasouh08   21 février 2020
L'ignorance est un crépuscule ; le mal y rôde.
Songez à l'éclairage des rues, soit ; mais songez aussi, songez surtout, à l'éclairage des esprits.

Victor Hugo
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