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Robert Louit (Traducteur)Didier Pemerle (Traducteur)
EAN : 9782213623443
462 pages
Éditeur : Fayard (15/10/2008)
4.6/5   10 notes
Résumé :

Pour la première fois en édition bilingue toutes les paroles des chansons de Bob Dylan de son premier album Bob Dylan (1962) à Love and theft (2001).

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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Nastasia-B
  08 juillet 2016
Bob Dylan est pour moi, sans conteste, le songwriter le plus marquant de la seconde moitié du XXème siècle et de son pays, qui était culturellement, techniquement, militairement et économiquement à son apogée mondial.
Bob Dylan est l'un des plus grands symboles de la génération hippie dans les années 1960, elle-même engendrée par le phénomène littéraire initié par Jack Kerouac et qui correspondait à la génération née une vingtaine d'années plus tôt, surnommée Beat Generation.
Musicalement, je trouve que Bob Dylan est génial seulement pendant les quinze premières années de la période couverte par les textes réunis dans le présent volume, soit, en gros, 1962-1976. Après, il suit une évolution mystique et se met à saboter lui-même ses propres chansons où en produit de nouvelles, principalement dans les années 1980, qui font honte à la magie qu'il déployait dans les années 1960. Il faut attendre un bref épisode de résurrection dans l'album de 1997, Time Out Of Mind pour retrouver du vrai Bob Dylan, mais qui a alors la voix totalement ravagée par les excès en tous genres perpétrés sur de longues années.
Toutefois, les textes — présentés dans une magnifique version bilingue à la traduction soignée —, lorsqu'on les considère seuls, peuvent être d'un excellent niveau à n'importe quelle période. Ce livre est un must absolu pour tout fan francophone de Dylan, au rang desquels je me compte, mais aussi et surtout, pour tous ceux, et ils sont nombreux(ses) qui restent hermétiques à la voix nasillarde du grand Robert Zimmerman.
Indispensable également à tous les piètres anglophones, au rang desquels je me compte également, et qui n'ont pas les armes linguistiques pour apprécier toute la magie des textes de Dylan.
Je tiens à signaler encore que, outre les textes des chansons de l'intégralité des albums de l'auteur, vous trouverez aussi les textes des chansons de ce merveilleux triple album des bootlegs sorti en 1991 et qui proposait pour la première fois des chansons inédites des années 1960 à 1980, lequel coffret regorgeait de pépites et faisait oublier bon nombre des purges musicales auxquelles le vieux Bob nous avait soumis, à l'époque, depuis quinze ans.
Donc un vrai grand, bon, recueil de textes, pilier important de l'histoire mondiale de la chanson, mais aussi, un vrai, grand, bon moment de poésie tout court pour les amateurs de littérature. D'après moi, un ouvrage de poids (c'est le cas de le dire, vu sa masse et sa taille) à posséder dans sa bibliothèque et un grand merci à Fayard de l'avoir édité. Mais comme d'habitude, que vaut cet avis ? The answer, my friend, is blowin' in the wind. That is, not that much.
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Petitebijou
  26 avril 2012
J'ai rencontré Bob Dylan à l'âge de 11 ans, au travers d'une photo dans un magazine papier de variétés. A cette époque, chaque soir en rentrant de l'école, j'écoutais le hit-parade de RMC, et connaissais aussi parfaitement les tubes français que j'ignorais tout de la pop music. Sur cette petite photo, en haut à gauche de la page, se trouvaient trois musiciens : Georges Harrisson, Bob Dylan et Leon Russel. Ces trois parfaits inconnus pour moi venaient de donner un concert en aide au Bengla Desh, inaugurant l'ère des Band Aid. Cette photo était en noir et blanc, et j'ai été frappée par le regard perçant de Bob, ces yeux que je devinais bleus. L'adolescence pointant son nez depuis peu, je fus émoustillée par le bonhomme. Par une belle conjonction, j'avais reçu depuis quelques mois mes premiers cours d'anglais, ma première langue étrangère, et j'avais senti un frisson particulier à l'apprentissage de mots et sonorités différentes pour exprimer, à cette époque, les objets et les faits du quotidien. Une fois par mois, j'avais l'autorisation de choisir un disque au supermarché, et un samedi je me fis acheter par ma mère un double vinyle, un "best of" de Bob Dylan. Les chansons dataient de 1961 à 1971. Comment expliquer ce mystère ? Il se produisit un téléscopage : la voix de Dylan, les mots anglais que je ne comprenais pas dans leur globalité, mais certains que je reconnaissais, la longueur inhabituelle de certaines chansons qui m'en faisait pressentir la poésie, et la musique bien sûr, qui collait si bien à ces sonorités inouïes pour moi. Alors, oui, je peux dire que j'ai aimé les chansons de Dylan, que j'en ai "pressenti" la poésie avant même d'en lire et comprendre les paroles et les images... Pour toujours cette révélation dylanesque coÏncidera pour moi avec la mutation de l'adolescence. Ainsi, en quelques jours, je passais de Gérard Lenorman, Daniel Guichard, Stone et Charden (!)... à Bob Dylan. Autant dire que mes parents se sont un peu inquiétés...
Quelques temps plus tard je me fis offrir un livre de Jacques Vassal présentant les principales chansons de Dylan et leur traduction, et j'eus la confirmation de ce que j'avais pressenti. Dylan était bel et bien un poète. Même si vous n'appréciez pas la voix nasillarde et écorchée du chanteur, je vous encourage à lire sa poésie. Elle vaut le détour. Bien sûr, comme tous les chanteurs poètes de sa génération, Dylan a "ouvert" son esprit au moyen de toutes les drogues possibles, mais après tout Verlaine, Rimbaud, Baudelaire ont usé eux aussi de paradis artificiels ! et si la drogue suffisait à donner du talent, ils seraient nombreux au panthéon...Certaines chansons de Bob Dylan sont de véritables bijoux : "Love minus zero", "Sad-eyed Lady of the Lowlands", "Visions of Johanna", "Desolation Row", etc... on ne peut les citer toutes. Dylan a fait exploser les codes, a endossé en véritable caméléon tous les costumes possibles en se mettant à dos à chaque fois ses fans précédents s'estimant trahis, mais, s'il est parfois difficile à suivre, nul doute qu'il a bâti une oeuvre incontournable dans la musique et la littérature du XXème siècle, unique et pérenne. Quant à moi, j'ai continué à explorer ses textes, remplissant mes devoirs d'anglais de citations dylanesques, ce qui me valait de la part du correcteur des grands points d'interrogation, mais cela me paraissait comme un superbe acte subversif...Grâce à Dylan, mon apprentissage de l'anglais a été un vrai plaisir, et je n'oublierai jamais les yeux écarquillés de mes cousins d'Amérique qui, lorsque je vins à New-York jeune adulte pour les rencontrer, furent littéralement estomaqués par le fait que je puisse leur chanter les chansons de Bob qu'eux-mêmes connaissaient moins bien que moi. Assurément, grace à Dylan, j'ai eu mon heure de gloire à New-York City !
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Loht
  05 septembre 2017
LE livre définitif des paroles de Dylan. Avec leur traduction pour appréhender un tant soit peu la poésie dylanienne pour les non-bilingues.
On goûte non seulement à la grande écriture du chanteur, on embrasse le panorama historique de l'Amérique mais aussi du monde de ces quarante dernières décennies, et on peut constater combien son écriture tout comme sa musique a su évoluer, muter, s'enrichir et bouger en permanence.
En grande partie, cette écriture évoque bien entendu les poètes de la beat generation. Mais les références son nombreuses et on goûte l'érudition de l'artiste.
On se dit enfin que vivre avec Dylan dans l'oreille est inespéré...
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fichetoux
  15 novembre 2010
bel objet et surtout génial pour les traductions, un must à posseder pour qui aime dylan bien sur ;-)
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   07 juillet 2016
SEPT MALÉDICTIONS

Le vieux Reilly vola un étalon
Mais on le rattrapa et puis le ramena
On le jeta enfin au sol de la prison
Au cou on lui passa un collier de fer

La fille du vieux Reilly fut alors prévenue
On lui dit que son père allait être pendu
Toute une nuit elle chevaucha, au matin elle arriva
Les mains pleines d'or et d'argent

Quand le juge aperçut la fille de Reilly
Son regard de vieillard s'aiguisa sous son crâne
Il dit « L'or ne sauvera pas la tête de ton père
Le prix de sa libération, c'est toi-même, ma chère »

« Autant que je sois mort, gémit Reilly
Car il n'en a qu'après toi
Et ma peau frémira lorsqu'il te touchera
Saute en selle et repars au galop »

« Oh, mon père, ta mort sera certaine
Si je ne saisis pas l'occasion offerte
De payer le prix en ne t'écoutant pas
et pour cette raison il me faudra rester »

L'ombre de la potence éclaboussa le soir
Dans la nuit un chien hurla
Dans la nuit la terre aux environs craquait
Dans la nuit elle paya le prix

Mais au matin lorsqu'elle fut éveillée
Elle sut que le juge n'était pas intervenu
Elle vit la branche fatale qui ployait
Elle vit de son père le corps tout disloqué

(SEVEN CURSES

Old Reilly stole a stallion
But they caught him and they brought him back
And they laid him down on the jailhouse ground
With an iron chain around his neck

Old Reilly’s daughter got a message
That her father was goin’ to hang
She rode by night and came by morning
With gold and silver in her hand

When the judge he saw Reilly’s daughter
His old eyes deepened in his head
Sayin’, « Gold will never free your father
The price, my dear, is you instead »

« Oh I’m as good as dead, cried Reilly
It’s only you that he does crave
And my skin will surely crawl if he touches you at all
Get on your horse and ride away »

« Oh father you will surely die
If I don’t take the chance to try
And pay the price and not take your advice
For that reason I will have to stay »

The gallows shadows shook the evening
In the night a hound dog bayed
In the night the grounds were groanin’
In the night the price was paid

The next mornin’ she had awoken
To know that the judge had never spoken
She saw that hangin’ branch a-bendin’
She saw her father’s body broken
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Nastasia-BNastasia-B   10 juillet 2016
J'ai descendu la rue et me suis retrouvé
Dans un des cafés du coin
Suis monté sur la scène pour chanter et jouer
Là un type m'a dit « Reviens un autre jour
On dirait un péquenot qui chante
Ici, on veut des folksingers »

J'ai trouvé un job à l'harmonica et me suis mis à jouer
À m'époumoner pour un dollar par jour
Dans tous les sens, j'aspirais, je soufflais
Le type a dit qu'il aimait bien mon jeu
Il n'en pouvait plus d'aimer bien mon jeu
Pour un dollar par jour

Après avoir traîné des jours et des semaines
J'ai fini par trouver du travail à New York
Dans une plus grande boîte, et mieux payé
Je me suis syndiqué et j'ai payé mes cotisations
Justement, un grand homme a dit
Qu'on peut te voler rien qu'avec un stylo
Je n'ai pas mis trop longtemps pour trouver
De quoi il voulait parler
Des tas de gens n'ont pas grand-chose à manger sur leur table
Mais ils ont plein de couteaux et de fourchettes
Et ils entendent se tailler une part

(I walked down there and ended up
In one of them coffee-houses on the block
Got on the stage to sing and play
Man there said, « Come back some other day
You sound like a hillbilly
We want folk singers here »

Well, I got a harmonica job, begun to play
Blowin’ my lungs out for a dollar a day
I blowed inside out and upside down
The man there said he loved m’ sound
He was ravin’ about how he loved m’ sound
Dollar a day’s worth

And after weeks and weeks of hangin’ around
I finally got a job in New York town
In a bigger place, bigger money too
Even joined the union and paid m’ dues

Now, a very great man once said
That some people rob you with a fountain pen
It didn’t take too long to find out
Just what he was talkin’ about
A lot of people don’t have much food on their table
But they got a lot of forks ’n’ knives
And they gotta cut somethin’)

NEW YORK PARLÉ / TALKING NEW YORK
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Nastasia-BNastasia-B   13 juillet 2016
J'ai aimé une femme, une enfant, disait-on
Je lui ai donné mon cœur mais elle voulait mon âme
Mais n'y pense plus, tout est bien

(I once loved a woman, a child I’m told
I give her my heart but she wanted my soul
But don’t think twice, it’s all right)

N'Y PENSE PLUS, TOUT EST BIEN / DON'T THINK TWICE, IT'S ALL RIGHT.
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PetitebijouPetitebijou   26 avril 2012
Sad-Eyed Lady of the Lowlands
(...)
With your sheets like metal and your belt like lace,
And your deck of cards missing the jack and the ace,
And your basement clothes and your hollow face,
Who among them can think he could outguess you ?
With your silhouette when the sunlight dims
Into your eyes where the moonlight swims,
And your match-book songs and your gypsy hymns,
Who among them would try to impress you ?

(Avec tes draps comme métal, ta ceinture comme dentelle,
Et ton paquet de cartes où manquent l'as et le valet,
Tes vêtements de cave et ton visage évidé,
Qui d'entre eux peut penser qu'à jour il te percera ?
Avec ta silhouette quand le soleil décline,
Dans tes yeux où nage le clair de lune,
Et tes chansons de pochettes d'allumettes et tes hymnes gitans,
Lequel d'entre eux essaierait de t'impressionner ?)
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Nastasia-BNastasia-B   01 août 2012
Oui, combien de fois peut-on tourner la tête
En disant qu'on n'a rien vu ?

Yes, 'n' how many times can a man turn his head
Pretending he just doesn't see ?

SOUFFLÉE PAR LE VENT / BLOWIN' IN THE WIND
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