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ISBN : 2072738520
Éditeur : Gallimard (26/10/2017)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 590 notes)
Résumé :

Immergés dans ce milieu, deux gamins font le pacte de toujours prendre soin l'un de l'autre. Romantiques, engagés dans leur pratique artistique, nourris de rêves et d'ambitions, ils se soutiennent et se donnent confiance pendant les années de vache maigre.

Just Kids commence comme une histoire d'amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 60-70, de ses riches et de ses pauvres, de ses paumés ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (129) Voir plus Ajouter une critique
andman
  04 juin 2013
A lire les critiques enthousiastes des uns et des autres j'étais impatient de découvrir « Just Kids ».
Comme vous, j'ai été captivé par les écrits intimistes de Patti Smith et comprends maintenant un peu mieux le cheminement qui a conduit cette femme, d'apparence si frêle, au firmament de la scène rock des dernières décennies.
Deux éléments ont été déterminants dans le destin hors du commun de cette artiste aux multiples facettes :
- son amour précoce pour la littérature et notamment son attirance pour les auteurs romantiques français,
- sa rencontre à 20 ans avec un jeune homme de son âge, Robert Mapplethorpe, qui allait devenir quelques années plus tard un photographe de renom international.
« Just Kids » décrit la genèse de cette relation fusionnelle entre deux êtres en recherche d'identité artistique dans le foisonnement culturel des sixties-seventies. Voici les grandes lignes de leur parcours de vie :
La lecture, seul véritable moyen d'évasion, tient une place de choix dans les loisirs de Patricia. Une enfance pauvre mais heureuse non loin de Philadelphie avec déjà un tempérament de leader dans les jeux et une adolescence avec un goût marqué pour la danse.
A 16 ans elle découvre émerveillée les écrits de Rimbaud et l'adopte « comme son compatriote, son frère et même son amant secret ».
A 19 ans elle met au monde un enfant qu'elle confie quelques mois plus tard à une famille aimante et met le cap sur New-York en juillet 67.
Elle a décidé, elle sera artiste !
C'est à Baudelaire qu'elle pense quand la faim la tenaille durant cet été de vagabondage newyorkais, pour lui aussi la nourriture faisait souvent défaut.
C'est à Jean Genet qu'elle pense lorsqu'elle commet de menus larcins « esthétiques », des crayons de couleur dont elle ne peut se passer.
Sa rencontre fortuite avec Robert Mapplethorpe la marquera à jamais. Issu également d'une famille modeste, Robert est artiste dans l'âme et convaincu, comme elle, de voir des choses que les autres ne voient pas. Elle a trouvé l'alter ego dont elle avait maintes fois rêvé. le serment de se protéger mutuellement les lie à jamais.
Leur soif insatiable de connaissances (poésie, dessin, graphisme, peinture, photographie), leur galères au quotidien (logement, nourriture), leur débrouillardise (petits boulots, récupération d'objets hétéroclites pour la confection de colliers) sont relatés sans fioriture par une Patti Smith visiblement très à l'aise aussi dans l'écriture.
L'homosexualité de Robert, assumée quelques mois après leur rencontre, fait basculer leur relation amoureuse en amitié indéfectible.
Enfants de la beat generation dont ils s'approprient les codes, Patti et Robert auront la chance d'habiter le fameux Chelsea Hotel avec sa faune de clients-artistes à l'année, cet univers baroque devient leur nouvelle université avec ses professeurs Gregory Corso, Allen Ginsberg et William Burroughs.
La fréquentation assidue du célèbre club Max's Kansas City, haut lieu de la culture underground, leur permet de nouer des contacts en tout genre.
Patti et Robert étaient aux bons endroits au bon moment et forcément le talent tôt ou tard se remarque ; ainsi débuteront-ils, chacun de son côté, une carrière de renommée internationale mais sans jamais se perdre de vue.
Robert Mapplethorpe est mort du sida à New-York le 9 mars 1989.
Celle qui fut son amante et finalement son amie pour la vie est venue plusieurs fois de Détroit le soutenir dans son dernier combat.
Les dernières rencontres avec Robert sont empreintes d'une poésie bouleversante…
« Just Kids » nous rappelle avec sobriété, que l'amour de l'Art n'est en définitive qu'une profession de foi en l'humanité, l'amour de l'Art c'est l'amour de l'Autre.
Chapeau l'artiste !

P.S. : Horses, Easter, Wave, Trampin' m'ont accompagné dans la lecture de Just Kids. Jamais peut-être ne les avais-je appréciés avec autant de bonheur, une écoute toute en profondeur et en émotions.
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Bookycooky
  10 janvier 2017
N'ayant jamais été fan de Patti Smith ni de Robert Mapplethorpe, un livre que je n'aurais probablement jamais lu si on m'en avait pas fait cadeau. Tant mieux, sinon cela aurait été vraiment dommage.
Je reporterais ici que deux passages sur les Kids, qui m'ont particulièrement touchée.
Au début de leur liaison, n'ayant de l'argent qu'uniquement pour un seul billet d'entrée aux musées, l'un attend, l'autre entre et par la suite, lui raconte.À la sortie d'une visite au Whitney Museum, Robert qui l'attend, lui dit," un jour nous y entrerons ensemble, et les oeuvres seront les nôtres ".....un optimisme et une confiance en soi émouvants, qui d'ailleurs se réalisera. Ce n'est même pas de la fiction. Un baume au coeur pour qui peine à croire que les vrais désirs tôt ou tard se réalisent.
Un autre passage prémonitoire, est celui où Patti à vingt ans, peinant à survivre,écoute pour la première fois Jim Morrison en concert....son ressenti,"I felt, watching Jim Morrisson, that I could do that. I can't say why I thought this"(Regardant Jim Morrison, je sentis que je pouvais le faire aussi.Le pourquoi, je n'en sais rien). Alors qu'elle n'a encore aucun lien avec la musique, à part l'écouter.
J'ai aimé,
sa conception de la liberté, son attachement à sa famille, son regard sur Robert, son regard sans jugement sur les méandres sombres, contradictoires et inexpliqués de l'âme humaine, la douceur de sa prose, sa pudeur et sa passion pour la chine chez les bouquinistes à la recherche de la perle rare,.....mais aussi,
cet amour inconditionnel l'un pour l'autre et leur incroyable talent de débrouille.
J'ai adoré,
la surprise de l'épisode de Sam Shepard incognito, un de mes acteurs et dramaturges préférés !
J'ai tout aimé Patty, toi et ton histoire. Bien que ce soit loin de mon monde à moi, au fond je partage avec toi une chose fondamentale -du moins pour moi-, la sensibilité à reconnaître les signes sur la route de la Vie.

"The signs that mock me as I go" ( James Joyce/ Poems Penyeach)
(Les signes sur ma route qui me raillent)
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nadejda
  01 janvier 2015
Finir l'année 2014 en commençant la lecture de « Just kids » et commencer 2015 en la terminant que demander de plus ? Rien, la joie est totale.
J'ai revécu bien des souvenirs de ma jeunesse car j'ai, à peu d'années près, le même âge que Patti Smith, et ses disques m'ont accompagnée ainsi que ceux de Dylan, des Doors, de Janis Joplin, des Rolling stones. Avec « Just Kids » elle nous permet de revivre, au gré des rencontres et des amitiés, comme celles faites au Chelsea Hôtel, l'explosion de créativité des années 1970 à New-York dans tous les domaines.
J'aime la simplicité, le courage dans l'adversité et l'honnêteté de cette femme qui a su aimer passionnément et rester fidèle à cet amour pour Robert Mapplethorpe même après s'en être éloignée. Il a été un amant mais aussi un frère jumeau, à la fois ange et démon, ressemblant un peu à Jim Morrison.
Fidèle en fait à elle-même, au chemin qu'elle avait entamé en quittant sa famille pour New-York et l'inconnu, sûre que sa vie se jouait là où elle allait, Patti Smith saura garder une force intérieure qui lui évitera de tomber dans l'autodestruction de nombres de ses proches
J'aime sa façon de sentir et voir des signes dans des incidents qui se produisent sans que ce soit vraiment de la superstition mais plutôt un façon de lire et d'enchanter la vie. Et de Robert, elle dit aussi qu' «il était maître dans l'art de transformer l'insignifiant en divin »
Elle termine en s'adressant au lecteur:
« Je pourrais encore écrire un grand nombre d'histoires sur Robert, sur nous. Mais c'est celle-ci que j'ai racontée. C'était cette histoire qu'il voulait que je raconte, et j'ai tenu ma promesse. Nous étions pareils à, Hansel et Gretel, partis à l'aventure dans la forêt noire du monde. Il y eut des tentations, des sorcières et des démons dont nous n'avions jamais rêvé, il y eut des splendeurs que nous n'avions que devinées. Personne ne pouvait parler pour ces deux jeunes êtres, ni approcher la vérité des jours et des nuits passés ensemble. Seuls Robert et moi pouvions la raconter. Notre histoire, comme il l'appelait. En s‘en allant, il m'a laissé la tâche de vous la conter. »
Je n'ai rien à ajouter sinon merci pour cette belle histoire écrite à deux.
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carre
  01 juillet 2012
Je ferme le livre de Patti Smith,le coeur serré par l'émotion. La rencontre fusionnel de deux êtres, qui se reconnaissent dès le premier regard, partagé par une seule et unique ambition, consacrer leur vie à l'art. Cette plongée nous entraine au coeur de la création dans les années soixante, soixante-dix à New York, avec les périodes de vaches maigres, le ventre criant famine, les petits boulots, les plans démerdes, les piaules miteuses pour se poser mais loin de tout découragement l' osmose totale entre Robert Mapplethorpe et la native du New Jersey, convaincus de leur talent.Patti Smith raconte cette période avec un sens narratif magnifique, avec au hasard des rencontres un casting hallucinant : Janis Joplin, Andy Warhol, Allan Ginsberg, Jim Morisson, Jimi Hendrix, Sam Shepard, Bob Dylan ...). Son amour pour la poésie et Rimbaud, avec ce pélérinage improbable à Charleville, l'insouciance d'une époque que beaucoup paieront de leur vie dans les années quatre vingt et l'arrivée du sida. Un témoignage pour tenir une promesse faite à son double artistique. Sincère, bouleversante, pleine de pudeur la promesse est tenue et de quelle manière.
Merci Patti si je peux me permettre.
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michemuche
  28 août 2016
" jesus died for somebody's sins but not mine "
( jesus est mort pour les péchés de quelqu'un, mais pas pour les miens).
Je pense que cette célèbre intro de " Gloria" sur l'album " horses " vous rappelle des bons moments et quelques frissons.
Mais avant de connaître le succès Patti Smith a eu ses années galères.
" Just kids " c'est son histoire, ses rencontres, ses joies, ses peines.
En 1967 elle débarque à New-York des projets plein la tête, l'année où John Coltrane disparaît.
Patti aime écrire, la poésie c'est son truc, Baudelaire,Rimbaud, Jean Genet, elle les vénère, elle dessine aussi, c'est une touche à tout.
Sa rencontre avec Robert Mapplethorpe va être le point de départ d'une magnifique histoire.
Une étoile bleue va illuminer leurs vies.
Robert se cherche, ce qu'il veut, juste être connu, reconnu comme l'est Andy Warhol.
" just kids " c'est aussi des rencontres improbables, Janis Joplin, Jimmi Hendrix, Allen Ginsberg, William Burroughs qui vont la faire avancer dans ce New-York underground .
Des endroits mythiques comme le Chelsea hôtel, the village, le " CBGB" haut lieu du rock.
" just kids " est un petit bijou de souvenirs, une boîte pleine de photos.
" Little emerald bird wants to fly away
If I cup my hand, could I make him stay?
Little emerald soul, Little emerald eye
Little emerald bird, must we say goodbye ?
Petit oiseau émeraude, il veut s'envoler
Dans ma main en coupe, voudra t'il rester ?
Petite âme émeraude, petit oeil émeraude
Petit oiseau émeraude, faut il nous dire adieu ?
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critiques presse (1)
LeFigaro   11 décembre 2017
Just Kids, son autobiographie à succès, paraît en version illustrée. Magnifique.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (155) Voir plus Ajouter une citation
andmanandman   30 mai 2013
En regardant Jim Morrison, j'ai eu une réaction étrange. Tout le monde autour de moi semblait cloué, mais moi, j'observais le moindre de ses mouvements dans un état d'hyperconscience froide. Je me souviens de cette impression bien plus nettement que du concert. J'ai senti en voyant Jim Morrison, que j'étais capable d'en faire autant. Je ne saurais dire ce qui m'a fait penser ça. Rien dans mon expérience, ne me permettait de me dire que ce serait jamais possible, pourtant j'ai nourri cette prétention. J'ai ressenti à son égard à la fois de l'attrait et un certain mépris. Je sentais sa gêne profonde aussi bien que sa suprême assurance.
+ Lire la suite
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andmanandman   01 juin 2013
On dit que les enfants ne font pas la distinction entre les objets vivants et inanimés ; je crois au contraire que si. Un enfant fait dont à sa poupée ou à son soldat de plomb d'un souffle de vie magique. L'artiste anime ses œuvres de la même façon que l'enfant anime ses jouets. Que ce soit pour l'art ou pour la vie, Robert insufflait aux objets son élan créateur, sa puissance sexuelle sacrée. Il transformait un porte-clefs, un couteau de cuisine ou un simple cadre de bois en œuvre d'art. Il aimait son travail et il aimait ses objets.
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BookycookyBookycooky   08 janvier 2017
In my low periods, I wondered what was the point of creating art. For whom? Are we animating God? Are we talking to ourselves ? And what was the ultimate goal ? To have one's work caged in art's great zoos- the Modern, the Met, the Louvre? p.65
( A mes moments dépressifs, je me demandais quel était le but de créer de l'art. Pour qui? Édifions-nous Dieu ? Parlions-nous à nous-mêmes ? Et quel en était le but final ? Mettre son oeuvre en cage dans les sublimes zoos de l'art - Le Moderne, le Met, le Louvre?)
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caro64caro64   24 avril 2013
J’ai jeté la veste sur mon épaule, façon Frank Sinatra. J’étais habitée par les références. Il était habité par l’ombre et la lumière.

"C’est revenu", a-t-il dit.

Il a de nouveau pris quelques clichés.

"Je la tiens".

- Comment tu le sais?
-
- Je le sais, c’est tout.’

Il a pris douze photos ce jour-là.

Quelques jours plus tard, il m’a montré la planche-contact.

- "Dans celle-ci, il y a la magie", a-t-il affirmé.

Lorsque je la regarde aujourd’hui, ce n’est pas moi que je vois. C’est nous.

(passage du livre qui décrit le shooting au cours duquel fut prise la photo de l'album "Horses" par Robert :
http://www.civilianglobal.com/wp-content/uploads/2012/12/Patti-Smith-Horses.jpg )


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andmanandman   29 mai 2013
J'avais vécu dans un monde de livres, écrits pour la plupart au XIXe siècle. Même si je m'étais préparée à dormir sur des bancs, dans le métro ou dans des cimetières jusqu'à que je trouve du boulot, la faim qui me tenaillait constamment me prenait au dépourvu. J'avais beau n'avoir que la peau et les os, j'avais un métabolisme élevé et un solide appétit. Le romantisme ne suffisait pas tout à fait à apaiser mes besoins de nourriture. Même Baudelaire devait manger. Ses lettres contenaient de nombreux cris de désespoir dus à son manque de viande et de bière brune.
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