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Françoise Morvan (Traducteur)Sylvie Doizelet (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070403790
280 pages
Éditeur : Gallimard (12/10/1999)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 65 notes)
Résumé :
De son vivant, Sylvia Plath a publié de nombreux poèmes dans des revues américaines ou anglaises, mais un seul recueil: Le Colosse. Plusieurs centaines de poèmes restaient inédits.
Son mari et la sœur de ce dernier établiront trois recueils: Ariel, en 1965, qui aussitôt la place par les grands poètes anglo-saxons contemporains, puis La Traversée et Arbres d'hiver en 1971.
En 1981 paraît Collected Poems- 224 poèmes présentés chronologiquement et couvran... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Petitebijou
  14 juillet 2012
Je n'ai pas pu apprécier la lecture de ce recueil de poèmes de Sylvia Plath.
Je reconnais à la poétesse son talent, à travers son imagination foisonnante, l'âpreté de son écriture, son amour de la nature et le riche choix des images qu'elle emploie tout au long de ses poèmes.
Mais, pour moi, la littérature, même de qualité, doit être un minimum porteuse de vie pour m'être respirable. Ici, après la lecture de cinq lignes, j'avais envie d'enjamber mon balcon et de sauter du troisième étage. Alors, bien sûr, si l'on prend connaissance de la biographie de l'auteur, on sait son mal être, ses troubles bipolaires, son suicide... mais je regrette pour elle que l'écriture n'ait pas été un moyen d'apercevoir un petit rayon de soleil dans une vie sombre et désespéree. Et, malheureusement, pour la lectrice que je suis, cette morbidité, cette absence de la moindre parcelle d'humour ou d'autodérision, sont insupportables. On ne ressent même pas un certain plaisir à l'écriture.
Je ne suis donc pas allée au bout de ce recueil, lassée par ce désespoir contagieux.
Je tiens à souligner par ailleurs la bonne idée de l'éditeur d'avoir publié les poèmes dans leur langue originelle à côte de leur version française.
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apcalipticart
  23 août 2020
Avec Arbres D'hiver, Sylvia Plath livre une poésie intime, une poésie très contrôlée, qui ne se laisse pas apprivoiser si facilement. Découpé en deux recueils, La Traversée et Arbres d'hiver, la poésie de Plath n'est pas emprunte de cette légère folie, ce petit grain qui permet le lâcher prise et qui donne au poème une touche de liberté. Sylvia Plath à travers sa poésie délivre un message intime et très personnel. Elle laisse très peu de place à l'interprétation. Une poésie complexe et bétonnée de toutes parts.
Pourtant, quelques poèmes semblent s'affranchir des règles et déposent un vrai souffle, on découvre une toute autre poésie, La Traversée ou encore Veuve, laissent entrevoir une poésie moins contrôlée, plus aérienne, comme si l'espace d'un moment Sylvia Plath laissait place à l'insouciance, que l'emprise qu'elle a décidé d'exercer sur sa poésie avait trouvé une sortie, un instant d'égarement, une épiphanie. Un moment de grâce.
Le recueil semble être à l'image de la vie de Sylvia Plath, une vie courte mais Intense, émotionnellement très remplie et très dure. On retiendra aussi certaines thématiques presque avant gardistes comme le post parthum ou les contractions, thématiques qui, dans la poésie d'aujourd'hui ne sont pas les plus présentes. La poésie de Plath se fait l'écho de sa vie, elle oscille entre contrôle démesuré et lâcher prise, l'équilibre n'est jamais respecté et entre en résonnance directe avec la vie tumultueuse qu'a connu l'autrice de la Cloche de détresse.
Plath livre avec ce recueil une partie d'elle-même les poèmes sont diversifiés et les thématiques surprenantes. Malgré une poésie contrôlée je me suis laissé bercer par l'immobilité créative et lors des moments de grâce, l'émotion s'est emparée de moi. Ce recueil montre à quel point cette femme était bourrée de talent, certainement avant-gardiste, elle aurait pu bouleverser les codes de la poésie. Elle laisse derrière elle une poésie complexe, sans concession, bridée par un style monolithique, laissant parfois s'échapper quelques moments de grâce, ces moments qu'il faut savoir attraper au vol.
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OhOceane
  22 mars 2017
C'est toujours délicat de parler d'une icône, et manifestement, Sylvia Plath est une icône, une déesse morte et ressuscitée dans ses mots. L'abandon volontaire de son enveloppe terrestre rajoute du drame là où l'oeuvre porte déjà tant de force.
Dépressive, féministe, génie, on peut dire beaucoup de choses à propos de Sylvia Plath, toutes choses qui la réduisent certes, et pourtant qui projettent en ce monde dix mille, cent mille facettes d'une même femme : chacun de nos regards subjectifs sur elle, sur ses écrits, la ressuscite d'une différente manière.
Je suppose que j'ai moi aussi un regard subjectif, j'oublie souvent combien sa vie intérieure a pu être sombre, quand je relis certains poèmes, où tout n'est qu'ode à la vie et à la nature. Et puis soudain, le lecteur sombre avec Sylvia, dans les brumes du Thalidomide. Complexité de l'âme. Merveille des mots : à chaque lecture on se rend compte que l'univers d'un poète ne peut se réduire à une case.
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nrisovics
  27 juillet 2020
Fort comme un coup de poing dans le ventre même à am seconde lecture l'écriture de Plath est toujours aussi émotionnelle, intense, touchante.
Dur , intense l 'expérience se mérite mais au moins on ne peut pas reprocher à Plath de faire semblant.
Cette douleur c'est aussi sa vie et sa manière de l'exprimer est belle, intense, multiple.
L'édition est bilingue et la musicalité des poèmes, la traduction, les notes sont de très grande qualité à mon sens.
Un chef d'oeuvre pour une des plus grandes écrivains et écrivaines.
Mrs Plath now you are more than a poetress you have become a master and a muse. Eternal respect .
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polarjazz
  18 février 2018
Dans ce monde rétrécit par la douleur et par le repli sur soi, Sylvia Plath, d'une lucidité sincère et profonde nous livre ses pensées les plus intimes. Sa solitude, sa nudité, son amertume exsudent dans chaque mot composant ses poèmes. Elle transforme sa pensée en émotion dans un cauchemar inspiré dans un passé agressif (la mort de son père lorsqu'elle était enfant, puis l'infidélité de son mari).
Un dernier acte de foi avant son suicide. Un cri déchirant.
Sa poésie décousue n'est pas parvenue à me séduire. Pas de sortilège dans ces poèmes. Dommage.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   16 janvier 2014
LETTRE D'AMOUR

Pas facile de formuler ce que tu as changé pour moi.
Si je suis en vie maintenant, j'étais alors morte,
Bien que, comme une pierre, sans que cela ne m'inquiète,
Et je restais là sans bouger selon mon habitude.
Tu ne m'as pas simplement un peu poussée du pied, non-
Ni même laissée régler mon petit oeil nu
A nouveau vers le ciel, sans espoir, évidemment,
De pouvoir appréhender le bleu, ou les étoiles.

Ce n'était pas çà. Je dormais, disons : un serpent
Masqué parmi les roches noires telle une roche noire
Se trouvant au milieu du hiatus blanc de l'hiver -
Tout comme mes voisines, ne prenant aucun plaisir
A ce million de joues parfaitement ciselées
Qui se posaient à tout moment afin d'attendrir
Ma joue de basalte. Et elles se transformaient en larmes,
Anges versant des pleurs sur des natures sans relief,
Mais je n'étais pas convaincue. Ces larmes gelaient.
Chaque tête morte avait une visière de glace.

Et je continuais de dormir, repliée sur moi-même.
La première chose que j'ai vue n'était que de l'air
Et ces gouttes prisonnières qui montaient en rosée,
Limpides comme des esprits. Il y avait alentour
Beaucoup de pierres compactes et sans aucune expression.
Je ne savais pas du tout quoi penser de cela.
Je brillais, recouverte d'écailles de mica,
Me déroulais pour me déverser tel un fluide
Parmi les pattes d'oiseaux et les tiges des plantes.
Je ne m’y suis pas trompée. Je t'ai reconnu aussitôt.

L'arbre et la pierre scintillaient, ils n'avaient plus d'ombres.
Je me suis déployée, étincelante comme du verre.
J'ai commencé de bourgeonner tel un rameau de mars :
Un bras et puis une jambe, un bras et encore une jambe.
De la pierre au nuage, ainsi je me suis élevée.
Maintenant je ressemble à une sorte de dieu
Je flotte à travers l'air, mon âme pour vêtement,
Aussi pure qu'un pain de glace. C'est un don.
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patrick75patrick75   22 octobre 2014
LA CUEILLETTE DES MURES

Personne sur le chemin, et rien, rien sinon des mûres,
Des mûres de chaque côté, des mûres partout,
Une allée de mûres, qui descend en crochets, et une mer.
Quelque part au bout, qui se soulève. Des mûres
Aussi grosses que mon pouce, aussi muettes que des yeux.
Ebène dans les haies, et pleines
De jus bleu-rouge, qu'elles abandonnent sur mes doigts.
Je n'avais pas demandé de telles sœurs de sang ; elles doivent m'aimer
Elles sont accommodantes, elles se font toutes petites pour tenir dans ma bouteille à lait.

Là-haut passent les chocards en volées noires, cacophoniques -
Bouts de papier brûlé qui tournoient dans un ciel orageux.
Leur voix est la seule voix, elle proteste, proteste.
Je ne crois plus que la mer apparaîtra.
Les hautes prairies vertes s'embrasent, comme illuminées de l'intérieur.
J'atteins un buisson de baies si mûres que c'est un buisson de mouches,
Suspendant leurs ventres bleu-vert et leurs ailes en un paravent chinois.
Le sirupeux festin de baies les a tout étourdies ; elles croient au paradis.
Un crochet encore, et les baies et les buissons finissent.

Il ne manque plus que la mer maintenant.
D'entre deux collines un vent soudain s'abat sur moi
Et me gifle le visage de son linge fantôme.
Ces collines sont trop vertes et douces pour avoir goûté le sel.
J'emprunte le sentier aux moutons qui les sépare. Un ultime crochet me mène
A la face nord des collines, et cette face est de roc orange
Et ne donne sur rien, rien sinon un grand espace
De lumières, blanches et d'étain, et un vacarme comme d'orfèvres
Frappant, frappant encore un métal intraitable.

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patrick75patrick75   20 octobre 2014
LA TRAVERSEE

Lac noir, barque noire, deux silhouettes de papier découpé, noires.
Jusqu'où s'étendent les arbres noirs qui s'abreuvent ici ?
Leurs ombres doivent couvrir le Canada.

Une petite lumière filtre des fleurs aquatiques.
Leurs feuilles ne souhaitent pas que nous nous dépêchions :
Elles sont rondes et plates et pleines d'obscurs conseils.

Des mondes glacés tremblent sous la rame.
L'esprit de noirceur est en nous, il est dans les poissons.
Une souche lève en signe d'adieu une main blême;

Des étoiles s'ouvrent parmi les lys.
N'es-tu pas aveuglé par de telles sirènes sans regard ?
C'est le silence des âmes interdites.
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patrick75patrick75   21 octobre 2014
FINISTERE (extrait)

C'était la fin des terres : les derniers doigts, noueux et rhumatismaux.
Crispés sur rien. Des falaises
Noires et menaçantes, et la mer qui explose
Sans fond, sans fin, sans rien face à elle,
Blanchie par les visages des noyés.
C'est tout simplement lugubre maintenant, un tas de rocs.
Soldats rescapés de sales guerres d'autrefois.
La mer canonne dans leurs oreilles, mais ils ne bronchent pas.
D'autres rocs dissimulent sous l'eau leurs rancunes.

Les falaises sont bordées de trèfles, étoiles et clochettes
Telles que les doigts peuvent en broder, à l'approche de la mort,
Presque trop petits pour que les brumes s'en soucient.
Les brumes font partie de l'antique attirail
Ames roulées dans le grondement funeste de la mer.
Elles meurtrissent les rocs, les font disparaître, les ressuscitent.
Elles se lèvent sans espoir, comme des soupirs.
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coco4649coco4649   11 octobre 2018
L’agneau de Marie


L’agneau pascal frit dans sa graisse.
La graisse
Sacrifie son opacité…

La vitre est d’or sacré.
Le feu la rend précieuse,
Le même feu toujours

Fondant le suif des hérétiques
Et débusquant les juifs.
Leurs draps de fumée noire ondoient

Sur les stigmates de la Pologne
Et l’Allemagne incendiée.
Ils ne meurent pas.

Des oiseaux gris hantent mon cœur,
Bouche en cendre, œil cendreux,
Ils se posent. Sur l’immense

Précipice
Qui a vidé un homme dans l’espace
Les fours flambaient en cieux, incandescents.

Et c’est un cœur,
L’holocauste où j’entre,
O bel enfant d’or que le monde tue et mange.
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Videos de Sylvia Plath (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvia Plath
Avec Marielle Macé, Clémence Azincourt, Jacques Bonnaffé, Léon Bonnaffé & le petit Paulo Et en duplex : Valérie Rouzeau, Régis Lefort & Béatrice Bonhomme

« Ce qui se fait entendre est aussi la poésie de Valérie Rouzeau,, entre nos récepteurs et son espièglerie, à nous de l'attraper. C'est simple comme Carême (Maurice…), savant comme Roubaud et fouillé comme Desnos, sans fin sans fond comme qui vous voudrez. Par la mouvement les souffles, son ombre persistante. » » Jacques Bonnaffé
Voilà près de trente ans que Valérie Rouzeau (née en 1967) a décidé de vivre en poésie, de ses révoltes et de sa plume. Elle a attiré l'attention des lecteurs après la publication en 1999 de Pas revoir, son recueil de deuil. Depuis, parallèlement à ses ouvrages de poésie, elle traduit notamment des poèmes de Sylvia Plath, de Ted Hughes et de William Carlos Williams. Lauréate du prix Apollinaire en 2012, elle compte parmi les voix contemporaines les plus attachantes.
Le revue Nu(e) lui consacre un numéro complet à l'occasion de la sortie de Éphéméride aux éditions de la Table Ronde. À lire – Valérie Rouzeau, Éphéméride, La Table Ronde, 2020 – Revue NU(e), Valérie Rouzeau, n°70, coordonné par Régis Lefort, avec la collaboration de Béatrice Bonhomme et Danielle Pastor, 2020. Disponible en ligne sur Poezibao.
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