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Françoise Morvan (Traducteur)Sylvie Doizelet (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070403793
Éditeur : Gallimard (12/10/1999)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 58 notes)
Résumé :
De son vivant, Sylvia Plath a publié de nombreux poèmes dans des revues américaines ou anglaises, mais un seul recueil: Le Colosse. Plusieurs centaines de poèmes restaient inédits.
Son mari et la sœur de ce dernier établiront trois recueils: Ariel, en 1965, qui aussitôt la place par les grands poètes anglo-saxons contemporains, puis La Traversée et Arbres d'hiver en 1971.
En 1981 paraît Collected Poems- 224 poèmes présentés chronologiquement et couvran... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Petitebijou
  14 juillet 2012
Je n'ai pas pu apprécier la lecture de ce recueil de poèmes de Sylvia Plath.
Je reconnais à la poétesse son talent, à travers son imagination foisonnante, l'âpreté de son écriture, son amour de la nature et le riche choix des images qu'elle emploie tout au long de ses poèmes.
Mais, pour moi, la littérature, même de qualité, doit être un minimum porteuse de vie pour m'être respirable. Ici, après la lecture de cinq lignes, j'avais envie d'enjamber mon balcon et de sauter du troisième étage. Alors, bien sûr, si l'on prend connaissance de la biographie de l'auteur, on sait son mal être, ses troubles bipolaires, son suicide... mais je regrette pour elle que l'écriture n'ait pas été un moyen d'apercevoir un petit rayon de soleil dans une vie sombre et désespéree. Et, malheureusement, pour la lectrice que je suis, cette morbidité, cette absence de la moindre parcelle d'humour ou d'autodérision, sont insupportables. On ne ressent même pas un certain plaisir à l'écriture.
Je ne suis donc pas allée au bout de ce recueil, lassée par ce désespoir contagieux.
Je tiens à souligner par ailleurs la bonne idée de l'éditeur d'avoir publié les poèmes dans leur langue originelle à côte de leur version française.
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Indithepotato
  27 novembre 2019
Ça fait un petit moment que je voulais tenter Sylvia Plath et par le plus grand des hasards, une de mes meilleures amies a une édition bilingue et me l'a gracieusement prêtée :)Encore novice en terme d'appréciation de poésie, je sais que j'ai loupé beaucoup de choses dans ce recueil de poèmes. Je dois avouer que pour une partie, je les ai tout simplement pas compris (que ce soit en anglais ou français haha). Mais j'ai quand même été touchée par la mélancolie de Sylvia Plath.Quelques poèmes qui m'ont particulièrement marquée, avec une petite citation : Insomniac : celui-ci est peut-être celui qui m'a le plus parléUnder the eyes of the stars and the moon's rictusHe suffers his desert pillow, sleeplessnessStretching its fine, irritating sand in all directionsI am vertical : poème préféré de mon amie, il m'a aussi beaucoup plu par sa poésie (oui, forcément...)And I shall be useful when I lie down finally :Then the trees may touch me for once, and the flowers have time for meIn plaster : celui-ci m'a beaucoup marquée. D'un côté, je l'interprète comme une sorte de dualité dans une même personne et en même temps, je pense que ça va plus loin. Mais il m'a donné des frissons!Living with her was like living with my own coffin :Yet I still depended on her, though I did it regretfully.[...]I'm collecting my strength ; one day I shall manage without her,And she'll perish with emptiness then, and begin to miss me.Stillborn These poemes do not live : it's a sad diagnosis.Mirror : j'aime celui-ci pour 2 raisons, le thème des miroirs et le fait qu'il me rappelle une nouvelle écrite par mon frère :)In me she has drowned a young girl, and in me an old womanRises toward her day after day, like a terrible fish.Child : je me rends compte que beaucoup des poèmes qui m'ont touchée évoquaient les enfantsYour clear eye is the one absolutely beautiful thing.I want to fill it with color and ducks,For a fatherless sonYou will be aware of an absence, presently,Growing beside you, like a tree,[...]But right now, you are dumb,And I love your stupidity,The blind mirror of it. I look inAnd find no face but my own, and you think that's funny.Mary's songIt is a heart,This holocaust I walk in.O golden child the world will kill and eat.
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OhOceane
  22 mars 2017
C'est toujours délicat de parler d'une icône, et manifestement, Sylvia Plath est une icône, une déesse morte et ressuscitée dans ses mots. L'abandon volontaire de son enveloppe terrestre rajoute du drame là où l'oeuvre porte déjà tant de force.
Dépressive, féministe, génie, on peut dire beaucoup de choses à propos de Sylvia Plath, toutes choses qui la réduisent certes, et pourtant qui projettent en ce monde dix mille, cent mille facettes d'une même femme : chacun de nos regards subjectifs sur elle, sur ses écrits, la ressuscite d'une différente manière.
Je suppose que j'ai moi aussi un regard subjectif, j'oublie souvent combien sa vie intérieure a pu être sombre, quand je relis certains poèmes, où tout n'est qu'ode à la vie et à la nature. Et puis soudain, le lecteur sombre avec Sylvia, dans les brumes du Thalidomide. Complexité de l'âme. Merveille des mots : à chaque lecture on se rend compte que l'univers d'un poète ne peut se réduire à une case.
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polarjazz
  18 février 2018
Dans ce monde rétrécit par la douleur et par le repli sur soi, Sylvia Plath, d'une lucidité sincère et profonde nous livre ses pensées les plus intimes. Sa solitude, sa nudité, son amertume exsudent dans chaque mot composant ses poèmes. Elle transforme sa pensée en émotion dans un cauchemar inspiré dans un passé agressif (la mort de son père lorsqu'elle était enfant, puis l'infidélité de son mari).
Un dernier acte de foi avant son suicide. Un cri déchirant.
Sa poésie décousue n'est pas parvenue à me séduire. Pas de sortilège dans ces poèmes. Dommage.
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Nelja
  08 mai 2012
J'adore vraiment le style de Sylvia Plath. Elle réussit à mettre une intensité poétique, des images pas toujours compréhensibles mais belles et troublantes, dans les sujets les plus prosaïques. Mon "problème" principal avec elle y étant lié, à savoir qu'elle écrit souvent sur des sujets, effectivement, prosaïque et qui ne m'intéressent pas en soi, ce qui fait que même si à lire c'est génial ça ne m'a pas vraiment marquée à long terme.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   16 janvier 2014
LETTRE D'AMOUR

Pas facile de formuler ce que tu as changé pour moi.
Si je suis en vie maintenant, j'étais alors morte,
Bien que, comme une pierre, sans que cela ne m'inquiète,
Et je restais là sans bouger selon mon habitude.
Tu ne m'as pas simplement un peu poussée du pied, non-
Ni même laissée régler mon petit oeil nu
A nouveau vers le ciel, sans espoir, évidemment,
De pouvoir appréhender le bleu, ou les étoiles.

Ce n'était pas çà. Je dormais, disons : un serpent
Masqué parmi les roches noires telle une roche noire
Se trouvant au milieu du hiatus blanc de l'hiver -
Tout comme mes voisines, ne prenant aucun plaisir
A ce million de joues parfaitement ciselées
Qui se posaient à tout moment afin d'attendrir
Ma joue de basalte. Et elles se transformaient en larmes,
Anges versant des pleurs sur des natures sans relief,
Mais je n'étais pas convaincue. Ces larmes gelaient.
Chaque tête morte avait une visière de glace.

Et je continuais de dormir, repliée sur moi-même.
La première chose que j'ai vue n'était que de l'air
Et ces gouttes prisonnières qui montaient en rosée,
Limpides comme des esprits. Il y avait alentour
Beaucoup de pierres compactes et sans aucune expression.
Je ne savais pas du tout quoi penser de cela.
Je brillais, recouverte d'écailles de mica,
Me déroulais pour me déverser tel un fluide
Parmi les pattes d'oiseaux et les tiges des plantes.
Je ne m’y suis pas trompée. Je t'ai reconnu aussitôt.

L'arbre et la pierre scintillaient, ils n'avaient plus d'ombres.
Je me suis déployée, étincelante comme du verre.
J'ai commencé de bourgeonner tel un rameau de mars :
Un bras et puis une jambe, un bras et encore une jambe.
De la pierre au nuage, ainsi je me suis élevée.
Maintenant je ressemble à une sorte de dieu
Je flotte à travers l'air, mon âme pour vêtement,
Aussi pure qu'un pain de glace. C'est un don.
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patrick75patrick75   22 octobre 2014
LA CUEILLETTE DES MURES

Personne sur le chemin, et rien, rien sinon des mûres,
Des mûres de chaque côté, des mûres partout,
Une allée de mûres, qui descend en crochets, et une mer.
Quelque part au bout, qui se soulève. Des mûres
Aussi grosses que mon pouce, aussi muettes que des yeux.
Ebène dans les haies, et pleines
De jus bleu-rouge, qu'elles abandonnent sur mes doigts.
Je n'avais pas demandé de telles sœurs de sang ; elles doivent m'aimer
Elles sont accommodantes, elles se font toutes petites pour tenir dans ma bouteille à lait.

Là-haut passent les chocards en volées noires, cacophoniques -
Bouts de papier brûlé qui tournoient dans un ciel orageux.
Leur voix est la seule voix, elle proteste, proteste.
Je ne crois plus que la mer apparaîtra.
Les hautes prairies vertes s'embrasent, comme illuminées de l'intérieur.
J'atteins un buisson de baies si mûres que c'est un buisson de mouches,
Suspendant leurs ventres bleu-vert et leurs ailes en un paravent chinois.
Le sirupeux festin de baies les a tout étourdies ; elles croient au paradis.
Un crochet encore, et les baies et les buissons finissent.

Il ne manque plus que la mer maintenant.
D'entre deux collines un vent soudain s'abat sur moi
Et me gifle le visage de son linge fantôme.
Ces collines sont trop vertes et douces pour avoir goûté le sel.
J'emprunte le sentier aux moutons qui les sépare. Un ultime crochet me mène
A la face nord des collines, et cette face est de roc orange
Et ne donne sur rien, rien sinon un grand espace
De lumières, blanches et d'étain, et un vacarme comme d'orfèvres
Frappant, frappant encore un métal intraitable.

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patrick75patrick75   20 octobre 2014
LA TRAVERSEE

Lac noir, barque noire, deux silhouettes de papier découpé, noires.
Jusqu'où s'étendent les arbres noirs qui s'abreuvent ici ?
Leurs ombres doivent couvrir le Canada.

Une petite lumière filtre des fleurs aquatiques.
Leurs feuilles ne souhaitent pas que nous nous dépêchions :
Elles sont rondes et plates et pleines d'obscurs conseils.

Des mondes glacés tremblent sous la rame.
L'esprit de noirceur est en nous, il est dans les poissons.
Une souche lève en signe d'adieu une main blême;

Des étoiles s'ouvrent parmi les lys.
N'es-tu pas aveuglé par de telles sirènes sans regard ?
C'est le silence des âmes interdites.
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patrick75patrick75   21 octobre 2014
FINISTERE (extrait)

C'était la fin des terres : les derniers doigts, noueux et rhumatismaux.
Crispés sur rien. Des falaises
Noires et menaçantes, et la mer qui explose
Sans fond, sans fin, sans rien face à elle,
Blanchie par les visages des noyés.
C'est tout simplement lugubre maintenant, un tas de rocs.
Soldats rescapés de sales guerres d'autrefois.
La mer canonne dans leurs oreilles, mais ils ne bronchent pas.
D'autres rocs dissimulent sous l'eau leurs rancunes.

Les falaises sont bordées de trèfles, étoiles et clochettes
Telles que les doigts peuvent en broder, à l'approche de la mort,
Presque trop petits pour que les brumes s'en soucient.
Les brumes font partie de l'antique attirail
Ames roulées dans le grondement funeste de la mer.
Elles meurtrissent les rocs, les font disparaître, les ressuscitent.
Elles se lèvent sans espoir, comme des soupirs.
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coco4649coco4649   11 octobre 2018
L’agneau de Marie


L’agneau pascal frit dans sa graisse.
La graisse
Sacrifie son opacité…

La vitre est d’or sacré.
Le feu la rend précieuse,
Le même feu toujours

Fondant le suif des hérétiques
Et débusquant les juifs.
Leurs draps de fumée noire ondoient

Sur les stigmates de la Pologne
Et l’Allemagne incendiée.
Ils ne meurent pas.

Des oiseaux gris hantent mon cœur,
Bouche en cendre, œil cendreux,
Ils se posent. Sur l’immense

Précipice
Qui a vidé un homme dans l’espace
Les fours flambaient en cieux, incandescents.

Et c’est un cœur,
L’holocauste où j’entre,
O bel enfant d’or que le monde tue et mange.
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Videos de Sylvia Plath (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvia Plath
Sylvia Plath par Valérie Rouzeau (France Culture / Ça rime à quoi)
Sylvia Plath par Valérie Rouzeau (France Culture / Ça rime à quoi). https://le-semaphore.blogspot.fr/2014.... Le 31 octobre 2009, dans l'émission “Ça rime à quoi” diffusée sur France Culture, Sophie Nauleau recevait la poétesse et traductrice française Valérie Rouzeau pour évoquer la poésie de Sylvia Plath, et plus particulièrement son ultime recueil “Ariel”, que Valérie Rouzeau venait de traduire en français pour les Éditions Gallimard. Sylvia Plath, née le 27 octobre 1932 à Jamaica Plain, dans la banlieue de Boston, et morte le 11 février 1963 à Primrose Hill (Londres), est une poétesse américaine , qui a écrit aussi un roman, des nouvelles, des livres pour enfants et des essais. Si elle est surtout connue pour sa poésie, elle tire également sa notoriété de “The Bell Jar” (en français, “La Cloche de détresse”), roman d'inspiration autobiographique qui décrit en détail les circonstances de sa première dépression, au début de sa vie d'adulte. Depuis son suicide en 1963, Sylvia Plath est devenue une figure emblématique dans les pays anglophones, les féministes voyant dans son œuvre l'archétype du “génie féminin écrasé par une société dominée par les hommes”, les autres voyant surtout en elle une icône dont la poésie, en grande partie publiée après sa mort, fascine comme la bouleversante chronique d'un suicide annoncé.
Avec la voix de Sylvia Plath.
« “Ariel”, génie de l'air de “La Tempête”, de Shakespeare, est aussi le nom du cheval blanc que montait à l'aube dans le Devon, en Angleterre, l'un des plus extraordinaires poètes du XXe siècle, Sylvia Plath, aux derniers mois de sa courte vie. “Ariel”, borne décisive marquant un “avant” et un “après”, parole intense jusqu'à la rage parfois, question de vie ou de mort. “Ariel”, jusqu'au bout, l'extrémité du dernier souffle. » Valérie Rouzeau
Sources : France Culture et Wikipédia
+ Lire la suite
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