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ISBN : 2757801244
Éditeur : Points (07/06/2007)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 204 notes)
Résumé :
Rue de la Doulce-Belette, Max Corneloup, auteur de romans-feuilletons, et Eugène Ruche, peintre sur coquilles d'œuf, habitent en vis-à-vis. Chacun suspecte l'autre de l'épier. La méfiance règne, d'autant plus que le voisinage n'est pas spécialement sain d'esprit. Sans compter les commérages de Mme Ladoux, la gardienne...

Quand un cadavre est découvert, c'est une véritable psychose qui s'installe. Seraient-ils allés trop loin?

"Entre l'... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
TINUSIA
  07 juillet 2010
L'addiction est définie comme une dépendance qui repose sur une envie répétée et irrépressible...
Après avoir dégusté le MADE IN CHINA de cet auteur à la plume jubilatoire, il n'y a que quelques jours, c'est quasi compulsivement que je me suis précipitée à la librairie, pour acheter, que dis-je, m'emparer, du premier ouvrage qu'il a écrit. Et j'ai dévoré...
Comment un écrivain peut-il donc posséder une imagination si féconde, une écriture si joviale, un ton si radieux ? J'en frémis de jalousie ! Je voudrais avoir quelques décennies de moins pour partager avec les élèves qu'il accompagne à Sète des heures de cours que j'imagine foisonnantes et efflorescentes.
Amateurs et amateuses de "polars", ne pas s'abstenir ; amateurs et amateuses de romans exaltants, ne pas s'abstenir ; amateurs et amateuses de fantaisie impétueuse, ne pas s'abstenir... j'ai cherché, en vain, sur le net, une petite critique pas trop positive, une minuscule réserve... en vain !
Venons aux faits.
Rue de la Doulce-Belette, vit un microcosme social d'un genre particulier. Max Corneloup, un auteur de roman-feuilletons radiophoniques emménage dans un immeuble, en même temps que s'installe, dans le bâtiment en vis à vis, Eugène Fluche, peintre sur coquilles d'oeuf. Ces deux hommes n'ont rien en commun, exceptée la rue qu'ils se partagent. Sans se le dire, ils éprouvent pourtant l'un pour l'autre une solide aversion, fondée sur la sensation complètement paranoïaque d'être espionné par celui d'en face. Chaque faits et gestes est minutieusement analysé, scruté, sondé pour alimenter ce sentiment de persécution qui les envahit monstrueusement.
Pour entretenir cette psychose, une faune un peu spéciale gravite autour d'eux : notamment, les deux concierges respectives de leurs habitations, Madame Ladoux qui vaque du côté de chez Corneloup, et qui met toute son énergie à faire du "5, de la rue Doulce Belette une maison de standing" en se glorifiant d'y héberger ceux du show-biz : Monsieur Zamora, piètre réalisateur de films en est un digne représentant ! de l'autre côté, au 6, sa concurrente, Madame Polenta, "radieuse trentenaire" à la plastique exceptionnelle. Il y a aussi Lazare Montagnac, myope comme une taupe et auteur minable de "romans érotiques destinés aux femmes à qui il révèle leurs fantasmes cachés", Madame Brichon, acariâtre et procédurière veuve, qui ne cesse d'envoyer des courriers rageurs à Monsieur Naudet, représentant de l'invisible et énigmatique propriétaire de l'immeuble. La liste des occupants et de leurs particularismes serait trop longue à établir... bref, tout ce beau monde s'épie, s'accuse, se moucharde.
Et J. M. ERRE sait les faire extravaguer à merveille ! Cette petite communauté hétéroclite se répand en conjectures toutes plus loufoques les unes que les autres, lorsqu'un crime est commis...
Comme explique l'auteur : "Dans un roman, le véritable suspense ne réside pas dans la question : "qui est le meurtrier ?", mais dans celle-ci : "L'auteur est-il bon ?" Et il est bigrement bon ce romancier ! Tout est dans la subtilité des rebondissements, dans la cascade des péripéties, dans le style soutenu et sémillant. Excellent, pour tout dire !
Comprenez-vous maintenant mon addiction ? Je ne peux que vous souhaiter de contracter la même maladie ! C'est tellement bon de se délecter !
Lien : http://livresouverts.canalbl..
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MissLeo
  13 février 2013
J'avais été tellement enthousiasmée par "Le mystère Sherlock" que je pouvais difficilement faire l'économie de la lecture des autres romans de J.M.Erre. C'est cependant avec une certaine appréhension que je me décidai enfin à sortir "Prenez soin du chien" de ma PAL. J'espérais bien sûr y retrouver les ingrédients qui m'avaient tant plu dans "Le mystère Sherlock", mais je craignais surtout d'être déçue, malgré un titre prometteur et une histoire semble-t-il complètement déjantée. Je redoutais en particulier que les traits d'humour y soient trop appuyés (la frontière est souvent mince entre le rire et la consternation).
Le fait est que j'ai eu un peu plus de mal à rentrer dans ce livre que dans le précédent. Je le trouvais amusant, mais il me manquait un petit quelque chose pour être totalement séduite : la caricature et les situations me semblaient un peu forcées, et les personnages trop énormes pour êtres crédibles. Bref, je n'étais pas plus emballée que ça. Et puis le déclic s'est produit, après une petite centaine de pages. Je me suis laissée prendre au jeu, et j'ai peu à peu succombé au charme d'une intrigue plus tortueuse que ne pouvaient le laisser présager les premiers chapitres, portée par la prose d'un auteur plein de verve et d'intelligence.
"On peut en effet se poser la question : l'agent immobilier a-t-il une âme ? En tout cas, moi c'est ce que je me demandais cet été alors que je rampais d'agence en agence, en expiant la honte de mon célibat, l'indignité de ma cinquantaine, le scandale de mon statut d'auteur de feuilletons radiophoniques ("Ah bon ? Ca existe encore ?") pour mendier la grâce d'une visite d'un infâme taudis au septième étage sans ascenseur." (page 57)
J'ai particulièrement apprécié la mise en abyme du récit, dont l'intrigue à tiroirs ne se résume pas à une simple succession de péripéties absurdes et déjantées. le lecteur va de surprise en surprise, et le dénouement tient quant à lui toutes ses promesses. La narration change régulièrement de point de vue, et l'essentiel du texte est constitué d'extraits des journaux intimes de Max Corneloup et Eugène Fluche, lesquels s'indignent continuellement du comportement inquiétant de leurs voisins respectifs. Leur affrontement à distance semble dans un premier temps être au coeur du roman, et l'on s'amuse de leur délire paranoïaque et égocentré, teinté de cynisme et d'humour noir.
Tout aussi réjouissantes sont les lettres que la concierge Mme Ledoux envoie régulièrement à sa vieille maman, pour lui faire part des faits et gestes des locataires de son immeuble... comportements qu'elle interprète évidemment à sa manière très personnelle ! Elle en devient presque touchante de suffisance et de naïveté. Une folie douce semble également s'emparer des autres résidents, tous plus tordus les uns que les autres. J.M.Erre crée une galerie de personnages burlesques et hauts en couleur, qui rivalisent de maladresse et de mauvaise foi, et semblent agir de façon totalement insensée (au grand désespoir de nos chers Max et Eugène). Mention spéciale à Zamora, "réalisateur" d'un genre nouveau, dont les films se résument à une compilation de plans et de scènes extraits de longs-métrages tournés par d'autres, soigneusement assemblés pour composer une nouvelle histoire. Les cinéphiles apprécieront ! Les autres personnages ne sont pas en reste : Raphaël Dumoget se consacre corps et âme à son élevage de gerbilles apprivoisées, Mme Brichon cherche sans relâche le responsable de la mort de son chien Hector, tandis que le petit Bruno, jeune délinquant en herbe, sème la terreur dans la cage d'escalier du n°5.
"J'étais à deux doigts d'employer une technique pédagogique un peu ringarde, certes, mais qui a fait ses preuves : la baffe. Il a dû le sentir [...] parce qu'il a arrêté net sa logorrhée. Il s'est mis à me regarder avec un air de réflexion intense et deux doigts dans le nez (pour éviter une descente de cerveau ?) puis il a accepté de travailler en silence." (page 88)

Le récit à la première personne est parfois interrompu par l'intervention d'un narrateur mystère, qui commente l'action dans de courts passages rédigés en italique. Ces ruptures surprennent, et entretiennent efficacement le suspense. Quel est donc cet individu bien informé, qui semble tirer les ficelles en attisant les haines et les rivalités ? le mystère s'épaissit, la confusion s'installe, et le roman prend un tour particulièrement réjouissant, pour ne pas dire captivant. C'est souvent drôle, parfois hilarant, et l'on ne peut qu'applaudir devant tant de maîtrise. Vivement le prochain J.M.Erre* !
* par chance, il m'en reste encore deux à lire : "Série Z" et "Made in China", tous deux parus chez Buchet-Chastel et édités en poche aux éditions Points.

Un premier roman très convaincant, passionnant et délicieusement burlesque.

Lien : http://leslecturesdeleo.blog..
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Syl
  19 mai 2014
Le 1er juillet, à Paris,
Dans la rue de la Doulce-Belette, dans le 9ème arrondissement de Paris, la concierge de l'immeuble, Mme Ladoux, appelle la police. On a assassiné Mlle Chiclet, une gentille dame de soixante et un ans…
Le 15 septembre, au même endroit…
Max Corneloup a aménagé dans l'appartement de la défunte Mlle Chiclet. Il serait bien si son voisin du bâtiment d'en face ne l'épiait pas à longueur de journée. Ce qu'il ne sait pas, c'est que cet indiscret, Eugène Fluche, dit la même chose de lui ! Ils se surveillent mutuellement, s'en agacent, et le notent. Leurs exaspérations tournent à l'obsession et bien vite, ils se livrent à une surenchère de mesquineries ; dans leur guerre, pas de pitié.
A travers leurs écrits, nous rencontrons leurs voisins, leurs concierges, leurs vies, leurs particularités. La fantaisie, une certaine exaltation un peu folle, un peu niaise, sont des caractéristiques communes à tous.
Entre les faits retranscrits par Corneloup, Fluche et les correspondances de Mme Ladoux à sa maman, une autre personne s'immisce dans le récit et relie les liens. Cet inconnu narrateur qui garde ses distances, s'amuse de l'ambiance et semble scénariser le tout.
D'une humeur de cour de récréation, gamineries, rancoeurs, clabaudages et rivalités, tout change au second meurtre. Que se passe-t-il ? Qui est l'instigateur de l'histoire ?
"Prenez soin du chien" est un roman manipulateur… Malgré un début inquiétant et morbide, l'auteur nous balade dans une comédie loufoque et amère, dont l'humour, même s'il est noir, est bien drôle. Les histoires qui se télescopent sont abracadabrantes, le bizarre est risible, et cependant, on perçoit une angoisse en sourdine qui nous tient vigilant… Vigilant ? Vraiment ?… Je peux vous certifier que vous tomberez des nues dans les pages finales ! Bouche bée, sourire en coin, partagé entre deux sentiments, indignation et ravissement, on se joue de nous et on applaudit. L'auteur a une plume intelligente, malicieuse et surtout, une belle imagination. Comme il le fait dire, un écrivain est maître de son livre et son évolution se fait selon son bon vouloir.
La trame est rouée, vicieuse, elle ficèle le lecteur dès la première page, sans qu'il le sache. C'est : machiavélique !!!
PS pour ceux qui l'ont lu… Pauvre Hector !
Je vous recommande ce livre ++
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Marymary
  18 mars 2015
Il s'en passe des choses rue de la Doulce-Belette !
J'avais adoré le mystère Sherlock de J.M. Erre, et je n'ai pas été déçue par Prenez soin du chien.
Ce qui est agréable dans ce livre, comme dans le mystère Sherlock, c'est l'alternance de l'écriture et donc du rythme entre journal intime, lettre, récit en italiques, dialogue de film...
Les personnages sont désopilants et l'auteur les affuble de noms aussi grotesques qu'incertains.
L'intrigue est bien menée et le suspens va crescendo, jusqu'au dénouement toujours loufoque et apocalyptique, un très bon moment de détente et d'humour, le sourire ne m'a pas quitté de toute la lecture.
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julienraynaud
  05 août 2017
Je ne connaissais pas ce livre et n'en avais jamais entendu parler. Je l'ai pris par hasard dans une boîte à livres. Quel coup de coeur ! Je vous garantis que vous passerez un excellent moment. Un style drôle et enjoué (qu'on est loin du style ampoulé de certains...), des personnages qu'on reconnaît facilement et surtout beaucoup d'astuces narratives très inventives.
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Citations & extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
iarseneaiarsenea   09 avril 2012
La partie de ping-pong accusateur devenait franchement excitante. Tout le monde parlait en même temps, chacun vidait son coeur. Corneloup, survolté, s'est mis à insulter Ladoux avec une grossièreté qui m'a laissée admirative. En gros, il invitait des hippopotames sodomites à enrichir les connaissances de notre concierge en matière de sexualité de groupe. Polenta a eu le malheur de rire à cette alléchante évocation et a essuyé en retour un flot d'invectives cinglantes qui établissaient une étroite ressemblance entre ses habitudes vestimentaires et les moeurs de la femelle bonobo en rut. Nous avons alors pu assister à une démonstration de catch féminin de haut vol avec crêpage de chignon en torsion latérale, manchette brise-molaire et vautrement final dans la quiche lorraine. Gaspard, arbitre courageux, a fait stopper le match un peu trop tôt à mon goût. Les vaillantes étaient presque nues, couchées sur le lino, leur féminité chastement camouflée par du taboulé à l'oignon doux.
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TINUSIATINUSIA   05 juillet 2010
Nous sommes tous d'une crédulité confondante. Pourquoi ? Parce que l'essentiel pour nous, ce n'est pas ce que dit notre interlocuteur mais le coefficient de crédibilité que nous lui affectons inconsciemment. Le résultat ? Le conditionnement de nos pensées. A partir du moment où untel atteint un coefficient de crédibilité confortable, je le croirai en toutes circonstances, sans éprouver le besoin de vérifier ses dires.
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iarseneaiarsenea   09 avril 2012
Me voilà étendu sur la sable, mon corps offert aux caresses des embruns. J'écris face à l'immensité océane, bercé par le doux gazouillis du ressac, le pépiement subtil des mouettes et le susurrement de la bise... Bon, évidemment, j'ai la couenne gelée et l'air patraque d'un bâtonnet de colin sans chapelure, je sers de cible aux goélands pour le championnat régional de guano, j'ai mouché trois litres et demi de morve, MAIS, par la grâce de Dieu et du thermomètre, je suis tout seul ! Sans voisin à l'horizon ! D'ailleurs, il n'y a PAS d'horizon ! Et c'est bon.
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TINUSIATINUSIA   05 juillet 2010
La caractéristique la plus remarquable du suspense, ce n'est pas le plaisir qu'il est susceptible de procurer, mais bien son potentiel de frustration. Il n'y a rien de plus désagréable pour un lecteur de roman qui a cherché sa voie dans le mystère que de devoir se satisfaire, lors du dénouement, d'une explication bancale qui tombe à plat.
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TINUSIATINUSIA   05 juillet 2010
Sur quoi repose la crédibilité d'un récit ? On lit souvent des romans pour de mauvaises raisons. On pense y trouver les aventures les plus délirantes, les émotions les plus fortes, les personnages les plus surprenants. Or un romancier est quelqu'un de bridé et d'inquiet, qui se heurte sans cesse à cette question terrible : "Mon histoire est-elle crédible ?" Et s'il se laisse un tant soit peu dominer par ce problème, il bornera ses ambitions, censurera ses idées, castrera son imagination.
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