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EAN : 9782264033024
272 pages
Éditeur : 10-18 (03/01/2002)
  Existe en édition audio
4.21/5   1484 notes
Résumé :
Dans les années trente, Arturo Bandini, fils d' immigrés italiens, quitte le Colorado pour l'Eldorado, Los Angeles, avec son unique roman en poche et un rêve : devenir un écrivain reconnu. Vénérant les femmes et la littérature, il débarque dans une chambre d'hôtel miteuse, prêt à saisir la vie à bras-le-corps. Une errance sublime parmi les laissés-pour-compte du rêve américain.
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Critiques, Analyses et Avis (123) Voir plus Ajouter une critique
4,21

sur 1484 notes

ninosairosse
  10 octobre 2017
Il rêvait d'une ville étrangère
Une ville de filles et de jeux
Il voulait vivre d'autres manières
Dans un autre milieu
Il rêvait sur son chemin de pierres
"Je partirai demain, si je veux
J'ai la force qu'il faut pour le faire
Et j'irai trouver mieux"
Il voulait trouver mieux
que son lopin de terre
Que son vieil arbre tordu au milieu
trouver mieux que la douce lumière du soir,
près du feu qui réchauffait son père
Et la troupe entière de ses aïeux
Le soleil sur les murs de poussière
il voulait trouver mieux...
Francis Cabrel, les murs de poussière (1977)
Le vent du Mojave ramène le sable,
Ses pas encore soulèvent la poussière
ça ne nous le rendra pas plus affable,
Il doit tout changer de son atmosphère.
Vera Rivken, grand coup de tonnerre
Tu ne commettras point l'adultère
Camilla Lopez, ébloui par ta lumière
mais par son héroïne, Bandini frolera l'enfer
Border-line, ne connaît pas ses frontières
s'il pleure "dans l'oeil, j'ai une poussière"
Elle a beau souffler des heures et des heures
sur son oeil
elle n'a pas pu enlever la poussière sur son coeur
mille fois ressentie au fond de la gorge, c'est l'angoisse
la misère, la galère, la poussière c'est la poisse.
Petit à petit, Arturo se Grandit
Qui lira Vera ...c'est garanti.
Roman, autobiographie
Même Bukowski le chérit.
fin de la chanson de Cabrel:
....Il n'a pas trouvé mieux, il s'est retourné...
le soleil lui a brulé les yeux !
John Fante (1909-1983), le précurseur de la Beat Génération, finit ses jours aveugle suite diabète et complications....




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Petitebijou
  20 septembre 2011
A l'origine de ma vie de lectrice, il y eut l'histoire : celle que l'on me racontait, puis celle que j'ai appris à déchiffrer. Puis l'habitude de ne jamais s'endormir sans avoir lu quelques pages : contes, bibliothèque rose, verte, premiers romans. Ensuite vint le temps de l'apprentissage : romans initiatiques, identification aux personnages, héros que l'on se choisit comme modèles. Une première conscience de l'importance du style, qui fait toute la différence.
Aujourd'hui, après bien des années de voisinage avec les livres, j'ai un peu l'impression que tout a été dit, pensé, créé. Certains livres m'étonnent, d'autres m'enchantent, les relectures me permettent de retrouver mes premières amours et de vérifier si je leur suis restée fidèle. Certains autres me déçoivent, par l'ennui que j'éprouve à parcourir des pages prévisibles, dans l'air du temps, à la mode, et donc démodées. Parfois survient une fulgurance, comme un accident, mais qui ne dure pas.
Et puis, au détour d'un roman que l'on achète un peu par hasard, parce que l'on a toujours vaguement entendu parler de lui, se produit le miracle de l'émotion des premiers instants, la routine de la lecture explose pour nous faire découvrir, avec grand fracas, que l'on peut encore rester pantois comme au premier jour devant une suite de mots agencés pour raconter une histoire.
C'est ce qui m'est arrivé avec ce livre de John Fante. Dès la première page, les premières phrases, j'avais besoin de reprendre mon souffle, cueillie au plus profond par cette tempête ébouriffante, ce chaos qui balaye tout sur son passage, et ce jusqu'au dernier mot de la dernière ligne. J'ai écouté Arturo Bandini me raconter sa vie d'écrivain, j'ai respiré avec lui, pleuré avec lui, eu peur avec lui...Je ne savais pas où il voulait m'entraîner mais j'étais prête à le suivre jusqu'au bout du désert du Mojave, avaler la poussière à mon tour. Suer avec lui devant la machine à écrire, traquer Camilla, l'insulter... tout, j'étais prête à tout.Arrivée à la fin, j'ai remercié John Fante de m'avoir réveillée de mon train-train de lectrice. Une histoire, un style, la grâce...
Lien : http://parures-de-petitebijo..
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Nastasia-B
  05 septembre 2012
Revoilà John Fante, alias Arturo Bandini, au sommet de sa forme qui nous livre un roman, certes, pas exclusivement autobiographique, mais tout de même largement imbibé des expériences et du vécu propres de l'auteur.
Arturo Bandini est fils d'émigrés italiens dans l'ouest des États-Unis du début du XXème siècle. Il faut s'imaginer la vraie famille italienne caricaturale, croyante jusqu'à la racine des ongles, avec une flopée d'enfants, une mama charismatique et un papa qu'on ne voit jamais beaucoup, qui travaille dans le bâtiment quand il y a du travail, et qui, s'il n'y en a pas, boit un bon coup et donne des taloches.
Pas facile d'exister, d'être quelqu'un d'important dans la famille quand on n'est qu'un bambino parmi plein de bambini. Arrivé en fin d'adolescence, Arturo n'a qu'une envie, qu'un leitmotiv : se faire un nom. Pas de bol, c'est peut-être encore plus difficile de creuser son trou au soleil dans l'Amérique d'entre deux guerres quand on n'est qu'un petit rital sans le sou que d'exister dans la famille. Car dans l'Amérique, il n'y a jamais une mama bienveillante qui vous ressert une triple portion de spaghetti dans les journées fastes. Non, rien que des jours néfastes. Mais Arturo a un talent, un talent rare (donc précieux) il sait écrire ; il est l'intellectuel de la famille aux yeux de la mama. Il quitte le foyer familial pour Los Angeles où il parvient à se faire éditer une petite nouvelle. Ça y est c'est la fortune, c'est la célébrité se dit Arturo ; on l'appellera MISTER Bandini et il pourra envoyer des enveloppes bourrées de billets à sa mère, murmurent son égo et ses espérances gonflés à bloc…
John Fante dans un style incroyablement tonique nous livre ce parcours de misère, nous la fait toucher du doigt, une certaine forme de misère, dans la Californie de la fin des années 1930. le jeune auteur peine à se faire connaître en tant qu'auteur et échoue dans un appartement miteux au fond d'un quartier obscur. Il faut faire croire à tout le monde qu'on a de l'argent ou qu'on est en passe d'en avoir, une vraie pluie de dollars car les éditeurs s'arrachent votre toute dernière composition.
Arturo se ment à lui-même, souffre dans ses chairs du décalage qui existe entre ce qu'il sait être son potentiel et la rude réalité, aux personnages insignifiants et rébarbatifs qu'il côtoie.
Chemin faisant, il rencontre une petite serveuse mexicaine, fille de rien, dont il tombe éperdument amoureux.
Lui bâtit des châteaux en Espagne mais elle en aime un autre à s'en rendre folle… Je vous laisse le plaisir de découvrir la fin particulièrement poignante.
Fante sait, avec son style comique, cynique, presque grossier parfois, transcrire ces souffrances, ces déceptions avec toujours ce vague espoir derrière, tout en développant une belle énergie littéraire très communicative.
En guise de conclusion, un bon livre, très pêchu, mais où il m'a manqué un je-ne-sais-quoi pour m'y attacher totalement. Néanmoins, vous aurez compris que ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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Eric75
  07 janvier 2013
Arturo Bandini est l'écrivain un peu minable et présomptueux d'une seule nouvelle publiée le Petit Chien Qui Riait, dont le relatif succès lui permet de croire qu'un jour, une fois son talent reconnu, il s'envolera vers le succès, qu'on se le dise !
Si le Petit Chien Qui Riait peut faire penser à Mon Chien Stupide, Arturo Bandini, on en est sûr, est le clone littéraire de John Fante lui-même.
Largement autobiographique, le récit est d'une hargne, d'une puissance évocatrice incontestable. La rage au ventre, notre écrivain en devenir n'aura de cesse de transpirer sur sa machine à écrire pour pondre LE roman qui fera de lui le nouveau William Faulkner. Dans l'Amérique des années trente, la crise n'augure aucun avenir radieux pour les écrivains en bas de l'échelle, confinés dans leur classe sociale déshéritée, voués à la misère et contraints à la débrouille pour survivre. Mais Arturo continue de croire en sa bonne étoile et au rêve américain. Sa bonne étoile existe concrètement et est personnifiée par son éditeur attitré, J.C. Hackmuth, qui, au fil des publications, envoie les dollars salvateurs permettant à Arturo de survivre. le nom de Hackmuth est proféré à maintes reprises comme un mantra, et son portrait orne tel une icône le mur de la chambre de l'hôtel miteux où Arturo a fini par s'échouer.
Un deuxième personnage compte beaucoup pour Arturo, une accorte serveuse mexicaine rencontrée dans un bar : Camilla Lopez. Comme Arturo est un jeune homme de vingt ans débordant de fougue et de testostérone, mais que l'on devine frustré et empêtré dans sa timidité (l'épisode initial de la prostituée est à cet égard significatif), il va s'enticher et peu à peu devenir véritablement obsédé par Camilla, sa « princesse Maya ». Sa façon d'aborder la jeune femme a tout de l'acte manqué : il fait le malin avec une grossièreté incroyable et une autosatisfaction déplacée, assène des propos sexistes et racistes, balance des insultes et cherche à humilier la serveuse… curieuse façon de procéder pour retenir l'attention ! Piquée par la curiosité, Camilla cherchera néanmoins à le revoir.
Tout le roman se déroule avec cette rage du désespoir, alternant les passages où Arturo passe pour un sombre crétin totalement antipathique, d'autres où il s'apitoie sur son propre sort et s'auto-flagelle, non sans ironie et autodérision, d'autres encore où il fait preuve d'un réel sens pratique et cherche à progresser dans la bonne direction. Mais les excès en tout genre du jeune Bandini ne vont-ils pas ruiner ses chances de réussite ?
Le livre est préfacé par Charles Bukowski, qui ne craint pas d'affirmer : « Et je compris bien avant de le terminer qu'il y avait là un homme qui avait changé l'écriture. le livre était Demande à la poussière et l'auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m'influencer dans mon travail. » Si c'est Charles qui le dit… Demande à la poussière (publié en 1939) fait partie d'une quadrilogie narrant les aventures d'Arturo Bandini / John Fante (avec Bandini, La Route de Los Angeles et Rêves de Bunker Hill), on peut donc ne pas en rester là et poursuivre l'aventure, soit en lisant les autres romans de la saga pour en savoir plus sur le destin du héros, soit en visionnant le film de Robert Towne (2006) avec la divine Salma Hayek dans le rôle de Camilla Lopez et Colin Farrell dans le rôle d'Arturo Bandini.
Tous les gringos et les muchachos intéressés pourrons voir un extrait de ce film sur Babelio, posté par votre serviteur.
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rabanne
  23 janvier 2020
Je découvre l'auteur et son "anti-héros", Arturo Bandini, qui ont donné à Henry Charles Bukowski l'envie de devenir écrivain.
Nous sommes dans le Los Angeles de l'entre-deux-guerres, entre quartiers huppés et bas-fonds de la ville, avec son lot de bistrots miteux et autres bouges infâmes. C'est ici que stagne depuis quelques mois Arturo, fils d'immigré italien, qui aimerait se faire un nom glorieux dans la littérature, mais ne parvient pas réellement à percer depuis la publication de sa nouvelle à succès. Craintif, colérique, complexé, angoissé, narcissique et flambeur, l'écrivain "raté" se cherche continuellement. Et côté amours, ce n'est pas vraiment gagné...
Lire Demande à la poussière, c'est plonger au coeur des passions humaines, intimes et universelles, de ses multiples contradictions, de leur cruauté et leur crudité (sans que le verbe ne soit jamais vulgaire chez John Fante).
Bref, une urgence de vivre, malgré la désespérance et les bonheurs fugaces, malgré le racisme ordinaire et les amours contrariés (éternel dilemme : on n'aime jamais la bonne personne, qui en aime un.e autre, qui ne l'aime pas en retour, etc.).
Un roman qui se lit quasiment d'une traite, grâce à son rythme soutenu et une fulgurance dans le style. Un auteur et une oeuvre qui ont conquis les foules, à juste titre.
A lire, indubitablement, mais surtout pas un jour de "Blue Thursday"... ! (^^)
(Merci encore pour le prêt)
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Citations et extraits (155) Voir plus Ajouter une citation
qbyisis1qbyisis1   21 juillet 2021
De la poésie, ce coup-ci ! écris-lui un poème, épanche ton cœur en douces cadences ; l'ennui c'est que je ne sais pas écrire en vers. Avec moi c'est toujours amour toujours, des mauvaises rimes et des sentiments foireux. Oh, Dieu du ciel, et ça s'appelle écrivain : même pas fichu de torcher un petit quatrain. Je valais décidément pas un clou. J'étais là à ma fenêtre, implorant le ciel. Pas un clou, rien qu'un faiseur minable ; ni auteur ni baiseur, ni veau ni vache
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qbyisis1qbyisis1   21 juillet 2021
J'étais pas exactement un ange moi non plus, j'avais moi aussi l'âme qui faisait des nœuds et des faux plis, comme tout le monde. Alors faut pas te croire seule, petite madame, parce que t'as de la compagnie, et pas qu'un peu. Tu as Arturo Bandini, et il en a des vertes et des pas mûres à te raconter.
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qbyisis1qbyisis1   21 juillet 2021
Dis donc, ma jolie, j'ai été patient avec toi mais ça commence à bien faire et maintenant j'en ai assez de ton imprudence, tu vas me faire plaisir de te déshabiller et plus vite que ça.
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qbyisis1qbyisis1   21 juillet 2021
Parce que c'est moi le dégueulasse, ma belle, dans le cœur j'ai que de l'encre noire
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ninosairosseninosairosse   11 octobre 2017
Je cherchais, je sentais les doigts dans ma tête qui se tendaient mais sans arriver tout à fait à toucher ce qui me tracassait pareillement. Et puis ça m'est venu, comme un coup de tonnerre ou une collision, mort et destruction.
J'ai quitté la buvette et suis parti, la peur au ventre, marchant vite sur les planches, croisant des gens qui paraissaient bizarres et fantomatiques; le monde était comme un mythe, une dimension transparente et plane, et tout ce qu'il y avait dessus n'y serait que pour très peu de temps. Tous autant qu'on était, Bandini, Hackmuth, Camilla, Vera, on ne faisait que passer; après ça on serait ailleurs. On n'était pas vraiment en vie; on s'en approchait, mais on n'y arrivait jamais. On allait mourir. Tout le monde allait mourir. Même toi, Arturo, même toi faudra bien que tu meures un jour.
p159
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