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Brice Matthieussent (Traducteur)
EAN : 9782264013262
331 pages
Christian Bourgois Editeur (27/08/2005)
4.05/5   340 notes
Résumé :
Personne ne sait mieux que Fante dire les humiliations de l'enfance, les espoirs insensés et déçus, les rages au cœur et au ventre, les tendresses frustrées, les désirs impétueux. Personne ne sait dire aussi bien cette enfance-là, avec ses drames et ses rêves. Sans eau de rose, sans trémolos, avec une émotion vibrante et sèche, Le Vin de la jeunesse est à coup sûr un grand classique de la littérature sur l'enfance.

Michèle Gazier, Télérama, 1966
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Jeanfrancoislemoine
  22 août 2018
Je poursuis ma découverte de l'oeuvre de John Fante avec cet ensemble de nouvelles fort bien écrites et parlantes.
Comme j'ai pu le lire ailleurs,dans l'une des nombreuses critiques,si Fante aborde généralement son histoire par le roman,on se retrouve sans peine dans ces nouvelles car il a ,me semble--t-il,l'art de construire ses livres à coup de courts chapitres qui s'additionnent avec beaucoup d'habileté, des petits chapitres rapides,vifs,comme le sont les nouvelles.Que ceux et celles qui n'apprécient pas trop ce genre littéraire ne se privent pas de leur lecture,(Les nouvelles de la première partie sont géniales .)
On va retrouver les thèmes chers à Fante,la jeunesse,la relation à la religion,le père et la mère ....Thèmes récurrents, oui,mais toujours vus sous un angle différent.
Et c'est toujours autant addictif.On rit aux facéties dont sont victimes les religieux, on s'émeut aussi face aux difficultés de la vie familiale,aux difficultés d'intégration, au caractère détestable du père lorsque les intempéries le privent de son travail,à la méchanceté de certaines religieuses......On retrouve vraiment l'atmosphère qui pouvait régner dans ces années-là ,les joies,les peines,les humiliations,les "fourberies"des enfants,la débrouillardise, les raclées et autres punitions....
L'été se termine et ma découverte de cet auteur aussi.Une bien belle découverte ,du reste,et à tous ceux qui n'ont pas encore franchi le pas,j'ai envie de dire,"Ne faites pas comme moi,n'attendez pas la retraite",il y a tant à "tirer" de ces écrits ,pas si démodés si l'on se réfère à la situation économique et politique actuelle.
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celestineh
  25 novembre 2020
Ce Vin de la jeunesse est un recueil de nouvelles.
La première partie intitulée Dago Red m'a fait furieusement penser à Bandini : des bêtises à foison et des tonnes de je vous salue Marie pour les faire passer, des confessions, des corrections, des pêchés mortels, des scènes de ménage homériques etc… On rit beaucoup et l'humour est toujours présent même si les histoires racontées sont parfois un peu tragiques.
Même univers que dans Bandini ou l'Orgie : le jeune narrateur vit dans le Colorado au sein d'une famille nombreuse d'origine italienne. La mère est très pieuse tandis que le père est volage, joueur, colérique. La religion catholique est très présente dans cette éducation.
La seconde partie plus courte mais aussi plus disparate m'a moins convaincue.
C'est toujours un plaisir de retrouver le style enjoué et virevoltant de Fante. Et qui d'autre mieux que lui sait parler de l'enfance et de l'adolescence ! Je me suis régalée dans la première partie du livre.
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gabb
  14 septembre 2018
Grandir dans le Colorado des années 30, au sein d'une famille d'émigrés italiens, c'est toute une histoire !
C'est même plusieurs histoires, si l'on en croit John Fante et ses petites saynètes d'enfance, qui s'articulent sous forme de nouvelles autour des thématiques "classiques" de la rébellion juvénile, des plans sur la comète, du paternel machiste et autoritaire, de l'éducation catholique forcée et des petites bêtises d'ado.
La plupart du temps, c'est le jeune Dago Red (que l'on identidie sans mal à l'auteur lui-même) qui raconte, et qui pose alentour un regard d'enfant à la fois plein de colère et de naïveté. Il y a l'épisode de la première communion, celui de la fugue avortée, des disputes familiales, des petits actes de vandalisme et des leçons de morale du Père Cooney, mais curieusement, on trouve aussi en fin d'ouvrage d'autres nouvelles complètement décorrélées des précédentes qui, bien qu'assez réussies, brisent un peu l'homogénéité de ce recueil...
Peu importe, ce qui compte c'est cette fraicheur, cette prose simple et limpide qui porte aussi bien les rires que les larmes, les éclats de voix du détestable père de famille que les élans de tendresse de son épouse aimante et courageuse. On peut regretter quelques redites entre les chapitres, on peut estimer que John Fante à tendance à broder un peu sur du pas-grand-chose, mais croyez moi, pour le jeune Dago, l'épreuve du confessionnal, la peur d'avouer en classe ses origines italiennes modestes, ou le rêve de jouer un jour pour les NY Giants en Major League de baseball, c'est pas rien !
En conclusion, si ce Vin de la jeunesse n'est peut-être pas le meilleur cru de Jonh Fante, il n'en reste pas moins tout à fait gouleyant !
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CatF
  19 septembre 2022
Je ne m'attendais pas à lire des nouvelles, mais plutôt une histoire basée sur son enfance.
J'ai adoré chaque partie. On y découvre l'amour, les espoirs, les conflits, la religion, la honte… Mais tout cela vu par une famille italienne, avec toute l'exagération d'une mama pour sa progéniture. Et ce père, si autoritaire et si macho.
Je ne me lasse pas de découvrir les écrits de John Fante. Il est devenu un de mes auteurs incontournables.
Bonne lecture !
Lien : https://angelscath.blogspot...
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Titine75
  01 février 2011
Ce livre est un recueil de nouvelles qui a été publié après le décès de l'auteur. Elles sont divisées en deux parties. le premier ensemble est plus cohérent et apparaît clairement autobiographique. le deuxième est constitué de nouvelles toujours sur le thème de l'enfance mais elles sont plus tournées vers la fiction. Une petite critique au passage, les deux dernières nouvelles du recueil me semblent assez incongrues. Dans “Le rêveur”, le narrateur-écrivain est adulte et aide son voisin à conquérir une femme. Dans “Helen, la beauté est à moi”, la narrateur est un ouvrier philippin ce qui nous éloigne de l'auto-fiction des premières nouvelles, et de l'enfance.
Dans les autres nouvelles, John Fante nous raconte sa vie d'enfant d'immigrés italiens dans le Colorado. Certaines thématiques se retrouvent dans ce recueil. La première d'entre elles est bien entendu la famille et surtout les parents. le père était maçon, travailleur dur au mal. Mais tous les hivers, il se retrouve sans emploi, le froid gèle le mortier. Lui si dynamique, se retrouve coincé chez lui à tourner en rond. Cet état des choses le rend violent et il s'en prend à toute la famille. Pour s'occuper, il boit, beaucoup. Dan Fante, le fils de John, parle d'ailleurs de l'alcool comme une donnée génétique chez les hommes de la famille ! Ce père irascible, menant la vie dure à sa famille pendant les mois d'hiver, est néanmoins présenté avec beaucoup de tendresse par son fils. On devine la crainte mais aussi l'amour, l'admiration. La mère est d'ailleurs, par moments, traitée avec moins de considération. Les enfants l'imaginent comme la raison de la violence du père. Ils aimeraient la voir plus tendre, plus compréhensive. Mais on sent également que l'enfant qui nous raconte sa vie a pris du recul et qu'une fois adulte il a eu de la compassion pour sa mère. Les plus beaux passages de ce recueil sont consacrés à cette femme brisée par le travail quotidien, qui a ruiné sa beauté pour ses enfants et son mari bien souvent ingrats. Voici comment John Fante parle de sa mère, le passage se situe après une dispute avec le père : “Alors, tous en même temps, nous avons senti ça dans notre dos, et avant de nous retourner pour la regarder nous avons compris toute la souffrance accumulée derrière nous, qui nous submergeait, et nous nous sommes retournés en même temps, et elle était là qui nous regardait, elle semblait âgée d'un million d'années, Mamma, notre mère, et nous ses enfants avons senti son coeur brisé, elle était debout sur le seuil de la cuisine, son tablier masquant la douleur de ses mains usées, des petits ruisseaux de beauté évanouie descendant lamentablement ses joues ravagées.” Toute la douleur d'une vie est ici révélée par ces quelques mots émouvants.
L'autre grand thème du recueil est bien-sûr la religion, John Fante n'était pas d'origine italienne pour rien ! le catholicisme a une place centrale dans l'éducation de notre narrateur. Sa mère voulait devenir nonne lorsqu'elle était jeune, elle oblige donc ses enfants à aller à l'église. le rapport de Fante au christianisme est très ambigu. D'un côté, il aime la messe, la communion et est très imprégné par le discours des prêtres. de l'autre, c'est un enfant turbulent, bagarreur, pauvre qui est tenté par le vol. Mais les mauvaises actions sont toujours accompagnées d'une forte culpabilité et d'une volonté de se confesser. Cela donne lieu à des scènes et des raisonnements très cocasses : “D'ailleurs un péché de plus ou de moins ne ferait pas grande différence, car j'avais déjà commis un péché mortel en souhaitant du mal à un prêtre. Un péché mortel était aussi mortel que vingt péchés mortels. Je veux dire qu'il suffit d'en commettre un seul pour se retrouver en enfer aussi vite que si on en commet vingt. C'est écrit noir sur blanc dans le catéchisme.”
D'autres thématiques traversent les nouvelles comme la honte d'être un fils d'immigrés italiens ou encore le baseball dont Fante était un grand fan. Mais je ne peux pas les aborder toutes ici. Encore une fois, je suis sous le charme du talent de conteur de John Fante, de la fraîcheur et du naturel de son écriture, de son humour. Se rajoute à tout cela une véritable émotion. John Fante nous raconte ses souvenirs d'enfance de manière extrêmement touchante et j'en suis ressortie fort émue.
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
CatFCatF   18 septembre 2022
"Dieu est partout, alors pourquoi devrais-je aller le voir dans une église ? Il est aussi ici, dans cette maison, dans cette pièce. Il est dans ma main. Regarde." Il ouvrait et fermait le poing. "Il est là, sur ma paume. Et dans mes yeux, dans ma bouche, mes oreilles, mon sang. Alors à quoi bon parcourir huit blocs dans la neige, quand il me suffit de rester confortablement ici à côté de Dieu, dans ma propre maison."
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CatFCatF   17 septembre 2022
Je lui ai dit ça parce que j'avais la vague idée qu'elle téléphonerait à mon vieux, et qu'alors j'aurais peut-être mon vélo. Et puis tout le temps j'adressais une prière silencieuse à saint Joseph, un truc du genre: "O saint Joseph, mon cher, mon doux saint Joseph, si vous ne m'envoyez pas ce vélo, je ne vous prierai plus jamais." Quand j'ai fini ma prière, j'étais quasiment sûr que le vélo arriverait, parce que si saint Joseph découvrait que je le plaquerais s'il ne me filait pas mon vélo, alors il l'enverrait dare-dare. Ça lui ferait trop de peine que je le plaque.
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CatFCatF   17 septembre 2022
Un mois durant, les nonnes nous avaient chapitrés à propos de la liturgie solennelle du confessionnal, Aller à confesse pour la première fois serait l'événement le plus important de notre vie, car ensuite nous aurions toujours conscience d'être des pécheurs. Nous saurions discerner le bien du mal.
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PilingPiling   16 août 2008
incipit :
Il y avait une vieille malle dans la chambre de ma mère. Je n'ai jamais vu une malle aussi vieille. C'était une de ces malles à couvercle rond aussi gros que la bedaine d'un obèse. Tout au fond, sous des vêtements de mariage qu'on n'utilisait jamais parce que c'étaient des vêtements de mariage, sous de l'argenterie qui ne servait jamais parce que c'était un cadeau de mariage, sous une kyrielle de rubans fantaisie, de boutons, de certificats de naissance, sous ce fouillis se trouvait une boîte qui contenait les photos de famille. Ma mère ne permettait à personne d'ouvrir cette malle, dont elle cachait la clef. Mais un jour j'ai découvert la clef. Elle était caché sous un angle du tapis.
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tamara29tamara29   07 janvier 2017
"Je t'aime tellement', elle a dit.
Combien de fois avait-elle répété cela, et pourtant je n'avais jamais eu assez de talent pour la croire ! Je trouvais cela parfaitement invraisemblable. Elle était l'instrument de mon péché ; mon seul talent avec elle consistait à croire qu'elle m'avait séduit et entraîné quelques temps sur les terres stériles du mal, mais pas très loin des avant-postes de mon renouveau spirituel.
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