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EAN : 9782253112280
120 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (21/02/2005)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Un jeune guitariste de blues est le témoin -et l’acteur- d’une partie de billard historique qui oppose à Chicago le champion invisible Willi Hope et le terrible Al Capone. Chaque coup marqué est scandé, soutenu par les accords du blues, jusqu’à un point quasiment impossible à marquer, le point de la dernière chance : le Diamond Drink...

Tension incroyable, sobriété des moyens : on compte les coups, on sent l’odeur des cigares mêlée à celle de la peur,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  25 avril 2016
Lu dans le cadre du prochain club-lecture organisé par la médiathèque de ma ville, j'ai emprunté cet ouvrage un peu par hasard parce qu'il fallait bien commencer par l'un de ceux notés sur la bibliographie. Un peu comme un coup de poker, j'ai eu beaucoup de chance puisqu'il s'avère que je me suis vraiment laissée transportée par cette lecture. ouvrage qui réunit en réalité trois nouvelles : Billard blues (titre éponyme de l'ouvrage), Jazz blanc et enfin Poker. Si dans les deux premières nouvelles, il est beaucoup question de musique et principalement de jazz, celle -ci ne ne sépare jamais du jeu : le billard. Dans la dernière nouvelle en revanche, pas de musique mais le jeu omniprésent une fois encore mais cette fois_ci, il s'agit du poker.
Pour rentrer un peu dans les détails de chaque nouvelle, le lecteur découvre une partie mythique de billard qui opposa Willie Hoppe au célèbre gangster des années '30 al Capone.
Willie ne craint pas sa peau en acceptant l'offre de défier le gangster le plus redouté des États-Unis de l'époque puisqu'il a foi en son jeu mais sait surtout que ce qui lui donne la chance, c'est la musique que joue ce petit jeune homme sans le sou, de couleur noire, qui fait en quelque sorte partie intégrante du décor du bar. Billie accepte donc de se mesurer à Capone à la condition notre narrateur, le musicien en question continue à jouer du blues, ce qu'il fait d'ailleurs comme un dieu. al Capone accepte et c'est ainsi que le lecteur se laisse entraîner, au son de cette mélodie qui vient des tripes de notre musicien, dans une partie des plus surprenantes qui soient.
Seconde nouvelle : toujours dans un bar mais avec un saxophoniste cette fois qui joue lui aussi de la musique de noir à la seule différence que lui est de couleur blanche. Buvant plus que de raison, il fait lui aussi en quelque sorte partie des murs du bar le"Jazz blanc" et, même après avoir ingurgité une quantité d'alcool impressionnante, c'est comme lui et son instrument ne faisaient qu'un seul corps.
Dernière et ultime nouvelle : une partie de poker au cours de laquelle l'associé du narrateur, un certain Davis Dam, va jouer en quelque sorte sa vie sur une simple partie. Cette fois encore, tout est question de génie : savoir deviner si l'adversaire bluffe ou non et savoir prendre des risques. Jouer comme si sa propre vie en dépendait !
Une écriture fluide et légère grâce à laquelle le lecteur se laisse lui-même prendre au jeu et n'a qu'une seule envie : toujours aller plus loin et avec une tension extrême, savoir ce qu'il va advenir du destin des protagonistes. le lecteur a presque envie d'écouter du blues ou du jazz cela dépend au cours de sa lecture afin de se mettre dans l'ambiance mais les descriptions sont telles et l'écriture tellement belle qu'il n'en a au final pas besoin. le livre se suffit amplement en lui-même sans avoir besoin de rajouter un bruit de fond histoire de se sentir plus proche des personnages. L'auteur écrit avec un e telle grâce qu'il n'est nullement besoin de rajouter quoi que ce soit ! Vous l'aurez donc compris : une lecture qui m'a envoûtée et que je ne peux, en l'occurrence, que vous recommander !
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CDemassieux
  03 janvier 2015
Ce recueil de trois nouvelles, qui nous livre des personnages aussi insolites que mythiques, tourne essentiellement autour de la musique, particulièrement le blues et le jazz. Fermine ficelle ainsi des histoires où le réel se teinte d'extraordinaire, à commencer par le premier des récits.
Cela se passe dans une salle de billard. Un homme de légende, maître du jeu inégalé, dont le plaisir suprême est de jouer en écoutant du blues, va rencontrer une autre légende, plus sulfureuse, en la personne d'al Capone. le gangster, une fois connue l'identité de son interlocuteur d'un soir, va lui proposer une partie. Partie qui sera mémorable et rendue avec une mise en scène toute cinématographique. L'issue de cette partie ? Peu importe à vrai dire : ce qui importe c'est cette rencontre improbable entre le blues et le billard, entre Willie Hope et ce jeune musicien (dont ce serait un crime de dévoiler ici le nom, à charge pour lui de vous le donner à la fin de son histoire). Car tous deux roulent pour leur passion commune du jeu, l'un avec des boules, l'autre avec des cordes, et cherchent à peu près le même rythme : « Si j'ai bien compris, m'sieur, la vie, le jeu, tout ça c'est une question de musique ».
Avec « Jazz blanc », on entre dans l'intimité d'un joueur de jazz blanc qui joue en même temps du saxophone et de la bouteille. Il s'agit d'un virtuose qui ne se révèle qu'avec son instrument, le genre d'homme qui semble avoir tout sacrifié à la musique et à l'alcool, son corollaire indispensable. Mais quand il joue, c'est « tout simplement de la magie », raconte le narrateur. Puis un soir il rencontre une diva du jazz, aussi belle que talentueuse, Diana King. A partir de là on entre dans l'intimité même du jazz, dans ce qu'il peut produire de mirages. Car « Jazz blanc » raconte cette étrange osmose entre l'homme et la musique : « Jouer du jazz, c'est comme raconter une histoire. Une fois la musique envolée et le morceau terminé, il ne doit rester que du bonheur…Sinon ça ne sert à rien ».
« Poker » retrace le destin d'un joueur (encore un !) de poker, un surdoué des cartes. La musique n'y a plus sa place et l'on serait tenté de se demander ce que fait cette nouvelle dans le recueil. Mais à y regarder de plus on y retrouve cette folie du jeu, ce goût immodéré pour le risque. Tout se joue autour d'une partie mémorable pleine d'adrénaline qui plus généralement porte en elle une réflexion sur la chance : « La chance est quelque chose d'aléatoire et d'une rareté absolue. Et certains n'en ont jamais. Mais tout ça n'a aucune importance. le tout, c'est de faire comme si on en avait ».
Joueurs de billard, de blues, de jazz, de poker, Billard blues raconte des destins hors du commun auxquels on n'a à peine le temps de s'attacher que leur histoire est déjà finie. L'écriture de Fermine a cela d'unique qu'elle parvient en quelques pages à créer un univers complexe et riche où évoluent des personnalités, sortes d'archétypes, qu'un narrateur, chaque fois différent et dépositaire de leur souvenir en quelque sorte, fait revivre. Tout est dit avec une précision et une économie de mots qui ne laissent pas de place au superflu. Il émane enfin un parfum de solitude qui semble coller à la peau de ces grands joueurs, rivés à leur passion au point de tout lui sacrifier. Car en dehors du jeu point de salut. Billard Blues, ce sont des légendes modernes.
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le_Bison
  10 juin 2012
[...] J'ai quitté le Billard Blues de Chicago avec quelques notes de John Lee Hooker en tête. J'ai tracé ma route jusqu'au Jazz Blanc, jusque dans les années 60. le Jazz Blanc est un club de New-York sur la 52ème rue. Quelques années plus tôt, y trainaient les saxophones de Lester Young, de Coleman Hawkins, de Charlie Parker ou John Coltrane. Mais les temps changent, et le jazz ici est devenu blanc avec le saxophone imbibé d'alcool de Max Coleman. Je peux vous en parler de ce club, j'en suis le serveur et je peux même dire que Max est devenu un ami, toujours fidèle à son poste, toujours un bec dans la bouche et un verre dans la main. Parfois c'est l'inverse, ou même souvent. Toujours est-il que la musique de Max, même complètement éméché, vous transforme et vous retourne. Car il a le swing et il sait en jouer. Sans paraître trop indiscret, je vous raconterai bien l'histoire avec la belle Diana King dont il tomba follement amoureux (faut dire qu'elle a des jambes si somptueuses et une voix si sensuelle).
[...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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le_Bison
  09 juin 2012
Parfois, il ne faut pas grand-chose au bonheur des gens. Quelques notes de blues, et cela change la vie. Affalé sur mon tabouret fétiche du « Billard Blues », j'assiste à une partie de billard mémorable entre deux vraies légendes, Willie Hoppe et al Capone. Chicago, année 30, le whisky de contrebande et le coup fumeux du Diamond Drink… Une guitare vient combler l'atmosphère du club. Cela pourrait être celle de Muddy Waters, de Sonny Boy Williamson ou de Lightnin' Hopkins… Peu importe, le blues est là et déchire l'âme qui sommeille en moi pendant que je m'enfile pintes de bières et shots de whisky frelaté. C'est ce qu'il faut retenir de cette histoire ? La vie est faite de blues, mais pour bien la comprendre, il faut ressentir le soleil brûler votre peau dans les champs de coton et ainsi ressentir la mélancolie de l'esclave qui s'échappe de sa misère en prenant sa guitare et en jouant sa complainte sur trois accords. Alors la vie devient belle, émouvante et libre ! Et ce soir, en repensant à cette partie de billard, je me sers un verre de bourbon et j'écoute… John Lee Hooker !
[...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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EmmaHG
  05 décembre 2020
3 nouvelles sur fond de Jazz/Blues. Dans Billard Blues, le champion de billard William Harper affronte Al Capone et gagne si il est accompagné de la musique de blues de John Lee Hoker. Jazz blanc relate le moment où le saxophoniste Max Coleman manque sa chance avec Diana King. Dans Poker Davis Dam, champion de Poker se retrouve sans partenaire... Maxence Fermine a une belle écriture fluide. Ses textes sont nerveux et pleins. Beaucoup de plaisir.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
sagesse66sagesse66   28 mars 2018
Le jazz, c'est de la haute couture. Tu peux rejouer chaque soir la même mélodie, en utilisant les mêmes notes, ce ne sera jamais tout à fait la même.
Chaque pièce est unique....
Comme si tu brodais une robe différente chaque fois avec l'aiguille de ton saxophone et le fil de la musique. De loin, tu pourrais croire qu'il s'agit toujours de la même robe. Mais si tu y regardes d'un peu plus près, tu t'aperçois que la finition n'est jamais la même ...
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le_Bisonle_Bison   11 juin 2012
Entre lui et moi, existait un code. Chaque fois qu’il avait soif, il prenait son saxo et jouait quelques notes d’un thème de sa composition. Un air qui revenait comme un jingle. Un morceau qu’il avait appelé Blue Alcool. Il le jouait d’une manière jazzy classique pour une vodka et d’une manière virtuose et brutale pour un whisky. Ce qu’il faut dire, c’est que Coleman jouait souvent avec une grande virtuosité.
Le jour où tu m’entendras jouer Blue Alcool très lentement, à la façon blues, avait-il l’habitude répéter, alors tu pourras me servir un grande verre d’eau fraîche et te dire que le saxo du grand Max Coleman est bon pour la casse !
Et c’est vrai que l’ivresse lui permettait de jouer comme un dieu. En un sens, ça le désinhibait et lui donnait une aura particulière, un style coulé extraordinaire. Inutile de vous préciser que, pendant tout ce temps-là, je ne l’ai jamais entendu jouer Blue Alcool à la façon blues.
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le_Bisonle_Bison   10 juin 2012
Le jazz. Voilà la raison principale de la vie de Max Coleman. Il l’avait dans le sang. Pourtant il était blanc, pas noir, ni même afro-américain ou métis. Tout ce qu’il y a de plus blanc. Et cependant il avait un sens terrible du phrasé musical, beaucoup d’originalité dans ses improvisations et un swing éblouissant.
Le swing. Voilà le maître mot. Sans le swing, le jazz n’existerait probablement pas. C’est ce qui balance, ce qui vous force à claquer des doigts, à danser, à vivre la musique comme seul le jazz sait le faire.
Le sax, le jazz et le swing. Les trois moteurs de la vie de Coleman. Sans oublier l’alcool. Avec ça on peut vraiment commencer.
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cicou45cicou45   25 avril 2016
"_N'oublie pas ceci : jouer du jazz, c'est comme raconter une histoire. une fois la musique envolée et le morceau terminé, il ne doit rester que du bonheur...Sinon, ça ne sert à rien. Strictement à rien !"

(Jazz blanc)
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le_Bisonle_Bison   09 juin 2012
…ici, ce n’est pas la simple arrière-salle d’un club de billard à la noix, non, mais un lieu magique, tout au bout de la route du blues, à Chicago, au Septième Ciel de la musique noire, quelque part dans l’infini de la vraie vie, là où la musique se joue à tous les coins de rues… Et on y vient d’abord pour écouter du blues !
Pas n’importe quel blues. Juste celui qui arrache les tripes et fait couler les larmes, celui qui vous tient debout et vous fiche par terre en même temps. Le blues qui vient du Sud, de Louisiane, du Mississipi, et qui est remonté lentement vers le Nord, de guitare en harmonica, au rythme lancinant de ses douze mesures passant par Memphis, Nashville, Saint Louis et Chicago !
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Maxence Fermine vous présente son ouvrage "La probabilité mathématique du bonheur" aux éditions Michel Lafon.
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