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Albert Thibaudet (Préfacier, etc.)Samuel Silvestre de Sacy (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070308798
512 pages
Éditeur : Gallimard (16/06/2005)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.73/5 (sur 2691 notes)
Résumé :
De 1840 à 1867, la vie fait L'Éducation sentimentale de Frédéric Moreau et de toute une jeunesse idéaliste qui a préparé dans la fièvre la révolution de 1848. Le roman s'ouvre sur des rêves exaltés et s'achève sur la médiocrité des uns et des autres. Entre temps, la vie s'est écoulée autour de Frédéric, qui semble n'avoir pas plus participé aux mutations de son temps qu'à l'édifice de sa propre destinée potentielle. Au cours de cette existence, Madame Arnoux, dont l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (123) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  16 avril 2013
Aïe ! Que j'ai souffert, malheureuse, que j'ai souffert, et comme j'eusse voulu qu'il n'en fût jamais ainsi. Oui, je crois bien que je vous déteste, monsieur B., vous qui fûtes mon odieux professeur de français au lycée, et vous qui m'écœurâtes à jamais du plaisir de jouir du parfum de cette œuvre.
À la simple évocation du titre de ce roman, je revois votre face d'oignon confis, vos pantalons trop courts et je crois entendre vos souliers ferrés qui sonnaient dans les couloirs comme le glas du châtiment. Je n'avais pourtant pas le sentiment d'être particulièrement hostile aux choses de la littérature, mais j'étais si jeune, je rêvais tellement d'autre chose…
Eh oui, Monsieur B., je puis bien vous le confier à présent — car il y a prescription —, jamais plus je ne pourrai relire ce roman, par votre faute à vous et rien qu'à vous, par l'irrémédiable aversion que vous avez suscitée en moi. Voilà en quoi je vous déteste, vous avez commis le péché capital de l'enseignant : causer l'éloignement définitif et irréversible de ses élèves de l'objet qu'il est censé faire découvrir (et si possible aimer).
Quelle misère, quand j'y repense ! Nous choisir cette lecture (parmi la foule d'autres peut-être plus adaptées à l'âge et aux aspirations des lycéens) alors que nous n'étions que des petites gens provinciales de la classe populaire, avec des téguments jaunes au bord du bec, à peine formées ou arborant de minces duvets sous le menton…
Nous étions tous consternés par cette lecture. Pas plus d'un sur trois était allé au bout et le rayon " profil Hatier " de la librairie d'à côté fut dévalisé. Pas un parmi nous qui eût pu dire qu'il avait apprécié ce roman alors que nous n'étions pas tous nécessairement hermétiques aux belles lettres…
Ah ! cher monsieur B., comme vous nous regardiez avec votre oeil vitreux derrière vos lunettes sales, votre œil condescendant et votre air de toujours penser : « Bande d'abrutis, vous ne savez pas apprécier la littérature. Je vous emmerde et j'en suis ravi. » Quel sinistre connard vous étiez à l'époque, monsieur B., — permettez-moi de vous le dire, car là encore il y a prescription — et non, décidément, quelque chose était pourri en votre royaume du savoir...
Je n'ai pas l'impression qu'étudier cette œuvre au lycée en littérature soit la meilleure porte d'entrée pour faire aimer, apprécier cette littérature du XIXème que j'aime tant, pour susciter des envies ou, pourquoi pas, des vocations.
Mesdames et messieurs les professeurs — et c'est une enseignante réchappée in extremis du péril qui vous en parle —, par pitié pour Flaubert, par pitié pour vos élèves, essayez autre chose en première approche. Le XIXème est si beau, si riche, Flaubert lui-même recèle tellement d'autres trésors. À quoi bon risquer de briser des âmes à peine écloses aux choses du verbe ?
J'ai l'impression (impressions qui datent, vous vous en doutez, de l'époque du lycée) que ce livre est particulièrement ennuyeux. Bien écrit, très bien écrit même, mais ennuyeux, très ennuyeux, trop ennuyeux. L'auteur y règle un peu ses comptes avec ses jeunes années, témoignant quelque mépris pour ce qu'il a adoré lorsqu'il était adolescent ou jeune adulte.
Ces choses ou ces gens, qu'il avait montées sur un piédestal et qui désormais lui apparaissent ringardes. Un peu comme un quadragénaire ou un quinquagénaire qui se retourne sur ses goûts musicaux de quand il avait seize ans et qui s'exclame : « Quoi ! j'ai pu écouter ça, j'ai pu aimer cela ?! » Eh oui ! vous avez pu aimer cela. Et vous avez changé. Grand bien vous fasse.
Gustave Flaubert nous conduit donc, à travers des chemins largement empruntés à son autobiographie sur les berges de son premier amour dans les lacets de la Seine tandis qu'il montait à Paris depuis sa Normandie natale. Il croyait ployer le monde en la capitale et c'est le monde qui l'a ployé, lui qui se pensait si grand, si exceptionnel, avec tellement de goût et de raffinement.
Finalement, bien des années plus tard, avec un soupçon d'amertume en bouche, il se rend compte qu'il n'était rien que de très ordinaire et que toutes ses idoles n'étaient que pacotilles, rêves creux et illusions d'optique. Et lui alors, qu'est-il ?
Un livre, donc, qui place très haut la forme et qu'on prend sans doute plus de plaisir à lire quand on a passé trente ans (pour les raisons sus-mentionnées). Si vous saviez comme je suis triste de ne plus pouvoir le découvrir à présent, totalement vierge d'a priori, car il est probable que je l'aimerais, qui sait ? Mais il m'évoque trop d'injustices, trop de sacrifices, trop de cicatrices, trop de supplices, trop de trucs en " ice "…
Néanmoins (ou oreille en plus), ceci, encore une fois, n'est que mon triste ressenti personnel (Ah ! Monsieur B., Monsieur B. ! soyez damné à jamais du paradis des enseignants !), c'est-à-dire, rien qu'un peu de vent dans une mèche folle, autant dire, pas grand-chose.
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tiptop92
  26 janvier 2020
Gustave Flaubert - L'éducation sentimentale - 1869 : le véritable intérêt de ce classique est dans son écriture, recherchée, stylisée, magnifique. Il a dû en noircir des pages ce brave Flaubert pour arriver à un tel niveau stylistique. En même temps il faut bien dire que les adolescents de l'époque n'avaient pas vraiment le choix des occupations lors des longues soirées d'hiver à la maison. Bien sûr on parle là de ceux vivant dans des familles aisées car les fils d'ouvriers et de paysans eux n'avaient guère l'occasion d'étaler leurs pensées sur de belles feuilles de papier blanc. Il aurait fallu déjà qu'il sache lire et que l'école obligatoire ne soit pas qu'une vue de l'esprit pour la plupart. Il est vrai que devant une telle prose l'histoire mettant en scène une longue liste de personnages médiocres, petits bourgeois ratés ou nobliaux décadents avait peu d'importance. On dit de certains chanteurs que leur voix est si belle qu'ils arrivent à séduire en chantant une liste des noms tirés des pages blanches de l'annuaire, Flaubert lui était tellement doué qu'il aurait pu pondre un chef d'oeuvre littéraire en écrivant votre liste des courses sur un bout de papier déchiré au hasard. La trame quant à elle restait largement à l'état embryonnaire en n'évitant pas les longueurs causées par les interminables atermoiements du héros amoureux fou d'une femme mariée et plus âgée que lui. Les romans de l'époque regorgeaient de ces passions oedipiennes qui voyait de jeunes idéalistes viser l'interdit d'un amour sentimental et charnel rendu complètement impossible par la position vertueuse de l'objet de leur désire. le personnage principal lui poussait cette passion jusqu'à l'absurde en fermant les yeux sur les plaisirs de la vie que pouvait lui apporter son jeune âge. Bien sur d'autres femmes passaient dans ses bras mais elles ne n'étaient que des ombres dédiées au plaisir charnel ou à entretenir par la convoitise de son jeune corps parfait un train de vie dispendieux et vide de sens. Ce roman est considéré comme étant une autobiographie de Flaubert, on a dit même que le personnage de Marie Arnoux l'épouse désirée était inspiré par la femme d'un éditeur de musique devant qui Flaubert était en pâmoison. On peut imaginer combien le mari a dû être réjouit de voir son infortune comptée dans les cinq cents pages de ce roman. S'il ne se passait rien de notable dans ce texte qui effleurait même le contexte historique de peur d'intéresser le lecteur à autre chose qu'à la lente dérive nihiliste de Frédéric Moreau, il restait d'une qualité littéraire telle qu'il prouvait quoiqu'on en dise que le génie peut faire beaucoup avec pas grand-chose. Une chose est sûre il faut être prêt mentalement et physiquement pour s'attaquer à ce pavé qui ne résistera pas aux coups de fatigue du lecteur ni à ses pensées vagabondes (Les amoureux par exemple feront bien de lire autre chose). Par contre pour les ninjas de la lecture, les imperturbable et les insomniaques ce livre distillera une aura bienfaitrice qui confirmera illico sa place dans les incontournables de la littérature française. Deux solution alors pour ceux qui voudront vraiment le découvrir, le Guronsan pour les courageux ou la torture d'une lecture trop longue pour les autres… malgré tout une oeuvre capitale
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Jooh
  16 août 2012
Flaubert disait à propos de « L'Education Sentimentale » : "Je veux faire l'histoire morale des hommes de ma génération; « sentimentale » serait plus vrai. C'est un livre d'amour, de passion; mais de passion telle qu'elle peut exister, c'est à dire inactive". Je trouve que ce paragraphe illustre parfaitement l'idée du livre, à savoir qu'à travers cette histoire, Flaubert nous offre un livre de Passions, et qui dit Passions dit également Souffrance.
En effet, l'auteur met en place une large palette de personnages, tous plus passionnés les uns que les autres, et ce de part leurs actes ou leurs ambitions: que ce soit la Passion ardente et sublime entre Frédéric Moreau et Mme Arnoux - mais aussi l'amour charnel avec Rosanette, ou intéressé avec Mme Dambreuse, qui n'en demeurent pas moins tous les deux, des amours passionnés -, ou bien celle de Deslauriers pour sa carrière et la gloire, celle d'Arnoux pour l'Argent et la Beauté, celle de Pellerin pour l'Art...
Mais, à l'image de l'amour silencieux et impossible entre le héros et Mme Arnoux, on constate que la recherche de l'idéal et de la félicité par chacun des individus est vaine. D'ailleurs, dans les dernières pages du roman, Frédéric et Deslauriers s'arrêtent sur leur passé, et constatent leur échec : "Et ils résumèrent leur vie. Ils l'avaient manquée tous les deux, celui qui avait rêvé l'amour [Frédéric], celui qui avait rêvé le pouvoir [Deslauriers]"
N'ayant pas entendu, à priori, que des louanges sur ce roman de Flaubert, j'ai ouvert ce livre avec beaucoup d'appréhensions et la peur de m'ennuyer lors de cette lecture... Mais il n'en n'est rien au final ! Bien sûr, il y a de nombreuses longueurs, mais en dépit de cela, j'ai beaucoup aimé cette lecture. Les amateurs du style de Flaubert ne seront certainement pas déçus par « L'Education Sentimentale ».
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peloignon
  19 mars 2013
L'Éducation sentimentale de Flaubert, c'est un livre franchement ennuyant, mais aussi incontestablement magnifiquement écrit. C'est ennuyant, mais d'un très bel ennui!
Flaubert, c'est un talent d'écriture et une capacité de travail qui tiennent du merveilleux. Il nous permet de voir avec une clarté sublime ce qu'il veut bien mettre en lumière devant les yeux des ses lecteurs, que ce soit la pose d'un personnage, le détail d'une scène, la subtilité d'un état d'âme, etc.
Son génie grandiose aura toutefois été constamment irrésistiblement attiré par la médiocrité, qu'il ne se lassera jamais de découvrir partout, pour la décrire et aussi pour la dénoncer.
Tout au long de son oeuvre, il s'attaquera ainsi avec un acharnement indéfectible à la bêtise, à la médiocrité, à la bourgeoisie, mais sans jamais montrer quoi que ce soit de mieux, en dehors de sa manière sublime d'exprimer ses dénonciations.
Sa soif d'idéal correspond bien à première vue à ce que l'on peut trouver de plus exigeant, mais comme il ne va jamais aller s'aventurer là où l'on trouve des possibilités dignes d'assouvir des exigences surhumaines, sa fin n'aura jamais voulu ses moyens et cela qui me donne l'impression de trouver chez lui plutôt une affectation de recherche sérieuse plutôt qu'une authentique quête de possibilités vraiment dignes d'être vécues. Il ressemble ainsi beaucoup à Nietzsche, qui l'appréciera d'ailleurs sans jamais s'en lasser. Tous deux me semble avoir fait mine de chercher l'idéal en soi avec des exigences absolues, mais sans jamais avoir rien fait d'autre que de critiquer les éléments médiocres des possibilités qui se déployaient autour d'eux. (Nietzsche aura bien proposé l'Éternel retour du même ou encore le surhomme, mais ce sera pour les détruire lui-même aussitôt)
Bref, Flaubert n'a jamais rien su faire de mieux que d'exprimer rageusement son dégoût de tout ce qui ne correspondait pas à ses aspirations réelles ou prétendues. Son combat, présenté avec un style d'un perfection, presque complètement absurde, puisqu'elle échappera à la grande majorité de son auditoire, comportera quelque chose d'une vanité absolue, risible, et sera poursuivi tout de même, sans espoir véritable, avec un cynisme envers lui-même frisant la volonté d'autodestruction.
Je trouvais important d'exposer ces réflexions sur l'oeuvre entière de Flaubert puisque, à mon avis, Flaubert atteint un sommet dans son genre dans l'Éducation sentimentale. le roman est en effet magnifiquement écrit, comme toujours chez lui, mais les états d'âmes du héros principal sont si petits qu'ils ont souvent failli glisser complètement en dessous de mon attention. Mon esprit restais constamment accroché dans les hauteurs sublimes où l'on trouve ses formulations magnifiques, je restais si souvent saisis devant l'exposition de détails si parfaitement exposés, qu'il me fallait parfois faire quelques efforts pour me souvenir du petit bonhomme de chemin insignifiant que Flaubert faisait traverser à son personnage principal.
Même la participation de Frédéric à des événements politiques pourtant bouillonnants et à des circonstances parfois terribles et tragiques prennent de la fadeur à son contact. Il est si imbu de lui-même et sa personne est si ennuyante!
Oui, définitivement, pour toutes ces raisons, l'Éducation sentimentale, c'est un très bel ennui!
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LydiaB
  26 avril 2014
Autant le dire de suite, je trouve qu'il s'agit - mais cela n'engage que moi - du moins bon roman de Flaubert. Dans "Madame Bovary", cette dernière avait une certaine profondeur, prenait le devant de la scène. Ici, Frédéric Moreau est un bien piètre personnage, un anti-héros dans toute sa splendeur. Que raconte ce livre ? Rien... ou, du moins, pas grand chose, et c'est bien ce que voulait Flaubert d'ailleurs.

Frédéric, jeune bachelier, nourrit le projet de faire son droit à Paris. Mais il doit retourner chez lui, à Nogent-sur-Seine, pendant deux mois. Il prend donc le bateau, le "Ville-de-Montereau", le 15 juillet 1840. Là, il fait la connaissance d'un amateur d'art, éditeur de "l'Art industriel", Jacques Arnoux, et de son épouse, que le jeune diplômé remarque, faisant naître des sentiments inconnus de lui jusque là. de retour à Paris, il erre lamentablement. Ses études capotent. Il fait la connaissance de Rosanette, dite "La Maréchale", femme entretenue qui, disons, va le divertir... Mais un heureux hasard lui fait revoir Jacques et, bien sûr, la délicieuse Marie...

L'auteur s'était fortement inspiré d'une histoire personnelle. Marie Arnoux n'est autre qu'Élisa Foucault, qui deviendra la femme de l'éditeur de musique Maurice Schlesinger. Muse de Flaubert, elle hantera son esprit. Ainsi, l'Éducation sentimentale serait presque - j'ai bien dit presque - une autobiographie romancée. le roman n'a pas obtenu de succès à l'époque de sa parution, en 1869. Il est vrai que l'on est quand même loin de "Salammbô"...
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Citations et extraits (210) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   16 avril 2013
Ce fut comme une apparition :
Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l’éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu’il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et, quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda.
Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent, derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement l’ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait à plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpait sur le fond de l’air bleu.
Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa manœuvre ; puis il se planta tout près de son ombrelle, posée contre le banc, et il affectait d’observer une chaloupe sur la rivière.
Jamais il n’avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu’elle avait portées, les gens qu’elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n’avait pas de limites.
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OrpheaOrphea   13 novembre 2009
Jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitaient connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu'elles avaient portées, les gens qu'elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n'avait pas de limites.
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peloignonpeloignon   10 janvier 2013
On n’y voyait plus; le temps était froid, et un lourd brouillard, estompant la façade des maisons, puait dans l’air. Frédéric le humait avec délices; car il sentait à travers le ouate du vêtement la forme de son bras; et sa main, prise dans un gant chamois à deux boutons, sa petite main qu’il aurait voulu couvrir de baisers, s’appuyait sur sa manche. A cause du pavé glissant ils oscillaient un peu; il lui semblait qu’ils étaient tous les deux comme bercés par le vent, au milieu d’un nuage.
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peloignonpeloignon   19 janvier 2013
Elle mordait dans une grenade, le coude posé sur la table; les bougies du candélabre devant elle tremblaient au vent; cette lumière blanche pénétrait sa peau de tons nacrés, mettait du rose à ses paupières, faisait briller les globes de ses yeux; la rougeur du fruit se confondait avec le pourpre de ses lèvres, ses narines minces battaient; et toute sa personne avait quelque chose d’insolent, d’ivre et de noyé qui exaspérait Frédéric, et pourtant lui jetait au cœur des désirs fous.
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calypsocalypso   16 août 2018
Il voyagea.
Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l’étourdissement des paysages et des ruines, l’amertume des sympathies interrompues.
Il revint.
Il fréquenta le monde, et il eut d’autres amours, encore. Mais le souvenir continuel du premier les lui rendait insipides ; et puis la véhémence du désir, la fleur même de la sensation était perdue. Ses ambitions d’esprit avaient également diminué. Des années passèrent ; et il supportait le désœuvrement de son intelligence et l’inertie de son cœur.
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Videos de Gustave Flaubert (78) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gustave Flaubert
1875, Flaubert est déprimé…. Fuyant les grincheux et la morosité ambiante, il quitte sa Normandie pour rejoindre la Bretagne. Là, à Concarneau, dans ce début d'automne, au gré de rencontres inattendues, le moral revient et le goût de l'écriture aussi. Partant d'un fait avéré, Alexandre Postel, prix Goncourt du 1er roman 2013, nous offre un portrait décalé et touchant de Gustave Flaubert dans un décor aux couleurs automnales.
Pour découvrir l'émission en intégralité, rendez-vous sur :
https://www.web-tv-culture.com/emission/alexandre-postel-un-automne-de-flaubert-51858.html
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L'Éducation Sentimentale

Fumichon, concernant la propriété, évoque les arguments d'un homme politique dont Flaubert parle en ces terme dans une lettre à George Sand: "Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois! Non! Rien ne peut donner l'idée du vomissement que m'inspire ce vieux melon diplomatique, arrondissant sa bêtise sur le fumier de la Bourgeoisie!". De qui s'agit-il?

Benjamin Constant
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