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EAN : 9782382840849
Editions des Equateurs (02/06/2021)
3.71/5   24 notes
Résumé :
Je connais de l'intérieur cet univers totalitaire, exterminateur. Je suis un naufragé, entouré d'ordinateurs. Je m'accroche à ce poème de Charles Juliet qui me laisse un peu d'espoir : « si tu n'as pas/ connu/le naufrage/impossible/de gagner/la haute mer/le naufrage première porte de la connaissance » Je suis devenu dépendant de mon smartphone, mon bras armé, ma croix, ma brûlure intérieure. Je me sens un exilé. Je ne joue pas Victor Hugo persécuté par l'empereur, p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Et si Olivier Frébourg était un nouveau Don Quichotte ? Intrépide et ne cédant en rien au politiquement correct face à une invasion d'armes de destruction massive, celles-ci soi-disant conventionnelles sans que cela fasse réagir quelconque organisation non gouvernementale : les écrans. Même si la ligne rouge risque d'être franchie, l'écrivain éditeur propose un remède, lui aussi universel avec une efficacité restée et approuvée : la poésie avec un ingrédient majeur, la beauté. Un antidote testé depuis l'antiquité : « Les Grecs nous ont appris la magnificence de l'instant pur, de la jouissance du présent. Les Romains les ont suivis sur cette voie. « Laetus in praesens animus » (Horace). Et cette beauté de l'instant ne doit pas nous être ravie ».

Un ouvrage précieux qui se lit avec lenteur pour savourer les envolées scripturales, les nombreuses citations et découvrir que l'on peut transformer l'encre en velours même lorsque d'aucuns s'attachent à inscrire sur papier leur esprit d'acier. Néanmoins, votre serviteur est loin d'être aussi révoltée contre les ordinateurs et autres smartphones, ces appareils ayant un côté salutaire pour qui les utilise avec sagesse et bienveillance. Ironie du sort, ma chronique se sera visible que sur écran et peut-être n'aurais-je jamais eu ce livre entre les mains – pardon les pattes – sans les réseaux sociaux.

Véritable plaidoyer pour un retour aux relations humaines, au goût du contact, à l'authenticité, Olivier Frébourg navigue sur les vers poétiques, Baudelaire, Apollinaire, La Fontaine, Villon, Becker, Rimbaud – coucou Sylvain TessonPessoa…, tout en dressant un tableau des maux de notre siècle qui s'éloigne des mots. le tout en rendant hommage aux livres, aux bibliothèques, à la littérature en particulier et à l'art en général. Un appel pour retrouver la beauté du monde, pour renouer chaque destin à ce qui fait la vraie vie, à rejeter cette laideur du voyeurisme sociétal. Avec une bonne claque à cette horrible expression et directive de l' « obsolescence programmée.

Cet ouvrage est aussi un voyage. Une excursion en dehors des chemins que l'on veut tracer à notre place, une balade sur des sentiers bordés des petites choses de la vie et qui méritent bien plus notre regard, une navigation pour s'éloigner des carcans imposés, une escalade vers la beauté en s'agrippant à ce qui reste le plus solide de tout : notre capacité à ne pas effriter les précieuses roches de l'onirisme. Même si les outils numériques restent un élément incontournable, ne pas céder à l'enfermement et s'évader vers des ondes enivrantes, celles de la liberté.
Lien : https://squirelito.blogspot...
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En préambule je souhaiterais remercier les éditions Equateurs et Babélio qui m'ont permis de lire cet essai.
Olivier Frébourg a une sacrée dent contre les écrans et surtout contre ce qu'est devenu Internet avec ses réseaux sociaux et Google, Amazon et compagnie qui aliènent l'humanité. de ce fait l'auteur a composé son écrit en de nombreux chapitres plus ou moins courts dont certains sont très virulents contre les écrans. Certaines comparaisons sont peut-être un peu trop fortes à mon goût (je pense que l'auteur le fait exprès pour faire réagir le lecteur) même si dans le fond je suis d'accord avec ses propos.
Pour contrebalancer les propos anti-écrans, l'auteur fait également l'éloge de la poésie, des ports dont celui de Lisbonne, des églises, des cimetières, de la Nature, de l'oisiveté, de la déambulation, des villes... Olivier Frébourg est un érudit, il cite donc de nombreux poètes dont il insère des extraits en lien avec son propos. Comme les chapitres n'ont pas forcément de lien entre eux, ce livre peut être lu en choisissant au hasard les chapitres.
Dans l'ensemble j'ai apprécié la lecture de ce court essai qui passe de l'aversion de l'auteur pour les écrans à son amour de la poésie. Ce sont ces dernières parties que j'ai préférées car dans celles-ci l'amour de l'auteur pour la poésie et les poètes est très bien retranscrite.

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Je connais de l'intérieur cet univers totalitaire, exterminateur. Je suis un naufragé, entouré d'ordinateurs. Je m'accroche à ce poème de Charles Juliet qui me laisse un peu d'espoir : « si tu n'as pas/ connu/le naufrage/impossible/de gagner/la haute mer/le naufrage première porte de la connaissance » Je suis devenu dépendant de mon smartphone, mon bras armé, ma croix, ma brûlure intérieure. Je me sens un exilé. Je ne joue pas Victor Hugo persécuté par l'empereur, prenant la route de Jersey puis de Guernesey. Mais je choisis la force océanique contre le nuage informatique. Nous vivons désormais en territoire occupé. J'ai l'impression d'être un collabo, un criminel envers mes enfants : je les ai laissés se faire contaminer. J'aurais dû leur apprendre ce que nous pouvons faire de nos mains et nous contenter du grec, du latin car depuis rien de nouveau sous le soleil. Tout clic informatique est une pulsion de mort. Et moi, je choisis la vie. Nous savons qu'un complot mortifère sape nos sociétés. Je dis et redis à mes enfants : les écrans ce n'est pas la vie. Ils détruisent le plus beau divertissement, l'ennui, le temps perdu, la rêverie. le numérique ce n'est pas un changement technique, c'est le global deshumanisé. Il y a comme un hic. Où sont les siestes dans la chaleur grésillante de l'été et le blé en herbe, les yeux vers le grand ciel ? » Dans cet essai d'humeur, ce pamphlet contre le totalitarisme des écrans, Olivier Frébourg oppose le temps de la poésie, la beauté et la lenteur pour sortir de l'accélération du temps et de l'enfer des écrans.
Extrait lu Kobo. Enfonçage de portes ouvertes. Pas envie d'aller plus loin.
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L'auteur se livre à une critique très virulente du numérique, responsable, pour lui, d'une déshumanisation progressive de nos sociétés modernes, et d'une mainmise des capitalistes sur nos vies. Pour lui, les écrans nous retiennent prisonniers et font de nous les esclaves du monde moderne, conditionnés par des algorithmes , tableurs Excel, etc ... Il s'insurge contre la société de contrôle induite par le numérique, et ce qu'il nomme la folie du monde moderne.
Il lui oppose la poésie « petite flamme qui nous relève dans les moments difficiles », incite le lecteur à s'insurger et à faire preuve d'insoumission, mais aussi à célébrer la beauté de la nature, la liberté, qui sont pour lui « l'esprit de l'enfant et du vagabond ».
L'ouvrage est largement illustré de références littéraires, citations, extraits de poèmes. Il évoque également certains de ses voyages, les villes qu'il a visitées, les ports où il s'est arrêté, les bars qu'il a fréquentés. En cela, il est très riche et intéressant. Quelques critiques cependant : certaines affirmations sont un peu hâtives. Il semble que l'auteur pourrait quelquefois expliciter ses propos. Il pourrait également modérer des propos qui sont parfois un peu excessifs. Enfin, il nous fait l'apologie de la guerre et de la religion, et compare le poète au guerrier et au prêtre, ce qui est pour le moins discutable. Je ne suis pas sûre que les poètes se retrouvent dans ce genre de propos.
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Livre reçu dans le cadre de l'opération Masse critique. Je ne connais pas l'auteur et j'ai voulu le découvrir. de plus, le résumé m'a attiré très rapidement.
Je ne suis pas déçu. La lecture a été très agréable et l'essai m'a captivé. Un pur moment de bonheur que cette lecture qui m'a plongé dans les réflexions autour du beau et de la poésie, de leur place dans la société mais surtout de l'avenir que la société leur réserve et surtout que chaque être humain leur laisse ou non.
Le mélange de réflexions et d'incursions dans des poèmes donne une légèreté au texte.
L'ouvrage m'a considérablement interrogé sur l'ensemble de nos rapports aux écrans et à la société qu'ils sous-tendent.
Un livre à lire et relire pour réfléchir sur la société que nous voulons laisser.
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critiques presse (1)
LeFigaro
25 juin 2021
Aux images virtuelles, l’écrivain préfère La Fontaine et, comme lui, le jeu, l’amour, les livres, la musique.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
C'est parfois si simple le bonheur: un paysage, la mer, le soleil, un parfum. Nous les perdons de vue aujourd'hui. " C'est quelque part entre la Calabre et Corfou que le bleu commence pour de bon."
( Laurence Durrell , L'Ile de Prospero)!
Les îles, ces hosties de sable vers lesquelles les hommes se sont réfugiés quand le monde était bruyant. " No tongue, all eyes! be silent! , écrivait Skakespeare dans La tempête que Durrell cite en exergue. " pas de mots, les yeux ouverts, soyez silencieux."
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A la vérité , nous ne savons plus vivre. Nous avons perdu en chemin la grâce des jours. Ce temps qui est le vent, le soleil sur notre peau. La numérisation de notre vie a entrainé une perte de sensualité. Où est passée la vaste disponibilité à l'enchantement de la nature, cet arbre d'oisiveté dont parle Lawrence Durrell dans ses poèmes et qui doit ressembler un peu à l'arbre voyageur?
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Quand je vois à bord d'un train, ces familles sur leur mobile, immobiles, tétanisées, comme Gulliver enchaîné par les Lilliputiens, je mesure la menace sur l'esprit de notre civilisation. Il arrive parfois que cette famille soit la mienne. Et les sanglots m'étranglent.
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Le temps de la lecture d'un poème, de sa relecture, de sa mémorisation est antagoniste à l'impulsion" écranique". Un poème est une prière: silence exigé. Il faut se perdre dans le dédale des vers pour les respirer: c'est la plus belle des ouvertures sur les vents contraires du monde.
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Les bibliothèques composent une mémoire vivante, un éveil des sens. Elles permettent de voyager d'un pays à l'autre. Les plus parfumées se trouvent dans les villas de vacances. Les livres gardent entre leurs pages la douceur du temps suspendu. Celui des chaises longues en toile délavée, des bains de mer.
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Video de Olivier Frébourg (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivier Frébourg
Et si nous vivions aujourd'hui dans un territoire occupé, pris au piège de nos écrans ? C'est ce qu'affirme l'écrivain et éditeur Olivier Frébourg. "Un si beau siècle" (Éditions des Équateurs) est un pamphlet contre le totalitarisme des écrans, qui oppose le temps de la poésie, la beauté et la lenteur pour sortir de l'accélération du temps et de l'enfer des écrans.

Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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