AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2330081766
Éditeur : Actes Sud (16/08/2017)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 261 notes)
Résumé :
Jeanne a tout pour connaître un bonheur tranquille : deux filles étudiantes, un mari attentionné, une amie fidèle, un boulot stable. Passionnée par Marina Abramović, l’artiste-performeuse célèbre pour avoir, dans son travail, mis en jeu son existence, Jeanne n’aime pas moins les surprises, l’inattendu. Cet été-là, le hasard se glisse – et elle-même l’invite – dans son quotidien...
À travers la figure lumineuse de Jeanne et la constellation de pe... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (85) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  25 août 2017
Du vent, une porte qui claque dans la maison, un cadre qui se détache du mur et se brise, une photo de Marina Abramović oubliée qui refait surface.......et devient le grain de sable dans l'engrenage du quotidien parfaitement réglé de Jeanne. Jeanne, mariée avec Rémy, un boulot, des jumelles à l'Uni, une jolie maison, un beau jardin fleuri, heureuse. Jeanne employée à la poste, Rémy magasinier à Auchan.
Abramovic est une artiste controversée. Moi-même, bien que très réceptive et ouverte à l'Art Contemporain, dont je pense parfois, du "n'importe quoi", d'autres fois le trouve "génial", les performances de l'Art corporel d'Abramovic me mettent mal à l'aise. Repousser les limites du potentiel physique et mental, défier la pudeur, la douleur, le silence, la solitude, la mort dans un milieu artificiel, je le vois comme de la provocation, dont je peine à voir la dimension artistique. D'autres artistes y se sont hasardés mais apparemment jusqu'aujourd'hui ,médiatiquement c'est celle qui a eu le plus de succès. Gallay, elle, elle est fascinée par Abramovic, sans aucun doute, et elle s'en inspire pour l'intégrer dans la vie de son héroine, cette force libératrice de l'Art, que je vous laisse découvrir.
Les chiffres, les séquences, les listes, le geste qui se répète régulièrement aux jours et heures précises, l'influence d'Opalka*, c'est la marque de Gallay qui revient dans tout ses livres ("Tout devient très compliqué quand les choses ne suivent pas leur cours").
L'écriture de Gallay est très belle, délicate, aérienne, vaporeuse, même un fait banal est exprimé avec beaucoup de grâce et d'émotion, ses phrases sont courtes, simples, sans fioritures. La solitude infinie des êtres qui s'en dégage est exprimée avec une grande douceur au point qu'elle en efface la tristesse. Elle touche au plus intime de notre être, notre monde intérieur, où l'amour même est un soupçon. C'est tout simplement magique !
J'aimerais que ses livres ne se terminent jamais, ce doit être ça le plaisir immense que nous donne une lecture, un plaisir infini......merci Claudie.
"Ce qui me calme......
La beauté des jours...."

*"Details d'Opalka" Claudie Gallay
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          9920
Ladybird123
  18 novembre 2018
Jeanne, 42 ans, se sent heureuse. Son bonheur elle le trouve dans mille et une choses, elle l'attrape dans un rayon de soleil, dans les arbres qui valsent, dans une caresse pour son chat, auprès de son mari Rémi et ses jumelles. Jeanne semble née pour le bonheur. Comme ces êtres détachés du malheur, ceux qui ne voient que le bon côté de la vie, Jeanne est heureuse.
Dans sa petite vie bien rangée, Jeanne nourrit aussi une grande affection et admiration pour Marina Abramovic, une artiste serbe qui défie la vie et la peur. Elle inspire à Jeanne un dépassement, une profonde envie d'éloigner ses peurs. Elle lui écrit. Lettre après lettre, elle dépose son affection, son quotidien. En retour, elle lit les pensées de Marina, comme une eau vitale pour son équilibre.
Lorsque Jeanne croise un ancien amant, Martin, elle se met à douter de son bonheur, des limites de sa vie.
Si son mari est un homme gentil et débrouillard, Martin est l'homme des rêves, celui qui parle aux oiseaux, aux ruines. Quand on a déjà les poches pleines de beauté, peut-on s'autoriser à en vouloir davantage...
Claudie Gallay que je ne connaissais pas m'a étonnée, il y a cet espèce de ravissement dans les courbes de ce roman. Les phrases sont allégées de toute complication, se dégage d'elles une harmonie tout en beauté.
Je me suis sentie apaisée à lire cette beauté des jours.
Tout est dans la contemplation ici, le ressenti, les images. La folle action est intérieure, silencieuse.
C'est un roman que je conseille pour tous les amoureux et les partisants du beau.
La beauté des jours, c'est « faire de chaque jour une vie entière, et de chaque heure, un jour. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          9124
sandrine57
  22 août 2017
Dans sa petite ville de l'Isère, Jeanne, 43 ans, mène une vie tranquille et rangée : un pavillon avec jardin, un gentil mari qu'elle a épousé très jeune, des jumelles parties faire leurs études à Lyon, un travail au bureau de poste, une voisine meilleure amie pour échanger confidences et fous rires. Jeanne aime cette vie pétrie d'habitudes, de la piscine du lundi au repas dominical chez ses parents à la ferme. Pourtant, derrière une façade faussement lisse, Jeanne aime glisser un peu de fantaisie dans sa routine. Parfois, elle suit un inconnu dans la rue, juste pour le plaisir de se glisser dans les pas d'un autre. Et par-dessus tout, elle admire l'artiste serbe Marina Abramović, une performeuse qui sans cesse repousse les frontières de ses peurs, de son corps, de son mental. A travers elle, Jeanne interroge ses propres peurs, ses désirs, son goût du risque. Quand, par hasard, elle retrouve un amour de jeunesse, la femme tranquille ose sa propre performance...
Dans La beauté des jours, il y a d'abord le style Gallay, fait de phrases courtes et de descriptions minutieuses et détaillées des faits et gestes des personnages. Ici, il contribue à nous plonger dans la simplicité de ce quotidien que certains pourront qualifier d'étriqué, cette vie provinciale, routinière et sans surprises que mène cette femme d'habitudes. Mais il sait aussi souligner la beauté que l'on trouve en toute chose pour peu qu'on prenne la peine de la regarder. A travers le portrait d'une femme simple et heureuse, Claudie Gallay raconte le bonheur au quotidien qui accepte ce qu'elle a comme une chance mais qui ne reste pas béate. Elle sait aussi s'évader, surtout à travers son admiration sans bornes pour cette artiste serbe qu'elle suit depuis longtemps. C'est l'art dans ce qu'il a de plus absolu qui s'invite ici dans sa vie, lui rappelant que le beau, l'inutile et les expériences extrêmes existent et font du bien. Autour de Jeanne, à la fois transparente et secrète, gravitent des personnages très réussis, de la meilleure copine abandonnée par son compagnon au père fermier aigri de n'avoir eu que des filles, elles-mêmes mères de filles, personne pour reprendre la ferme, en passant par la grand-mère philosophe ou Rémy, le mari, trop prévisible peut-être, mais toujours tendrement amoureux.
Roman du temps qui passe, du bonheur ordinaire, de la vie qui s'écoule sans heurts, des petits riens qui font du bien, de la '''beauté des choses'', de l'art aussi, cette lecture raconte des gens normaux, des petites vies simples mais pas simplettes. Un personnage féminin lumineux, un roman superbe et une Claudie Gallay fidèle à elle-même mais qui ne déçoit pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          612
lucia-lilas
  10 octobre 2017
Au début, le livre m'a déplu, tout m'a déplu : le prénom du personnage principal, Jeanne, très en vogue actuellement - trop d'ailleurs - : qui donnait à sa fille le prénom Jeanne dans les années 75 ? Personne ! Alors, elle, elle s'appelle Jeanne et elle a quarante et quelques années. Elle a de la chance d'avoir un si beau prénom. Je l'imagine pensive - les Jeanne sont pensives – et calme. Elle porte un foulard vert et un gilet gris pas très neuf. Oui, je la vois bien comme ça. Elle est émerveillée par le monde, les petites choses du monde, la lumière, un renard, des abeilles qu'elle prend le temps d'observer, parce qu'elle a le temps, Jeanne.
Elle aime aussi l'art contemporain, les performances et son mari est un gentil abruti qui refait toute la cuisine, lui ramène des macarons tous les mardis (je pleure) et met des sous de côté pour aller en Grèce.
Bref, tout ça m'a énervée, peut-être parce que je n'y croyais pas, tout me semblait sonner faux. Un peu/beaucoup cliché, quoi. D'abord, j'aurais préféré qu'elle s'appelle Stéphanie, Sandrine ou Nathalie comme tout le monde à cet âge-là, qu'elle n'ait pas ce doux air rêveur-ailleurs-jevoisdeschosesquepersonnenevoit, qu'elle se tue au travail au boulot ET à la maison plutôt que de regarder les coccinelles se promener sur le rebord de la fenêtre ou les trains passer et qu'elle se réjouisse au moins UN PEU de côtoyer un homme qui l'aime et qui refait chaque année une pièce de la maison et sans râler en plus ! Ingrate ! Tu préfères quoi, toi, comme teinte pour la cuisine ? Je ne sais pas, je vais réfléchir cette nuit… Quand il n'y a plus qu'à choisir la couleur, ça va ! Grrrrrrrr !
Jalouse moi ? Ben OUI, peut-être, certainement même : 1. Parce que je ne m'appelle pas Jeanne, 2. Parce que j'ai intérêt à ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot avec ma marmaille et le boulot, 3. Parce que les jolies-belles choses de ce monde, je n'ai pas le temps de les contempler, voire je les écrase en marchant dessus (non intentionnellement bien sûr - attention chez moi, défense de tuer les araignées, elles sont énormes, peuvent rester six mois dans un coin, bien tranquilles, mais on n'a pas le temps de se causer elles et moi, chacun son taf), 4. Parce que j'aime l'art, contemporain et tout et tout mais de là à ce qu'il ait une influence sur ma vie… (sauf la littérature, bien sûr), j'en conclus donc que je suis hyper insensible.
Résumons : mon nom est nul, ma vie est nulle, je n'ai aucune sensibilité et l'art me laisse de marbre.
C'est pourquoi, Jeanne m'a énervée.
Mais, comme je ne suis pas du genre à ne pas finir un livre, je suis allée jusqu'au bout et… est-ce la simplicité de l'écriture qui m'a touchée ou la Jeanne et son malaise existentiel qui ont fini par m'avoir ? Je ne sais pas mais je me suis retrouvée complètement chamboulée (comme quoi, je ne suis pas si insensible que ça, na!), en pleurs, vidée… Les dernières pages m'ont bouleversée, je les ai trouvées tout simplement très belles et je me dis que comme une idiote, dès le début, j'aurais dû me laisser aller. Au lieu de ça, j'ai fait la fière, j'ai voulu résister (pourquoi ? Faudrait creuser… Un peu de frustration ? Il faudra que j'en parle à mon psy !) Bon, en tout cas, me voilà bien ! Depuis que j'ai refermé le livre, je pense à Jeanne souvent, comme quoi…
Que je vous présente enfin le sujet (comme vous êtes patient!)
Donc Jeanne - quel beau prénom quand même…- s'ennuie. (Ses grandes filles sont parties, elle ne semble pas partager grand-chose avec son mari, son boulot n'est pas bien passionnant MAIS, ses grandes filles vont bien (et c'est déjà pas mal), son mari l'aime (c'est appréciable aussi) et elle a un emploi (ce n'est pas donné à tout le monde) : alors quoi ? Fatiguée d'être heureuse, la nouvelle Bovary ? Une petite dépression qui s'annonce ? En tout cas, parfois les petites choses en entraînent de plus importantes (l'effet papillon, c'est ça?) : un coup de vent et un cadre se décroche, le verre se brise et une photo s'échappe. D'une de ses filles ? Non, pas du tout, c'est une photo de Marina Abramović. Quoiiii, vous ne connaissez pas cette artiste mondiAAlement connue ? Rassurez-vous, moi non plus (mais je me suis rattrapée et je suis allée voir sur Internet TOUTES ses prestations, pardon, ses performances.) C'est un professeur qui avait présenté à la classe de Jeanne cette artiste (comme quoi, on mesure mal la responsabilité des enseignants…) et soudain, Marina Abramović refait irruption dans la vie de notre héroïne - ou alors Jeanne l'avait en elle depuis bien longtemps, je crois plutôt à cela - et celle-ci de s'interroger soudain sur le sens de son train-train en particulier et de la vie en général, avec de vastes questions comme : « J'ai bientôt passé la moitié de ma vie, et je me demande ce que je vais faire de l'autre. » (c'est pas bon de s'interroger comme ça, ah non!) et l'on sent que petit à petit, elle se détache et plus elle s'éloigne de notre monde, plus elle se passionne pour le travail de l'artiste-performeuse (matrice/mante?) et va même jusqu'à lui écrire, régulièrement.
Marina Abramović (à travers différentes performances que je vous laisse découvrir - bon, c'est vrai, je n'ai pas tout compris du projet) semble vouloir tester les limites : de son corps (en le flagellant, en le coupant, en le congelant, en restant des heures dans la même position, en risquant de mourir...), de son esprit (en supportant la douleur, en communiquant avec l'autre par le regard, - cette performance appelée The Artist is present, MoMA, 2010 m'a vraiment impressionnée, si si ! -, en se séparant de l'être aimé…)
Bref, comme vous l'avez compris, Abramović n'est pas dans le train-train, elle, c'est le moins que l'on puisse dire, et surtout, elle OSE, elle FAIT et n'attend pas. Alors Jeanne s'interroge : « Ça t'arrive des fois de penser aux choses qu'on aurait dû faire et qu'on n'a pas faites ? » demande-t-elle à son amie Suzanne (encore un beau prénom pour la copine, grrrrr!). « Ce que vous faites me console de moi. » écrit-elle à Marina… C'est beau ça, hein ?
Devant la face médusée de son mari qui, pendant sa pause bière et entre deux coups de pinceau, essaie de comprendre l'intérêt grandissant de sa femme pour cette artiste, celle-ci tente de lui expliquer : « Il y a une force en elle qui libère ceux qui la regardent. »
Et, c'est VRAI, il n'y a qu'à voir l'état dans lequel se mettent certaines personnes dans la performance dont je vous parlais tout à l'heure où il s'agit seulement, dans un face-à-face, de la regarder sans rien dire. L'intensité de son regard donne VRAIMENT l'impression que non seulement elle vous voit, vous prend en considération mais aussi qu'elle vous comprend et je veux bien croire que des gens insuffisamment regardés craquent !
Bon, je vous vois sourire et vous demander : et moi, finalement, suis-je suffisamment regardé ? A vous de voir…
En tout cas, Jeanne va avoir l'opportunité de changer de vie - comment ? Suspense… et que va-t-elle faire ? Suspense aussi ! « J'ai l'impression qu'il y a deux Jeanne en moi, une qui a eu envie de cette vie calme et bien rangée et l'autre qui voulait être différente. La première a été la plus forte. Mais j'ai besoin, de temps en temps, de sentir en moi la présence de l'autre. »
Voilà le problème…
Alors moi, quand c'est comme ça et que mes pensées commencent à s'envoler comme celles de Jeanne et que je me dis que… et peut-être aussi que…., bref quand je sens que le danger existentiel rôde, alors je passe à l'action : aspirateur, tondeuse, lessive, repassage.
Et voilà, le tour est joué ! C'est ma recette-bonheur. Elle est simple, gaie, sans prétention, pas chère et terriblement efficace. Finalement, c'est pas ça qu'on appelle une performance ? Si ?
Je savais qu'au fond, j'étais une artiste !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          479
Fleitour
  15 septembre 2018
Jeanne attendait que passe le 18 heures 01. On pourrait dire que Jeanne avait une vie minuscule, comme dirait Pierre Michon. Ces petits riens dans la vie de Jeanne, sont minutieusement observés par Claudie Gallay. Ces presque riens accrochent chez Jeanne une pensée, une anecdote, une évocation qui la surprennent, son imagination décroche des images, et recréent l'histoire des passagers du soir.

Il suffirait peut-être d'un petit incident pour que la dame du 18 h 16, rencontre cet homme aux cheveux gris du 18 h 01.
Jeanne n'est pas seulement la spectatrice amusée des heures perdues, elle observe l'effervescence de tous les animaux qui gravitent dans son jardin, et comme un rite particulier le passage du renard à la fourrure rouge vers les 23 heures.
En quelques pages Claudie Gallay avec une grande minutie décrit le personnage central de ce roman. le cadre qui s'est décroché ajoute le grain de fantaisie, de cette femme si paisible, si bien rangée qui tous les jours se rend à son travail à la poste.

C'est la banalité apparente de Jeanne, et la banalité de son couple qu'elle forme avec Rémy, alors que les enfants, deux filles sont maintenant parties, c'est l'absence même d'une intrigue savante qui rend cette femme si émouvante quand elle nous dévoile le portrait de Marina Abramovic.

Quand on lit ce texte avec un peu de recul, on ressent l'amusement que suscite ce grand fou de bricolage, cet addict de l'étagère, cet expert de la peinture patinée, ce tyran de la mesure, ce paranoïaque de la place perdue. Comment accorder un peu de temps à Rémy pour des tâches qui deviennent si répétitives, que les surprises sont depuis longtemps, collées sur les murs de leur petit pavillon.

Cependant ce n'est pas une ambiance tragique qui va baigner ces 400 pages, car la magie de Jeanne, son originalité est de faire basculer la vie de sa famille vers la légèreté, grappillant ça et là, ces menus instants de liberté pour laisser son imagination la porter vers Marina.

Et d'autres moments de liberté vont la porter vers d'autres horizons, vers des audaces qui l'intimident, et qui la poussent à aller de plus en plus loin, explorer la vie, les autres à la manière de Bovary.
Entre son amie Suzanne, la vie à la ferme avec M'mé, les différents ridicules avec son collègue Nicolas, l'esprit de Jeanne vagabonde, de plus en plus souvent, avec un enthousiasme de plus en plus affirmé, jusqu'à la rencontre avec Martin un ami de jeunesse.

Il n'y a que cette femme pour surfer entre tous ces personnages, pour ne jamais les abîmer, ni les attrister, car elle possède cette farouche vertu, la délicatesse.

J'avoue que je suis rentré dans cette intrigue, à plusieurs voix, tant l'analyse de Claudine Gallais est toute en finesse. J'ai aimé ce dialogue à distance entre Martin et Jeanne, qui se sont appréciés, découverts à travers l'échange de mails, de plus en plus sincères.
Les lettres adressées à Marina Abramovic, montrent bien que Jeanne, met la juste distance entre le réel et la fiction.
C'est un jeu d'équilibre, puis une minuscule embardée qui gagnera le coeur de Jeanne. Mais elle aussi mesure, apprécie et décide ce qui est bien pour tous, page 322 : elle écrit cette citation de Marina, " les autres ne doivent rien décider pour nous."
Cette bienveillance, non pour elle-même mais pour les autres, éclate et apaise. Jusqu'au bout malgré son désir de rejoindre Martin au Japon, malgré sa rencontre avec Marina, elle reste fidèle à sa famille.
Page 344 Claudie Gallet écrit: "Elle a touché la main de la mère.
Elle l'a retenue un instant dans la sienne.
Doucement, comme on le fait d'un oiseau..
c'est l'enfance qui fait racine.
Jeanne revenait toujours à çà.
À cet ancrage."
Un quelque chose d'inoubliable beauté des jours.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          329

critiques presse (2)
LeFigaro   27 novembre 2017
Une femme s'autorise un pas de côté pour mieux goûter la beauté de l'instant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaCroix   06 octobre 2017
Claudie Gallay raconte quelques mois de la vie d’une femme conciliante à la croisée de sa vie, tentée un temps par un ailleurs.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (121) Voir plus Ajouter une citation
PeteplumePeteplume   17 février 2019
Le père voulait voir la mer. C'était son rêve. Il avait toujours remis à plus tard. Il ne faut pas reporter, les projets, les envies, celles de faire ou d'aller voir.
Commenter  J’apprécie          90
Ladybird123Ladybird123   18 novembre 2018
Où va l’âme des morts ? Qu’est-ce qu’il y a pour elles, après ? Est-ce que ça fait des étoiles ? Il ne savait pas répondre à tout ce qu’elle lui demandait. Il disait que, si on pouvait, il fallait croire, en Dieu ou à autre chose. Est-ce qu’il y a un enfer, un paradis ? C’est ici, le paradis, Jeanne, il ne faut pas vivre comme si c’était ailleurs. Et peut-être que le ciel répond, mais qu’on ne sait pas l’entendre. Et pour les étoiles ? Quoi, les étoiles ? Est-ce qu’il y en a une nouvelle pour chaque mort ? Et pourquoi est-ce qu’on est si seul ? On est pas tout seul, il y a des ponts, Jeanne, des ponts qu’on ne voit pas mais qui relient les gens, certains, avec d’autres, même avec des gens qu’on ne connaît pas. Et l’âme des salauds, est-ce que ça fait aussi des étoiles ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
Ladybird123Ladybird123   19 novembre 2018
Est-ce qu’il y a quelque chose après ? Elle a regardé le ciel. Elle l’a interrogé. Le ciel ne répond pas. Le ciel est encore plus silencieux que le père. Elle a posé sa main sur la terre. Voilà ce qui attend, et on fait comme si ça n’existait pas. On continue, presque gaiement, on croit que c’est toujours chez les autres, l’irrémédiable, dans les autres maisons, mais un jour c’est nous que ça frappe, c’est quelqu’un qu’on connaît, qui était là et qui était un peu nous et qui ne sera plus jamais là, ni ici ni nulle part. Il n’y a plus d’endroit où le chercher, aucune ville, aucune grange. Ce que l’on croyait jamais perdre est à jamais perdu. La voix, les gestes. Toutes ces choses que l’autre faisait. À la place, il reste un vide immense.
Et on est seul.
Alors on se demande si on aurait pu faire mieux. Si on a assez aimé. Si on s’est assez occupé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
BookycookyBookycooky   24 août 2017
Cet autre que l’on choisit, et qui devient un peu soi. Qu’est-ce que Jeanne connaissait de lui ? Qu’est-ce qu’elle savait de plus que ce qu’il voulait bien lui dire, ou lui laisser voir ? Vingt ans qu’ils vivaient ensemble. À partager, se divertir des mêmes choses. À se nourrir pareil. À dormir dans le même lit. Mêmes amis, mêmes habitudes. C’est comme si Jeanne avait abandonné une partie d’elle pour être lui. Et Rémy abandonné une partie de lui pour être elle.
Mais à l’intérieur?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          310
Ladybird123Ladybird123   20 novembre 2018
–Tu sais ce que je veux qu’on grave sur ma tombe ? a demandé Suzanne.
–Je ne sais pas, non.
–Les salauds, on peut les oublier, mais pas les autres. Je veux qu’on grave ça. Tu te rappelleras, ? Les salauds…
Elle a insisté.
Jeanne a dû répéter.
–Et toi, tu veux qu’on grave quoi ?
–Moi ?
Elle a réfléchi.
Elle a dit : Elle n’était pas parfaite mais elle a fait de son mieux.
Commenter  J’apprécie          330
Videos de Claudie Gallay (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claudie Gallay
Rencontre avec Claudie Gallay à la librairie la Galerne du Havre, pour la parution de "La beauté des jours".
autres livres classés : romanVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Claudie Gallay

Née à Bourgoin-Jallieu en ...

1941
1951
1961
1971

10 questions
36 lecteurs ont répondu
Thème : Claudie GallayCréer un quiz sur ce livre
.. ..