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ISBN : 2330081766
Éditeur : Actes Sud (16/08/2017)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 105 notes)
Résumé :
Jeanne a tout pour connaître un bonheur tranquille : deux filles étudiantes, un mari attentionné, une amie fidèle, un boulot stable. Passionnée par Marina Abramović, l’artiste-performeuse célèbre pour avoir, dans son travail, mis en jeu son existence, Jeanne n’aime pas moins les surprises, l’inattendu. Cet été-là, le hasard se glisse – et elle-même l’invite – dans son quotidien...
À travers la figure lumineuse de Jeanne et la constellation de pe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  25 août 2017
Du vent, une porte qui claque dans la maison, un cadre qui se détache du mur et se brise, une photo de Marina Abramović oubliée qui refait surface.......et devient le grain de sable dans l'engrenage du quotidien parfaitement réglé de Jeanne. Jeanne, mariée avec Rémy, un boulot, des jumelles à l'Uni, une jolie maison, un beau jardin fleuri, heureuse. Jeanne employée à la poste, Rémy magasinier à Auchan.
Abramovic est une artiste controversée. Moi-même, bien que très réceptive et ouverte à l'Art Contemporain, dont je pense parfois, du "n'importe quoi", d'autres fois le trouve "génial", les performances de l'Art corporel d'Abramovic me mettent mal à l'aise. Repousser les limites du potentiel physique et mental, défier la pudeur, la douleur, le silence, la solitude, la mort dans un milieu artificiel, je le vois comme de la provocation, dont je peine à voir la dimension artistique. D'autres artistes y se sont hasardés mais apparemment jusqu'aujourd'hui ,médiatiquement c'est celle qui a eu le plus de succès. Gallay, elle, elle est fascinée par Abramovic, sans aucun doute, et elle s'en inspire pour l'intégrer dans la vie de son héroine, cette force libératrice de l'Art, que je vous laisse découvrir.
Les chiffres, les séquences, les listes, le geste qui se répète régulièrement aux jours et heures précises, l'influence d'Opalka*, c'est la marque de Gallay qui revient dans tout ses livres ("Tout devient très compliqué quand les choses ne suivent pas leur cours").
L'écriture de Gallay est très belle, délicate, aérienne, vaporeuse, même un fait banal est exprimé avec beaucoup de grâce et d'émotion, ses phrases sont courtes, simples, sans fioritures. La solitude infinie des êtres qui s'en dégage est exprimée avec une grande douceur au point qu'elle en efface la tristesse. Elle touche au plus intime de notre être, notre monde intérieur, où l'amour même est un soupçon. C'est tout simplement magique !
J'aimerais que ses livres ne se terminent jamais, ce doit être ça le plaisir immense que nous donne une lecture, un plaisir infini......merci Claudie.
"Ce qui me calme......
La beauté des jours...."

*"Details d'Opalka" Claudie Gallay
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sandrine57
  22 août 2017
Dans sa petite ville de l'Isère, Jeanne, 43 ans, mène une vie tranquille et rangée : un pavillon avec jardin, un gentil mari qu'elle a épousé très jeune, des jumelles parties faire leurs études à Lyon, un travail au bureau de poste, une voisine meilleure amie pour échanger confidences et fous rires. Jeanne aime cette vie pétrie d'habitudes, de la piscine du lundi au repas dominical chez ses parents à la ferme. Pourtant, derrière une façade faussement lisse, Jeanne aime glisser un peu de fantaisie dans sa routine. Parfois, elle suit un inconnu dans la rue, juste pour le plaisir de se glisser dans les pas d'un autre. Et par-dessus tout, elle admire l'artiste serbe Marina Abramović, une performeuse qui sans cesse repousse les frontières de ses peurs, de son corps, de son mental. A travers elle, Jeanne interroge ses propres peurs, ses désirs, son goût du risque. Quand, par hasard, elle retrouve un amour de jeunesse, la femme tranquille ose sa propre performance...
Dans La beauté des jours, il y a d'abord le style Gallay, fait de phrases courtes et de descriptions minutieuses et détaillées des faits et gestes des personnages. Ici, il contribue à nous plonger dans la simplicité de ce quotidien que certains pourront qualifier d'étriqué, cette vie provinciale, routinière et sans surprises que mène cette femme d'habitudes. Mais il sait aussi souligner la beauté que l'on trouve en toute chose pour peu qu'on prenne la peine de la regarder. A travers le portrait d'une femme simple et heureuse, Claudie Gallay raconte le bonheur au quotidien qui accepte ce qu'elle a comme une chance mais qui ne reste pas béate. Elle sait aussi s'évader, surtout à travers son admiration sans bornes pour cette artiste serbe qu'elle suit depuis longtemps. C'est l'art dans ce qu'il a de plus absolu qui s'invite ici dans sa vie, lui rappelant que le beau, l'inutile et les expériences extrêmes existent et font du bien. Autour de Jeanne, à la fois transparente et secrète, gravitent des personnages très réussis, de la meilleure copine abandonnée par son compagnon au père fermier aigri de n'avoir eu que des filles, elles-mêmes mères de filles, personne pour reprendre la ferme, en passant par la grand-mère philosophe ou Rémy, le mari, trop prévisible peut-être, mais toujours tendrement amoureux.
Roman du temps qui passe, du bonheur ordinaire, de la vie qui s'écoule sans heurts, des petits riens qui font du bien, de la '''beauté des choses'', de l'art aussi, cette lecture raconte des gens normaux, des petites vies simples mais pas simplettes. Un personnage féminin lumineux, un roman superbe et une Claudie Gallay fidèle à elle-même mais qui ne déçoit pas.
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lucia-lilas
  10 octobre 2017
Au début, le livre m'a déplu, tout m'a déplu : le prénom du personnage principal, Jeanne, très en vogue actuellement - trop d'ailleurs - : qui donnait à sa fille le prénom Jeanne dans les années 75 ? Personne ! Alors, elle, elle s'appelle Jeanne et elle a quarante et quelques années. Elle a de la chance d'avoir un si beau prénom. Je l'imagine pensive - les Jeanne sont pensives – et calme. Elle porte un foulard vert et un gilet gris pas très neuf. Oui, je la vois bien comme ça. Elle est émerveillée par le monde, les petites choses du monde, la lumière, un renard, des abeilles qu'elle prend le temps d'observer, parce qu'elle a le temps, Jeanne.
Elle aime aussi l'art contemporain, les performances et son mari est un gentil abruti qui refait toute la cuisine, lui ramène des macarons tous les mardis (je pleure) et met des sous de côté pour aller en Grèce.
Bref, tout ça m'a énervée, peut-être parce que je n'y croyais pas, tout me semblait sonner faux. Un peu/beaucoup cliché, quoi. D'abord, j'aurais préféré qu'elle s'appelle Stéphanie, Sandrine ou Nathalie comme tout le monde à cet âge-là, qu'elle n'ait pas ce doux air rêveur-ailleurs-jevoisdeschosesquepersonnenevoit, qu'elle se tue au travail au boulot ET à la maison plutôt que de regarder les coccinelles se promener sur le rebord de la fenêtre ou les trains passer et qu'elle se réjouisse au moins UN PEU de côtoyer un homme qui l'aime et qui refait chaque année une pièce de la maison et sans râler en plus ! Ingrate ! Tu préfères quoi, toi, comme teinte pour la cuisine ? Je ne sais pas, je vais réfléchir cette nuit… Quand il n'y a plus qu'à choisir la couleur, ça va ! Grrrrrrrr !
Jalouse moi ? Ben OUI, peut-être, certainement même : 1. Parce que je ne m'appelle pas Jeanne, 2. Parce que j'ai intérêt à ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot avec ma marmaille et le boulot, 3. Parce que les jolies-belles choses de ce monde, je n'ai pas le temps de les contempler, voire je les écrase en marchant dessus (non intentionnellement bien sûr - attention chez moi, défense de tuer les araignées, elles sont énormes, peuvent rester six mois dans un coin, bien tranquilles, mais on n'a pas le temps de se causer elles et moi, chacun son taf), 4. Parce que j'aime l'art, contemporain et tout et tout mais de là à ce qu'il ait une influence sur ma vie… (sauf la littérature, bien sûr), j'en conclus donc que je suis hyper insensible.
Résumons : mon nom est nul, ma vie est nulle, je n'ai aucune sensibilité et l'art me laisse de marbre.
C'est pourquoi, Jeanne m'a énervée.
Mais, comme je ne suis pas du genre à ne pas finir un livre, je suis allée jusqu'au bout et… est-ce la simplicité de l'écriture qui m'a touchée ou la Jeanne et son malaise existentiel qui ont fini par m'avoir ? Je ne sais pas mais je me suis retrouvée complètement chamboulée (comme quoi, je ne suis pas si insensible que ça, na!), en pleurs, vidée… Les dernières pages m'ont bouleversée, je les ai trouvées tout simplement très belles et je me dis que comme une idiote, dès le début, j'aurais dû me laisser aller. Au lieu de ça, j'ai fait la fière, j'ai voulu résister (pourquoi ? Faudrait creuser… Un peu de frustration ? Il faudra que j'en parle à mon psy !) Bon, en tout cas, me voilà bien ! Depuis que j'ai refermé le livre, je pense à Jeanne souvent, comme quoi…
Que je vous présente enfin le sujet (comme vous êtes patient!)
Donc Jeanne - quel beau prénom quand même…- s'ennuie. (Ses grandes filles sont parties, elle ne semble pas partager grand-chose avec son mari, son boulot n'est pas bien passionnant MAIS, ses grandes filles vont bien (et c'est déjà pas mal), son mari l'aime (c'est appréciable aussi) et elle a un emploi (ce n'est pas donné à tout le monde) : alors quoi ? Fatiguée d'être heureuse, la nouvelle Bovary ? Une petite dépression qui s'annonce ? En tout cas, parfois les petites choses en entraînent de plus importantes (l'effet papillon, c'est ça?) : un coup de vent et un cadre se décroche, le verre se brise et une photo s'échappe. D'une de ses filles ? Non, pas du tout, c'est une photo de Marina Abramović. Quoiiii, vous ne connaissez pas cette artiste mondiAAlement connue ? Rassurez-vous, moi non plus (mais je me suis rattrapée et je suis allée voir sur Internet TOUTES ses prestations, pardon, ses performances.) C'est un professeur qui avait présenté à la classe de Jeanne cette artiste (comme quoi, on mesure mal la responsabilité des enseignants…) et soudain, Marina Abramović refait irruption dans la vie de notre héroïne - ou alors Jeanne l'avait en elle depuis bien longtemps, je crois plutôt à cela - et celle-ci de s'interroger soudain sur le sens de son train-train en particulier et de la vie en général, avec de vastes questions comme : « J'ai bientôt passé la moitié de ma vie, et je me demande ce que je vais faire de l'autre. » (c'est pas bon de s'interroger comme ça, ah non!) et l'on sent que petit à petit, elle se détache et plus elle s'éloigne de notre monde, plus elle se passionne pour le travail de l'artiste-performeuse (matrice/mante?) et va même jusqu'à lui écrire, régulièrement.
Marina Abramović (à travers différentes performances que je vous laisse découvrir - bon, c'est vrai, je n'ai pas tout compris du projet) semble vouloir tester les limites : de son corps (en le flagellant, en le coupant, en le congelant, en restant des heures dans la même position, en risquant de mourir...), de son esprit (en supportant la douleur, en communiquant avec l'autre par le regard, - cette performance appelée The Artist is present, MoMA, 2010 m'a vraiment impressionnée, si si ! -, en se séparant de l'être aimé…)
Bref, comme vous l'avez compris, Abramović n'est pas dans le train-train, elle, c'est le moins que l'on puisse dire, et surtout, elle OSE, elle FAIT et n'attend pas. Alors Jeanne s'interroge : « Ça t'arrive des fois de penser aux choses qu'on aurait dû faire et qu'on n'a pas faites ? » demande-t-elle à son amie Suzanne (encore un beau prénom pour la copine, grrrrr!). « Ce que vous faites me console de moi. » écrit-elle à Marina… C'est beau ça, hein ?
Devant la face médusée de son mari qui, pendant sa pause bière et entre deux coups de pinceau, essaie de comprendre l'intérêt grandissant de sa femme pour cette artiste, celle-ci tente de lui expliquer : « Il y a une force en elle qui libère ceux qui la regardent. »
Et, c'est VRAI, il n'y a qu'à voir l'état dans lequel se mettent certaines personnes dans la performance dont je vous parlais tout à l'heure où il s'agit seulement, dans un face-à-face, de la regarder sans rien dire. L'intensité de son regard donne VRAIMENT l'impression que non seulement elle vous voit, vous prend en considération mais aussi qu'elle vous comprend et je veux bien croire que des gens insuffisamment regardés craquent !
Bon, je vous vois sourire et vous demander : et moi, finalement, suis-je suffisamment regardé ? A vous de voir…
En tout cas, Jeanne va avoir l'opportunité de changer de vie - comment ? Suspense… et que va-t-elle faire ? Suspense aussi ! « J'ai l'impression qu'il y a deux Jeanne en moi, une qui a eu envie de cette vie calme et bien rangée et l'autre qui voulait être différente. La première a été la plus forte. Mais j'ai besoin, de temps en temps, de sentir en moi la présence de l'autre. »
Voilà le problème…
Alors moi, quand c'est comme ça et que mes pensées commencent à s'envoler comme celles de Jeanne et que je me dis que… et peut-être aussi que…., bref quand je sens que le danger existentiel rôde, alors je passe à l'action : aspirateur, tondeuse, lessive, repassage.
Et voilà, le tour est joué ! C'est ma recette-bonheur. Elle est simple, gaie, sans prétention, pas chère et terriblement efficace. Finalement, c'est pas ça qu'on appelle une performance ? Si ?
Je savais qu'au fond, j'étais une artiste !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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tynn
  27 octobre 2017
Une Emma Bovary contemporaine...
La banalité du quotidien de Jeanne se fissure quand elle croise un ancien ami du lycée. Comme un diablotin qui s'invite dans une vie trop bien rangée, cette rencontre va stigmatiser des désirs enfouis, d'autres envies, d'autres horizons, d'autres personnes. Cette rencontre l'interroge sur la vacuité d'une vie personnelle pourtant sereine et heureuse, mais incomplète, près d'un mari aimant mais sans surprise.
On se glisse dans ce roman comme un double invisible, accompagnant les habitudes banales et répétitives d'une femme sans secrets, mais dont l'esprit vagabonde au fil de ses rêveries, en regardant passer les trains. Les chapitres sont courts comme autant de flashs de vie, en famille, avec les amis, au travail, à la ferme des vieux parents. La narration est dépouillée, très descriptive des petites choses, installant une atmosphère de bonheur tranquille et de langueur, mais aussi d'ennui et de solitude.
J'ai d'ailleurs fini par me lasser de cette "non-atmosphère" un peu vaine. C'est évidemment une posture de narration mais cette originalité génère à la longue peu d'intérêt. Les épisodes concernant l'artiste conceptuelle* qui fascine Jeanne (sorte de double, libre et créatif) m'ont peu à peu agacée. J'ai terminé le livre en diagonale, peu touchée par ce portrait de femme et par cette introspection de non–dits trop cérébrale à mon goût.
*Marina Abramovic. Courant artistique de l'Art Corporel.
Rentrée littéraire 2017
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mumuboc
  15 septembre 2017
Jeanne vit près de son mari, Rémy,  ses deux filles, jumelles, Chloé et Elsa ont quitté le foyer. Elle travaille à la poste, travail sans grand intérêt où même là les tâches se répètent avec la même régularité. Elle est, pourrait-on croire heureuse, sa meilleure amie, Suzanne, vit dans la même rue qu'elle et sa vie est rythmée par le passage des trains au bout du jardin.
Mais Jeanne a des passions : les palindromes et une admiration pour Marina Abramovic et suit depuis longtemps "ses performances", véritables défis pour elle et à contrario avec sa vie si bien réglée.
Elle lit et regarde tout ce qu'elle peut trouver sur elle et lui écrit même des lettres de "fan" sur ses exploits mais qu'elle n'envoie pas toujours car même là, Jeanne n'ose pas.... Jusqu'au jour où elle concrétisera son rêve, ce monde intérieur que personne sauf elle, ne semble comprendre. C'est l'écho positif à sa vie pour elle sans attrait. Elle lui insuffle l'énergie, l'originalité dont elle rêve
Car elle, sa vie est simple et routinière, douce auprès de cet homme aimant, attentionné mais si différent d'elle : elle ne lui reproche rien mais il rêve de Dunkerque et elle de New York.....
Pour rompre cet ennui elle observe : les gens assis dans les trains, leur invente une vie, un rendez-vous, un amour. Elle part à l'aventure, son aventure en suivant dans la rue des inconnus, sans savoir où ils vont la mener. Mais cet été ce n'est pas tout à fait un inconnu qu'elle va suivre...... et à partir de ce moment là sa vie va prendre un autre sens, elle va se surprendre elle-même. Sa vie va s'animer et prendre des couleurs.
Et puis dans la vie de Jeanne, il y a ses parents, sa famille, très présente avec les visites dominicales qu'elle leur fait mais où pourtant il n'y a aucune chaleur, aucune démonstration. Ce sont des taiseux d'ailleurs elle n'en parle que comme le Père, La Mère, La M'mé. Pourtant avec cette dernière il y a un échange, parfois : cette dernière comprend peut être mieux Jeanne et lui fait part de son expérience, de ses pensées, ses réflexions.
Il y a également Emma, une de ses soeurs qui vit près de ses parents et qui attend un enfant, son père espérant un garçon, enfin, dans cette famille de filles, de "fentes" comme il dit, pour guérir de la peine d'avoir perdu le seul garçon qu'il ait pu avoir mais qui n'a pas vécu.... Peut être l'explication de la froideur et la tristesse qui règnent dans la ferme familiale.
Et puis il y a Zoé, la plus jeune des filles d'Emma : dans la famille on la trouve étrange, décalée mais Jeanne voit en elle la fillette et peut être la femme qu'elle deviendra et qu'elle aurait aimé être. Alors elle la regarde, l'observe et répond à ses questions en utilisant son parcours passé et appliquant ses rêves.
Les phrases sont courtes, précises mais elles rythment la vie monotone de Jeanne. On ressent ce temps qui s'écoule, doucement, sans heurts, seulement relevé par les performances de cette performeuse dont tous les exploits ont réellement été réalisés par elle. Cela peut sembler parfois un peu long, comme ces minutes qui s'égrainent dans le tic-tac lent d'une horloge mais cela, me semble-t-il, transcrit parfaitement la monotonie de la vie de l'héroïne.
J'ai parliculièrement été touché par l'évocation de cette île au Japon où l'on peut enregistrer nos battements de coeur et venir écouter ceux de quelqu'un qu'on a aimmé, même si cette personne n'est plus.... Beaucoup de beauté, de sensibilité.
Une longue promenade dans la vie d'une femme, simple, avec ses pensées, pas toujours avouées, ses réflexions sur la vie, sa vie un peu morne mais qu'elle voudrait tant changer mais en ayant peur du changement, sa famille, le milieu d'où elle vient, le manque d'amour exprimé au sein de celle-ci depuis son enfance. Mais aussi sur les femmes, sur elle, sur sa soeur Emma, sur Suzanne, cette amie au bord de l'abîme et qui est celle avec qui elle partage ce quotidien parfois si pesant. 
C'est l'existence d'une femme, qui subit, en apparence, sa vie mais qui est riche de ses pensées, ses désirs et de l'univers au milieu duquel elle rêve. Comment ses proches pourrait-il comprendre son attirance pour cet art si particulier de la performance, qui lui permet de vivre, de survivre. Elle n'est pas malheureuse, elle est simplement différente d'eux.  
Décalage entre notre monde intérieur et ce que les autres perçoivent de nous et peuvent-ils comprendre cet univers, ces passions, ce que nous sommes vraiment d'autant plus quand celui-ci est très loin du milieu d'où l'on vient.
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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critiques presse (2)
LeFigaro   27 novembre 2017
Une femme s'autorise un pas de côté pour mieux goûter la beauté de l'instant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaCroix   06 octobre 2017
Claudie Gallay raconte quelques mois de la vie d’une femme conciliante à la croisée de sa vie, tentée un temps par un ailleurs.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
myriampelemyriampele   10 décembre 2017
Rémy n'aimait pas les films de Rohmer. Il disait qu'il ne s'y passait rien.
Elle, elle adorait.
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lilie57lilie57   07 décembre 2017
A la ferme familiale, c'était par ciel plein qu'elle les voyait les étoiles. Le soir, elle sortait pisser dans le pré. La lumière lui tombait dessus.... Les WC modernes nous ont détournés de la beauté des ciels.
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BookycookyBookycooky   24 août 2017
Cet autre que l’on choisit, et qui devient un peu soi. Qu’est-ce que Jeanne connaissait de lui ? Qu’est-ce qu’elle savait de plus que ce qu’il voulait bien lui dire, ou lui laisser voir ? Vingt ans qu’ils vivaient ensemble. À partager, se divertir des mêmes choses. À se nourrir pareil. À dormir dans le même lit. Mêmes amis, mêmes habitudes. C’est comme si Jeanne avait abandonné une partie d’elle pour être lui. Et Rémy abandonné une partie de lui pour être elle.
Mais à l’intérieur?
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BookycookyBookycooky   23 août 2017
Jeanne se souvenait d’une performance violente, quand Abramović, la main sur le sol, avait planté un couteau entre chacun de ses doigts, à une vitesse incroyable, c’était très choquant, malgré les doigts écartés elle s’était coupée, plusieurs fois, elle avait recommencé, une histoire d’erreurs à comprendre, parce que dans la vie tout va très vite aussi, si on se trompe ça fait mal.
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BookycookyBookycooky   24 août 2017
J’ai longtemps cru qu’on devenait une artiste à partir d’une enfance difficile ou alors si on avait connu un drame ou bien la guerre, ou alors si on avait un don. Mais ce n’est pas ça. On devient artiste parce qu’on est sensible et parce qu’on est mal dans le monde. Ce n’est pas une question de don mais d’incapacité à vivre avec les autres. Et cette incapacité à vivre crée le don.
(Marina Abramović)
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Vidéo de Claudie Gallay
Rencontre avec Claudie Gallay à la librairie la Galerne du Havre, pour la parution de "La beauté des jours".
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