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EAN : 9782070425501
117 pages
Gallimard (02/10/2002)
3.62/5   82 notes
Résumé :
Qu'ils soient ambassadeur à Istanbul ou collectionneur d'art et amateur de belles femmes, soldats, prisonniers oui survivants de la guerre, tous les héros de Romain Gary sont des victimes du désespoir et de la folie humaine. Ils se débattent, s'agitent comme de pauvres pantins désarticulés et tentent en vain de résister aux forces qui les entraînent malgré eux...
Quelques nouvelles poétiques, souvent cruelles et désabusées, d'un grand magicien du rêve.
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Roggy
  13 novembre 2020
D'une plume poétique, subtile et pleine d'intelligence, Romain Gary confirme avec ces quelques nouvelles, une fois de plus, sa connaissance abyssale de l'âme humaine.
Son imagination empathique, capable de retranscrire parfaitement ce qu'il imagine que le personnage ressent, fait résonner en nous tous ces êtres perdus et leurs contradictions.
De son écriture suintent la fragilité et la détresse de l'être qui cherche sa place dans le monde et qui découvre l'éphémérité de la vie.
Dans une sorte de collision de récits, Romain Gary « accompagne » ses personnages avec une secrète lueur de bienveillance, abandonnant toute appréciation morale et laissant tout jugement en suspens.
Des fables tranchantes comme des lames de rasoir !
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MissG
  25 juin 2013
A travers ces cinq nouvelles, Romain Gary présente le genre humain sous plusieurs aspects, et pas toujours les meilleurs.
"Le luth", nouvelle la plus longue qui ouvre ce recueil, est la plus puissante de toutes.
Rien n'y est dit explicitement, tout s'y devine, et c'est ce qui fait la force de ce récit sur un ambassadeur amateur d'art et les inquiétudes de sa femme à son sujet : "Mais quel péril intérieur pouvait donc craindre un être dont toute la vie n'avait été qu'une longue journée de soleil, d'une visibilité parfaite, un lent et tranquille épanouissement d'une personnalité dans une vocation ?".
Si pendant une première partie c'est l'ambassadeur qui occupe de le devant de la scène, c'est sa femme qui prend le dessus dans la deuxième et aide le lecteur à mieux comprendre le pourquoi du comment : "Peut-être, pensait-elle, peut-être allait-il malgré tout arriver à l'âge de la retraite sans scandale, sans même que le monde s'aperçût ...".
Voilà une excellente entrée en matière et une belle leçon de littérature de Romain Gary qui rend à la nouvelle toutes ses lettres de noblesse.
Rarement drôles, ces nouvelles ont un goût d'amertume et d'acidité, de revanche et de mal fait à autrui, à l'image de la cinglante nouvelle "Le faux" où la maxime "Tel est pris qui croyait prendre" est éclairée sous un jour nouveau : "Vous voyez qu'il n'y a pas que mon Van Gogh qui est faux : le chef-d'oeuvre de votre collection l'est aussi."; ou encore de celle "Les habitants de la Terre", où la naïveté atteint son paroxysme avec un aveugle restant aveugle et imperméable à la méchanceté et à la cruauté humaine : "Il ne faut pas toujours imaginer le pire.", tandis que la jeune fille qu'il accompagne est réellement aveugle mais tout aussi naïve que son compagnon, elle a toutefois l'excuse d'avoir été traumatisée par la guerre et de vivre dans une forme de monde parallèle où plus rien ne l'atteint vraiment, c'est une âme vide dans une enveloppe charnelle : "La belle faveur de soie rose était défaite. le maquillage s'était brouillé, le rouge des lèvres était répandu sur les joues, sur le cou. La fermeture Eclair de la jupe était arrachée. Elle tirait maladroitement sur un bas qui refusait de tenir.".
Non seulement ces personnages sont naïfs, mais ils trouvent encore des excuses à ceux qui agissent mal : "Le pauvre, sans doute avait-il mal compris ce qu'on lui disait.", suscitant ainsi l'indignation et la colère du lecteur.
J'avoue ne pas en avoir cru mes yeux en lisant cette nouvelle et sa chute qui conclut par la même occasion ce recueil.
Et si certains personnages sont naïfs, d'autres sont au contraire extrêmement lucides, à l'image de ce prisonnier dans la nouvelle "Une page d'histoire" : "Si les poux peuvent lire l'avenir, s'il existe une puissance mystérieuse pour les avertir et les sauver à temps, tous les espoirs sont vraiment permis.".
Magnifique galerie de personnages qu'offre Romain Gary dans ces nouvelles, sous une plume toujours maîtrisée et extrêmement agréable à lire tant le style de l'auteur est plaisant et intelligent.
Une bonne façon de découvrir ou de redécouvrir cet écrivain marquant et incontournable de la littérature française.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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Cricri08
  14 février 2022
Cinq nouvelles sont rassemblées dans son recueil mais je ne l'ai pas toutes appréciées de la même manière. le luth m'a semblé la plus autobiographique, un parallèle intéressant entre Romain Gary et son oeuvre : tension latente entre son poste d'ambassadeur et une autre passion, plus artistique.
Le faux est ma préférée : elle concerne un expert d'art dont la priorité est l'authenticité et qui va subir la vengeance d'un collectionneur.
Une page d'histoire et Noblesse et Grandeur quant à elles, renvoient à des épisodes sombres de la deuxième guerre mondiale.
Les habitants de la Terre est la nouvelle la plus cynique, qui oppose la candeur de la démarche (emmener une jeune fille chez un médecin pour recouvrer la vue) et la réalité brutale lors du trajet (et la rencontre avec le chauffeur de camion).
En résumé, une opinion contrastée sur ce recueil très disparate.
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Sallyrose
  18 septembre 2018

Voici 5 nouvelles extraites du recueil Les oiseaux vont mourir au Pérou, paru en 1962.
Un texte m'a beaucoup plu, un autre m'a déprimée, un troisième s'est avéré intéressant. Je suis restée imperméable aux deux autres.
D'une façon générale, on retrouve les thèmes de l'auteur, l'amour, les apparences, l'exploitation de l'homme par l'homme, la part de cruauté que chacun enferme au fond de soi.
Le style est d'un fort classicisme même si, ici et là, j'ai retrouvé l'ironie chère à l'auteur, celle qui permet de mettre une distance face au tragique et au désespéré.
Je préfère ses romans.
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lecteur84
  05 mai 2014
Des nouvelles tournées essentiellement sur les effets de la guerre, les marques qu'elle laisse, les souffrances qu'elle véhicule. Il n'y a guerre que la première, qui n'y fait pas référence. tout en poésie, elle révèle tout de même l'interrogation de l'homme sur sa réelle destinée, l'interrogation majeure, ai-je réalisé ce pour quoi j'étais fait?
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
RoggyRoggy   14 novembre 2020
- Elle est encore venue me montrer sa langue, bredouille-t-il. Comme ça…
Il tire une langue interminable, enflée. Avec sa peau de mouton, ses cheveux et sa barbe hirsutes, son cou de taureau et des mains de géant, il ressemble à quelque monstre mythologique échoué dans la réalité. Le Macédonien n’est pas un « politique » il a bien tué quelqu’un – une vieille femme – mais pas pour une idée : pour la dévaliser seulement. En somme, c’est un pur.
- C’est curieux qu’elle te montre toujours la langue…
- C’est pas curieux, je l’ai étranglée…
- Ah ! bon, dit Zvonar.
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lecteur84lecteur84   05 mai 2014
je suis persuadé que vous avez du génie, papa, et qu'il y a en vous un très grand peintre ou un très grand sculpteur qui a été ligoté pendant toute une vie? Si bien qu' aujourd'hui, pour vous, chaque objet d'art est un reproche, un remords.
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lecteur84lecteur84   29 juin 2020
La beauté même des œuvres d’art ne faisait que l’exaspérer, parce qu’elle suggérait, avec une sorte d’impuissance, une perfection plus grande, plus totale, dont l’art n’était jamais qu’un humble pressentiment.
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YunnlithYunnlith   14 mars 2016
Je les entends, toutces ces âmes... Liberté ! Egalité ! Fraternité ! Justice ! Humanité ! Elles se ruent partout, arrêtent la circulation, débordent le service d'ordre... Elles grimpent sur les becs de gaz, sur les monuments publics... Le-droit-à-la-vie ! Le-droit-à-la-paix ! Le-droit-de-penser, de-parler, de-crier ! Le droit d'être obbsu, bègue, nègre, juif, homme ! Le droit d'être châtain ! Le droit d'être rouge, vert, jaune, noir ! Nous voulons, pour nos enfants, des morts naturelles ! Elles se répandent partout, arrachent les pavés, mettent le feu à la Maison de la Culture fasciste, forcent les cordons de police, reversent les tramways ! Une âme décorée de la Croix de fer est piétinée et jetée dans l'égoût. Tous les nuages sont couverts d'affiches : "Âmes libres, en avant !" et "Pour un front commun des âmes, unissez-vous !"
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Laura94Laura94   14 février 2015
Dans un monde où le truquage et les fausses valeurs triomphent partout, la seule certitude qui nous reste est celle des chefs-d'œuvre. Nous devons défendre notre société contre les faussaires de toute espèce. Pour moi, les œuvres d'art sont sacrées, l'authenticité pour moi est une religion...
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Videos de Romain Gary (49) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Romain Gary
« Il n'y a pas de solutions, il n'y a que des retards. Aussi faut-il aller vite. Vite comme Dominique de Roux [1935-1977] […]. Une course étrange, celle d'un immobile à grande vitesse ; comme un trou noir qui attire à lui, tout en se montrant insaisissable. […] […] Dominique de Roux n'a eu de cesse de se heurter aux panneaux de signalisation qui se dressaient sur son chemin. Ce n'est pas qu'il était une chouette aveugle, mais qu'il n'avait pas le temps de montrer des papiers en règle. […] […] « la crise d'un monde coïncidant avec la mienne ». le poète s'incarne dans les cendres de l'Histoire, ressent la souffrance de celui qui arrive trop tard pour souffler sur les braises, mais qui souffle quand même. le poète se couvre de cendres pour ne pas mourir. […] […]  Si Immédiatement est devenu un bréviaire de combat, un mot de passe pour les générations suivantes, ce « pamphlet » lui a fait tout perdre. […] « Pamphlet », le mot est réducteur, puisqu'il s'agit de fragments, de notes, de réflexions sur la littérature et le monde contemporain. Une sorte d'inventaire avant liquidation et de stock de munitions pour la guerre en cours. […]
[…] […] En 1976, il est encore traité de fasciste par le quotidien Libération, et se résout à lui faire un procès. Sa mort brutale le 29 mars 1977, d'un arrêt cardiaque au retour d'une mission au Brésil, paraît, encore aujourd'hui, suspecte […]. Mais sans doute sa légende n'a-t-elle pas besoin de cela, puisque Dominique de Roux avait déjà rejoint « la grande conjuration souterraine des réprouvés ou des suicidés de la société » (Le Cinquième Empire). » (Bertrand Lacarcelle, dans Réprouvés, bannis, infréquentables, Éditions Léo Scheer, 2018.)
« Romain Gary m'écrit : […] Laissez tomber ces règlements de comptes avec personne, par personnalités interposées. Une certaine absence de contenu qui vous enrage vous pousse à bourrer ce vide de têtes que vous piétinez avec l'impression de sentir enfin quelque chose de solide, de « bien là », sous vos sabots. Je ne connais personne en littérature qui ait dansé ces danses de scalp autrement que sur lui-même, en croyant toujours danser sur quelque autre victime expiatoire de sa conscience de vide intérieur, de cette angoisse de derviche tourneur. Vous avez plus de talent que vous ne vous croyez. […] Vous devriez, autrement dit, vous attaquer férocement, courageusement, impitoyablement à vous-même. Je est un contenu qui vous appelle, qui vous donne un grand rendez-vous littéraire. Mais on ne va nulle part en dansant autour de soi-même.
(21 octobre 1971.) »
« Immédiatement : itinéraire entre le double miracle de l'apparition des choses et de leur disparition. » (Dominique de Roux)
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Référence bibliographique : Dominique de Roux, Immédiatement, Christian Bourgois éditeur, 1972
Image d'illustration : https://www.causeur.fr/dominique-de-roux-pound-ginsberg-gaullisme-144657
Bande sonore originale : Carlos Viola - Echoes of a Lonely Church
Site : https://thegamekitchen.bandcamp.com/track/echoes-of-a-lonely-church
#DominiqueDeRoux #Immédiatement #LittératureFrançaise
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