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Martine Reid (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070341665
112 pages
Éditeur : Gallimard (01/03/2007)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 20 notes)
Résumé :

" Si vous deveniez auteur, vous perdriez la bienveillance des femmes, l'appui des hommes, vous sortiriez de votre classe sans être admise dans la leur. Ils n'adopteront jamais une femme auteur à mérite égal, ils en seront plus jaloux que d'un homme. Ils ne nous permettront jamais de les égaler, ni dans les sciences, ni dans la littérature ; car, avec l'éducation que nous recevons, ce serait les surpasser. "

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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Tandarica
  08 juillet 2016
C'est les vacances, on lâche prise et on s'amuse plus. Je pourrais donc vous la faire : de cette femme auteur, j'en lis sans modération. Mais ce jeu de mots est bien trop léger. Les quatre critiques déjà présentes se complètent pour proposer une incitation fort persuasive (j'en suis la preuve, puisqu'au départ je cherchais tout simplement un autre folio2€ à analyser sous toutes les coutures) à travers le résumé de Zazette97 ou les analyses et aveux de plaisir de lecture des trois autres (Sand94, Darcook et patacaisse). Je veux, pour ma part, après avoir souligné mon admiration pour la structure de ce récit, qui comporte aussi un poème (p. 38-39 des octosyllabes qui riment), des billets dans le style épistolaire, une mise en abyme et le procédé (je n'en dirai pas plus!) par lequel Natalie réussit le “plaisir de faire à la fois une action bienfaisante et une malice“ (p. 43), m'attarder sur la richesse de ce livre d'un point de vue éditorial. Il contient une présentation de Martine Reid, une note sur le texte (la collection reprend en effet souvent des textes extraits d'ouvrages plus amples), mais aussi en appendice des éléments biographiques, repères bibliographiques (aussi bien oeuvres de l'auteur qu'ouvrages généraux sur elle)et même, last but not least, la couverture qui reprend un détail de Henry Robert Morland, “Women reading by a paper-bell shade“. Pour moi, c'est de l'excellent travail de vulgarisation. Avec “ce sentiment de justice qui fait souvent pousser l'impartialité jusqu'à l'exagération“, je vais oser un appel à élargir le champ de cette collection de façon à inclure plus de littérature roumaine. Elle compte un titre de Mircea Eliade, “Incognito à Buchenwald“, auteur que je lisais assidûment dans mon adolescence, mais avec lequel j'ai aujourd'hui beaucoup de mal, mais là n'est pas le propos. Je n'ai pas connaissance d'un autre titre dans cette collection ou une autre similaire appartenant au fond classique de la littérature roumaine. Je crois que par delà l'approche très protectionniste (sans oublier la prolixité) du monde littéraire roumain actuel, il y aurait moyen de trouver.
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Zazette97
  23 août 2010

"La Femme auteur" est une nouvelle extraite des "Nouveaux contes moraux et nouvelles historiques" publiés pour la première fois en 1806 et issus de la plume de Madame de Genlis, femme de lettres française contemporaine de Madame de Staël et de George Sand, gouvernante du dernier roi de France Louis-Philippe 1er et auteure de plusieurs ouvrages éducatifs passablement oubliés.
Orphelines élevées dans un couvent parisien, Dorothée et Natalie sont aussi liées de tendre affection qu'opposées en caractère. Si l'une n'aspire qu'à satisfaire aux exigences voulues par la bonne société en se montrant raisonnable en toutes circonstances, l'autre apparaît beaucoup moins docile et envisage d'alimenter son goût pour le romanesque par l'entremise de l'écriture.
Craignant que la fantaisie de sa soeur entache sa réputation, Dorothée avertit Natalie des risques que comporte une telle entreprise, particulièrement lorsqu'on est une femme.
Elle parvient ainsi à faire entendre raison à Natalie.
Deux années s'écoulent et Natalie perd son mari. Une fois la période de veuvage passée à la campagne, elle revient à Paris et fréquente à nouveau les salons où elle retrouve Germeuil, un charmant jeune homme épris d'une femme mariée, la comtesse de Nangis.
Si Germeuil apprécie les qualités et la modestie de Natalie, son coeur n'en est pas moins déjà pris.
Alors que Natalie entreprend de lui rendre visite, elle découvre une romance écrite par Germeuil à l'attention de la comtesse et s'amuse à l'apprendre par coeur.
La connaissance d'un tel secret sauvera la mise des deux amants qui lui témoigneront tous deux la plus vive reconnaissance, bien que la comtesse en retire également une certaine jalousie.
Commence alors un triangle amoureux dont Natalie tente de s'éloigner, non sans cette abnégation à laquelle est sensible Germeuil.
Mais la comtesse de Nangis tombe gravement malade et décède rapidement. Germeuil semble accuser le coup facilement et déclare enfin ses sentiments à Natalie qui, méfiante, accepte de l'épouser à condition que tous deux observent un délai de réflexion.
Natalie se retire alors pendant plusieurs mois et rédige plusieurs textes dont un roman qu'elle accepte de faire publier afin de venir en aide à une famille nécessiteuse.
Si le roman se veut salué à l'unanimité, son auteure connaîtra un tout autre destin...
Voici un texte fort intéressant qui, par le biais d'une intrigue amoureuse, nous renseigne sur la mentalité d'une époque décidément peu encline à laisser les femmes disposer d'une quelconque indépendance.
"La femme auteur", d'inspiration largement autobiographique, évoque avec finesse et sans demi-mesure les dangers qu'encourent les femmes à faire preuve d'esprit, et plus encore, à en faire publiquement la démonstration.
Procès d'intention et avanie engendrée par la méfiance des femmes, l'intransigeance et la jalousie des hommes, tel est le sort réservé aux femmes de lettres.
Bien qu'ayant déjà lu cette nouvelle il y a deux ans, j'avais envie de me replonger dans cette courte histoire qui comporte pourtant son lot de rebondissements, de retrouver la candeur de Natalie cédant à l'amertume de l'auteure et de redécouvrir cette prose élégante dont je ne me lasse décidément pas.
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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Sand94
  20 septembre 2011
Dans cette nouvelle, Madame de Genlis met en scène deux soeurs : Dorothée et Natalie au caractère différent, montrant ainsi les deux rôles de la femme : l'un consacré à la famille, et à son rôle en société, l'autre animé par l'amour de la science, de l'étude et de l'écriture. La première respectueuse du rôle traditionnel de la bonne épouse, consolation du mari, l'autre aimant la liberté, annonçant déjà, à sa façon l'émancipation féminine.
La première partie de la nouvelle présente un dialogue intéressant entre les deux soeurs. Natalie veut écrire et pourquoi pas être publiée, ce qui offusque sa soeur Dorothée et fait réagir Natalie :
- Je vous entends : vous pensez qu'une femme, en devenant auteur, se travestit aussi, et s'enrôle parmi des hommes. (p.25)
Ecrire oui, se faire publier, non, car cela montrerait une prétention indigne d'une femme. Dorothée ne peut être plus précise sur le rôle de la femme en ce milieu du XIXème siècle :
La gloire pour nous, c'est le bonheur; les épouses et les mères heureuses, voilà les véritables héroïnes. (p.28).
Pas de bonheur de femme en tant que telle, d'épanouissement personnel, tout toujours est tourné vers l'homme et les enfants, dans une abnégation qui va jusqu'à l'oubli de soi. le savoir, la science résolument réservés à l'homme, ne peuvent intéresser la femme que dans le silence et le secret de son secrétaire intime.
Lien : http://leslivresdegeorgesand..
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Darkcook
  24 mars 2013
Lu l'an dernier, pour un cours sur les femmes écrivains notamment au XIXème... Beaucoup aimé, surtout pour la représentation de la condition de cette Femme auteur, son rapport à une société carnassière, à son mari... le propos ainsi que le personnage ont le mérite d'être clairs et efficaces dans un très court roman. C'est une mini-Corinne!
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alexSole
  31 août 2020
Une petite histoire très agréable à lire et prenante. Il y est question d'amour, mariage et de la célébrité d'une femme qui écrit, célébrité qui engendre des attaques violentes. C'est là que je ne comprends pas trop la morale de l'histoire qui sous entend qu'une femme devrait plutôt rester sage et raisonnable à la maison ! L'auteur étant une femme, c'est assez étrange de dire cela à moins que ce ne soit ironique mais on ne dirait pas.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Zazette97Zazette97   23 août 2010
La condition des femmes est, ainsi que toutes les autres, heureuse quand on a les vertus qu'elle demande; malheureuse, quand on se livre aux passions violentes, à l'amour qui nous égare, à l'ambition qui nous rend intrigantes, à l'orgueil qui nous corrompt et nous dénature. L'homme qui désirerait être une femme serait un lâche, la femme qui voudrait pouvoir devenir un homme ne serait déjà plus une femme.
(...)
Ne faites donc jamais imprimer vos ouvrages, ma chère Natalie; si vous deveniez auteur, vous perdriez votre repos et tout le fruit que vous retirez de votre aimable caractère. On se ferait de vous la plus fausse idée.
(...)
Vous perdriez la bienveillance des femmes, l'appui des hommes, vous sortiriez de votre classe sans être admise dans la leur. Ils n'adopteront jamais une femme auteur à mérite égal, ils en seront plus jaloux que d'un homme.
(...)
La gloire pour nous, c'est le bonheur; les épouses et les mères heureuses, voilà les véritables héroïnes. p.27
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Sand94Sand94   20 septembre 2011
Dorothée fut toujours, dans tous les temps, plus heureuse que sa sœur, parce qu’elle eut une prudence parfaite et une raison supérieure ; elle n’eut point de renommée ; ses aventures ne furent point romanesques ; elle n’inspira point de grandes passions, on l’aima sans emportement, mais avec constance ; son nom, inconnu dans les pays étrangers, ne fut jamais prononcé dans le sien qu’avec estime et vénération ; elle fut utile à ses amis, elle fit le bonheur de sa famille ; tout cela vaut bien un roman : et cette félicité si pure vaut bien la célébrité d’une femme auteur. (p.99)
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TandaricaTandarica   08 juillet 2016
Quand on satisfait une véritable passion, on peut facilement se passer de renommée.
p.28
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Zazette97Zazette97   23 août 2010
Les passions se forment et s'enflamment plus facilement dans le monde que dans la retraite; mais c'est dans la solitude qu'elles se nourrissent : c'est là qu'il est dangereux de porter l'amour; il n'y guérit point. p.64
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Zazette97Zazette97   23 août 2010
La grandeur d'âme qui s'élève au-dessus de l'envie et de la jalousie excite la surprise et l'admiration dans les hommes, et touche dans les femmes; il semble que toutes les vertus généreuses ne peuvent leur coûter d'efforts; elles ont en elles plus de charme que d'éclat, on les confond avec leurs grâces. p.56
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