AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 284137260X
Éditeur : Editions Jérôme Millon (18/11/2010)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Un photographe, 23 ans. Il est à Manille et suit les éducateurs de rue. Il découvre les enfants de la ville. Ceux qui errent dans les rues, abandonnés par leurs parents ou fuyant ces derniers pour des raisons multiples. C’est le soir de Noël. Les enfants s’accrochent à leur sac de colle en guise de cadeau. Leurs visages se noient dans le sac plastique qui les dévorent. Le sac se gonfle, se frippe, se gonfle, se frippe. Telle une méduse qui déploie ses tentacules aut... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
trust_me
  25 novembre 2013
« L'appareil photo autour du cou, je les regarde errer derrière la cataracte qui voile leurs cerveaux. Douze ans, parfois moins, ils ont l'oeil vitreux des vieux, ils ont vécu, c'est-à-dire assez souffert, ne veulent plus voir ni être vus. Autour de leurs bouches les sacs plastiques gonflent, rond, laiteux dans la lumière des phares, les halos des lampadaires, puis se rétractent, vides, réduits à une peau qu'un coup d'ongle suffirait à percer comme les mauvais préservatifs qu'on leur glisse dans la main, une fois la pochette déchirée d'un coup de dents et recrachée par terre, pour qu'ils la déroulent sur le sexe en érection d'un homme dont ils ont déjà oublié le visage, passant, chauffeur de taxi, client d'un hôtel, d'ici ou d'ailleurs un sexe en latex couleur blanc d'oeuf, et eux ce plastique blanc d'oeuf collé au visage. »
Manille. Les enfants des rues. La colle comme seule échappatoire. Les sacs dans lesquels ils respirent les vapeurs de benzène et d'acétone ressemblent à une méduse collée à leurs lèvres. « Et quand l'effet s'estompe, leur cerveau se disloque et leur corps se déchire, à l'intérieur, poumons, estomac, bronches, muscles, réseaux de nerfs à vif lentement sciés par le poison. » Ils ne leur reste que peu de temps mais en attendant « ils vivent, et n'imaginez pas que le mot sonne faux, monstrueux car ils vivent, dans cette petite mort leur coeur bat fort, ils ne se jettent pas sous les roues des voitures, ne se laissent pas couler dans l'eau noire du port, ne sautent pas des remparts de la vieille ville pour s'écraser quinze mètres plus bas [...] Ils effacent le monde, ils sont plus forts que lui ; le sac de colle bouffe le réel, le réel c'est quand ils veulent. Ils décident. Ils sont vivants. »
En à peine 40 pages Valentine Goby déroule quelques instantanés saisissants. Autant de photographies qui vous sautent à la gorge. Toujours sans misérabilisme, sans pathos malvenu. Les enfants de Manille prennent forme et vous serrent les tripes. L'image de la fillette de huit ans jouant avec une poupée le nez collé à son sac va me poursuivre longtemps. Peut-être parce que j'ai moi-même une fille de huit ans à la maison mais ça va au-delà de mes petites considérations personnelles. Parce l'auteure de Kinderzimmer a su mettre en mots l'innommable et que c'est une fois encore un petit miracle d'écriture.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
chocobogirl
  10 février 2014
Un photographe, 23 ans. Il est à Manille et suit les éducateurs de rue. Il découvre les enfants de la ville. Ceux qui errent dans les rues, abandonnés par leurs parents ou fuyant ces derniers pour des raisons multiples. C'est le soir de Noël. Les enfants s'accrochent à leur sac de colle en guise de cadeau. Leurs visages se noient dans le sac plastique qui les dévorent. le sac se gonfle, se frippe, se gonfle, se frippe. Telle une méduse qui déploie ses tentacules autour de leurs cerveaux brumeux. Ils « ne veulent plus voir ni être vus« et pourtant s'amusent bientôt à prendre la pose.
La mort les menace mais ils vivent.
Plus tard, l'appareil photo changera de main. Pour saisir le monde selon leur propre prisme.
Instantanés de rue. Instantanés de souffrance et d'oubli. En quelques pages, Valentine Goby déroule le fil d'une enfance abandonnée, meurtrie, soudée à une dépendance qui détruit et libère à la fois. Fort, poignant, son texte ouvre devant nos yeux des images puissantes qui s'imprime sur la rétine, sans même les avoir vu. Des yeux voilés par la cataracte. Des préservatifs dans de trop petites mains. Des corps qui oscille d'avant en arrière, des corps shootés qui ressemblent à la mort. Une petite fille devant une poupée aux tresses blondes. Des légendes sur des photos qui disent le monde. ça fait mal. On aurait aimé ne pas voir. Mais ils sont là, ces enfants méduses. Absents d'images invisibles mais bien présents dans les mémoires.
Lien : http://grenieralivres.fr/201..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
aubrun
  08 juin 2015
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
chocobogirlchocobogirl   10 février 2014
Des pupilles ouvertes sur un réel qui ne fait pas mal, qui peut être capturé, choisi, appuyer sur le bouton de l’appareil à un moment précis, trier le réel, prendre et refuser, pouvoir, au moins une fois et sans ce putain de sac de colle, décider de ce qu’on veut voir, de ce qu’il faut garder, emprisonner dans le regard, la mémoire, la chair, ce qui est beau pour soi.
Commenter  J’apprécie          00
chocobogirlchocobogirl   10 février 2014
Ils effacent le monde, ils sont plus forts que lui ; le sac de colle bouffe le réel, le réel c’est quand ils veulent. Ils décident.Ils sont vivants.
Commenter  J’apprécie          00
chocobogirlchocobogirl   10 février 2014
Ce sont des têtes de sacs, sans yeux, sans nez, sans bouche, aux cheveux noirs, des enfants méduses.
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Valentine Goby (56) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Valentine Goby
Chronique de Pascale Frey sur onlalu à propos de l'ouvrage "Un paquebot dans les arbres", de Valentine Goby, paru aux éditions Actes Sud en août 2016.
autres livres classés : légendesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Une preuve d'amour

Pourquoi les éleves croient-ils que Fantine est une mère horrible ?

Parce que elle se vend au homme
Parce que elle pas sa fille

8 questions
5 lecteurs ont répondu
Thème : Une preuve d'amour de Valentine GobyCréer un quiz sur ce livre