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EAN : 9782264077059
216 pages
Éditeur : 10-18 (03/09/2020)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 95 notes)
Résumé :
« J'ai encore tué quelqu'un. Je suis un tueur en série. D'accord, deux cadavres, c'est une petite série, mais c'est une série quand même. Et je suis jeune. Qui sait jusqu'où les opportunités me mèneront ? L'occasion fait le larron, le meurtrier ou la pâtissière. C'est documenté. »
La prison brise les hommes, mais la cage excite les bêtes.
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  28 décembre 2018
« J'ai encore tué quelqu'un. Je suis un tueur en série. D'accord, deux cadavres, c'est une petite série, mais c'est une série quand même. Et je suis jeune. Qui sait jusqu'où les opportunités me mèneront ? L'occasion fait le larron, le meurtrier ou la pâtissière. C'est documenté.  (…)
J'ai pris seize ans dans la gueule. Paf ! On m'assure que ça aurait pu être pire. Ce sera pire d'ailleurs, cette fois avec la récidive. Je pourrais ne jamais être remis en liberté. La liberté, c'est dans la tête. Et j'ai le crâne vaste. (…)
Je dirai la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Ce manuscrit peut être remis au juge, aux jurés, aux experts-psychiatres et à un éditeur. Je parie que ce sera un long procès et un bon livre. » (p.9/10)
Ainsi se présente la narrateur de « La Bête et sa cage », un livre de David Goudreault, écrivain québécois, également travailleur social et poète. Cet ouvrage fait partie d'une trilogie dont le premier livre est « La Bête et sa mère ».
Ce narrateur raconte avec un défaut de langue car il lui manque une dent de devant, ce qui le fait « fiffler ». Il raconte cet univers carcéral impitoyable (la prison de Donnacona) :  « La prison brise les hommes, mais la cage excite les bêtes. »
Si la couverture du livre est bien jolie, toute simple, avec une tourterelle posée sur la main d'un homme (le narrateur qui l'a apprivoisée) et le tout sur un fond jaune, l'histoire l'est moins.
On nous décrit les « compagnons de secteurs », tels que Papillon (qui prend le héros sous son aile) - Philippe le Philippin – Denis – Giuseppe – Molosse – Timoune – Bizoune et bien d'autres dont les noms sont aussi « exotiques ».
On nous révèle la vie de couples de chacun (des hommes avec des hommes, ce n'est pas si simple). On apprend comment faire pour arriver à se procurer des médicaments « spéciaux » que l'on détourne en drogue….
Tout est décrit de façon bien réaliste (pas de fioritures, de nombreux « sacres »…). La tension est toujours là avec la violence qui sévit.
Mais on rit aussi un peu, par exemple quand le narrateur répond à Édith, la travailleuse sociale, qui le suit et à qui il promet : « Ve pourfuis mes efforts, Edith, ve furveille mes fréquentations. Ve travaille sur moi. Gros sshantier ! » (p.40)
David Goudreault, qui était présent au dernier Festival America 2018, a démontré une fois de plus son talent avec son écriture rythmée et fi des passages crus (car c'est la vérité vraie), que l'on rencontre au fil de la lecture et c'est « très documenté. »
Je laisse le mot de la fin au narrateur, à la Bête : « Peu importe où vous m'enfermerez, je m'évaderai pour vrai. Je m'évaderai et parachèverai ma liste de vengeance, longue et dodue. Si vous pensez que je suis dangereux, vous n'avez encore rien vu !
Mais pour l'instant, j'espère juste être envoyé en institut psychiatrique, la prison, c'est trop fou pour moi. »
Des paroles qui laissent envisager une suite et c'est « Abattre la Bête » à lire rapidement pour rester dans l'ambiance : « ve vous le confeille… !
❤❤ ❤❤❤
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bilodoh
  14 juillet 2017
Une jolie couverture toute jaune avec un oiseau blanc dans une cage…

Une lecture estivale légère?
Je n'avais pas lu le précédent roman du même auteur « La bête à sa mère ». J'ai donc été tout à fait déconcertée par cette incursion dans la brutalité de l'univers carcéral.
« La bête », il écrit au je, c'est un condamné à une lourde peine qu'il purge dans une aile de « coucous » comme il le dit lui-même, une aile de « protection » pour des détenus qui ont des problèmes psychiatriques.

Il décrit sans le monde qui l'entoure la sodomie dont il est quotidiennement victime, les drogues qui circulent et la hiérarchie rigide entre les prisonniers. Son discours tantôt naïf, tantôt plein de sagesse, expose ses raisonnements logiques, mais parfois d'une logique tordue comme l'est sa vision de la réalité.
C'est un contexte horrible, violent, mais la tension dramatique est ponctuée de touches d'humour qui relâchent la tension et la rendent supportable.

Une lecture déconcertante mais fascinante, car la magie de la littérature, c'est de nous faire voyager dans des univers où on n'ira jamais et de nous permettre d'explorer la vie intérieure de personnages étranges. (Je n'irai jamais en prison pour hommes et je n'ai pas l'intention de faire une seconde carrière de meurtrière psychopathe!!!)
Je vais lire la suite!
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adtraviata
  17 mars 2020
On retrouve le héros (toujours anonyme) de la bête à sa mère, en prison évidemment suite à ses « aventures » du premier tome. Il est dans une aile psychiatrique mais dans une prison normale. Les pensionnaires de cette « wing » sont appelés les coucous. Et évidemment, dans ce microcosme fermé, notre narrateur va continuer à se faire des films, à interpréter les messages et comportements des autres dans le sens de sa mégalomanie : il croit que son agente pénitentiaire référente est amoureuse de lui, il cherche à attirer l'attention du caïd de service – et y réussit… et je ne vous raconte évidemment pas l'effet boule de neige qui fait monter la sauce. Sur la vie en prison, David Goudreault, travailleur social et animateur d'ateliers d'écriture, est vraiment bien « documenté » 😉
Encore une fois, j'ai lu partagée entre les yeux ronds et le fou rire (l'horreur aussi (attention risque de spoiler) : oh punaise, je n'ai pas vu venir le coup des tourterelles et pourtant j'étais prévenue depuis le premier tome) mais ce que j'ai encore plus apprécié dans ce deuxième opus, ce sont les jeux de mots, les à peu près, les figures de style, les innombrables références culturelles (je suis sûre d'en avoir loupé plusieurs, surtout les typiquement québécoises, mais ce n'est pas grave). Je vous en livre quelques-uns pêle-mêle, en attendant de lire le dernier titre de la trilogie qui s'appelle Abattre la bête, ça promet !
Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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Littecritiques
  18 juillet 2019
Percutant, ce deuxième tome de la trilogie de la bête est encore pour moi un véritable coup de coeur.
« J'ai encore tué quelqu'un. Je suis un tueur en série » sont les premiers mots de la bête. Sa vie reprend son cours là où on l'avait laissée avec le premier tome, en passant par la case prison. Condamné à seize ans de détention, ce jeune adulte nous raconte son quotidien « Je dirai la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Ce manuscrit peut être remis au juge, aux jurés, aux experts-psychiatres et à un éditeur. Je partie que ce sera un long procès et un bon livre ». Évaluée par le service psychiatrique, la bête est incarcérée dans le secteur de ce qu'il appelle « les coucous ». Il suit son objectif de devenir un grand mafieux. Il s'éprend de son agente correctionnelle, Édith, dans laquelle il croit avoir trouvé un amour rédempteur.
Avec ce récit, nous sommes directement plongés dans la brutalité de l'univers carcéral « La prison brise les hommes mais la cage excite les bêtes ». David Goudreaut, travailleur social en plus d'être écrivain, nous décrit sans artifice ce monde trop souvent tu. le réalisme est saisissant : violences entre codétenus, trafics en tout genre, agressions sexuelles, toxicomanie… le système est très organisé et hiérarchisé. D'ailleurs, il nous dresse assez vite l'organigramme pour que nous comprenions bien les rôles assignés à chacun.
L'écriture est saccadée, rythmée et tout s'enchaine dans une tension palpable : les bagarres, les entretiens avec Édith, les tatouages et les plans d'évasion. Pourtant, on sourit souvent face aux références culturelles erronées, aux surnoms donnés aux détenus, au regard décalé du protagoniste, aux réflexions tantôt naïves tantôt logiques de la bête « On a beau y être soumis depuis l'enfance, on ne s'habitue jamais au rejet, à l'humiliation. L'humain étant un animal social, même le plus bête d'entre nous a besoin de contacts fraternels, à l'occasion. Si le social s'atrophie, il ne reste que l'animal. L'animal blessé ». L'écriture est rude, elle frappe là où ça fait mal. Elle sévit. Elle ne se complait pas dans les formules types, le politiquement correct et les expressions toutes faites.
La bête, toujours aussi délirant, pense tromper tout le monde : ses compagnons de cellule, les agents de probation et les surveillants pénitentiaires corrompus. Il est sans pitié et se raconte des histoires pour justifier ses actes mais sa crédulité doublée de son zozotement intervenu en raison d'une absence de dent de devant, le rend attachant.
Finalement, la réflexion persiste sur le parcours de la bête : était-il prédestiné à devenir violent ou ses expériences de vie l'ont menées jusqu'ici ? Il n'a tout simplement pas eu de chance. Mal aimé ou pas aimé du tout. Il manque de tout et surtout d'amour alors il imagine : il imagine que sa mère lui écrit des lettres et cherche à le visiter en prison, il imagine qu'Édith est folle de lui, il imagine qu'il va devenir un grand mafieux, il imagine qu'il est libre… car « la liberté, c'est dans la tête ». Comme aurait sûrement dit Erasme après lecture, on ne naît pas bête, on le devient.
Lien : https://littecritiques.wordp..
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JeromeJeanJacques
  22 mars 2020
La Bête est toujours en quête de soi et à la recherche de sa mère ; il est plus esseulé que jamais, et à défaut de véritables relations humaines, il tente de se faire une renommée parmi les trafiquants et les petits malfrats.
Pendant son incarcération, il tombe sous la fascination des règles de la pègre, il croit trouver son salut en haut de la pyramide du banditisme. Et pour se faire reconnaître par ses co-détenus, il se dévoue corps et âme aux bassesses de l'univers carcéral.
Ce deuxième volet de la trilogie est bien plus déchirant que le premier ; car, la Bête est toujours en quête d'identité ; et s'il était le “méchant” dans le premier tome, ici il tombe sur pire que lui. Ses co-détenus, qui voient clair dans sa personnalité décousue, appâtent la Bête avec la promesse de devenir célèbre au sein de la Mafia. Malgré tout, il ne reste qu'un “bleu”, “un pion”... ce qui ne l'empêche pas de se construire un imaginaire de voyou haut en couleurs.
Ce tome est plus abouti que le précédent, dans la prose, et dans la construction des fantasmes qui animent la Bête — il devient plus attachant.
Le deuxième roman de cette série m'éclaire sur les projets de l'auteur : il veut brosser le portrait d'un enfant abandonné dès le plus jeune âge, et décrire tous les stades de sa vie aux prises des pires endroits possibles. Il fait de sa fiction, soit une autobiographie — car, c'est se demander si l'auteur n'a pas lui-même fait un peu de prison —, ou bien un plaidoyer des enfants maltraités.
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   06 janvier 2019
Je planais ; on me retournait dans mon aile. Tous les pénitenciers étaient en surnombre et personne ne désirait recueillir un nouveau coucou. (…) Hip hip hip hourra ! L’avocat ne partageait pas mon enthousiasme. J’étais tellement impatient de retrouver mon gang et mon amoureuse ; je m’emportais. Hip hip hip hourra même fi t’embarques pas ! Je n’allais laisser un avocat juif, j’en étais désormais convaincu, étouffer ma joie.
Surtout, et c’est là que tu as une chance de cocu, l’agente que tu as agressée a refusé de porter plainte au criminel. C’est évident, Ducon, je ne l’ai pas agressée, c’est ma conjointe ! Et f’est quoi fette hiftoire de cocu, pourquoi tu dis que v’ai une sshance de cocu ?
P.206
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bilodohbilodoh   13 juillet 2017
On a beau y être soumis depuis l’enfance, on ne s’habitue jamais au rejet, à l’humiliation. L’humain étant un animal social, même le plus bête d’entre nous a besoin de contacts fraternels, à l’occasion. Si le social s’atrophie, il ne reste que l’animal. L’animal blessé.

(p. 164)
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adtraviataadtraviata   17 mars 2020
If you can’t be them, beat them, aimait ruminer Watson Churchill, un politicien de l’Europe de l’Ouest. J’ai vu un documentaire sur lui à Canal D, entre deux enquêtes policières. Churchill a été fort utile pendant une guerre mondiale pour battre les skinheads et les nazis allemands. C’est Staline qui a fait le gros de la job, mais le petit chauve a habilement tiré son épingle du jeu. Le plus important, ce n’est pas tant d’être celui qui gagne la guerre que celui qui en profite le plus. Il ‘inspirait, Churchill. Staline aussi, mais autrement. J’aspirais à utiliser les stratégies du premier pour vivre dans l’opulence du second. (p. 173)
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nadiouchkanadiouchka   16 mars 2019
Tu m’écoutes ? Oh, désolé, ve réflésshiffait à quelque sshose d’important. Perdu dans mes pensées, je n’avais même pas remarqué qu’elle s’était assise. (…) Pour éviter de jeter de l’huile sur le feu, je n’ai pas relevé. Ve travaille fur moi ! V’effaie d’exprimer mes émofions… J’ai glissé les derniers mots de ma voix de miel en jetant un œil appuyé sur son bouquet de roses.
P.181
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nadiouchkanadiouchka   28 décembre 2018
Mon cœur se débattait dans sa cage. BAM ! BAM ! Je craignais de me casser les côtes en dedans. Je mettais le paquet, m’abandonnant corps et âme à ma performance, plus déterminé qu’une danseuse endettée.
P.61
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