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EAN : 9782760411869
Stanké (01/01/2016)
4.22/5   178 notes
Résumé :
Sur les conseils de son avocat, un jeune adulte condamné à seize ans de prison raconte son quotidien. On suit avec étonnement les lubies délirantes de ce prisonnier singulier qui, malgré la violence de ses codétenus et sa propre toxicomanie, demeure décidé à faire sa place parmi les grands criminels. De petits en grands méfaits, cet homme naïf, narcissique, sans pitié et pourtant terriblement attachant, construit ce qu’il voit déjà se dessiner comme une fulgurante ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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Absolument dingue ce livre.

Le milieu carcéral m'intrigue, il m'arrive de passer devant la prison de Fresnes et à chaque fois, je ressens quelque chose de particulier, en l'espace de quelques secondes, j'essaie de me projeter derrière ces murs. J'imagine ces hommes et ces femmes, enfermées, privées de liberté. J'imagine l'insalubrité mais je me trompe peut-être. Derrière ces fenêtres sales, l'intérieur est possiblement nickel, propre, accueillant. Je me surprends à vouloir que les conditions soient saines à l'intérieur. Ces hommes et ces femmes ont été jugés, ils et elles ont commis des actes plus ou moins répréhensibles, et une peine, plus ou moins longue, a été prononcée à leur encontre, mais, je ne leur souhaite pas le pire, étrangement.

Et quand bien même, condamnés à vivre entre quatre murs, la vie continue pour eux, les hormones continuent de travailler, les pulsions d'exister et leur psyché continue de ruminer.

La bête est ici un homme et dans sa cage, il n'est pas tout seul et doit s'accommoder des autres détenus, de leur testostérone, de la hiérarchie établie, de la privation, du manque ... de tout. D'amour surtout.

La bête n'est pas belle, et pourtant, pourtant j'ai eu envie de lui venir en aide. La bête à sa mère avait justement besoin d'une mère et de son amour. Il en a été privé.

Alors forcément, ça s'est détraqué en lui.

Je n'ai pu rester insensible à sa naïveté, touchante.

Ses réflexions d'incarcéré sont percutantes.

Un enculé en mal d'être. Qui se cherche.

Je n'aurai plus aussi souvent l'occasion de repasser devant la prison de Fresnes, la faute à la maladie qui nous a enlevé le papa, le papy, mon beau-papa que je visitais alentour, mais il y a une chose dont je suis certaine, c'est que j'ai très envie de découvrir le troisième et ultime tome de la Bête. Abattre la bête. J'appréhende. La puissance des mots, la force des deux premiers tomes m'ont quand même bien troublée, bien secouée... mais c'est en se confrontant à ce genre de parcours de vie que l'on peut aussi grandir, il me semble. J'ai appris, en lisant La bête et sa cage, que notre société a des failles. Je le savais déjà. Une piqûre de rappel. Douloureuse. On devient la bête. On ne naît pas bête.

Il y a des blessures qui ne guérissent pas.

Une écriture maîtrisée, non dénuée d'humour, oui, vraiment. J'ai ri !

Oui mais voilà, ce n'est pas la douce lecture apaisante.

Ce n'est ni tendre ni reposant.

Donc une lecture qui vaut le détour, à mon avis, mais à qui il faut ménager le moment adéquat.


Lien : https://seriallectrice.blogs..
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J'aurais certainement mieux apprécié l'humour noir de ce livre si je ne l'avais pas lu après « Un prisonnier modèle ». David Goudreault, comme Paul Cleave, prend comme personnage principal un tueur avec un ego surdimensionné qui espère manipuler tout le monde au milieu de ces violences carcérales. L'auteur a un don pour tout mettre à contrepied et sait manipuler la langue avec brio.

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Une jolie couverture toute jaune avec un oiseau blanc dans une cage…


Une lecture estivale légère?

Je n'avais pas lu le précédent roman du même auteur « La bête à sa mère ». J'ai donc été tout à fait déconcertée par cette incursion dans la brutalité de l'univers carcéral.

« La bête », il écrit au je, c'est un condamné à une lourde peine qu'il purge dans une aile de « coucous » comme il le dit lui-même, une aile de « protection » pour des détenus qui ont des problèmes psychiatriques.

Il décrit sans le monde qui l'entoure la sodomie dont il est quotidiennement victime, les drogues qui circulent et la hiérarchie rigide entre les prisonniers. Son discours tantôt naïf, tantôt plein de sagesse, expose ses raisonnements logiques, mais parfois d'une logique tordue comme l'est sa vision de la réalité.

C'est un contexte horrible, violent, mais la tension dramatique est ponctuée de touches d'humour qui relâchent la tension et la rendent supportable.

Une lecture déconcertante mais fascinante, car la magie de la littérature, c'est de nous faire voyager dans des univers où on n'ira jamais et de nous permettre d'explorer la vie intérieure de personnages étranges. (Je n'irai jamais en prison pour hommes et je n'ai pas l'intention de faire une seconde carrière de meurtrière psychopathe!!!)

Je vais lire la suite!

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On retrouve le héros (toujours anonyme) de la bête à sa mère, en prison évidemment suite à ses « aventures » du premier tome. Il est dans une aile psychiatrique mais dans une prison normale. Les pensionnaires de cette « wing » sont appelés les coucous. Et évidemment, dans ce microcosme fermé, notre narrateur va continuer à se faire des films, à interpréter les messages et comportements des autres dans le sens de sa mégalomanie : il croit que son agente pénitentiaire référente est amoureuse de lui, il cherche à attirer l'attention du caïd de service – et y réussit… et je ne vous raconte évidemment pas l'effet boule de neige qui fait monter la sauce. Sur la vie en prison, David Goudreault, travailleur social et animateur d'ateliers d'écriture, est vraiment bien « documenté » 😉

Encore une fois, j'ai lu partagée entre les yeux ronds et le fou rire (l'horreur aussi (attention risque de spoiler) : oh punaise, je n'ai pas vu venir le coup des tourterelles et pourtant j'étais prévenue depuis le premier tome) mais ce que j'ai encore plus apprécié dans ce deuxième opus, ce sont les jeux de mots, les à peu près, les figures de style, les innombrables références culturelles (je suis sûre d'en avoir loupé plusieurs, surtout les typiquement québécoises, mais ce n'est pas grave). Je vous en livre quelques-uns pêle-mêle, en attendant de lire le dernier titre de la trilogie qui s'appelle Abattre la bête, ça promet !


Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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Percutant, ce deuxième tome de la trilogie de la bête est encore pour moi un véritable coup de coeur.

« J'ai encore tué quelqu'un. Je suis un tueur en série » sont les premiers mots de la bête. Sa vie reprend son cours là où on l'avait laissée avec le premier tome, en passant par la case prison. Condamné à seize ans de détention, ce jeune adulte nous raconte son quotidien « Je dirai la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Ce manuscrit peut être remis au juge, aux jurés, aux experts-psychiatres et à un éditeur. Je partie que ce sera un long procès et un bon livre ». Évaluée par le service psychiatrique, la bête est incarcérée dans le secteur de ce qu'il appelle « les coucous ». Il suit son objectif de devenir un grand mafieux. Il s'éprend de son agente correctionnelle, Édith, dans laquelle il croit avoir trouvé un amour rédempteur.

Avec ce récit, nous sommes directement plongés dans la brutalité de l'univers carcéral « La prison brise les hommes mais la cage excite les bêtes ». David Goudreaut, travailleur social en plus d'être écrivain, nous décrit sans artifice ce monde trop souvent tu. le réalisme est saisissant : violences entre codétenus, trafics en tout genre, agressions sexuelles, toxicomanie… le système est très organisé et hiérarchisé. D'ailleurs, il nous dresse assez vite l'organigramme pour que nous comprenions bien les rôles assignés à chacun.

L'écriture est saccadée, rythmée et tout s'enchaine dans une tension palpable : les bagarres, les entretiens avec Édith, les tatouages et les plans d'évasion. Pourtant, on sourit souvent face aux références culturelles erronées, aux surnoms donnés aux détenus, au regard décalé du protagoniste, aux réflexions tantôt naïves tantôt logiques de la bête « On a beau y être soumis depuis l'enfance, on ne s'habitue jamais au rejet, à l'humiliation. L'humain étant un animal social, même le plus bête d'entre nous a besoin de contacts fraternels, à l'occasion. Si le social s'atrophie, il ne reste que l'animal. L'animal blessé ». L'écriture est rude, elle frappe là où ça fait mal. Elle sévit. Elle ne se complait pas dans les formules types, le politiquement correct et les expressions toutes faites.

La bête, toujours aussi délirant, pense tromper tout le monde : ses compagnons de cellule, les agents de probation et les surveillants pénitentiaires corrompus. Il est sans pitié et se raconte des histoires pour justifier ses actes mais sa crédulité doublée de son zozotement intervenu en raison d'une absence de dent de devant, le rend attachant.

Finalement, la réflexion persiste sur le parcours de la bête : était-il prédestiné à devenir violent ou ses expériences de vie l'ont menées jusqu'ici ? Il n'a tout simplement pas eu de chance. Mal aimé ou pas aimé du tout. Il manque de tout et surtout d'amour alors il imagine : il imagine que sa mère lui écrit des lettres et cherche à le visiter en prison, il imagine qu'Édith est folle de lui, il imagine qu'il va devenir un grand mafieux, il imagine qu'il est libre… car « la liberté, c'est dans la tête ». Comme aurait sûrement dit Erasme après lecture, on ne naît pas bête, on le devient.


Lien : https://littecritiques.wordp..
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation

Les poètes sont encore plus paresseux que les détenus. Ils ne remplissent pas le quart de leurs pages, c'est du grand n'importe quoi. Je voulais de la vraie lecture alors j'ai fouillé par moi-même. J'ai repris Le Secret, pour la quatrième fois. Avec la ferme intention de le finir. Puis je me suis trouvé une histoire de dragons avec des chevaliers et de la magie, ça c'est toujours bon. Le genre le dit : c'est fantastique !

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On a beau y être soumis depuis l’enfance, on ne s’habitue jamais au rejet, à l’humiliation. L’humain étant un animal social, même le plus bête d’entre nous a besoin de contacts fraternels, à l’occasion. Si le social s’atrophie, il ne reste que l’animal. L’animal blessé.

(p. 164)

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If you can’t be them, beat them, aimait ruminer Watson Churchill, un politicien de l’Europe de l’Ouest. J’ai vu un documentaire sur lui à Canal D, entre deux enquêtes policières. Churchill a été fort utile pendant une guerre mondiale pour battre les skinheads et les nazis allemands. C’est Staline qui a fait le gros de la job, mais le petit chauve a habilement tiré son épingle du jeu. Le plus important, ce n’est pas tant d’être celui qui gagne la guerre que celui qui en profite le plus. Il ‘inspirait, Churchill. Staline aussi, mais autrement. J’aspirais à utiliser les stratégies du premier pour vivre dans l’opulence du second. (p. 173)

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Question sodomie, je suis un homme passif ; j'attends que ça passe. Dès mon atterrissage en prison, j'ai conclu que c'était la meilleure attitude à adopter. Me débattre excitait mon agresseur. Déjà que je n'éprouvais aucun plaisir, je n'allais pas attiser le sien.

La société est pleine de préjugés face aux enculés. On ne fait rien de mal pourtant. Ce sont les enculeurs qui se salissent les mains, entre autres. Particulièrement dans les cas d'agressions sexuelles, comme celles que je subissais depuis mes premières heures de détention. Toutefois, les préjugés pèsent toujours sur le dos de l'enculé, et c'est le cas de le dire. Je n'ai jamais voulu l'être et n'ai jamais rien fait pour en arriver là. C'est très néfaste pour l'estime de soi, être enculé. Cependant, on traite jamais personne d'enculeur. C'est une injustice profonde. Pour mon malheur, ce n'est pas demain la veille que nous verrons se lever des groupes de défense des enculés.

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Il y a trop de malaise à parler des races de nos jours. C'est ça, le véritable racisme, cette obstination à tout niveler sans reconnaître les différences. Les Noirs aiment le sport, les Jaunes aiment les mathématiques, les Bruns aiment les tapis et les Blancs aiment étendre leur territoire et exterminer ce beau monde. C'est documentaire ; filmé et documenté.

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