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ISBN : 2226231560
Éditeur : Albin Michel (02/11/2011)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 73 notes)
Résumé :
XIIIᵉ siècle. Jaufré, un enfant abandonné devenu troubadour, revient chez lui, à Pamiers, en Languedoc. Il y retrouve sa nourrice Thomette, son demi-frère Alexis, le père abbé Aymar qui l'a élevé, le luthier qui l'a initié à la musique et tout un petit peuple haut en couleur.
Dans cette ville où rôde l'Inquisition, Jaufré va découvrir l'amour et un mystérieux manuscrit hérétique dans les combles de l'église. Vont alors peu à peu se dévoiler les énigmes... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
TheWind
  23 mai 2015
A l'époque où la télévision et le multimédia n'existaient pas, nos aïeux se retrouvaient près de l'âtre pour écouter les légendes et histoires incroyables qui survivaient au temps et perduraient de génération en génération.
Ouvrir le roman « L'enfant de la neige », c'est se retrouver à l'une des ces veillées, c'est s'apprêter à retrouver son âme d'enfant et suivre avec de grands yeux ouverts l'histoire de Jaufré, troubadour, « coureur  d'amour » narrée par Henri Gougaud, talentueux conteur.
Et avec cet auteur originaire du Languedoc, me voici revenue à ma grande joie en terre cathare. (Pour ceux ou celles qui me suivent un peu, vous savez à quel point l'histoire des Cathares m'intéresse et me touche.)

Nous sommes à Pamiers au XIIIème siècle. L'Inquisition est passée par là, il y a bien des années, pourchassant et décimant ceux qui osaient croire en une religion autre que celle prônée par l'Eglise de Rome. Pour l'heure, plus rien ne semble troubler la ville de Pamiers.
Jaufré, un jeune troubadour, y retrouve sa famille d'adoption : sa nourrice Thomette, Alexis le fils de cette dernière, Aymar le père abbé du couvent qui l'a élevé comme son propre fils, Vitalis moine copiste bourru et féru d'auteurs grecs et Anthelme le luthier. Heureux de ces retrouvailles chaleureuses et sincères, Jaufré tombe par hasard sur un mystérieux manuscrit exprimant des idées hérétiques. Effaré par ce qu'il y lit, le jeune homme n'a alors de cesse de retrouver l'auteur de ces troublants et inquiétants écrits.
Jaufré, à travers sa quête, lèvera alors bien des voiles sombres sur son passé, mais surtout sur celui des personnes qu'il aime, bouleversant ses certitudes et ses rêves.
On entre dans l'histoire de Jaufré le Trouvé lentement sans trop savoir à l'avance si elle nous plaira , en faisant connaissance avec ces personnages qui se révèlent au fil du roman, captivants et attachants et on achève cette histoire, le sourire aux lèvres et grandi.

La langue est belle, les mots ensorceleurs, les émotions pures.
Laissez-vous bercer par cette histoire admirable où se mêlent tour à tour poésie, amour, suspense, révélations inquiétantes, tourments et pardons...
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latina
  26 juillet 2015
« Quel drôle de siècle, vraiment, où sont nés sous le même ciel et quasiment à la même heure le bourreau et le troubadour, l'inquisition, le vide d'âme, et le chant des coeurs accordés ».
Quel drôle de siècle, oui, ce 13e siècle...Mais est-il moins bien que le nôtre, tout entier tourné vers des occupations qui nous jettent hors de nous-mêmes et nous font oublier qui nous sommes ? le nôtre où le bourreau côtoie toutes les espèces d'inquisition?
Laissons Jaufré à son époque, même s'il se lamente, même s'il croit que le mensonge est à l'origine de sa vie. Sa nourrice lui a toujours chanté à l'oreille qu'il était « l'enfant de la neige », l'enfant trouvé alors que le givre s'accrochait aux buissons. Il a été élevé dans l'amour par le père prieur Aymar, pourtant homme fier et hautain, en compagnie D Alexis, le fils de sa nourrice. Mais Jaufré s'est voulu troubadour et a déserté cette vie paisible.
le voici, au début du roman, revenu après 7 ans. Ce retour déclenche la venue de la vérité, mais quelle vérité ? Car « la vérité prend les couleurs des saisons, elle se travestit, se flétrit, meurt malheureuse et revient forte ». de mystère résolu en mystère à venir, de mensonge avoué en vérité déguisée, Jaufré avance dans le noir de son passé et du présent. Aidé par Alexis, mais aussi par les anciens – Anthelme le luthier, la vieille femme qui se meurt dans le grenier de l'auberge, Vitalis le moine copiste – Jaufré va de découverte en découverte.
Sur fond d'inquisition, de bûchers, de château abandonné après une tragédie, de couvent noir et froid, le dévoilement du passé se fait, mais l'amour surgit...
Henri Gougaud signe ici un roman prodigieux, où la truculence du verbe se mêle à la poésie la plus pure (« Parlons, puisque vous le voulez, quoique cela me semble aussi peu profitable que de pisser au pied d'un arbre pour imiter le bruit des vagues contre les récifs océans » mais aussi « Tu partiras, je le sais bien, et je resterai comme un arbre abandonné par les oiseaux »), où les réflexions sur la vie et son cortège de désespoirs et de joies se mélangent aux préoccupations les plus triviales.
Oui, Gougaud est un sage, il nous peint l'âme de mille couleurs pour nous permettre d'avancer malgré tout dans notre siècle difficile. En tout cas, il m'a aidée, moi, en soulignant l'éphémère mais en ne cachant pas l'Invisible.
« Les misères s'usent aussi. Elles sont comme des tintamarres, elles viennent, elles sont assourdissantes, elles occupent toute la vie, puis elles s'éloignent peu à peu, elles se rapprochent du silence, elles tombent dedans et voilà, elles ne nous incommodent plus ».
Je quitte ce monde précieux sur la pointe des pieds, lestée de courage et de profondeur.
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BazaR
  18 mai 2019
Je me suis lancé dans ce roman pour combler un manque de bouquin durant un voyage en train. Je ne savais pas bien à quoi m'attendre. Plus exactement, je me doutais que j'aurais affaire à un livre plus « littérature blanche » que ce que je lis d'habitude, où la guerre, les complots ou le meurtre ne sont pas au centre de l'intrigue. C'est ce qui m'a attiré en somme, cela et le fait que l'histoire se place en Occitanie médiévale.
Jaufré le Trouvé, revient dans sa ville de Pamiers (Ariège), retrouve ceux qui l'ont élevé, ceux qu'il a « abandonné » pour courir les routes. Très vite empêtré dans une toile de pesants secrets, il est bien décidé à les dévoiler, quelles qu'en soient les conséquences pour lui et pour ses proches.
Henri Gougaud nous immerge tout habillés dans la vie de tous les jours de cette petite ville d'Occitanie, à une époque où la religion catholique réglait chaque heure de la vie, où l'éradication de l'hérésie cathare par l'Inquisition est vive dans les mémoires. Il fait vivre des personnages forts dont le poids des péchés et des déceptions pèse lourdement sur la conscience mais qui marche cependant droit, sans se plaindre. Jaufré devra les espionner, leur arracher les mots de la bouche pour dévoiler la boue du passé. Mis au jour au milieu de l'austère train-train quotidien, les révélations font l'effet d'autant de bombes.
Tous les personnages manient la langue française avec expertise et poésie, avec une claire théâtralité que je n'imagine pas réaliste mais qui magnifie assurément le roman. La langue de Gougaud est délectable. Elle grandit des personnages déjà consistants comme le moinillon Alexis, frère de Jaufré, le magnifique moine bibliothécaire Vitalis au langage peu châtié ou le père Aymar à la dualité si marquée.
Seul le personnage principal, Jaufré, m'a paru trop creux. Sa vie aventureuse sur les routes, son talent de créateur de chanson, ne semblent pas avoir sculpté sa façon sa pensée autant qu'elle aurait dû. Il est vide, et d'autant plus affamé de dévoiler les secrets qui concernent sa vie d'enfant. C'est cependant peut-être la volonté de l'auteur, afin qu'il serve avant tout de caisse de résonance à ses fabuleux interlocuteurs.
J'avoue avoir été surpris par les dernières lignes. (ATTENTION GROS SPOIL, à lire seulement par ceux qui connaissent le roman) J'ai refermé le roman ravi, avec l'envie de lire d'autres récits d'Henri Gougaud. Rien que cela est un succès.
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joedi
  03 mai 2015
Jaufré, après sept années d'absence passées sur les routes pour l'apprentissage du métier de troubadour, revient dans le village de sa naissance. Enfant, il fut trouvé par le père abbé Aymar devenu le Prieur d'un couvent à Pamiers, dans l'Ariège en Languedoc. Cette histoire contée se déroule au XIIIᵉ siècle. C'est avec bonheur que Jaufré retrouve son demi-frère Alexis, devenu moinillon, sa nourrice Thomette, Anthelme, le vieux luthier chez qui il va loger, et son père le Prieur Aymar qu'il craint et dont il voudra connaître les secrets. Jaufré découvrira l'amour auprès d'une jeune fille sans nom, comme lui c'est une enfant trouvée ; il la nommera Delphine.
Henri Gougaud fait preuve d'une grande maîtrise dans une écriture peu courante et très belle, son roman surprenant nous plonge au coeur du Moyen Âge.
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Ode
  06 juillet 2014
« Quel drôle de siècle, vraiment, où sont nés sous le même ciel et quasiment à la même heure le bourreau et le troubadour, l'inquisition, le vide d'âme, et le chant des coeurs accordés. Allons, Jaufré, par sacrée chance tu es tombé du bon côté. »
Nous sommes au XIIIe siècle à Pamiers, un petit village du Languedoc. Jaufré est l'enfant de la neige, recueilli un matin de frimas par l'austère abbé Aymar et la bonne nourrice Thomette. Puis un jour, il a fui les siens pour devenir « trouveur de chansons ». Revenant avec sa troupe de saltimbanques près de Pamiers, Jaufré y retrouve avec appréhension ses proches. Comment vont-ils l'accueillir ? Lui en veulent-ils toujours de sa fuite ? Ce retour va le bouleverser, le poussant à découvrir un pan ignoré du passé, mais aussi l'amour...
Ce petit livre sur le thème du retour au pays natal est bien plus profond qu'il n'y paraît, illustrant combien est fine la membrane qui sépare le bien du mal. J'y ai vu une parabole sur l'amour : celui de Dieu et l'amour humain. Certains, comme des moines de l'abbaye, doutent de leur foi et peinent à trouver Dieu. Des courageux ont choisi une voie différente de l'Eglise, déclenchant les foudres de l'Inquisition. D'autres, comme Anthelme, le vieux maître de musique de Jaufré, le vivent dans la musique. Quant à l'amour qui porte Jaufré vers la « Dame sans Nom », il a un goût d'absolu et de mystère, célébrant l'éternel féminin.
Ce récit est aussi celui du passage douloureux de l'enfance à l'âge adulte. Jaufré et son frère Alexis incarnent la fougue des jeunes gens prompts à s'emporter et à juger sans appel, face à des aînés que les heurts de la vie ont amenés à faire des compromis ou à pardonner. le père y joue un rôle clé, avec un intéressant contraste entre le prieur Aymar, si dur en apparence, et le maître de musique, fantaisiste et magnanime.
Mais tout ceci ne serait rien sans la langue exceptionnelle qui magnifie le texte. le style d'Henri Gougaud est rocailleux et imagé, donnant force et dynamisme à l'ensemble. Il sait aussi se faire poétique dès qu'il s'agit de musique ou d'amour.
"L'enfant de la neige" est vraiment un livre à découvrir car au-delà de sa dimension historique, il touche à l'essence même de l'humain et du divin.
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critiques presse (2)
Telerama   07 décembre 2011
Paysage à la Bruegel, personnages hauts en tragédie comme sortis de chez Jérôme Bosch : on se laisse volontiers envoûter par cette histoire diaboliquement ficelée, épicée de mots délicieusement rares et oubliés.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeSoir   21 novembre 2011
Henri Gougaud sait aussi se faire romancier. Et excellent romancier. La preuve par L'enfant de la neige, somptueusement écrit et mis en scène. Une histoire d'amour, sentiment nouveau alors, qui se déroule au XIIIe siècle, en pleine Inquisition, à Pamiers (Languedoc).
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
OdeOde   09 juillet 2014
— Avant ta naissance, Pourcel, quand dans le ventre de ta mère tu n'avais encore rien vu, si quelqu'un t'avait dit : « Dehors sont des villages, de vastes forêts, des déserts, un ciel, des étoiles, un soleil, des gens sans nombre, des chemins », aurais-tu cru cela possible ? De même je dis que là-bas est une vie toute nouvelle que tu ne peux imaginer, pas plus que tu ne pouvais croire, quand tes yeux n'étaient pas ouverts, à ce monde d'où tu t'en vas.
— Bonne parole, dit le vieux. Bonne parole de prêtre. Hé, je m'en souviendrai peut-être.
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latinalatina   26 juillet 2015
Voyez-moi ce lion péteux ! Il rugit, il râle, il enrage, mais en vérité il se plaint. C’est un geignard. Et ses tirades ! Naïves, ronflantes, ampoulées à se pisser sur les orteils. Sont-elles pas belles, mes larmes ? Et mon malheur, sonne-t-il bien ? Ce phraseur ne vaut pas le prix d’un feuillet de parchemin vierge.
Je n’aime pas les pleurnicheurs. Si je n’étais pas pacifique, je leur ferais des cours pratiques de fouet ferré, de vraie douleur, à ces regarde-moi-je-meurs.

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joedijoedi   02 mai 2015
— Je crois que nos vrais père et mère sont ceux qui nous ont poussés là, dans cette vie, sur cette terre, au temps où nous étions encore des êtres sans forme, aériens. Je m'imagine au bord du ciel, prêt à partir pour l'aventure. «Va, mon enfant, te voilà grand, un ventre de femme t'attend, il te faut naître, prendre corps, faire ton métier de vivant, va, ne crains pas, nous t'aiderons, nous serons toujours dans tes songes.» Et j'ai quitté mes vrais parents pour d'autres qui faisaient l'amour et croyaient être seuls au monde alors que j'étais déjà là, à me glisser dans leur plaisir, entre leurs corps déshabillés, au plus intime de leur peau.
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BazaRBazaR   14 mai 2019
Qu'est-ce donc que ce Dieu, ce Père Tout-Puissant qui ne sait même pas parler aux enfants qu'Il a mis au monde ? Quel être en vérité est ce Compatissant, ce Miséricordieux qui nous laisse croupir sans jamais de secours dans nos trous de douleur, nos effrois de perdus, nos espérances folles ? Comment honorer de bon cœur ce vagabond stupide, aveugle, cette ombre terrible qui va de famine en peste puante et de guerre sainte en bûcher, fauchant ça et là au hasard, jamais rassasié de morts ?
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BazaRBazaR   12 mai 2019
— Donc le père Aymar, ce jour-là, était allé rendre visite au frère d'Arnaud Colomer qui se mourait de diarrhée verte et ne mangeait plus que ses poux. Tu n'as pas connu sa cabane, dans la clairière des Martoux. Il pleuvait dedans, elle puait. pire qu'une tanière d'ours!
— Mais tout de même pas autant que les latrines du couvent.
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